Choix des maisons d'éditions

Espace Edition : comment éditer un livre ? Auteur, ca paye ? Quelles maisons d'édition approcher ? ...
Photographe17

Message non lu par Photographe17 » 05 avr. 2009, 17:36

TroupeauAveugle a écrit : N'est-ce pas ce que devrait être un écrivain ? [/mode candeur off avec un soupir]
Soupir partagé...
TroupeauAveugle a écrit :Je dois dire que j'ai un faible pour ces auteurs. La correction sera souvent plus ardue, car toute modification de leur "bébé" pourra être vécue comme une trahison
Je pense être "zen" en la matière, surtout depuis que j'ai accepté/réalisé le fait que j'avais tendance à parfois alourdir une phrase inutilement (pléonasme ?) et à être abstrait...
Je dis évidemment cela avec la tête haute et le dos de la main sur le front...
TroupeauAveugle a écrit :Bon courage pour vos recherches !
Merci ! :wink:
Eric H.
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Message non lu par Eric H. » 05 avr. 2009, 23:31

PHK a écrit :Il vaut mieux, de loin, être un grand chez les petits qu'un petit chez les grands.
Oui et non.

Au niveau humain, c'est souvent vrai. Pour un petit éditeur, chaque livre est important, donc c'est vrai qu'ils sont facilement plus "mère poule" que les gros.

Toutefois, ils sont rarement aussi bien distribués que les grosses maison. Ils ont aussi, bien souvent, des budgets marketing bien moindres. Donc...
PHK

Message non lu par PHK » 07 avr. 2009, 21:46

Eric H. a écrit : Toutefois, ils sont rarement aussi bien distribués que les grosses maison. Ils ont aussi, bien souvent, des budgets marketing bien moindres. Donc...
C'est exact, mais s'il s'agit d'un premier livre, la priorité est de publier (à compte d'éditeur). En général, les éditeurs plus importants s'intéressent aux auteurs déjà publiés. Ils se contentent souvent de rapatrier des auteurs qui déjà connu un succès d'estime ailleurs.

En d'autres termes, pour un débutant, il s'agit avant tout de briser la spirale infernale : "tant que je n'ai rien publié, personne ne me prend au sérieux ; mais si personne ne me prend au sérieux, je ne serai jamais publié." Et cela reste plus facile chez un petit éditeur de province.

J'ai vécu ce changement radical de regard. Tant qu'on est pas publié, on reste aux yeux du milieu un sympathique amateur, voire un doux rêveur vaguement bohème. Quand on est publié à compte d'éditeur, même chez un petit, on passe un cap. Ca veut dire que votre nom apparaît sur les moteurs de recherche (Electre, Amazon), qu'on est référencé au dépot légal, qu'on apparaît dans les catalogues des librairies et dans ceux de quelques bibliothèques, qu'on attire quelques articles dans des revues spécialisées, etc. Cela montre également qu'on est capable de respecter les délais, qu'on ne s'effarouche pas à la lecture d'un contrat d'édition, qu'on ne se prend pas pour un génie maudit lorsque l'éditeur propose quelques corrections et qu'on sait se tenir aux formats imposés par l'imprimerie. En bref, ça prouve qu'on sait déjà faire.

(J'aimerais écrire qu'on "devient pro" mais, évidemment, ceux qui vivent de leur plume constituent une très petite minorité).

Ceci pour dire que si on a la chance de publier chez un éditeur honnête, même petit et même en province, il ne faut pas hésiter. C'est déjà franchir un gros obstacle.
Eric H.
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Message non lu par Eric H. » 08 avr. 2009, 00:53

C'est pas faux.

Cependant, certaines éditions, même à compte d'éditeurs sont plus nuisibles qu'autre chose. J'ai en tête un roman que j'avais chroniqué il y a quelques années. À l'évidence, l'auteur avait un potentiel. Clairement. Mais n'importe quel éditeur sérieux lui aurait, au minimum, fait sérieusement retravailler son manuscrit, mais plus probablement, il l'aurait encouragé à s'attaquer à quelque chose d'autre, simplement parce que le gars n'était pas encore prêt.

Or son manuscrit a été pris par un éditeur niçois, qui a salopé le boulot. Le travail éditorial était inexistant : aucune coupe, laissant toutes les redites, toutes les longueurs, ne retravaillant absolument pas la langue, n'éliminant aucune scories dans l'écriture. Une catastrophe. Sans même parler de la direction artistique ni de la fabrication sur un papier qui ressemblait plus à de la toile à enduire qu'autre chose. Et évidemment, le tout était truffé de coquilles (allant même jusqu'à une inversion de personnage sur un chapitre). Une catastrophe. Le livre a tout de même connu une petite carrière, et même trouvé un petit public. Il a du écouler son millier d'exemplaires, ce qui n'est pas honteux pour de l'édition de genre.

Du coup, ce petit buzz a attiré l'attention d'éditeurs plus sérieux, qui ont jeté un œil... et décidé que ça ne valait pas le coup d'aller plus loin. Le pauvre gars, qui était par ailleurs lucide sur les défauts de son roman, n'a jamais réussi à replacer un manuscrit ailleurs.

Donc attention tout de même...
PHK a écrit : Ceci pour dire que si on a la chance de publier chez un éditeur honnête, même petit et même en province, il ne faut pas hésiter.
Mais il y a d'excellentes maison d'éditions en province, qui font un travail sérieux et même souvent plus gonflé qu'à Paris, simplement parce que les financements de DRAC leur offrent un ballon de survie.
PHK

Message non lu par PHK » 08 avr. 2009, 11:18

Je comprends mieux vos remarques et vos doutes. Tout ce travail de correction, relecture et d'élagage, je l'ai accompli seul (pour un essai, pas un roman). Je me suis appuyé sur les conseils du lecteur employé par l'éditeur, mais le texte final est mien du premier au dernier signe. Comme dit auparavant dans la discussion, un auteur capable de faire les choses soi-même est toujours plus intéressant pour l'éditeur -- il ne lui reste plus qu'à mettre en page et à envoyer à l'imprimerie.

Il reste vrai que beaucoup de choses dépendent du sérieux de l'éditeur et de ses relations avec l'auteur. Si les choses tournent mal entre le contrat d'édition et le bon à tirer, l'auteur reste littéralement en rade. Situation terrible : on a déjà signé, on ne peut pas se rétracter, mais le résultat ne convient pas. Que faire ? Retenir le bon à tirer trop longtemps est impossible. L'auteur est alors à la merci de l'éditeur.

Il n'y a pas vraiment de solution à ce problème. Il faut connaître les gens, la réputation de la maison, leurs travaux antérieurs, obtenir les conseils de tierces personnes neutres dans l'affaire, et aussi garder la tête froide. Même s'il est difficile de voir les choses sous leur aspect le plus technique lorsqu'on vient d'écrire un bouquin, il faut être capable de le concevoir comme un objet matériel à fabriquer, et non plus comme un réceptacle à idées pures. C'est aussi pour cette raison que j'insistais sur le besoin d'apprendre à se corriger seul. Se battre contre les accords de participes, placer les phrases et les paragraphes en ordre de marche, mettre les mains dans le cambouis, cela aide à redescendre au sol, avec "la réalité rugueuse à étreindre."
lenantais
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Message non lu par lenantais » 09 avr. 2009, 13:31

Pour apporter quelques arguments à cette discussion très intéressante, je pense qu'il est aussi nécessaire de bien préciser les choses : il n'existe pas trente six types d'éditeurs, mais seulement trois :

- Les éditeurs à compte d'auteur : L'auteur paye pour voir son écrit édité. comme cela a déjà été précisé, c'est une arnaque pure et simple. Promotion inexistante malgré toutes les promesses, absence de suivi, peu de possibilités pour les salons et autres évènements littéraires... A banir !

- Les petits éditeurs à compte d'éditeur : l'éditeur met la main à la poche pour éditer l'écrit de l'auteur. Pour faire simple, et même si ce n'est pas exact, j'entre dans cette catégorie toutes les formes existantes à ce jour des petits éditeurs autres que le compte d'auteur, c'est à dire les comptes participatifs (l'auteur s'engage à acheter une certaine quantité de ses oeuvres), le non paiement de droits d'auteurs sur les x premiers exemplaires vendus (illégal, mais ça se fait toujours), l'édition à la demande (le livre est imprimé au fur et à mesure des commandes. Il n'y a pas de pré-tirage. C'est à mon avis l'avenir de l'édition), etc...
Dans ce style d'édition, l'éditeur ne possède quasiment aucun moyen de promouvoir le livre. Or, un livre qui se vend est, dans la plupart des cas, un livre qui s'est fait voir (Cf. Les Bienveillantes). Autrement dit, ce style d'édition permet à l'auteur de voir son écrit publié, mais il doit savoir qu'il lui reviendra de faire les démarches pour réussir à se faire connaître, l'éditeur comptant d'ailleurs beaucoup sur son auteur. Pour avoir essayé, ce n'est pas facile ! C'est même un travail fastidieux très chronophage ! Bref, cette solution est, à mon sens, un bon moyen pour entrer dans le monde des auteurs édités à compte d'éditeur et de se faire un CV littéraire. Ce n'est pas le bon moyen pour être reconnu.

- Les grands éditeurs à compte d'éditeur : Ils prennent tout en charge.
Très difficile d'entrer dans ces maisons, même si ce n'est pas impossible. Les "connaissances" y sont souvent pour beaucoup. De même, des critères bien spécifiques n'ayant rien à voir avec la qualité littéraire de l'oeuvre sont importants : l'âge, la disponibilité, la profession, la visibilité, etc... Il faut de plus savoir qu'être édité par un de ces grands éditeurs n'est pas pour autant le gage d'une réussite. Ces éditeurs sont là pour faire de l'argent, quitte à "entrer dans le moule" et ne publier que des écrits formatés.

En conclusion, chacun trouvera son bonheur où il le peut. On ne peut qu'être déçu par le système en cours de nos jours, système où les écrits les plus intéressants et/ou les plus audacieux ne sont pas forcément ceux qui sont mis en avant.

Bien sûr, cette mini analyse ne relève que de mon interprétation personnelle des choses. Tous les avis sont les bienvenus...
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