Vincent Humbert, et après...

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Avenger
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Message non lu par Avenger » 07 oct. 2003, 14:48

L'alternative à l'acharnement thérapeutique, mais aussi à l'euthanasie, existe : les unités de soins palliatifs accueillent des patients qui n'ont plus rien à perdre, ni à gagner, à la poursuite d'un traitement à visée curative. Pour ces personnes, le moins que puisse faire la médecine est de les aider à mourir dignement, sans anticiper sur le terme "naturel" de leur vie. Dignement, ça veut dire sans douleur physique (morphine autant qu'il en faut) et sans souffrance morale (accompagnement psychologique, spirituel, attention et affection).
Au passage, je conseille vraiment la lecture du bouquin de Maurice Abiven, "Pour une mort plus humaine". Il est le fondateur, je crois, des unités de soins palliatifs en France.
Quant à la question du libre choix (notamment pour des cas comme celui de Vincent Humbert), je suis pour. A condition que les procédures de décision soient très codifiées (il arrive qu'un malade veuille une euthanasie, puis revienne sur sa décision quand on a pu lui apporter un soulagement).
Et pour finir, oui, bien sûr, il FAUT légiférer là-dessus.
julliard

Message non lu par julliard » 07 oct. 2003, 15:30

A qui confierait-on la tache de "tuer" ? Pourquoi celui-là ? Quel suivi psychologique de l'acteur du drame ? Parce qu'être pour c'est bien gentil mais qui s'y colle ?
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Audrey
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Message non lu par Audrey » 08 oct. 2003, 11:23

Mozaik a écrit :Je vais être à contre courant de tout le monde et verser dans le politiquement correct, mais bon, je suis contre, tout comme je suis contre l'acharnement thérapeutique.

J'ai un peu peur qu'une dépénalisation n'entraine une derive façon "soleil vert" (pour ceux qui se souviennent de ce terrifiant film).

Les juges français disposent quand même d'une assez bonne législations et peuvent tenir compte de circonstances atténuantes dans ce genre de cas, pour adapter les peines aux prejudices réels.
Je me souviens effectivement de ce film mais très sincèrement il ne s'agit pas d'encourager les gens à mettre fin à leurs jours dès qu'ils ont un petit coup de mou.
Si on défini correctement les cas où cela doit s'appliquer (maladie incurable, aucun espoir de rémission,...) il me semble que mettre fin à l'hypocrisie qui entoure cette pratique permettrait aux familles et aux malades de discuter plus librement avec les médecins, ce qui soulageraient les uns et les autres.
LeNonce

Message non lu par LeNonce » 08 oct. 2003, 12:05

Mozaik a écrit :Je vais être à contre courant de tout le monde et verser dans le politiquement correct, mais bon, je suis contre, tout comme je suis contre l'acharnement thérapeutique.

J'ai un peu peur qu'une dépénalisation n'entraine une derive façon "soleil vert" (pour ceux qui se souviennent de ce terrifiant film).

Les juges français disposent quand même d'une assez bonne législations et peuvent tenir compte de circonstances atténuantes dans ce genre de cas, pour adapter les peines aux prejudices réels.
"Soleil vert" est certes un bon film, mais il ne me semble pas que l'euthanasie en était le principal sujet. Loin de là, même. C'était plus un film d'anticipation pessimiste parlant de totalitarisme, de pénurie atroce, de mensonge d'Etat et de prise de conscience. Non ?

Il ne s'agit pas d'institutionnaliser cette "demande de mort", qui reste ce qu'elle est, mais de l'encadrer comme il se doit. Je ne crois pas que le traitement par le juge soit une solution. Un juge est censé intervenir quand il y a un problème, et il est censé lui appliquer la loi. S'il doit se mettre à la compléter, on ne sait pas trop où on va. Et l'égalité de traitement ne sera pas garantie.
julliard a écrit :A qui confierait-on la tache de "tuer" ? Pourquoi celui-là ? Quel suivi psychologique de l'acteur du drame ? Parce qu'être pour c'est bien gentil mais qui s'y colle ?
Et pourquoi pas à ceux qui le font déjà ? Un indice : ils portent souvent des blouses blanches. Et ils estiment que cela fait partie de leurs fonctions -- ce n'est pas le cas de tout le personnel médical.

Mais le suivi psychologique est effectivement un point intéressant. Même si le personnel médical concerné est volontaire. Ca aide.
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