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un éclairage sur la guerre à l'intelligence

Publié : 05 mars 2004, 18:11
par lecordelier
voici un extrait d'une intervention de David Martin Castelnau à l'époque de la querelle sur les "nouveaux réactionnaires". Ca éclaire un peu, à mon avis, le problème (le nôtre en fait) des "intellos précaires". Je vous préviens c'est pas très gentil. Mais ça fait du bien par où ça passe. Bon débat !

"Dans un essai érudit, La Maladie de l'islam, Abdelwahab Meddeb a décrit la funeste ascension des «hommes du ressentiment», ces semi-lettrés rongés par l'impuissance, qui ont fait le choix de la haine et de la délation. Si, concernant ces déclassés musulmans, Meddeb établit un parallèle acceptable avec l'Europe préfasciste, il en omet un autre, contemporain: l'apparition considérable d'«hommes du ressentiment» en Occident même, et singulièrement en France.

Baechler l'avait brutalement diagnostiqué dans Qu'est-ce que l'idéologie? (1976): «La plupart de ceux qui peignent, écrivent, cherchent auraient été, il y a deux siècles à peine, paysans ou, au mieux, desservants de paroisses rurales. La modernité a donc produit massivement un prolétariat intellectuel dont l'insatisfaction congénitale se nourrit de ce qu'il n'a ni prestige ni génie.»

Ce «prolétariat intellectuel», avertissait-il, «est guetté par l'idéologie, qui fournit à tout: on sert à quelque chose, on peut dire n'importe quoi, on peut rendre autrui (le capitalisme, la société, les juifs) responsable de ses échecs et de sa nullité».

De fait, les «hommes du ressentiment» ont pullulé pour s'emparer, en Islam comme en Occident, des valeurs constitutives de leurs sociétés la religion, là-bas, et le progrès, ici. Et ce, avec le même et fol espoir de respectabiliser leur haine motrice, de travestir leur soif de destruction en reconquête spirituelle.

Voyez, chez nous, le politiquement correct : présenté comme une idéologie de fraternité, chacun, pourtant, le ressent comme un terrorisme intellectuel. Paradoxal ? Il s'en faut. Les «hommes de ressentiment» s'en sont saisi pour en faire une machine de guerre, transformant une religion de la non-discrimination en idéologie de la discrimination. "

Publié : 06 mars 2004, 11:29
par SacriPanard
La guerre à l’intelligence, c’est, selon Raffarin en accord avec le monde musulman, se faire couper la main.

J’ai tendance à aimer les posts tout seuls, une variante du narcissisme; c’était pour participer bien sur.

Publié : 06 mars 2004, 12:13
par Olivier T
En effet, tu as raison, ce texte correspond assez bien à l'idée des inrocks et leur fameuse guerre contre l'intelligence. Font chier ces pauvres qui ont appris à lire.

J'ai rarement vu autant de mépris suinter d'un texte.

Olivier_T_prolétaire_intellectuel.

Publié : 06 mars 2004, 12:55
par Kitano
Ne vous inquiétze pas bonnes gens, bientôt les salauds de pauvres n'iront plus à l'école, n'apprendront plus à lire et recourberont l'échine comme il se doit...

Comment peut-on être aussi méprisant ?
La modernité a donc produit massivement un prolétariat intellectuel dont l'insatisfaction congénitale se nourrit de ce qu'il n'a ni prestige ni génie.
Je crois qu'on tient là le passage le plus vomitif et excécrable.

Par ailleurs, ce qui ne cesse de me choquer dans ce genre de discours, c'est la manière dont on fustige "l'idéologie". Exit la "science des idées", exit également "l'ensemble des idées propres à un groupe défini historiquement, politiquement, etc." Non, on s'en tient à une définition péjorative, "ensemble d'idées irréalisables".

Publié : 06 mars 2004, 17:23
par misson
Et hop, un petit Cocteau certifié pour élever le débat : "Tout le mal vient des Encyclopédistes qui ont dit à tout le monde de penser ; il en résulte que la Bêtise pense, ce qui ne s'était jamais vu." (in Journal 1943-45)
Bonne journée à tous 8)

Publié : 06 mars 2004, 23:59
par Paul C. Marcinkus
Bon bon bon. Me semble qu'il faut commencer du commencement avant de se laisser aller à, comment dire pour ne pas être méchant, un certain onanisme sur les « intellectuels précaires ».

Qu'on se renseigne sur la condition de chercheur en France, dans le public et dans le privé, et sur les dernières décisions politiques prises en la matière. Sur le trifouillage du taux de chômage, enfin de leurs taux de chômage par les grands pays développés ; et sur le discours politique satisfait qui accompagne les « baisses » de taux en trompe l'oeil. Que l’on lise le papier format A3 envoyé par le ministère des Finances avec les formulaires de déclarations d’impôts ; lequel n’a pas honte de parler de « bonne gestion » à propos de la politique budgétaire de l’actuel gouvernement. Ce ne sont que quelques exemples.

D'une manière plus générale, puisqu'on parle d'idéologie, sur ce libertarisme « de droite », que représente par exemple le FMI depuis les années 80, qui veut que l'idée de marché fonctionne mieux que tout le reste pour l'ensemble de l'activité économique (cf. Stiglitz, par exemple). Cela en se basant non sur des faits ou des résultats concrets, (cf. Amérique latine...), mais sur l'idée même de marché ; et, évidemment, sur des intérêts privés. Peu importe, dans ce contexte, que les finances publiques approchent dangereusement de la faillite. Français, l’Etat doit en votre nom 15.000 euros par tête de pioche. Et ce chiffre augmente constamment.

M'est avis que le débat sur le sujet prend une toute autre tournure... à condition que l'on se base sur des actes et des faits, et non sur des rancoeurs vue de Sirius, dont j'ai la faiblesse de penser qu'elles sont d’abord personnelles.

Bref...

Publié : 07 mars 2004, 23:04
par Nicocool
j'avoue mon humble modestie et surtout mon inculture dans ce garnd débat. Néanmoins, en espérant ne pas être hors sujet, je suis systématiquement sidéré que la droite répudie la gauche et inversement. N'existe-t-il pas un juste milieu ? Ce d'autant plus qu'à l'assemblée le whisky étant à 0,5 euros, d'un seul coup (hors caméras) tout l emonde est ami...
Nicocool

le lundi c'est permis et les autres jours aussi

Publié : 07 mars 2004, 23:36
par Myrdin
Nicocool a écrit :Néanmoins, en espérant ne pas être hors sujet, je suis systématiquement sidéré que la droite répudie la gauche et inversement. N'existe-t-il pas un juste milieu ? Ce d'autant plus qu'à l'assemblée le whisky étant à 0,5 euros, d'un seul coup (hors caméras) tout l emonde est ami...
Faut bien justifier son gagne pain et afficher une difference( meme si elle n est plus notable). Sinon Nicocool, tu te rappelles , on a des centristes :lol:

Publié : 08 mars 2004, 00:09
par Nicocool
elle n'est plus notable ou nto able 8)

Publié : 09 mars 2004, 15:05
par mariabox
Mardi 9 mars, 15h. Ca y est, les chercheurs viennent de démissionner. Bravo les mecs, c'est mon avis perso mais j'aimerais qu'il soit partagé par tout le monde. Il y a environ 3 ans, un sondage genre Sofres a montré que les chercheurs étaient les pros les + aimés des Français*. Il est + que temps de le leur montrer vraiment et de les soutenir. Mais comment faire? Si qqun a une idée...


* source: perdue au fond d'un carton, pas le tps de la chercher...

Publié : 09 mars 2004, 15:11
par boultan
Plus d'un millier de directeurs de laboratoire confirment leur démission

PARIS (AP) - Plus d'un millier de directeurs de laboratoire et de chefs d'équipe ont confirmé mardi en début d'après-midi leur démission de leurs fonctions administratives à l'issue d'une assemblée générale à l'Hôtel de Ville à Paris, a annoncé le porte-parole du collectif "Sauvons la recherche", Alain Trautmann.

"Le nombre de démissionnaires est aujourd'hui supérieur à mille. Les directeurs de laboratoire ont tenu parole. A partir de ce jour, nous déclarons les laboratoires en lutte!", a déclaré M. Trautmann sous les applaudissements de plusieurs milliers de chercheurs qui s'apprêtaient à manifester dans les rues de la capitale dans l'après-midi.

Le nombre précis de démissions doit être connu dans le courant de la journée lorsque l'ensemble des bulletins de vote auront été dépouillés. Le porte-parole du collectif "Sauvons la recherche" s'est basé, pour son annonce, sur un premier vote à main levée de quelque 1.400 directeurs de laboratoire et chefs d'équipe présents à l'assemblée générale.

"Lors de ce vote, seule une dizaine de personnes se sont prononcées contre la démission", a-t-il dit. AP

Publié : 09 mars 2004, 16:16
par Bianca
Tiens, ça augmente (Libé)...

Deux mille chercheurs démissionnent au nez et à la barbe de Raffarin

Publié : 09 mars 2004, 16:40
par Paul C. Marcinkus
Y'a pas que les chercheurs, qui augmentent. Regardez :
PARIS, 9 mars (Reuters, 09/03/04, 15:40) - Quelque 215.000 personnes sont sorties du système d'indemnisation de l'assurance-chômage au 1er janvier, du fait de l'application de la nouvelle convention qui réduit la durée d'indemnisation, annonce mardi l'Unedic.

L'organisme avait initialement tablé sur un chiffre de 180.000 "qui a été révisé en hausse de 35.000", a expliqué un porte-parole de l'Unedic qui estime que dans les prochains mois les sorties du système d'indemnisation devraient se monter à "quelques milliers" par mois.

En décembre dernier, le régime d'assurance-chômage qui est géré par les partenaires sociaux avait calculé que d'ici 2006 le durcissement de l'indemnisation entraînerait l'exclusion de 613.000 chômeurs. Ce chiffre ne tient pas compte des personnes qui trouveront du travail d'ici là.

Le ministère du Travail a annoncé le 26 février que le nombre des demandeurs d'emploi avait baissé de 1,1% (27.600 personnes) en janvier, touchant 2,4 millions de personnes.

Le ministère avait attribué en partie cette diminution aux "modifications du régime d'indemnisation".

Le ministre du Travail François Fillon avait pour sa part attribué la baisse du chômage à la reprise économique. "La vérité, c'est que ces bons chiffres sont le résultat d'une conjoncture qui s'améliore", avait-il souligné le 2 mars lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale. /GD
Et après ils s'étonnent qu'on les prenne pour des anti-intellectuels, ces abrutis.

Publié : 09 mars 2004, 16:42
par Bianca
"Abrutis", le mot est faible devant de tels mensonges... Je viens juste de finir le même article.