Les tics de langage qui vous agacent

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Avatar de l’utilisateur
loony
Messages : 273
Inscription : 02 mars 2010, 14:30
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par loony » 04 juil. 2013, 11:33

Hello guys,

Nicolas, Mara a raison, "bonne après-midi" n'est pas faux. En revanche j'ai du mal avec tous les "bonne anniversaire" que je vois écris sur les réseaux sociaux (de gens qui ont bac +5 parfois).

Pour les "sur Paris", c'est pas très joli, mais ça ne me gêne pas vraiment. Je dois le dire moi-même… Dans certaines expressions notamment.

Mara, tu as juste à chercher Mia Frye ou Afida Turner dans Youtube, tu comprendras vite de quoi je parle !

Coco merci pour toute cette réflexion ! Non je n'ai jamais entendu "mayday" en dehors de l'univers naval ou aéronaval. Pour l'histoire du mot, quelqu'un m'avait expliqué un jour que, d'après la légende, il s'agirait d'une déformation de "venez m'aider" qu'aurait prononcé un pilote français en détresse et qui aurait été compris par l'opérateur anglais comme "mayday". Je crois que ça remonte à la première guerre mondiale… Je ne sais pas si l'histoire est vraie, mais pourquoi pas ?

Intéressante discussion anyway… :wink:
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par coco47 » 10 juil. 2013, 05:36

Bien sûr, quand on pense à ce qui se passe en Égypte (et dont je ne dirai rien ici parce que ce n’est pas le lieu — et pourtant il y aurait à dire, notamment sur la façon dont les médias, quasiment unanimes, traitent ces événements), nos petites discussions orthographiques peuvent sembler dérisoires…
N’empêche que mon œil a été écorché quand il a vu à la Une du JDD de dimanche un gros titre où il était question de deux Égypte face à face. Et une deuxième blessure quand, dans un titre sur cinq colonnes, Le Parisien a répété cette histoire des deux Égypte. Cette absence de s me choque singulièrement. Je ne me résoudrai jamais à écrire les deux Allemagne, les deux Corée ou les Amérique. Pourquoi le pluriel serait-il ici interdit ? Parce qu’un nom propre est toujours invariable ?
Où a-t-on vu énoncer cette règle ? Mon vieux code typo (celui qui a été la bible du Syndicat des correcteurs pendant des décennies et avec lequel les créateurs de Coforma, premier nom de Formacom, ont été eux-mêmes formés), mon Code typo, donc, professe ceci :
« Dans l’antonomase, si l’on emploie un nom propre pour un nom commun, le nom propre prend toujours la capitale et la marque du pluriel le cas échéant :
– Un Auguste aisément peut faire des Virgiles.
– Un coup d’œil de Louis enfantait des Corneilles. »

On écrira ainsi : des Pénélopes, des Bonapartes, et – pourquoi pas ? – des Zidanes. Mais : des harpagons, des tartuffes, parce que ces termes sont, par l’usage, devenus des noms communs, répertoriés comme tels dans les dictionnaires. Aussi, à mon sens, le PLi de 2003 a tort quand il écrit : « Les cassandres (ou les Cassandre) de l’économie. » S’il veut dire que cassandre au sens de personne qui prédit une issue défavorable à tel ou tel événement n’est pas encore devenu complètement un nom commun, alors il doit écrire : « Les cassandres (ou les Cassandres) de l’économie. »

Autre sujet de mécontentement pour moi : la propension de plus en plus répandue à parler de la reine Elizabeth. Pas un jour sans que je ne tombe sur cet anglicisme prétentieux. Curieusement, ceux qui s’en délectent ne vont jamais jusqu’à écrire London au lieu de Londres ou England au lieu d’Angleterre. Ils le devraient, pourtant, s’ils estiment nécessaire de traduire en anglais le nom français de la reine. Ou peut-être ignorent-ils que la reine d’Angleterre s’appelle en français Élisabeth II ? Comme son illustre ancêtre Élisabeth Ire. Et comme toute une flopée de reines ou d’impératrices : Élisabeth de Russie, Élisabeth d’Autriche, Élisabeth de Bavière, Élisabeth de Hongrie, Élisabeth de Roumanie…
Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas rebaptiser Felipe tous les rois d’Espagne connus sous le nom de Philippe ? Et il faut rendre à Carlos Quinto ce qui n'appartient pas à Charles Quint. Et quid des tsars Piotr ou Nikolaï ? Et de la grande Iekaterina de Russie ? Quant à Charlemagne, l’appellera-t-on Carolus Magnus ou Karl der Grosse ?
Porcile
Messages : 142
Inscription : 16 déc. 2005, 12:43
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par Porcile » 11 juil. 2013, 01:44

coco47 a écrit :Mon œil a été écorché quand il a vu à la Une du JDD de dimanche un gros titre où il était question de deux Égypte face à face. Et une deuxième blessure quand, dans un titre sur cinq colonnes, Le Parisien a répété cette histoire des deux Égypte. Cette absence de s me choque singulièrement. Je ne me résoudrai jamais à écrire les deux Allemagne, les deux Corée ou les Amérique. Pourquoi le pluriel serait-il ici interdit ? Parce qu’un nom propre est toujours invariable ?
Où a-t-on vu énoncer cette règle ? Mon vieux code typo (celui qui a été la bible du Syndicat des correcteurs pendant des décennies et avec lequel les créateurs de Coforma, premier nom de Formacom, ont été eux-mêmes formés), mon Code typo, donc, professe ceci :
« Dans l’antonomase, si l’on emploie un nom propre pour un nom commun, le nom propre prend toujours la capitale et la marque du pluriel le cas échéant.
Ce que j’ai appris sur le sujet – à Formacom – est résumé dans ce passage d’Accords parfaits, mais Jouette et Thomas, entre autres, en parlent également : « On fait, généralement, la distinction entre l’accord au pluriel s’appliquant à des réalités géographico-politiques : les deux Corées (= il y a deux États distincts portant ce nom, comme il y avait deux Vietnams et deux Allemagnes), les trois Guyanes, les deux Amériques (= du Sud et du Nord), les Flandres (la française et la belge)… et l’invariabilité portant sur des distinctions internes, sociales, politiques, qui divisent une même ville, un même pays : (…) les deux France (ou plus) révélées par le référendum… »
En l’occurrence, dans le JDD, on est bien dans le second cas de figure. On peut éventuellement ne pas être d’accord avec ce raisonnement, mais il me semble exagéré (pour ne pas dire plus) de considérer que son application est nécessairement fautive.
coco47 a écrit :Autre sujet de mécontentement pour moi : la propension de plus en plus répandue à parler de la reine Elizabeth. Pas un jour sans que je ne tombe sur cet anglicisme prétentieux. Curieusement, ceux qui s’en délectent ne vont jamais jusqu’à écrire London au lieu de Londres ou England au lieu d’Angleterre. Ils le devraient, pourtant, s’ils estiment nécessaire de traduire en anglais le nom français de la reine. Ou peut-être ignorent-ils que la reine d’Angleterre s’appelle en français Élisabeth II ? Comme son illustre ancêtre Élisabeth Ire. Et comme toute une flopée de reines ou d’impératrices : Élisabeth de Russie, Élisabeth d’Autriche, Élisabeth de Bavière, Élisabeth de Hongrie, Élisabeth de Roumanie…
Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas rebaptiser Felipe tous les rois d’Espagne connus sous le nom de Philippe ? Et il faut rendre à Carlos Quinto ce qui n'appartient pas à Charles Quint. Et quid des tsars Piotr ou Nikolaï ? Et de la grande Iekaterina de Russie ? Quant à Charlemagne, l’appellera-t-on Carolus Magnus ou Karl der Grosse ?
Ça ne nous dit pas ce que devient Jean-Charles d’Espagne… :wink:
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par coco47 » 16 juil. 2013, 05:06

Réaction tardive pour cause de voyage lointain.
Merci, Porcile, de ces commentaires, mais je ne suis pas vraiment convaincu. La distinction entre les deux Corées et les deux France me paraît assez byzantine, mais j'admets que j'ai tort de vouloir imposer mes deux Égyptes, tout en tenant, pour ma part, à les conserver. (Pouvez-vous me dire à quel endroit Thomas aborde cette question ?)
Quant à Jean-Charles d'Espagne, s'il demeure Juan Carlos, c'est qu'il n'a pas encore eu — et n'aura sans doute jamais — l'honneur de la francisation. Il y aurait une intéressante étude à conduire sur les mystères des transcriptions des noms propres, géographiques ou historiques. Et comment font les autres langues ? Comment, par exemple, désigne-t-on la reine Élisabeth II en Allemagne, en Espagne en Italie ou en Russie ? Et quels noms de rois français, espagnols ou italiens ont-ils été anglicisés, germanisés ou russifiés ? En parlant du Roi-Soleil, les Allemands disent-ils Ludwig XIV ? Et les Italiens parlent-ils de la tsarine Catarina ou de l'empereur Francesco Giuseppe d'Autriche ?
Porcile
Messages : 142
Inscription : 16 déc. 2005, 12:43
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par Porcile » 16 juil. 2013, 13:00

coco47 a écrit :Réaction tardive pour cause de voyage lointain.
Merci, Porcile, de ces commentaires, mais je ne suis pas vraiment convaincu. La distinction entre les deux Corées et les deux France me paraît assez byzantine, mais j'admets que j'ai tort de vouloir imposer mes deux Égyptes, tout en tenant, pour ma part, à les conserver. (Pouvez-vous me dire à quel endroit Thomas aborde cette question ?)
À l’entrée « Noms propres », section « Noms géographiques » : « Les noms propres géographiques peuvent prendre la marque du pluriel, à condition que ce pluriel désigne plusieurs pays, fleuves, etc., du même nom : Les deux Amériques. Les Guyanes. (…) Mais : Il n’y a pas deux Rome. »
cargo06
Messages : 205
Inscription : 08 déc. 2011, 18:33
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par cargo06 » 16 juil. 2013, 18:45

N’empêche que mon œil a été écorché quand il a vu à la Une du JDD de dimanche un gros titre où il était question de deux Égypte face à face. Et une deuxième blessure quand, dans un titre sur cinq colonnes, Le Parisien a répété cette histoire des deux Égypte. Cette absence de s me choque singulièrement. Je ne me résoudrai jamais à écrire les deux Allemagne, les deux Corée ou les Amérique. Pourquoi le pluriel serait-il ici interdit ? Parce qu’un nom propre est toujours invariable ?
Le Girodet, page 1049, est assez précis :
" Sont , en général, invariables les noms qui ne s'appliquent pas à plusieurs pays, à plusieurs villes, mais qui sont employés au pluriel par figure de style: Selon cet économiste, il y a deux France, le France septentrionale riche et peuplée, et la France méridionale,… J'ai connu les deux Lyon, le Lyon bourgeois et le Lyon ouvrier.
Sont variables les noms géographiques qui s'appliquent à deux réalités distinctes : Les deux Amériques. Les deux Allemagnes. Les Guyanes…".
Je trouve le Girodet souvent plus précis que le Thomas.
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par coco47 » 25 juil. 2013, 00:53

Petite moisson du jour (mercredi 24 juillet) à la télévision.

Dans « Zone interdite », sur M6, dénoter mis pour détonner. Il est question d'un festival de musique métal qui dénote dans un paisible paysage de campagne.

Mireille Dumas nous annonçait deux sagas familiales. Il me semblait pourtant que, par définition, une saga était toujours familiale…

Lors d'une promenade, je suis passé récemment dans l'île Saint-Louis, à Paris, devant l'hôtel Lambert, qui fut récemment victime d'un grave incendie. Cela m'a rappelé que j'ai entendu sur TF1, le jour de l'incendie, ceci, que j'avais noté : « Voltaire, George Sand ou Chopin avaient foulé ces sols. Ce n’est donc pas une simple bâtisse qu’il faut remettre en état, c’est un bout d’histoire. » On appréciera l’élégance et la légèreté du style (remettre en état un bout d’histoire !). Ce qui m’intéresse ici, c’est le mot bâtisse employé avec le sens général et neutre de bâtiment, construction.
J’avais déjà noté dans le passé ce glissement sémantique. Par exemple, dans une pub pour un hôtel de luxe type Relais & Châteaux, il était question d’une bâtisse du XVIIIe siècle. Dans une émission de télévision dont le sujet était « Les 20 plus belles maisons de France » et qui était présentée par Stéphane Bern, ce qui suffit à montrer que l’on était là dans le monde du luxe et du glamour, on évoquait « une bâtisse possédant une âme ». Enfin, on a appris il y a quelques mois que Brad Pitt et Angelina Jolie avaient acheté « une bâtisse dans un parc de 20 hectares ».
Disparue, la connotation péjorative du mot ! Pourtant, les dictionnaires sont unanimes. Le Pli définit ainsi le mot bâtisse : gros bâtiment sans caractère. Pour le Petit Robert, une bâtisse est un bâtiment de grandes dimensions (parfois avec l’idée de laideur). Le TLFi écrit à Bâtisse : Souvent péj. Construction quelconque, dépourvue de caractère.
Porcile a écrit :Ce que j’ai appris sur le sujet – à Formacom – est résumé dans ce passage d’Accords parfaits, mais Jouette et Thomas, entre autres, en parlent également : « On fait, généralement, la distinction entre l’accord au pluriel s’appliquant à des réalités géographico-politiques : les deux Corées (= il y a deux États distincts portant ce nom, comme il y avait deux Vietnams et deux Allemagnes), les trois Guyanes, les deux Amériques (= du Sud et du Nord), les Flandres (la française et la belge)… et l’invariabilité portant sur des distinctions internes, sociales, politiques, qui divisent une même ville, un même pays : (…) les deux France (ou plus) révélées par le référendum… »
J'ai bien compris cette leçon. Merci Porcile. Mais les paysans savoyards n'ont pas lu Girodet ni Thomas. D'où cette grande inscription dans un champ filmée par un hélicoptère lors du dernier Tour de France : Les agriculteurs des Savoie. Or il s'agissait bien des deux Savoies.
CathyBerberian
Messages : 120
Inscription : 05 oct. 2011, 20:59
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par CathyBerberian » 25 juil. 2013, 10:14

Mais, mais, mais, ces derniers messages ne parlent plus de tics de langage !

Il va falloir que je vous rappelle les fondamentaux du sujet :lol:
Avatar de l’utilisateur
loony
Messages : 273
Inscription : 02 mars 2010, 14:30
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par loony » 25 juil. 2013, 14:27

Moi, et pour revenir aux fondamentaux, j'en ai un bon gros, de tic de langage qui m'agace (ou, tout du moins, que je ne comprends pas).
Bizarrement, il concerne deux de mes dernières patronnes (pourtant dans deux boites différentes) qui n'arrêtaient pas de répéter, à l'écrit comme à l'oral "on s'en reparle". Je ne comprends pas ce qu'elles avaient avec ce "s'", pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, vous m'direz…
Mais rien à faire, j'avais beau leur répondre "oui oui, on en reparle", elles adoraient ce "on s'en reparle". :shock:

Sinon Coco, j'ai vu ce magnifique passage de Zone interdite sur le Hellfest, j'ai bien rigolé ! ;)
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par coco47 » 26 juil. 2013, 06:44

CathyBerberian a écrit :Mais, mais, mais, ces derniers messages ne parlent plus de tics de langage !
Justement, chère Madame, il m'avait semblé que le côté répétitif de certaines erreurs commençait à les apparenter à des tics, des façons de parler qu'on ne peut s'empêcher d'utiliser, presque malgré soi, peut-être par souci de suivre une mode ou par simple instinct grégaire. C'est le cas, me semble-t-il, de dénoter pour détonner, de saga familiale ou de bâtisse pour construction, maison ou demeure.
Mais si j'ai un peu dépassé les limites de votre fil, j'en suis désolé.
CathyBerberian
Messages : 120
Inscription : 05 oct. 2011, 20:59
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par CathyBerberian » 29 juil. 2013, 13:51

loony a écrit :Moi, et pour revenir aux fondamentaux, j'en ai un bon gros, de tic de langage qui m'agace (ou, tout du moins, que je ne comprends pas).
Bizarrement, il concerne deux de mes dernières patronnes (pourtant dans deux boites différentes) qui n'arrêtaient pas de répéter, à l'écrit comme à l'oral "on s'en reparle". Je ne comprends pas ce qu'elles avaient avec ce "s'", pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, vous m'direz…
Mais rien à faire, j'avais beau leur répondre "oui oui, on en reparle", elles adoraient ce "on s'en reparle". :shock:
Euh, loony, j'ai employé "fondamentaux" par dérision, vu que la transformation de cet adjectif en substantif m'agace énormément ! :)
Quand tu écris "j'en ai un bon gros, de tic de langage" pour moi ça signifie que c'est toi qui utilises cette expression.
coco47
Messages : 1037
Inscription : 27 nov. 2008, 05:00
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par coco47 » 07 août 2013, 06:01

Porcile a écrit :
coco47 a écrit :Cette fois-ci, je craque ! Pour la deux mille six cent quarante-deuxième fois, je viens d'entendre à la radio le mot anglais dance prononcé dènnce. Cette fois, c'était dans la locution pole dance, mais très souvent c'est dans le très « tendance » dance floor. Remarquez, faut pas se plaindre : parfois c'est même dénnce ! A la même sauce, on a droit à France prononcé Frènnce ou Frénnce. Idem pour Lance (Armstrong) prononcé Lènnce, voire Lénnce.
Or, en anglais, ance ([a:ns] dans le code phonétique international) se prononce d'une façon très proche de la prononciation française (mis à part le n bien sûr), avec un a ouvert, et très éloignée de l'imbuvable ènnce ou énnce que l'on nous inflige (et qui correspond à [ens] en phonétique, comme dans le mot fence [barrière] par exemple).
Pour trouver un exemple qui parle au plus grand nombre, je viens de réécouter Strangers in the Night par Frank Sinatra. Eh bien y a pas de doute ! Il chante bien : « Love was just a glance […] / A warm embracing dance […] » Et on entend très clairement glance et dance avec le a ouvert proche du français. Pas le moindre glénnce ni dénnce chez Sinatra.
Bref : marre de cette manie qui consiste à vouloir toujours être plus anglais que les Anglais et qui nous vaut des énormités ! Ainsi swiit-sheurt pour sweat-shirt (qui se prononce en fait swète-sheurt, et ce n'est pas parce que ce vêtement destiné à éponger la sueur est doux au toucher qu'il devient un sweet-shirt). Ou bien Spiiderman pour Spiderman (en réalité Spaillederman, parce que même s'il est rapide, le héros mythique est d'abord l'homme-araignée). On a aussi dii-djii pour DJ (qu'il faut prononcer di-djeille) ou djii-bii pour le whisky JB (qui doit se prononcer djeille-bi).
D’accord pour ce qui est de la manie française consistant à faire plus anglais que les Anglais ; en revanche, concernant la « bonne » prononciation de mots tels que dance, je ne suis pas aussi catégorique que Coco. En fait, ça dépend pas mal de là où on se trouve : http://fr.forvo.com/word/dance/#en
Je viens de revoir à la télévision — avec toujours autant de plaisir — le délicieux film A nous les petites Anglaises. Eh bien, on y entend plusieurs personnages anglais (interprétés par des acteurs anglais) dire plusieurs fois le mot France en le prononçant Fra:ns (avec un a long et très ouvert) et non pas Frens (c'est-à-dire à peu près Frennce), comme le font la plupart des Français quand ils parlent anglais. Cela a encore accru mon plaisir…
Porcile
Messages : 142
Inscription : 16 déc. 2005, 12:43
Contact :

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Message non lu par Porcile » 07 août 2013, 11:40

coco47 a écrit : Je viens de revoir à la télévision — avec toujours autant de plaisir — le délicieux film A nous les petites Anglaises. Eh bien, on y entend plusieurs personnages anglais (interprétés par des acteurs anglais) dire plusieurs fois le mot France en le prononçant Fra:ns (avec un a long et très ouvert) et non pas Frens (c'est-à-dire à peu près Frennce), comme le font la plupart des Français quand ils parlent anglais. Cela a encore accru mon plaisir…
Pour « À nous les petites Texanes », c’est par ici : http://fr.forvo.com/word/france/#en (l’antépénultième « France » prononcé en anglais).
Répondre

Revenir à « Correction & correcteurs »