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Categorynet.com • François de Closets : haro sur l'orthographe ! - Page 9
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Publié : 12 sept. 2009, 12:11
par efdlt
PascalSR a écrit :Le fait est que l'on parle surtout de ce que l'on connaît et que l'on désigne les choses, peuples et tribus comme on nous l'enseigne, avant toute réflexion contestataire de quelque ordre.

(...)

Donc, l'utilsation du nom « Aborigènes » pour désigner le peuple originel de l'Australie ne me choque guère, comme je trouve acceptable l'emploi du mot « Océan » pour faire référence à l'océan Atlantique en fonction du contexte.

Cette dernière remarque n'est pas le fruit de ma docte réflexion mais s'appuie sur l'enseignement d'un des spécialistes les plus reconnus concernant l'usage de la capitale et la typographie.
Pouvez-vous s'il vous plaît donner les références du spécialiste en question, histoire d'avoir tous les avis ?

Si je peux m'enfoncer un peu, et sans attendre: je ne pense pas que la capitale soit acceptable, "du point de vue de la langue", autrement que comme pur et simple entérinement d'un usage et faute d'avoir pu l'empêcher - phénomène actuellement en progression exponentielle.

Si ce mot est synonyme d'indigène, comme il est reconnu, pour parler des naturels australiens diriez-vous aussi bien, et avec capitale, "les Indigènes" ? Je persiste à trouver ça un peu bizarre. Surtout que du coup, les pauvres, ils perdent leur statut d'Australiens, pour des raisons qui leur passent par-dessus la tête. Pourquoi eux seuls, des autochtones de quelque lieu que ce soit, perdraient le nom qui les attache à leur lieu, et le verraient remplacé par une grosse bourde liée à l'inculture lexicale en pays civilisés ?

"Du point de vue de la langue" mérite ses guillemets. C'est une licence. La langue a son mot à dire, voulais-je exprimer. Mais il vaut mieux qu'elle ne voie rien, après tout.

corrigé: remplacé l'impropre "natifs" venu furtivement sous la plume - d'abord par "naturels", ensuite par "autochtones".
corrigé: "qui leur passent au dessus de la tête".
corrigé ensuite, donc: entérination, souligné en rouge par la machine, en plus !

Publié : 13 sept. 2009, 06:04
par coco47
efdlt a écrit :
coco47 a écrit : Larousse écrit aborigène pour le mot synonyme d'autochtone et Aborigène pour l'autochtone d'Australie. J'aime bien cette nuance typographique qui me permet d'écrire ou bien « les aborigènes d'Australie », ou bien « les Aborigènes ».
Je vois ce dont il s'agit. Pinaillons-donc un peu. Aucun des dictionnaires et documents sur l'usage, jusqu'à une date récente qu'il faudrait préciser, n'avait seulement entrevu cette capitale, y compris Larousse (pas plus en dictionnaire que dans le Thomas). Aborigène y est toujours défini comme à la fois adjectif et nom (dans cet ordre), et synonyme d'autochtone, indigène, naturel (en tant que nom: "naturels d'un pays, par opposition à ceux qui sont venus s'y établir".

Monsieur CFDT, vous commencez à être relou.
Je vous re-cite : « Aucun des dictionnaires et documents sur l'usage, jusqu'à une date récente qu'il faudrait préciser, n'avait seulement entrevu cette capitale, y compris Larousse ». Donc Coco47 raconte n'importe quoi.
Or voici ce que dit mon Petit Larousse illustré de 2003 à sa page 1106 : « Aborigènes : populations autochtones d'Australie (plus de 300 000)… » C'est pas entrevu, ça ? Mais bien sûr, gros bêta, pour trouver Aborigènes avec une capitale, il faut aller chercher dans les pages des noms propres !
Alors, vous pouvez critiquer la "dérive" de Larousse, qui, sans doute parce que l'usage a fait que pour la plupart des gens aborigènes renvoie à l'Australie, a décidé de l'entériner* et d'élever les aborigènes d'Australie au rang de peuple, mais vous ne pouvez pas me traiter de menteur.
Pour conclure sur ce débat en général (de Closets, etc.), je dirai que l'évolution de la langue par l'usage me semble un phénomène normal, naturel, inéluctable et sain. Ce que je refuse, c'est le massacre artificiel perpétré par la tronçonneuse de réformateurs ignorants.

* Mon PLI dit aussi qu'entérination n'existe pas, mais entérinement, oui.

PS pour Pascal : bravo pour les chansons et pour l'allergie à F..........t.

Publié : 13 sept. 2009, 12:49
par efdlt
coco47 a écrit :
efdlt a écrit : Je vois ce dont il s'agit. Pinaillons-donc un peu. Aucun des dictionnaires et documents sur l'usage, jusqu'à une date récente qu'il faudrait préciser, n'avait seulement entrevu cette capitale, y compris Larousse (pas plus en dictionnaire que dans le Thomas). Aborigène y est toujours défini comme à la fois adjectif et nom (dans cet ordre), et synonyme d'autochtone, indigène, naturel (en tant que nom: "naturels d'un pays, par opposition à ceux qui sont venus s'y établir".

Monsieur CFDT, vous commencez à être relou.
Je vous re-cite : « Aucun des dictionnaires et documents sur l'usage, jusqu'à une date récente qu'il faudrait préciser, n'avait seulement entrevu cette capitale, y compris Larousse ». Donc Coco47 raconte n'importe quoi.
Or voici ce que dit mon Petit Larousse illustré de 2003 à sa page 1106 : « Aborigènes : populations autochtones d'Australie (plus de 300 000)… » C'est pas entrevu, ça ? Mais bien sûr, gros bêta, pour trouver Aborigènes avec une capitale, il faut aller chercher dans les pages des noms propres !
Alors, vous pouvez critiquer la "dérive" de Larousse, qui, sans doute parce que l'usage a fait que pour la plupart des gens aborigènes renvoie à l'Australie, a décidé de l'entériner* et d'élever les aborigènes d'Australie au rang de peuple, mais vous ne pouvez pas me traiter de menteur.
Pour conclure sur ce débat en général (de Closets, etc.), je dirai que l'évolution de la langue par l'usage me semble un phénomène normal, naturel, inéluctable et sain. Ce que je refuse, c'est le massacre artificiel perpétré par la tronçonneuse de réformateurs ignorants.

* Mon PLI dit aussi qu'entérination n'existe pas, mais entérinement, oui.

PS pour Pascal : bravo pour les chansons et pour l'allergie à F..........t.
Monsieur,

Je tombe de haut. Je ne m'attendais pas à ce ton de votre part.

Je ne crois pas avoir traité quiconque de menteur. D'ailleurs il ne s'agissait pas de vérité, mais d'une citation par vous du Larousse, que nul ne songeait à mettre en doute (la citation). Je ne me le serais pas permis, mais j'étais aussi très loin de cette pensée.

Je pensais qu'on pouvait débattre des subtilités et variétés des règles, dans le temps et entre les divers dictionnaires et manuels, sans qu'il soit question d'attaque personnelle, ou de mensonge. Quand je peux avertir quelqu'un d'une erreur accessoire, hors débat, et pour éviter les stériles luttes de pouvoir ou ce qui pourrait en avoir l'apparence, j'envoie des courriers personnels. Je ne pensais pas vous attaquer en m'en prenant à l'option de Larousse, qui en soi ne m'empêche pas de dormir.

Sur la question des aborigènes, quand j'ai écrit "jusqu'à une date récente", je n'étais pas à une année près et je voulais bien évidemment dire, à la louche, "à partir des années 1980-90". J'ai effectivement cherché cette capitale dans les noms propres d'avant ces années, ainsi que dans les manuels d'usage, sans la trouver.

Je ne vois toujours pas ce qu'Ils y ont gagné (non plus que la langue).

Pour ce qui est de la face (de moins en moins) cachée du débat, que vous n'êtes pas le premier à aborder mais où je vous attendais le moins, j'en viens à penser que vous ne pouviez pas rester neutre par rapport à moi, comme je m'avançais sans doute inconsidérément. En venant sur ce site je ne m'attendais pas à ce que la défense des voies et moyens du désastre y soit parfois pratiquée et exprimée aussi sereinement, et j'ai dû vite apprendre que le débat serait difficile, ne serait-ce qu'en constatant le niveau de la langue. J'étais donc heureux et rassuré d'y trouver aussi quelques voix pour la rigueur. Se peut-il qu'on aille trop dans leur sens ?

Quand aux noms - de personnes - qui font "tilt", où qu'on ne peut prononcer sans craindre une ouverture de la chasse, excusez-moi mais ça me laisse coi. J'avais pourtant un peu pressenti, comme votre phrase en exprime bien le corollaire, qu'il ne faudrait pas trop - voire pas du tout - moquer le chanteur Renaud. Si on ne peut plus rigoler...

Figurez-vous que cette nuit, mais loin du clavier, j'ai pensé à cet faute sur "entérinement", qui avait dû m'être demi-consciente lorsque j'écrivais (bon sang, mais c'est bien sûr !). Je la corrigerai donc trop tard. Ça ne concerne que moi, donc je peux m'en remettre. Ce n'est pas trop là que se met mon amour-propre, mais je n'accepte qu'un peu tristement cette flèche-là comme dernier clou sur la porte.

Pour moi il n'y a pas que les tronçonneuses qui menacent la langue, il y a aussi le dissolvant.

Publié : 13 sept. 2009, 16:47
par ann65
efdlt a écrit :
coco47 a écrit :
Monsieur CFDT, vous commencez à être relou.
Je vous re-cite : « Aucun des dictionnaires et documents sur l'usage, jusqu'à une date récente qu'il faudrait préciser, n'avait seulement entrevu cette capitale, y compris Larousse ». Donc Coco47 raconte n'importe quoi.
Or voici ce que dit mon Petit Larousse illustré de 2003 à sa page 1106 : « Aborigènes : populations autochtones d'Australie (plus de 300 000)… » C'est pas entrevu, ça ? Mais bien sûr, gros bêta, pour trouver Aborigènes avec une capitale, il faut aller chercher dans les pages des noms propres !
Alors, vous pouvez critiquer la "dérive" de Larousse, qui, sans doute parce que l'usage a fait que pour la plupart des gens aborigènes renvoie à l'Australie, a décidé de l'entériner* et d'élever les aborigènes d'Australie au rang de peuple, mais vous ne pouvez pas me traiter de menteur.
Pour conclure sur ce débat en général (de Closets, etc.), je dirai que l'évolution de la langue par l'usage me semble un phénomène normal, naturel, inéluctable et sain. Ce que je refuse, c'est le massacre artificiel perpétré par la tronçonneuse de réformateurs ignorants.

* Mon PLI dit aussi qu'entérination n'existe pas, mais entérinement, oui.

PS pour Pascal : bravo pour les chansons et pour l'allergie à F..........t.
Monsieur,

Je tombe de haut. Je ne m'attendais pas à ce ton de votre part.

Je ne crois pas avoir traité quiconque de menteur. D'ailleurs il ne s'agissait pas de vérité, mais d'une citation par vous du Larousse, que nul ne songeait à mettre en doute (la citation). Je ne me le serais pas permis, mais j'étais aussi très loin de cette pensée.

Je pensais qu'on pouvait débattre des subtilités et variétés des règles, dans le temps et entre les divers dictionnaires et manuels, sans qu'il soit question d'attaque personnelle, ou de mensonge. Quand je peux avertir quelqu'un d'une erreur accessoire, hors débat, et pour éviter les stériles luttes de pouvoir ou ce qui pourrait en avoir l'apparence, j'envoie des courriers personnels. Je ne pensais pas vous attaquer en m'en prenant à l'option de Larousse, qui en soi ne m'empêche pas de dormir.

Sur la question des aborigènes, quand j'ai écrit "jusqu'à une date récente", je n'étais pas à une année près et je voulais bien évidemment dire, à la louche, "à partir des années 1980-90". J'ai effectivement cherché cette capitale dans les noms propres d'avant ces années, ainsi que dans les manuels d'usage, sans la trouver.

Je ne vois toujours pas ce qu'Ils y ont gagné (non plus que la langue).

Pour ce qui est de la face (de moins en moins) cachée du débat, que vous n'êtes pas le premier à aborder mais où je vous attendais le moins, j'en viens à penser que vous ne pouviez pas rester neutre par rapport à moi, comme je m'avançais sans doute inconsidérément. En venant sur ce site je ne m'attendais pas à ce que la défense des voies et moyens du désastre y soit parfois pratiquée et exprimée aussi sereinement, et j'ai dû vite apprendre que le débat serait difficile, ne serait-ce qu'en constatant le niveau de la langue. J'étais donc heureux et rassuré d'y trouver aussi quelques voix pour la rigueur. Se peut-il qu'on aille trop dans leur sens ?

Quand aux noms - de personnes - qui font "tilt", où qu'on ne peut prononcer sans craindre une ouverture de la chasse, excusez-moi mais ça me laisse coi. J'avais pourtant un peu pressenti, comme votre phrase en exprime bien le corollaire, qu'il ne faudrait pas trop - voire pas du tout - moquer le chanteur Renaud. Si on ne peut plus rigoler...

Figurez-vous que cette nuit, mais loin du clavier, j'ai pensé à cet faute sur "entérinement", qui avait dû m'être demi-consciente lorsque j'écrivais (bon sang, mais c'est bien sûr !). Je la corrigerai donc trop tard. Ça ne concerne que moi, donc je peux m'en remettre. Ce n'est pas trop là que se met mon amour-propre, mais je n'accepte qu'un peu tristement cette flèche-là comme dernier clou sur la porte.

Pour moi il n'y a pas que les tronçonneuses qui menacent la langue, il y a aussi le dissolvant.
Eric Zemmour, arrêtez de vous planquer derrière ce pseudo efdlt ! Vous êtes démasqué !(!!!!!!!!!!! :lol: :lol: )
Vous avez même réussi à vous mettre les Correcteurs à dos ! Vous avez fait fort !
Vous avez donc gagné votre place à l'émission de Ruquier pour cette nouvelle saison. :wink:

Publié : 13 sept. 2009, 17:06
par PascalSR
Voilà exactement ce qu'il peut arriver à un amoureux de la langue puriste un peu trop rigide : se réveiller la nuit à cause d'une faute.

Alors, attention les enfants qui nous lisez — puisqu'il paraît que nous avons des internautes de 5 à 11 ans qui nous rendent visite —, si vous êtes trop bons en français à l'école et que vous êtes mis au ban du reste de la classe par vos petits camarades et si vous n'y prêtez pas garde, vous finirez comme le monsieur.

Là, sur le coup, Coco, t'as peut-être été un peu dur !…
(Pour avoir donné des insomnies à notre ami.)

Mais ne me faites pas croire que vous êtes convaincu que cette « apparition christique » d'une capitale, justifiée ou non, ait un rapport avec « l'inexorable courant délétère » qui s'abat sur le français, que l'on voit sévir partout, dans notre vie propre et « à la tribune », je vous traiterais de fou ou de menteur.

Il m'a toujours été montré que le métier de correcteur trouvait son équilibre dans le fait de savoir qu'on ne sait pas tout et d'être capable de continuellement se remettre en cause. Car sinon, que de souffrances !...

Il en est du métier de correcteur comme de la chasse aux papillons. On court sans relâche après des objets infimes, qui au final intéressent peu de monde. Et les débats des spécialistes en la matière font plutôt sourire les gens, qui se demandent comment on peut se passionner pour des choses aussi secondaires et ténues.

Mais sans ces deux choses-là, l'amour du bon français fait profession et les papillons, la vie serait moins belle.

Publié : 13 sept. 2009, 18:32
par efdlt
ann65 a écrit : (...) Eric Zemmour, arrêtez de vous planquer derrière ce pseudo efdlt ! Vous êtes démasqué !
(...)
Je vous sais gré de cette gentillesse (car je suis certain que c'était plutôt gentil, au fond).

Mais on nous dit partout qu'il faut se méfier des amalgames.

Cordialement.

Publié : 13 sept. 2009, 18:43
par efdlt
PascalSR a écrit :(...)
Mais ne me faites pas croire que vous êtes convaincu que cette « apparition christique » d'une capitale, justifiée ou non, ait un rapport avec « l'inexorable courant délétère » qui s'abat sur le français, que l'on voit sévir partout, dans notre vie propre et « à la tribune », je vous traiterais de fou ou de menteur.

(...)

Il m'a toujours été montré que le métier de correcteur trouvait son équilibre dans le fait de savoir qu'on ne sait pas tout et d'être capable de continuellement se remettre en cause. Car sinon, que de souffrances !...

(...)
Déjà, si elle n'est pas justifiée... Je choisis fou.
Je pense que dans un proche avenir nous allons en voir fleurir beaucoup, des capitales. C'est un temps à ça.

Sur le second point, d'accord ! Mais justement je vous renouvelle ma demande de référence afin que je puisse trouver les textes de l'auteur dont vous parliez. Pour l'instant je campe là, mais je changerai peut-être d'avis, qui sait ?

Publié : 13 sept. 2009, 19:04
par ann65
efdlt a écrit :
ann65 a écrit : (...) Eric Zemmour, arrêtez de vous planquer derrière ce pseudo efdlt ! Vous êtes démasqué !
(...)
Je vous sais gré de cette gentillesse (car je suis certain que c'était plutôt gentil, au fond).

Mais on nous dit partout qu'il faut se méfier des amalgames.

Cordialement.
Non ce n'était pas vraiment une gentillesse.
Mais à chacun ses héros et ses modèles, n'est-ce pas ?

Et comme disait ma grand-mère institutrice, il faut TOUJOURS se méfier des on-dit... "On est un con", me rappelait-elle dès qu'elle en avait l'occasion.

Publié : 13 sept. 2009, 19:25
par efdlt
ann65 a écrit : Non ce n'était pas vraiment une gentillesse.
Mais à chacun ses héros et ses modèles, n'est-ce pas ?

Et comme disait ma grand-mère institutrice, il faut TOUJOURS se méfier des on-dit... "On est un con", me rappelait-elle dès qu'elle en avait l'occasion.
Très bien, je m'étais mépris. Dommage. Décidément je dois encore en apprendre, question finesse. En attendant vous n'aurez plus à souffrir mes réponses.

Je vous salue.

corrigé: "souffrir de mes réponses". C'est beaucoup mieux.

Publié : 14 sept. 2009, 09:48
par ann65
efdlt a écrit :
ann65 a écrit : Non ce n'était pas vraiment une gentillesse.
Mais à chacun ses héros et ses modèles, n'est-ce pas ?

Et comme disait ma grand-mère institutrice, il faut TOUJOURS se méfier des on-dit... "On est un con", me rappelait-elle dès qu'elle en avait l'occasion.
Très bien, je m'étais mépris. Dommage. Décidément je dois encore en apprendre, question finesse. En attendant vous n'aurez plus à souffrir mes réponses.

Je vous salue.

corrigé: "souffrir de mes réponses". C'est beaucoup mieux.
Mon intervention était plus moqueuse que méchante !
Entre la méchanceté et la gentillesse, il y a une belle palette de nuances !

Publié : 14 sept. 2009, 17:55
par efdlt
ann65 a écrit :
efdlt a écrit : Très bien, je m'étais mépris. Dommage. Décidément je dois encore en apprendre, question finesse. En attendant vous n'aurez plus à souffrir mes réponses.

Je vous salue.

corrigé: "souffrir de mes réponses". C'est beaucoup mieux.
Mon intervention était plus moqueuse que méchante !
Entre la méchanceté et la gentillesse, il y a une belle palette de nuances !

(Entorse à ma promesse ci-dessus). Donc le curseur était ne serait-ce qu'un peu poussé vers "gentil". C'est beaucoup et ça me rassure. C'est d'ailleurs ce que je voulais dire, avec mon "plutôt". Mon propos sur la finesse perd donc sa justification.

Publié : 14 sept. 2009, 18:34
par ann65
efdlt a écrit : (Entorse à ma promesse ci-dessus). Donc le curseur était ne serait-ce qu'un peu poussé vers "gentil". C'est beaucoup et ça me rassure. C'est d'ailleurs ce que je voulais dire, avec mon "plutôt". Mon propos sur la finesse perd donc sa justification.
N'étant pas une méchante, mon curseur est vraiment rarement positionné du côté du méchant et jamais du très méchant.

Publié : 17 sept. 2009, 18:15
par efdlt
Je crois pouvoir faire une réponse collective, par économie et du fait que j'ai dû constater une sorte d'entente entre mes principaux interlocuteurs PascalSR et coco47, pas tant sur le sujet discuté qu'en leur réprobation commune d'Alain Finkielkraut (ou assimilés), et par voie de conséquence de moi-même, la moindre allusion à son sujet ou quelque accord avec certaines de ses thèses suffisant apparemment à vous disqualifier sans plus d'égards, et à faire cesser le débat (on ne vous répond plus). Je reviendrai là-dessus dans ma conclusion.

Je reprends donc la discussion sur la capitale à "Aborigènes", qui m'a valu d'un côté d'être pressenti comme "menteur" (sinon fou), et d'un autre côté une vive réaction parce que j'aurais insinué que mon interlocuteur mentait, ce qui est plus grave - nous compterons donc pour rien quelques soupçons sur ma santé ou mes capacités mentales.

Comme le thème du mensonge vient vite sous la plume !
Il suffit pourtant de lire le message incriminé pour voir qu'il n'y avait pas d'accusation de mensonge, mais argumentation plutôt bienveillante (je me cite: "On voit donc pourquoi, par une suite de raisonnements tortueux et de recalages idéologiques, la capitale fautive a été récemment officialisée."). Quant à me traiter de fou ou de menteur si je m'entêtais à voir dans la capitale à "Aborigènes" une forme de correction politique, la seconde amabilité est bien à côté de la plaque car on ne ment pas lorsqu'on émet un jugement: on se trompe, on délire, ou bien l'on a raison. Le mensonge ne peut se rapporter qu'à des faits ou dires qu'on aurait falsifiés, dénaturés, déguisés ou amputés - or rien de cela n'était en jeu.

Tout est donc parti d'une réserve que j'énonçais quant à l'usage et à l'officialisation de ce mot comme nom d'un peuple. J'avais sans doute introduit mon opinion trop brièvement, et en me calant par habitude dans un temps qui est un peu plus celui de la culture que celui de l'actualité. Il est de fait qu'en ce qui touche à la langue je me réfère plus spontanément aux documents d'avant Internet. De là que pour moi 2003, et même 1980 sont des dates récentes, et que j'ai fait d'instinct ma petite mise au point sur "aborigènes" en brandissant mon Thomas (Ciel ! Il est de 1971 !). Mais, hors ce point d'actualisation, l'opinion que j'émettais n'est pas si discutable qu'on n'en puisse plus discuter - en tout cas l'avis officiel, que je constate comme tout le monde, ne me semble pas intouchable (et d'ailleurs qui peut dire s'il ne sera pas revu un jour ?).

Nous sommes, parlant du langage, dans un domaine éminemment historique et sujet à interventions plus ou moins raisonnables des forces politiques dans leur lutte sans fin. Il semblerait même que certaines forces technico-commerciales aient pris récemment le pas sur les désormais obsolètes "pouvoirs" et "contre-pouvoirs": à l'heure où tout le système de l'édition risque d'être chamboulé par l'informatique, sait-on qui écrira les dictionnaires de demain ? Mais aussi bien, les dictionnaires ont toujours été des entreprises quelque peu subjectives, d'options et de traditions très variées, et parfois de véritables armes politiques (nous en savons de prestigieux exemples).

Bref, par exemple nul ne contestera que la présence d'Alain Rey à la barre du Robert confère à cet outil une politique lexicale en conformité relative mais certaine aux options personnelles du barreur, dont l'apparence très médiatique et très médiatisée est elle-même révélatrice (à compétences égales entre savants, les médias manifestent une véritable cristallisation amoureuse pour certains personnages photogéniques, qui dès lors y occuperont leur poste à vie car il n'y a qu'une seule place par fonction).

Progressivement donc, voici deux ou trois décennies, les dictionnaires ont opté pour une capitale à Aborigènes, pour désigner les premiers habitants de l'Australie. Il s'agissait d'entériner les dernières évolutions des rapports entre Blancs et populations aborigènes. Typographiquement il faut donc désormais appliquer la norme telle qu'elle s'est édifiée mondialement, à cette réserve près que non seulement on peut y trouver à redire, lexicalement et moralement, mais qu'on peut défendre la licence d'une contestation pratique de cet usage, au moins par évitement. Après tout il me semble bien avoir lu chez PascalSR qu'il avait remplacé dans un roman "Indiens" par "Aztèques", avouant même son ultime gène devant cette solution elle-même arbitraire. Les baptêmes et les changements de nom participent de l'histoire - si riche en rancoeurs et en oublis - et il est bien difficile de dégotter avec certitude le premier habitant d'une terre, souvent enterré sous dix couches d'envahisseurs.

Jusqu'à ce récent baptême les dictionnaires des derniers siècles n'avaient pas inscrit ce mot aux noms propres (en fait cela avait déjà eu lieu: le mot avait déjà été consigné pour désigner un peuple, mais en des temps si anciens - au XVIe siècle, à propos des populations de l'Italie - que les mentalités, les convictions réputées savantes, le rapport à la langue et enfin les us typographiques étaient trop différents des nôtres pour y être assimilés, si l'on peut toutefois relever quelques similitudes y compris de contexte).

L'évolution lexicographique récente (à l'échelle de la langue) entraîne-t-elle que lors d'un débat l'on ne puisse plus revenir sur son bien-fondé - d'une part lexical et typographique, d'autre part idéologique et moral ? Il semble que non, et que par exemple les peuples intéressés, pour parler d'eux, car ils sont plusieurs, ne se soient réduits à cette appellation homogénéisante que contraints, n'ayant aucune autre voie pour mener leur lutte de reconnaissance que d'accepter cette étiquette plaquée arbitrairement sur leur diversité. Pour parler un langage quelque peu orienté mais que tout le monde comprendra: il faut donc leur accorder que ce nom, avec sa belle capitale honorifique décernée sans frais par l'Occident, est aussi bien un élément supplémentaire du déni d'identité à leur endroit.

Dans la discussion sur ce point il m'a été opposé d'abord que cette capitale symbolisait (en substance) enfin une reconnaissance à "ce peuple", argument moral censément imparable. Nous nous placerons donc pour une fois côté "Aborigènes" pour voir la scène.

Les autochtones australiens seraient arrivés sur ce continent il y a 40 000 ans soit par le Timor au Nord, soit par un passage de basse-mer entre l'Australie et la Nouvelle-Guinée. Il est possible que plusieurs vagues soient arrivées par plusieurs accès. Les spécialistes nous apprennent que la notion d'un peuple des "Aborigènes" n'existe pas en soi, et qu'elle est étrangère aux peuples concernés. Il n'existe pas de mot commun à toutes ces tribus les désignant comme un seul peuple. Il s'agit de peuples très différents en termes de coutumes et traditions, langage, habitat, arts etc. L'unité entre ces tribus n'existe pas, elle se réalise difficilement, mais comme on le verra c'est plutôt leur diversité qui est menacée. On distingue deux grands groupes géographiques mais, nonobstant quelques ancêtres communs à quelques-unes, même au sein de ces groupes les tribus ont chacune une cosmogonie liée à des lieux précis (au point qu'ils pensent appartenir à une terre bien définie - qui plus est selon un trajet saisonnier entre plusieurs lieux - et non pas la posséder à l'occidentale, de sorte qu'un déplacement de population, autant qu'une fixation arbitraire, revient à une perte d'identité: c'est une des raisons de l'échec des réserves).

Le chercheur Eric Viesner nous dit: "Le concept d'"Aborigène" australien n'existe que depuis l'arrivée des Européens. C'est une catégorie artificielle utilisée par des Européens cherchant à stigmatiser des êtres humains pour ne pas admettre leur propre étrangeté et pour ne pas ressentir un malaise continuel à s'interroger sur leur identité et raison d'être sur le sol australien. "Aborigène" est l'habit sous lequel est dissimulée une profonde et ancienne méconnaissance d'une Australie précookienne, comme on le dit d'une Amérique précolombienne.
Les peuples indigènes revendiquent leur identité d'Aborigènes (…), autrement dit la reconnaissance de leur identité propre certes mais aussi l'histoire embarrassante des agissements européens à leur encontre." Et ensuite: "Le nom donné aux descendants des premières populations à avoir occupé l'Australie évoque à lui seul l'ensemble des problèmes auxquels elles furent confrontées et contre lesquels elles doivent encore faire face. On ne rappelle pas assez souvent qu'Aborigène provient du latin ab origines signifiant dès les origines. La définition qu'en donne le Littré sied parfaitement à la représentation que les Aborigènes ont de leur propre origine. "Est Aborigène celui qui est originaire du sol où il vit". Nous comprenons mieux à présent combien juste est cette définition pour un Aborigène. Mais lorsque l'Européen désigne l'Aborigène, la question reste de savoir à quelle origine le nouvel occupant se réfère." Et encore: "Des nombreuses populations riches de leurs différences, on a bâtit la catégorie d'"Aborigène" agglomérat de préjugés et d'ignorances. Aussi respectueuse qu'elle soit, une majuscule pourtant ne peut cicatriser aucune plaie ni atténuer les douleurs. Par contre elle escamote le mépris et le dénie de justice dont eurent à pâtir les populations indigènes de l'Australie. Est-ce qu'être un Aborigène c'est ne pas être à l'origine de son nom ? Peut-être, mais cela signifie surtout de nos jours ne plus pouvoir exister en dehors du combat." (Citations ci-dessus sans intervention de ma part autres que les coupures et la phrase soulignée).

Ajoutons que les colonisateurs, dans le mouvement qui les conduisit à la reconnaissance des droits des aborigènes, ont imprimé à leurs terres, à leur vie économique, et partant à leur mode de vie un dessin et un dessein tous deux arbitraires: pour ces peuples de chasseurs-cueilleurs à déplacements saisonniers, en osmose cosmique avec leurs lieux sacrés, on a tracé des territoires au cordeau, organisé leur vie selon de vieilles utopies écolo-hygiènistes occidentales compensatoires, et pour comble imposé le modèle juridico-économique du trust !

Disons que les capitales ne coûtent pas cher !

Bref, sans être obligé d'emboucher les trompettes de la lutte des peuples, on peut admettre que certains scripteurs, chatouilleux peut-être, éprouvent quelque réserve à inscrire une capitale sans doute vertueuse mais n'ayant pas que des vertus.



Pour finir, abrégeons le côté purement lexical.

D'abord il faudrait expliquer pourquoi il ne s'est pas trouvé de lexicographe pour empêcher cet accaparement d'une catégorie anthropologique ("les aborigènes" de tel ou tel lieu, par rapport aux arrivants). A-t-on considéré qu'il y avait assez de synonymes en réserve ? En tout cas ça n'a gêné personne de refiler à ces populations un terme générique, un peu comme "les Rentiers", les "Nomades", ou "les Endogames" - pourtant s'il existe des noms de peuples issus de qualités génériques, il est plutôt rare qu'ils proviennent d'une dénomination étrangère et qui plus est … si tardive. Ou alors le lexicographe n'a pas eu voix au chapitre, ou on l'aura ignoré.

En fait l'orthographe moderne n'a été fixée qu'en 1842 (Bescherelle), contre "aborigines" qui la concurrençait de longtemps (Trévoux, Académie). On sait que ce nom fut choisi, plutôt que "indigène", pour éviter la connotation coloniale. Mais, comme je l'ai déjà dit dans un message, si les débats entre gens qui s'autorisent à être autorisés avaient abouti au choix de "Indigènes", tous les scripteurs du monde seraient-ils aujourd'hui aussi à l'aise pour désigner ainsi, avec vertueuse capitale, ces naturels Australiens ? On ne m'a pas répondu sur ce point. Et Autochtones ? Ce n'est pas si mal Autochtones après tout… On va vous nommer les Autochtones.
Heureusement que les milieux autorisés et les dictionnaires n'ont pas poussé l'entérinement de l'usage jusqu'à conserver le "r" des arbres: l'Arborigène, chaînon manquant !

Non seulement ça peut se discuter (et il n'est pas dit que ce bon peuple ne voudra pas un jour un autre nom) mais il serait très actuel de réfléchir à cette nouvelle donne: la question des dénominations, en ces temps où "respect", "identité", "communauté" reviennent en boucle dans la vie publique, prend un tour de plus en plus grave. Il suffit de voir l'instrumentalisation, les torsions que connaissent des termes comme "indigène". Sait-on si demain des groupes de quelque nature que ce soit, parvenus à une certaine force sociale, n'iront pas jusqu'à revendiquer des capitales et d'autres améliorations de nos chers dictionnaires ?

Cette question ne doit pas tarauder grand monde, c'est sûr. Celle de la prudence dont devront de plus en plus faire preuve les auteurs de manuels scolaires, en particulier en histoire (ou en philosophie), non plus…

Pour finir (qu'on se rassure), je dois revenir sur cette sorte de convention tacite, cette ligne rouge qui vous vaudra l'excommunication (par rupture du dialogue par exemple) pour peu que vous ayez cité en référence le nom d'Alain Finkielkraut, et qui que vous ayez cité d'autre. Viennent aussitôt les assimilations à d'autres réprouvés selon la même doxa (c'est par manque d'information sans doute que n'a pas fusé celui du regretté Philippe Muray). Non qu'il soit répréhensible lors d'un débat de faire des assimilations - elles peuvent être justifiées dans le débat d'idées et c'est le cas ici - mais il est au moins remarquable que certains noms déclenchent une levée des égards, une disqualification, un air entendu d'entre-soi, et jusqu'à la moquerie sur votre pseudo (coco47, je sais que c'était sur un coup de nerfs, sur ce que vous aviez pris à tort pour un soupçon de mensonge, mais vous avez ensuite pris le temps d'un signe de connivence à propos de cet auteur, et je suis donc fondé à faire cette analyse, d'autant que vous avez ensuite coupé le contact).

Qui ne dit mot consent, et puisque cet épisode ne suscite pas d'autre réaction que la mienne je ne m'attarderai pas. Je n'ai pas à ce point besoin de me sentir au chaud parmi des semblables. Les noms de Finkielkraut, Zemmour, qu'on m'a lancé, ou Muray, que tant qu'à faire je lance moi-même, quelque accord ou désaccord que l'on nourrisse envers l'un ou l'autre, sont au tableau d'honneur de l'intelligence et de la conscience de ce pays. Chacun à sa façon et à son niveau d'intervention, ils y ont plutôt contribué à maintenir un certain niveau de débat. Je m'enorgueillis de les avoir cités à côté de ceux de Michéa, Sallenave et même Debord (si, si, quoique seulement paraphrasé sous un ironique "qui vous savez").

corrigé un mot manquant sans importance