Correction-révision : quels tarifs ?

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
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Melfrid
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Correction-révision : quels tarifs ?

Message non lu par Melfrid » 25 janv. 2005, 14:25

Salut tous,
Y a-t-il des correcteurs-réviseurs dans la salle?
J'ai besoin de connaître les tarifs et le mode de calcul et statut de rémunération en vigueur dans cette discipline. J'ai déjà rencontré du 7 euros pour 600 mots, mais il y avait un boulot très dense avec une part de checking. Pour une bonne correction ortho/typo + révision des tournures, peut-on taper à 1€ ou 2€ du feuillet?
Duc
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Message non lu par Duc » 25 janv. 2005, 17:09

1 ou 2 € me semble ridiculement bas. D'un autre côté, je ne connais pas les tarifs!

As-tu essayé de projeter cela en heures, histoire de te rendre compte de la rémunération que cela représente ?
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Message non lu par Melfrid » 25 janv. 2005, 17:13

Je parle de correction sans réécriture et sans checking. Je ne pense pas qu'il faille des heures pour un feuillet.
Anne

Message non lu par Anne » 23 mars 2005, 17:03

Pour info, la dernière fois que je me suis occupée de rémunérer une correctrice, c'était 10 F le feuillet, donc 1,5 €. C'était en 2000. Je doute que ça ait beaucoup changé.
khamedi@libertysurf.fr

tarifs correction-révision

Message non lu par khamedi@libertysurf.fr » 24 mars 2005, 09:55

Bonjour
je travaille depuis des années comme secrétaire de rédaction-correctrice. Le mieux pour faire prendre réellement en compte la globalité du travail effectué c'est de se faire rémunérer 1°) primo : en salaire (pas d'Agessa ou note d'honoraires !!!) ; 2°) secundo : à l'heure : et là les tarifs vont de 15 euros/heure à 30 euros/heure. Bien sûr pour connaître approximativement le temps qu'on y passe, l'expérience rentre en ligne de compte. Sinon, vous pouvez vous tester en corrigeant une page ou deux de n'importe quel document ressemblant vaguement au type de document qu'on va vous demander de corriger. Vous aurez ainsi une idée du temps que vous mettrez. Auquel, il faut ajouter grosso modo les vérifications. J'espère que ces infos vous faciliteront la préparation de votre travail.
Karine
lalilala

Message non lu par lalilala » 24 mars 2005, 12:03

Correctrice en presse magazine en CDI, je gagne un peu moins de 10 € de l'heure nets
manue

infos supplémentaires ?

Message non lu par manue » 25 mars 2005, 15:12

Bonjour ! Je suis correcteur pigiste dans l'édition. Personnellement, je suis à 500f (Eh oui, je suis toujours en francs !) les 100 000 signes - mais uniquement pour de la correction et un peu de rewriting, et pour de petitesmaisons d'édition.
Khamedi, tu me sembles au courant. Si tu pouvais me renseigner...

Je suis payée en Agessa (donc pas de chômage, pas de retraite...). On me propose actuellement de travailler en free dans une maison de pub mais il faudrait que je sois reliée quelque part pour qu'ils puissent verser mes cotisations. Jusque-là, les maisons s'occupaient de tout pour moi et je n'étais affiliée nulle part.

1- suis-je dans l'illégalité la plus totale ? (gulps !)
2- aurais-tu des infos pour pallier mon ignorance ultime ? (je me rends compte que ça paraît complètement absurde, mais jusqu'à présent, je me contentais de travailler sans me poser beaucoup de questions...)

Merci de me rassurer (au mieux) ou de me renseigner quant aux risques que je cours (...).

manue
piafette

Message non lu par piafette » 25 mars 2005, 18:00

J’avais un jour pris ça sur Voilà, dossier sur les métiers :

« La correction sur épreuves est payée en fonction de la longueur du texte corrigé, calculé en nombre de signes. Le tarif syndical est de l’ordre de 70 francs (10,67 euros) pour 7500 signes corrigés, soit cinq feuillets.
Le correcteur travaille aussi parfois directement sur de la copie remise par les journalistes ou les auteurs. Quand il doit réécrire un peu le texte, le correcteur-rewriter négocie un tarif plus élevé.
La correction "révision" s’apparente au travail de secrétariat de rédaction dans la presse. Il ne s’agit plus seulement de corriger les fautes d’orthographe et de français, mais de modifier le texte, de le couper, de le compléter, de vérifier certains points en collaboration avec l’auteur. Parfois aussi, le correcteur ajoute des titres, des intertitres et des accroches.

Correction sur écran : le lot quotidien
Aujourd'hui, presque tous les textes et les maquettes sont composés sur ordinateur. Plus pénible pour certains, plus agréable pour d’autres, cette nouvelle façon de travailler est surtout plus rapide. Les entreprises s’efforcent de profiter de cette évolution pour baisser leurs tarifs au nombre de signes. Les correcteurs demandent à être payés à l’heure, environ 100 francs (15,24 euros). Pour les correcteurs à domicile, le calcul des heures de travail n’est évidemment pas facile à établir. Si vous choisissez cette voie, vous devrez vous équiper d’un ordinateur, d’un fax et d’un modem pour pouvoir expédier votre travail via Internet. Tout cela à vos frais. »

D’un autre côté, m’étant renseignée il y a bien 5 ou 6 ans auprès du syndicat des correcteurs, sur les tarifs. La réponse était la suivante :

TARIFS PLANCHER (en BRUT) pour CONTRATS de CORRECTION en PIGES
80 F + 13ème mois + congés payés (au prorata) pour une lecture première (décoquillage), soit :
1) 12 000 signes (*) l’heure pour relecture avec copie
2) 14 000 signes (*) l’heure pour relecture sans copie

100 F + 13ème mois + congés payés (au prorata) pour une préparation de copie ou réécriture, soit 3) 4 500 à 8 000 signes (*) l’heure ; texte ouvert avec diverses vérifications ou relecture écran incluant corrections

120 F + 13ème mois + congés payés (au prorata) pour une lecture première en langue étrangère, soit :
4) 12 000 signes (*) l’heure pour relecture avec copie
5) 14 000 signes (*) l’heure pour relecture sans copie

140 F + 13ème mois + congés payés (au prorata) pour une préparation de copie ou réécriture en langue étrangère, soit 6) 4 500 à 8 000 signes (*) l’heure texte ; ouvert avec diverses vérifications ou relecture écran incluant corrections

(*) un feuillet dactylographié est entendu comme comportant 3 000 signes


En ce qui concerne les conventions collectives, celle des journalistes est lisible sur http://www.snj.fr/, et voici des extraits intéressants de celle de l’édition :
« L'application de la convention collective aux travailleurs à domicile est réglée par les dispositions de l'annexe IV.
« Les parties signataires s'engagent à négocier d'ici au 30 juin 2000, des dispositions complémentaires à l'annexe IV pour l'ensemble des travailleurs à domicile, y compris les correcteurs à domicile.
« Par maisons d'édition, on entend les entreprises ou leurs établissements dont l'activité principale est l'édition de livres: activité INSEE 5112, nomenclature d'activité européenne 221-A, à l'exception des éditions musicales (rubrique NAF partitions musicales).
ANNEXE IV

Travailleurs à domicile

PRÉAMBULE

1° Considérant la situation des correcteurs qui effectuent des travaux à leur domicile, situation imprécise et mal définie tant à l'égard de la sécurité sociale qu'en ce qui concerne le droit du travail, situation disparate également d'une maison d'édition à une autre, particulièrement quant au mode de rémunération qui peut prendre la forme soit d'un salaire, soit d'honoraires ;
Considérant les positions du ministère du travail et des organismes de la sécurité sociale en faveur d'un statut de travailleur à domicile lorsque les conditions prévues par les articles L.721-1 et suivants du code du travail sont remplies;
Estimant qu'il y a effectivement une solution dans le cadre de cette réglementation; les parties signataires ont adopté un certain nombre de dispositions concernant les conditions de travail, de rémunération et de protection sociale des correcteurs et des travailleurs à domicile.

2° Dans une volonté commune de concertation, les parties signataires conviennent de mettre en oeuvre tous moyens afin de faciliter 1'application de cet accord, rappellent l’article 9 des clauses générales de la convention collective, qui prévoit de ne pas engager pour des postes permanents des agents disposant d'une retraite supérieure au salaire minimum de la profession, recommandent de ne pas utiliser, particulièrement dans les circonstances actuelles, les services d'agents disposant déjà de revenus normaux, qu'ils soient salariaux ou non.

Dispositions

Article 1er

Champ d’application

1° Le correcteur qui effectue, à son domicile, la vérification typographique d’épreuves et assure le respect de ponctuation, de syntaxe et d'orthographe, bénéficie du statut des travailleurs à domicile dans la mesure où il remplit toutes les conditions requises par les articles L. 721-1 et suivants du code du travail.

2° Le travailleur à domicile autre que le correcteur est classé employé, technicien ou cadre suivant les critères définis aux classifications de la présente convention (annexes I et II).

3° Les travailleurs à domicile sont identifiés par l'ajout de la lettre « D » à l'échelon de leur classification sur les bulletins de salaires et les déclarations de retraite et de prévoyance.

Article 2

Conditions de travail

Le correcteur à domicile ou le travailleur à domicile qui accepte des éditeurs des tâches déterminées, les exécute en toute liberté et il est maître de ses horaires.
Le correcteur à domicile ou le travailleur à domicile peut être attaché à un ou plusieurs éditeurs. Dans le cas où il travaille pour plusieurs maisons, il est tenu de faire connaître à chacune de celles-ci, à la fin de chaque mois, le total des rémunérations qu'il a perçues.
Cette obligation devra être remplie par la déclaration prévue en cas d’employeurs multiples pour le règlement des cotisations de sécurité sociale.

Article 3

Rémunération

A. Le correcteur à domicile, tel qu'il est défini à l’article 1er, est rémunéré sur la base de 12 000 signes à l'heure pour la lecture avec copie, et de 15 000 signes à l'heure pour la lecture sans copie pour les travaux courants, et au nombre d'heures déclarées en conscience pour les travaux spécialisés. Sa classification est celle du correcteur à l’annexe I des employés ; le tarif horaire minimal est égal au salaire de la catégorie E9 divisé par 152. Ce tarif suivra les mêmes augmentations en pourcentage que le barème de la convention collective nationale de l'édition et il ne pourra en aucun cas être inférieur au barème en vigueur dans l'entreprise.


B. Pour les travailleurs à domicile autres que les correcteurs, la rémunération ne peut être inférieure au salaire mensuel garanti aux annexes I et II de la présente convention, au prorata du nombre d'heures effectuées suivant le volume de travail confié dans le mois, et sous réserve des barèmes en vigueur dans l'entreprise.

C. Les correcteurs à domicile et les travailleurs à domicile perçoivent, en sus de leur rémunération, un supplément de traitement mensuel équivalent à 8,33 % de ladite rémunération.

Article 4

Congés payés

Le salaire convenu sera majoré de 10 % au titre de l’indemnité pour congés payés.

Article 5

Les correcteurs à domicile recevront une majoration du salaire minimum selon leur temps de travail pour une maison d'édition. Le taux de cette majoration sera celui des employés et cadres de l’édition, étant entendu qu’une année d'ancienneté s'apprécie pour 1200 heures de travail pour une même maison ou par un travail effectué, même à temps partiel, pendant 11 mois consécutifs ou non.

Article 6

Conclusion, exécution et rupture du contrat à durée indéterminée

A. La période d'essai des correcteurs à domicile est d'un mois. La période d'essai des travailleurs à domicile est d'un mois, 2 mois ou 3 mois en fonction de la classification qui leur est attribuée.
En sus du contrat d'engagement, et nonobstant les dispositions de l’article L.721-7 du code du travail, l'éditeur établira, lors de la remise de chaque travail à un correcteur à domicile ou un travailleur à domicile, un bon de commande en 2 exemplaires précisant notamment le nom et l'adresse de la maison d’édition, la qualité et la nature du travail demandé, la date de livraison et le temps d'exécution prévisibles en fonction du volume de la commande. Le bon de commande doit aussi faire apparaître le montant de la rémunération correspondante, qui ne peut être inférieur à la garantie minimale de la grille des salaires conventionnels pour le niveau de classification du correcteur à domicile ou du travailleur à domicile. Un exemplaire de ce bon de commande est remis au correcteur à domicile ou au travailleur à domicile.
De même, au jour dit, est remis au correcteur à domicile ou au travailleur à domicile un document attestant de la remise effective de la tâche exécutée.

En cas de contrat à durée indéterminée, le contrat comporte une clause d'évaluation du niveau d'activité prévisible, sans garantie formelle de part et d'autre, qui pourra être réexaminée chaque année.
En cas de démission ou de licenciement, le préavis réciproque est celui qui correspond aux dispositions de la présente convention, en fonction de la catégorie et du niveau de classification du correcteur à domicile ou du travailleur à domicile.
Si pendant la durée du préavis, après rupture du fait de l'éditeur, celui-ci peut à nouveau confier un travail au correcteur à domicile ou au travailleur à domicile, le contrat n'est pas définitivement rompu et une nouvelle période de collaboration peut s'engager sans qu’il y ait lieu, le cas échéant, de verser des indemnités.
L'indemnité compensatrice afférente au préavis se calcule sur la base de la moyenne des rémunérations versées au cours des mois travaillés dans la limite des 12 mois précédant la dernière cessation d'activité du correcteur à domicile ou du travailleur à domicile.
La base de l'indemnité de licenciement est la moyenne des rémunérations versées au cours des mois travaillés dans la limite des 12 derniers mois précédant la dernière cessation d'activité du correcteur à domicile ou du travailleur à domicile.

Après un an d’ancienneté pour une même entreprise, les correcteurs à domicile ou les travailleurs à domicile ont droit à une indemnité de licenciement égale à 1/5 de mois par année (l’ancienneté s'apprécie telle qu'elle est définie à l’article 5).
Cette indemnité est calculée au prorata du nombre de trimestres entiers d'activité.

B. Lorsqu'un éditeur donne du travail à un correcteur à domicile ou à un travailleur à domicile, il doit indiquer, si celui-ci en fait la demande, la quantité ou la durée probable de ce travail.
Lorsqu'un correcteur à domicile ou un travailleur à domicile ne peut temporairement prendre les travaux qu'un éditeur lui confie de manière régulière, il doit en informer ce dernier. Dans ce cas, de même que dans le cas où un éditeur n'a provisoirement plus de travaux à donner à un correcteur à domicile ou à un travailleur à domicile, le contrat de travail peut être suspendu aussi longtemps que les parties le souhaitent.
Dés lors qu'une des parties veut interrompre cette période de suspension du contrat et dans la mesure où l'une des parties ne peut satisfaire à une demande ou à une offre de travail, le préavis de rupture est ouvert.

Article 7

Retraite complémentaire

En application de la loi du 29 décembre 1972, les correcteurs à domicile et les travailleurs à domicile seront affiliés au régime de retraite complémentaire de la CACE pour leurs salaires en provenance de maisons d'édition.

Article 8

Prime de transport

La prime de transport doit être versée à raison de 1/25 de son montant mensuel par journée comportant des déplacements pour la remise ou pour la livraison du travail achevé.
Lorsque l'éditeur assure la remise du travail et le fait prendre une fois qu'il est achevé, la prime de transport n'est pas due. »

Heu... ne vous moquez pas de moi : je ne trouve rien de plus précis au sujet de « salaire de la catégorie E9 ».
Bon après tout les conventions collectives se trouvent aux Journaux officiels.
Ce qui apparaît clairement par contre, c’est que les éditeurs ont le droit le plus absolu d’embaucher des travailleurs à domicile. Ils mentent donc quand ils prétendent ne pas pouvoir nous faire de feuille de salaire. Veulent seulement faire des économies aux dépens de notre protection sociale, ces rats ! Quant à se mettre à son compte pour leur présenter une facture, pas question, je les avertis que, tous calculs faits, ça leur coûterait trois fois plus cher. Pour ma part, j’ai remarqué que si on arrive à négocier en direct avec le comptable et si celui-ci n’est pas trop feignant, il y a moyen d’avoir une feuille de salaire digne de ce nom.
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Message non lu par cookie » 26 août 2005, 01:28

Bonjour

A vous lire, je me demande quelle est la différence entre préparation de copie, relecture avec copie et relecture sans copie ? (La question est peut être bête :oops: mais je tente de comprendre le métier avant de m'installer en tant que correctrice)

De plus, les tarifs donnés à titre indicatif sont très souvent pour des emplois de salariés, qu'en est-il des indépendants ? Après avoir passé des heures sur le net, j'ai réussi à trouver des sites de correcteurs rédacteurs indépendants mais les tarifs vont du simple au double. :shock: Alors avant de démarcher les imprimeries, les agences de traduction...je voudrais prendre le temps de bien organiser tout ça afin de pas avoir l'air ridicule avec un tarif trop bas ou trop élevé qui ne m'apporterait aucun contrat. J'ai contacté le syndicat des correcteurs par email il y a plusieurs jours et je n'ai pas encore de réponse :cry:
Concernant la formation, Formacom doit me faire parvenir les documents d'informations pour une inscription. Mais cette formation ouvre-t-elle, ne serait-ce qu'un peu, les portes à la recherche d'emplois ?
Je suis actuellement en profession libérale (professeur indépendant) depuis 4 ans, et je bosse pour un journal à côté de cela. Cette base est-elle intéressante pour se lancer dans la correction sachant que je maitrise Word et les bases sur Paint mais que je ne connais pas vraiment le code typographique ? Puis-je m'en sortir avec un manuel ?
Le logiciel Correcteur 101 est-il performant pour démarrer ?
:oops: Excusez-moi pour toutes ces questions mais je cherche des réponses depuis plusieurs mois sans vraiment y trouver des réponses. Je suis au point sur l'URSSAF et les impôts mais il me reste quelques doutes.En tout cas merci.
piafette

Message non lu par piafette » 26 août 2005, 14:39

Personnellement, je me demande si l'idée est bonne de chercher à se lancer, sans en connaître toutes les techniques, dans un métier où même les pros affirmés n'arrivent pas à gagner dignement leur vie...
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Message non lu par cookie » 26 août 2005, 15:31

Selon toi (ou vous), en quoi reside la différence entre un correcteur amateur et un correcteur professionnel "affirmé" puisque d'après le texte que je viens de lire, le correcteur pro ne se définit pas "par son savoir mais par sa psychologie" et que "le vrai correcteur ne sait rien et doute de tout"? Le professionnalisme semble plus résider sur la personnalité du correcteur que sur sa formation. N'a-t-on pas le droit de venir d'horizons divers et de vouloir devenir correcteur après une formation (qui est presentée comme la formation par les correcteurs et même le syndicat)?
Mais il est vrai que ce métier semble se perdre (en tout cas dans la presse).
piafette

Message non lu par piafette » 26 août 2005, 16:39

Je ne parle pas de "droits".
Je parle de la chance de gagner de quoi manger...
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Message non lu par cookie » 26 août 2005, 19:44

Donc si je comprends bien, ce n'est pas une question d'être expérimenté ou non mais une question de viabilité du métier. Les débouchés sont difficiles à trouver que l'on soit correcteur amateur ou professionnel. Est-ce un problème très récent suite à la conjoncture actuelle ou ce métier a toujours été difficile exercer ?
piafette

Message non lu par piafette » 27 août 2005, 13:35

… Disons qu’il n’a jamais été évident de convaincre un éditeur (au sens large du terme, tous types confondus) du bien-fondé d’une orthographe et d’un typo irréprochables dans les textes qu’il édite. Mais la chose empire.
Historiquement, ce point a toujours été le « must » desdits. Mais depuis plusieurs années (combien, je ne saurais dire), ce détail fait partie du naufrage qualitatif général, du j’m’en-foutisme ambiant. Et aujourd’hui, malheur ! Nous sommes en période de pleine dysorthographie, et arguer en faveur de la compréhension d’un texte via le respect des accords nous met dans la peau de l’aficionado du chauffage au charbon… Quant à parler du respect de la langue, n’y songeons pas, nous sommes de vieux machins, là… Tu sais, je corrige souvent les fautes commises par les instituteurs de ma fille… On n’est pas sorti de l’auberge !

Ajoutons à ça la confiance aveugle que les gens accordent maintenant au plus imbécile des « correcteurs d’orthographe », et nous dirons que les éditeurs, presse ou édition, préfèrent acheter un « bon » correcteur, mais sans l’œil humain derrière.
Tu dois, comme moi, au détour d’un livre, voir les fautes dues à la correction humaine, et celles faites de façon évidente par un correcteur automatique.

« Ha bah ! Du moment qu’ils comprennent ! »

Heu… pas sûr…
Mais les arguments nous manquent…

Disons que ce métier a, auparavant, été respecté par des gens qui eux avaient le respect des lettres imprimées et désiraient s’entourer de spécialistes pointus.
Maintenant, les décideurs eux-mêmes (sauf cas rares) n’ont plus cette exigence de la qualité, car ils n’ont plus conscience de faire un produit de moindre qualité.
Ajoutons aujourd’hui le problème économique, le poste de correcteur est le premier qui saute dans les charrettes…

Tu comprends maintenant pourquoi les correcteurs expérimentés avec un CV à la musculature impressionnante cherchent à se recycler… Et pourquoi celui qui débute, à moins de proposer des tarifs au raz des pâquerettes (ce qui gâche encore plus le métier), a encore moins de chances d’en vivre dignement.

En ce qui concerne le tarif des indépendants, justement, normalement, tu réhausses ton tarif de tes charges sociales. Seulement, ils ne l’entendent pas de cette oreille. Ils veulent te payer le net, sans, eux, payer de charges, directement ou indirectement.

Quadrature du cercle infernale qui fait qu’on tente de trouver un autre gagne-pain…

Ha, détail : « … Le vrai correcteur ne sait rien et doute de tout ». Justement, plus on maîtrise un savoir-faire, plus on en connaît les embûches, d’où ce doute permanent.

Existe-t-il un correcteur heureux et prospère sur ce site ???
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Message non lu par cookie » 27 août 2005, 17:47

J'ai pu, effectivement, remarquer le manque de rigueur de certains magazines ou journaux dans lesquels se glissent des fautes d'orthographe ou des oublis de ponctuation qui mettent le lecteur dans la difficulté de compréhension du texte. Je dois améliorer ma connaissance des règles typographiques (comme je le disais plus haut) mais je reste parfois perplexe à la lecture d'une phrase dans laquelle la présence, ou non, d'une virgule change tout son sens.
En ce qui concerne le logiciel de correction orthographique, son abus est tout aussi dangereux que l'utilisation d'un logiciel de traduction. La machine ne peut remplacer l'homme et cela ne se limite, malheureusement, pas au métier de correcteur.
D'ailleurs tout comme la condition des travailleurs indépendants face aux municipalités, maisons d'édition ou autres "employeurs" imposant un tarif au plus bas sans vouloir payer de charges. J'ai le problème actuellement avec la mairie pour laquelle je travaille depuis 4 ans. Alors cela ne me changera pas beaucoup si je deviens correctrice. Ce qui me manque ce sont justement des références, des repères afin de ne pas accepter des tarifs démesurément bas dus à une ignorance de ce qui se pratique habituellement.
Donc me voilà avertie des difficultés à en vivre mais pas pour autant démotivée (serait-ce de l'inconscience ???? :? ). En tout cas merci d'avoir pris le temps de me répondre.

Eh oui ! Les instituteurs font parfois beaucoup trop de fautes :cry: Cela en devient même choquant quand on en vient à lire sur les cahiers destinés aux évaluations "Elle et motivée mais peut mieux faire" :shock: Là, l'erreur est quand même dure à avaler (aaaah voilà que maintenant je m'inquiète d'avoir laissé une faute dans mon post :? )
Dernière modification par cookie le 27 août 2005, 19:13, modifié 3 fois.
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