Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 15 avr. 2018, 21:07

Ilola a écrit :
15 avr. 2018, 20:27
Sauf si la profession s'arc-boute sur "Moi, corriger en pdf ? Jamais !" – ce serait bien un peu la suggestion que j'aurais envie de faire, mais...
Excusez-moi de vous paraître un peu bête, peut-être même probablement très bête, mais pour les corrections en seconde, vous préconisez quoi, exactement ? Le maquettiste doit en exporter le texte sous Word, texte pourtant déjà maquetté, afin de mieux respecter vos arc-boutages ? Puis remaquetter le tout (à ses frais bien sûr, vu que l'éditeur ne payera évidemment pas le surcroît de travail, ni vous non plus) ? Et les fausses coupes, les espaces inopportunes et autres, vous les corrigerez sans doute en quinte ou en sexte (j'invente ces mots), si toutefois vous y acceptez les PDF...

Cela étant, ce serait chouette que Nadine Lucas, qui a mis le feu aux poudres, vienne nous raconter ce que finalement elle va faire de son PDF, vous ne croyez pas ?
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 15 avr. 2018, 21:15

Ilola a écrit :
15 avr. 2018, 20:27
Donc, de facto, le correcteur en pdf, pour moi, est TENU de faire a minima... Ce qui, plus prosaïquement parlant, soit : en dehors de l'amour du métier, du mot juste et de la belle syntaxe, est aussi une balle qu'il se tire dans le pied
Ilola, je me permets de vous suggérer de lire ce que Cargo écrivait l'autre jour, à propos des PDF et du moment où ils interviennent dans le circuit.
Je cite tout, tiens !
cargo06 a écrit :
02 avr. 2018, 14:46
Bonjour,
il me semble que quand l'éditeur nous confie la relecture-correction d'un texte (d'une épreuve) sous format .pdf, il est implicite qu'il souhaite que nous n'intervenions pas directement sur la maquette, ce qui me semble normal. Dès lors, seule la correction dans des bulles peut être faite, et cela n'empêche en rien des corrections dites "lourdes" : on copie le passage à revoir qu'on colle dans la fenêtre et qu'on réécrit autant qu'on le souhaite. Ensuite, l'éditeur-réviseur accepte ou pas nos corrections et transmet le tout au maquettiste pour intégration le cas échéant.
D'après ma propre expérience, seules des corrections en premières (aussi appelées improprement "préparation de texte") se font sur fichier Word. Dès qu'on passe à la maquette (secondes), c'est forcément sur .pdf.
Et d'expérience, cela ne prend pas plus de temps que sur Word ou sur papier.
On ne peut pas dire mieux : les questions que vous soulevez n'existent tout simplement pas, et nos professions ont suffisamment de problèmes pour ne pas en inventer en plus, totalement imaginaires...
Ilola
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 21 avr. 2018, 08:53

alain67 : vous disiez dans un post précédent que, normalement, ne vous arrivait pour être maquetté qu'un texte "définitif", que vous appeliez "seconde".

Classiquement, pour une édition "de qualité", s'entend, il y avait avant, chez les éditeurs pourvus d'un service correction :
- une prépa de copie, sur le manuscrit
- une relecture en 1res, en placard,
- le plus souvent en relecture en 2es, toujours en placard, qui donnait lieu au "Bon après"
- l'ouvrage mis en pages, où il n'y avait quasi plus qu'à pointer les corrections demandées avant "Bon après", qu'on relisait éventuellement en totalité, mais même pas forcément, sachant qu'à partir du "Bon après", le texte était réputé définitif. Ne restait qu'à vérifier plutôt les titres et sous-titres, lignes de blanc, tournes, notes, etc., soit les éventuelles erreurs pouvant apparaître après mise en pages, mais le texte lui-même, a priori, était validé.

Soit : c'était le "Bon après" qui autorisait la mise en pages.

On sait que la prépa de copie a pour beaucoup disparu, vaguement faite par une secrétaire d'édition ou avec la préparation technique, ce qui fait qu'une "première" sous Word risque fort d'être la première – et la dernière – relecture-correction approfondie, où le correcteur devra jongler en même temps avec les problèmes d'unification et de marche typo, les cap et bdc, la cohérence du contenu, l'orthographe, la grammaire et la syntaxe, voire les appels et rappels de notes, les vérifications qui s'imposent, etc., soit : impossible de faire tout "bien" en une seule fois.

Si cette sortie sous Word est considérée comme une "première", après une copie "vaguement" préparée, et que la seconde est redonnée en correction directement en pdf, il est clair que la qualité de la relecture ne peut être "au rendez-vous", sauf éventuellement si l'on considère que le pdf doit être relu sur papier, tel un placard, avec corrections en marge.

Mais tout dépend bien sûr, ici, de la qualité de la copie de départ et du niveau de qualité attendu à l'arrivée :-)

Pourtant, si j'en juge les derniers livres que j'ai achetés, dont un d'Ingrid Riocreux, sur "Le Langage des médias", qu'on s'attend donc à trouver d'un niveau rédactionnel quasi parfait sous la plume de cette linguiste chevronnée et ô combien pointilleuse, le manque de qualité de la relecture me paraît flagrant, et particulièrement préjudiciable s'agissant d'ouvrages de haute tenue par ailleurs. Dommage !
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 24 avr. 2018, 05:43

Ilola a écrit :
21 avr. 2018, 08:53
Classiquement, pour une édition "de qualité", s'entend, il y avait avant, chez les éditeurs pourvus d'un service correction :
- une prépa de copie, sur le manuscrit
Ilola, il semble vous échapper que depuis fort longtemps les « manuscrits » n'arrivent plus manuscrits chez les éditeurs, que la machine à écrire aussi a disparu, et que désormais tous les textes sans exception sont fournis par les auteurs déjà saisis, sous forme de fichiers. En sorte qu'une étape de production n'existe plus : la composition, qui est effectuée en amont de la réception du texte par l'éditeur. Sur quel « manuscrit » qui diffèrerait de la compo voudriez-vous désormais faire la préparation de copie et la correction, et ceci avant une composition en placard ? Composition en placard qui n'existe plus non plus, depuis belle lurette : je vous le signale au passage.

Mais bon, ça ne fait que 25 ou 30 ans que cette évolution a eu lieu, c'est peu. Dans ces conditions, il est bien normal qu'on continue à s'interroger sur le point de savoir si, oui ou non, le traitement de texte et la PAO vont modifier les circuits de production. Réponse dans quelques siècles, peut-être ?
Ilola
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 25 avr. 2018, 00:41

alain67, je suis moins distraite que j'en ai l'air, je trompe un peu mon monde :-).

Pour en revenir à notre discussion : qu'on ait un manus écrit à la main (eh oui, j'en ai encore connu quelques-uns dans mes débuts, c'est dire !), "tapuscrit" provenant d'une vieille Olivetti ou saisi dans Word (allez, je vais faire plaisir à Prof, disons : un ordiscrit), qu'est-ce que ça change au fait que ce soit la version originale, qui devra être "préparée" au niveau du texte – correction orthographique, grammaticale, syntaxique, vérification tous azimuts, mise aux normes typographiques, unification, questions et suggestions à l'auteur, et tout et tout... ? Que ça ne s'appelle plus "manuscrit" ("copie" n'étant pas plus juste !) et que la première sortie ne se nomme plus "placard" ne change pas grand-chose au travail nécessaire de relecture-correction qui, lui, reste à faire – de plus, je pensais qu'aujourd'hui plus personne ne corrigeait sur papier, et il semble que si !

Cela dit : notre différend porte sur le fait qu'on mette en pages dès tout de suite (ce qui ne semble pas être votre option, puisque vous paraissez avoir la sagesse d'attendre que le texte soit réputé "définitif", me disiez-vous dans un message précédent – mais ce qui se voit chez d'autres, plus convaincus que "le texte est propre"), ou qu'on attende que le CONTENU soit dûment à l'étape "Bon après" pour le couler dans la maquette de manière moins risquée, vu qu'une lecture-correction approfondie engendre de forts risques que le texte bouge de manière assez importante.

Je crois que le problème n'est pas nouveau-nouveau, et que, au final, on a toujours l'auteur qui pond le texte, l'éditeur qui le dispatche vers les correcteurs, quand il y en a, et vers le maquettiste, pour qu'il prépare sa mise en pages, et que ça se termine bien toujours, au final, par le texte mis en pages – quel que soit le moment où intervient la première lecture, puis... éventuellement la deuxième, pour autant qu'il y en ait une qui suit encore, ce qui semble être rarement le cas.

Parce que nous, contrairement à vous, on se fiche éperdument de savoir qu'on lit sur "un écran", "un placard", "un manuscrit en parchemin" ou "une sortie Word", sauf que... quand c'est une sortie PDF, eh bien... on est un peu gênés aux entournures – et que ça revient à nous dire, clairement : "Corrigez le moins possible, ne nous emmerdez pas !"
Or... c'est bien connu : les correcteurs SONT des emmerdeurs... Mais qui, parfois, essaient de ne pas l'être. En tout cas, moi, quand on me donne un texte maquetté, eh bien... j'hésite beaucoup plus à retoucher une phrase "passable" qui pourrait être mieux, mais... ça va mettre le bazar dans la maquette, rallonger ou raccourcir le texte, créer une orpheline ou une ligne creuse en haut de la page suivante, chasser à la belle page suivante, là où, pas de bol, commence un nouveau chapitre, etc. Bon, allez, tant pis, je laisse, du coup.

Or bosser sur le mode "Tant pis". ça modère pas mal mon envie de faire bien. Mais s'il le faut, je m'adapte ! Seul hic : les logiciels de correction aussi, s'adaptent, en devenant toujours plus performants.
Notre profession de lecteurs-correcteurs, donc, fatalement, risque fort, pour survivre, de devoir évoluer dans le sens contraire – rencontrant, d'ailleurs, le "niveau qui baisse", ce qui, logiquement, devrait nous donner du travail plutôt que nous en retirer. Soit : il nous faudra de plus en plus nous attacher à la relecture critique, et de moins en moins à la correction basique, prise en charge par le logiciel qui monte, qui monte...
Raison pour laquelle plus nous corrigerons sur des PDF TÔT, plus... nous nous approcherons de notre belle mort, en fait, à mon avis.
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 27 avr. 2018, 13:58

Je ne pense pas que vous êtes distraite, mais que vous ne voulez pas comprendre ce qu'on vous dit.
cargo06 a écrit :
02 avr. 2018, 14:46
il me semble que quand l'éditeur nous confie la relecture-correction d'un texte (d'une épreuve) sous format .pdf, il est implicite qu'il souhaite que nous n'intervenions pas directement sur la maquette, ce qui me semble normal.
Je n'invente quand même rien !

Ilola a écrit :
25 avr. 2018, 00:41
l'éditeur qui le dispatche vers les correcteurs, quand il y en a, et vers le maquettiste
Ça n'existe pas. L'éditeur envoie le texte au correcteur et ensuite (pas et : ensuite) au maquettiste, qui compose le texte corrigé.

Ilola a écrit : que ça se termine bien toujours, au final, par le texte mis en pages
Ça arrive en effet que le texte parte chez l'imprimeur... Et pour ce faire, il faut le mettre en pages, voyez-vous ?

Ilola a écrit : éventuellement la deuxième
Pas éventuellement : toujours. Sur PDF. Pour une deuxième relecture. Où vous ne modifiez plus rien, vous indiquez seulement les erreurs du maquettiste et (s'il y en a) vos oublis. Puis une troisème, toujours sur pDF, pour vérifier que le maquettiste a bien reporté les demandes faites sur la deuxième.

Où est le problème, hormis votre sentiment que relire un PDF, c'est baiser le cul du diable ?

Tout ça ne dit pas, au demeurant, si Nadine Lucas continue à vouloir modifier des PDF... Tiens, j'ai fait pas plus tard qu'hier, une lettre à modifier. Quel boulot vraiment : je ne le souhaite à personne.
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 27 avr. 2018, 14:25

Enfin, pour être plus précis : rien n'empêche de faire autant de premières lectures et corrections qu'on veut, avec discussion entre l'auteur, le correcteur et l'éditeur. Sur un texte déjà saisi, s'entend. Mais quand le texte part en maquette, il est réputé être relu, réécrit s'il y a lieu, corrigé en tout cas. Définitif ou presque. Et validé par l'auteur ou par l'éditeur — surtout par l'éditeur, en fait : c'est lui qui paye, pas l'auteur.

Car quand cette étape de première lecture est terminée, le texte doit ensuite être composé et maquetté. Ensuite il est à nouveau relu (c'est la lecture en seconde). Comme il s'agit aussi de corriger la compo (fausses coupes, espaces anormales, enrichissements typo incorrects[*], visuels pas au bon endroit, inter-titres foirés et j'en passe), ça se fait sur PDF parce qu'à ce stade, la compo (et donc le texte) ne doit plus bouger ou presque plus, et aussi parce que c'est précisément la mise en pages qu'il s'agit de corriger. Qu'est-ce qu'il y a de si compliqué à comprendre là-dedans, je l'ignore tout à fait.

Et si à cette étape (la seconde, puis la tierce) il y a des modifications importantes, ça arrive, il s'agit alors de corrections dites « d'auteur » : peu importe si la demande vient de l'auteur, du correcteur ou de l'éditeur, mais c'est facturé (quand la prestation est externalisée) ou ça rentre dans le bilan comptable (s'il est analytique) et ça coûte plutôt cher. Vous trouvez ça anormal ?

[*] J'ai presque toujours à reprendre et les uns et les autres, que les correcteurs ne savent pas faire ou plutôt rendent très souvent d'une manière que, par décence, je me conterais de décrire comme étant extrêmement fantaisiste.
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 28 avr. 2018, 10:53

cargo06 a écrit : ↑02 avr. 2018, 14:46
il me semble que quand l'éditeur nous confie la relecture-correction d'un texte (d'une épreuve) sous format .pdf, il est implicite qu'il souhaite que nous n'intervenions pas directement sur la maquette, ce qui me semble normal.
Je n'invente quand même rien !
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 28 avr. 2018, 15:14

cargo06 a écrit : ↑02 avr. 2018, 14:46
il me semble que quand l'éditeur nous confie la relecture-correction d'un texte (d'une épreuve) sous format .pdf, il est implicite qu'il souhaite que nous n'intervenions pas directement sur la maquette, ce qui me semble normal.
Je n'invente quand même rien !
Mais moi non plus, puisque nous sommes, en réalité, d'accord sur le constat : une fois le texte donné en pdf, il est "implicite", comme dit Cargo06, que nous ne devons plus intervenir directement DANS le texte, mais que nous devons "demander" nos corrections dans des bulles. J'ajoute pour ma part qu'il est alors également "implicite" que nous ne demandions plus qu'un nombre restreint de corrections, soit : les corrections réellement indispensables. Pour trois raisons au moins :
1/ toute correction que NOUS ne saisissons pas nous-même dans le texte devra être faite par la personne qui fait le travail du "corrigeur" et peut donc donner lieu à de nouvelles fautes de saisie, alors que la sortie suivante ne sera pas forcément resoumise au lecteur-correcteur pour validation,
2/ le texte étant mis en page(s) et "à la longueur", toute nouvelle correction peut faire varier la longueur, et, avec elle, la mise en pages initiale – en créant divers problèmes multiples, en fonction du type d'écrit : lignes chassées en tourne qui se retrouveront en ligne creuse orpheline au haut de la page suivante, illustration ou encadré en regard qu'il faudra déplacer éventuellement, signature de l'auteur de l'article qui disparaitra au bas du texte, ce qui nécessitera une nouvelle coupe dans le texte pour la faire réapparaître, etc. : vous connaissez mieux le problème que moi.
3/ toute correction "ajoutée" représente un coût supplémentaire pour l 'éditeur...

DONC, FORCÉMENT : la qualité de la relecture n'y est plus. Car, de fait : la seule relecture-correction approfondie ne peut plus être faite qu'au niveau de la préparation de copie, sous Word, qui sert donc en même temps de "prépa" et de "premières".
ET, PARTANT : comme, en pdf, le lecteur-correcteur ne peut plus faire, de facto, que de la correction "basique",
1/ il est alors payé pour un travail basique : on lui demandera une vitesse de lecture bien plus grande que ce qui devrait être – normal, puisque, à partir du PDF, le texte est réputé "bon" !
2/ il est... ou sera bientôt remplaçable par un bon logiciel.
Ça, c'est l'esprit de la lettre... ou l'"implicite", second volet, que tout le monde s'applique à ne pas voir. Alors même que, pourtant, la qualité de nombre de livres publiés ces dernières années laisse pantois le lecteur un brin exigeant... C'est comme ça qu'on "éduque" un nouveau lectorat qui, lui, finira par s'habituer au manque de qualité... et à comprendre "ce qu'il faut comprendre" – ou ce qu'il a envie de comprendre –, même quand ce n'est pas ce qui est écrit. La porte ouverte, donc, à toutes les manipulations et propagandes.
Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement, par exemple, de lire le livre d'Ingrid Riocreux La Langue des médias, lui-même, hélas, pas dépourvu parfois de phrases assez bancales rendant la lecture éventuellement ardue, quoiqu'elle soit une linguiste chevronnée.
(Le lecteur-correcteur, lui, n'est pas qu'un "correcteur" de fautes ou d'erreurs, c'est aussi un "facilitateur" de la lecture !)
Ilola a écrit : ↑25 avr. 2018, 00:41
l'éditeur qui le dispatche vers les correcteurs, quand il y en a, et vers le maquettiste
Ça n'existe pas. L'éditeur envoie le texte au correcteur et ensuite (pas et : ensuite) au maquettiste, qui compose le texte corrigé.
Pour avoir travaillé 22 ans à la Révision de L'Express, dont 5 ans en tant que chef de service, je peux vous assurer, moi, que "ça existe", bien sûr ! Que font, selon vous, les maquettistes d'un hebdo pendant que les réviseurs planchent sur les articles qu'on dépose dans leurs corbeilles : ils vont à la pêche ??? Bien sûr que sont dispatchés en même temps aux réviseurs ET aux maquettistes les mêmes papiers, donc pas "définitifs", avec lesquels les maquettistes commencent tout de même à travailler sur leur mise en page !!! Sinon, impossible de sortir le journal à l'heure.
Tout le monde, là, travaille non pas "l'un après l'autre", mais simultanément, et le maquettiste fait avec ce qu'on lui donne au fur et à mesure qu'il le reçoit : texte brut, infographie, iconographie, puis texte validé, titraille, etc., il s'y met dès le début de la réalisation du journal au fil de ce qu'on lui fournit, et n'attend pas que tout soit "définitif" pour s'y mettre !
C'est tout de même bien, aussi, l'intérêt du numérique de permettre de calculer au plus juste l'encombrement du texte et de pouvoir travailler autour, dans l'attente du texte validé : la maquette travaille à la mise en page SANS le texte validé, PENDANT QUE, par ailleurs, les articles font des allers-retours autant de fois que nécessaire entre réviseurs et rédaction de plume (auteur, chef de rubrique, secrétariat de rédaction, direction de la rédaction), jusqu'à ce que la révision donne le BPF. Même si, aujourd'hui, il n'y a plus de service révision proprement dit, il y a toujours des secrétaires de rédaction qui font le boulot de révision (supposément, en tout cas), PENDANT QUE les maquettistes planchent déjà sur les pages montées en "maquette" (= "projet" de ce qui va être à la fin une page montée.
Si vous retirez l'idée de "projet", alors...vous en êtes à la "réalisation" de la page montée, ce n'est plus à proprement parler une "maquette", pour moi, en tout cas. Donc, en tant que lectrice-correctrice "pro", je vérifie, et voici au passage ce que donne Larousse, pour le mot "maquette" : "Projet plus ou moins poussé pour la conception graphique d'un imprimé.")

Ce n'est pas (encore) le cas dans l'édition, dites-vous, et je vous crois volontiers, bien sûr, encore que je doute que, s'agissant d'un livre au contenu technique ou documentaire, avec force illustrations, graphiques, schémas, etc., le maquettiste attende que le texte soit validé et réputé "définitif" pour commencer à bosser, mais, là, c'est votre métier et je m'abstiendrai donc d'avoir un avis... comme vous semblez en avoir de bien arrêtés sur le métier du lecteur-correcteur – et... sur le sens des mots.

Car, quand vous écrivez que le maquettiste "compose le texte corrigé", je suppose que vous voulez dire qu'il "compose"... ses pages et enrichit le texte corrigé ?
Enfin, j'espère qu'aucun maquettiste ne recompose de ses petites mains l'ensemble du texte :-).


par alain67 » Hier, 14:25

Enfin, pour être plus précis : rien n'empêche de faire autant de premières lectures et corrections qu'on veut, avec discussion entre l'auteur, le correcteur et l'éditeur. Sur un texte déjà saisi, s'entend. Mais quand le texte part en maquette, il est réputé être relu, réécrit s'il y a lieu, corrigé en tout cas. Définitif ou presque. Et validé par l'auteur ou par l'éditeur — surtout par l'éditeur, en fait : c'est lui qui paye, pas l'auteur.
Vous trouvez ça "précis", vous, de continuer à nommer "premières" ce qu'on lit en deuxième ou troisième lecture ? Comme vous voyez ici, on peut faire dire aux mots ce que l'on veut, et le lecteur lira, donc, sous la plume d'un professionnel aguerri "qui sait de quoi il parle" – donc fiable – que lire en seconde lecture peut s'appeler "premières", sans douter le moins du monde...
C'est pourtant ce qu'on appelle vouloir faire prendre au lecteur des vessies pour des lanternes !
Piège dans lequel l'auteur que vous êtes tombe lui-même ensuite, en argumentant, donc, avec une logique très personnelle : après plusieurs lectures "en premières", le texte doit être dit "presque définitif"...
Un éditeur, lui, toujours soucieux de limiter ses coûts, raccourcira la chose : "Une lecture en première, et hop, c'est bon !"

Rien n'empêche, c'est vrai, qu'on torde le cou au sens des mots, mais RIEN n'empêche NON PLUS de considérer que "une première", c'est quand... on relit le texte une première fois, et une "seconde", c'est quand on relit le texte pour la deuxième fois (restons optimiste : une troisième lecture et plus s'il le faut devraient pouvoir s'envisager !), mais, là, c'est selon la bosse des maths qu'on a ou pas et l'esprit logique qu'on a ou pas : pour moi, une seconde relecture ne peut tout simplement plus se nommer une "première", voyez-vous ! Qu'on la fasse sur un fichier Word ou sur un fichier PDF ne modifie pas le sens des mots.

C'est toute l'ambiguïté de la discussion qui nous "oppose" ici. Pour vous, maquettiste, vous entérinez le vocabulaire qui, de facto, laisse entendre qu'un texte n'aurait besoin d'être relu-corrigé qu'en une seule lecture – donc, "en première"...
Raison qui pousse donc un éditeur d'aujourd'hui à le faire mettre en page dès la "seconde" !
Un texte réputé "définitif ou presque" est, pour un lecteur-correcteur, un "Bon après"... Rien de plus, rien de moins.

OR... nous savons aussi que, l'auteur d'aujourd'hui saisissant son texte lui-même, la supposée "première" lecture est bien souvent, en réalité, une "préparation de copie" qui ne dit pas son nom, vu qu'il n'y a eu aucune "préparation" de copie AVANT la saisie par l'auteur.
Tout y est donc à faire, pour le lecteur-correcteur.
Ce qui, de facto, revient à dire que, en réalité, l'auteur donne à l'éditeur une copie numérisée NON préparée, et qui demeure ce qu'on appelait avant un "manuscrit", fût-il tapé sur une machine à écrire ou sur un ordinateur. Seul l'outil a évolué, pas... les auteurs, sauf souvent en pis – et c'est bien l'un des termes du paradoxe d'aujourd'hui : bien des gens qui "écrivent" aujourd'hui ne maîtrisent plus l'orthographe, la grammaire et le sens des mots qu'ils emploient aussi bien que ceux d'hier.

Le lecteur-correcteur va faire, donc, sur cette "première" sortie d'ordinateur, généralement sous Word, une "première" lecture qui sera l'équivalent de la préparation de copie... où il doit voir et régler un maximum de choses, mais... il en laissera fatalement pas mal aussi, car il n'est pas parfait et doit, à ce niveau-là d'intervention : appliquer la marche typo et unifier, faire les vérifications qui s'imposent ET même celles qui ne s'imposent pas, mais peuvent réserver des surprises quand même, corriger orthographe, grammaire, syntaxe, redondances, répétitions, phrases incohérentes, contradiction du propos au fil de l'ouvrage, éventuellement agir sur le style avec un peu ou beaucoup de réécriture, indiquer ou rectifier les graisses, les blancs, vérifier l'échelle des titres, sous-titres, intertitres, etc., vérifier la concordance des appels et rappels de notes, vérifier la concordance entre texte, tableaux, schémas, etc., bref : un travail de Titan, souvent infaisable en une seule lecture.
C'est faisable parfois sur un contenu purement littéraire lorsque la "copie" est bonne au départ, mais, pour un roman historique bien dense et touffu accumulant les noms propres, dates et références culturelles, un ouvrage de vulgarisation scientifique, de psychanalyse ou un pavé sur la Seconde Guerre mondiale entrelardé de mots allemands et de sources bibliographiques pointues – domaines éditoriaux dans lesquels j'ai moi-même beaucoup donné –, faire un boulot "définitif ou presque" en cette seule préparation de copie rebaptisée "première" est quasi impossible.

Raison pour laquelle je considère comme inepte de redonner ensuite au lecteur-correcteur qui suivra une supposée "seconde" en PDF, où, déjà, il ne devra plus faire que les corrections indispensables – payé pour cela, bien sûr : le strict minimum. Inutile de dire que, là, il ne passera plus beaucoup de temps à sonder la cohérence du propos – ce n'est plus de mise –, et ce qui n'aura pas été unifié restera non unifié, fort probablement, si cela doit engendrer de nombreuses corrections. Quant au style, à la syntaxe ou à la grammaire, on "fera avec" le plus possible, pour ne pas devoir demander de remaniements trop importants.
Comme vous l'écrivez, du reste, en seconde "pdf", on lui demande surtout de vérifier la mise en pages et l'enrichissement typo, les blancs, les graisses, les coupures en bout de ligne, les tournes, les appels et rappels de notes, etc. Bref : tout ce qui peut avoir bougé du fait de la mise en pages.

Soit, en réalité : un texte n'est plus relu-corrigé de manière approfondie qu'une seule fois, en préparation de copie effectuée sur une première sortie Word directement en provenance de l'auteur, où il faut "tout voir", et, ensuite, vogue la galère. Avec une "prépa de copie" qui, elle, est payée au tarif "lecture en premières" !

Cherchez l'erreur. Les correcteurs d'édition d'aujourd'hui ne gagnent plus leur vie, et la raison est simple : à force de devoir accepter de travailler de manière toujours plus "basique", ils ont, au fil du temps, renforcé leur image de quasi-inutiles – on sait que, de toute façon, ç'a toujours été une tendance forte chez les éditeurs.
Or l'argument que vous utilisez n'est pas innocent : chaque correction, à partir du PDF, coûte un supplément de dépense à l'éditeur ! Un enfant comprendrait, là, que, DONC..., nous sommes priés de trouver le moins possible de choses à corriger en PDF... Raison pour laquelle un éditeur près de ses sous, et pas trop regardant sur la qualité rédactionnelle, fera mettre au plus tôt en pages, car, ainsi, il freine l'ardeur des lecteurs-correcteurs, obligés de se plier à la raison économique s'ils veulent continuer à bosser.

ALORS QUE... la production d'écrit augmente, ALORS QUE le niveau global en français, expression écrite, rigueur et compétences intellectuelles diminue, ce qui, en toute bonne logique "saine", devrait RENFORCER, au contraire, le recours au lecteur-correcteur !

Un "lecteur-correcteur" qui, suivant l'évolution des techniques autant que suivant l'évolution du niveau scolaire et universitaire, devra très probablement, selon MON avis personnel que nul n'est obligé de partager, de plus en plus mettre l'accent sur la "lecture critique", donc s'attacher au fond principalement et à la syntaxe pourvoyeuse de sens et de nuances, quand les logiciels de correction, toujours plus perfectionnés, seront bientôt à même d'assurer la qualité nécessaire sur le plan de l'orthographe et de la grammaire élémentaire, voire sans doute assurer le travail de vérification pour une bonne part.


Anecdote, pour finir : Magnard a-t-il fait appel à suffisamment d'heures de "relecture-correction" approfondie pour sortir, je crois, en 2015 un manuel dit "de français", destiné, si ma mémoire est bonne, à des classes de 4e (sic), où on pouvait lire in extenso la conjugaison du verbe "voir" au passé simple : "Je vus, tu vus, il vut, nous vûmes, vous vûtes, ils vurent" ?
L'éditeur s'est d'abord défendu sur le mode : "Nous corrigerons la coquille [sic !] lors de la réimpression", puis, tout de même, sous la pression des quolibets médiatiques, a accepté de réimprimer sans attendre que les stocks soient écoulés.

Je vous laisse juge de ce qu'un tel état d'esprit peut donner, en termes de "qualité", dans l'édition littéraire ou documentaire... et m'arrêterai là dans cette discussion, puisque, en réalité, seul nous sépare le sens que nous attribuons aux mots, finalement ! Et nous restons d'accord sur l'essentiel : ne devrait être envoyé à la maquette pour la réalisation de la mise en pages qu'un texte "définitif ou presque", c'est en tout cas ce qui justifie le recours au PDF. Encore faut-il savoir à partir de combien de lectures cet état-là peut être escompté – mais ça, c'est entre l'éditeur et le lecteur-correcteur que ça se détermine, en amont du maquettiste.
prof
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par prof » 29 avr. 2018, 16:20

Qui nous dira comment corriger les textes contenus dans les bulles des bandes dessinées ?
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par prof » 29 avr. 2018, 16:20

Qui nous dira comment corriger les textes contenus dans les bulles des bandes dessinées ?
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 30 avr. 2018, 22:49

Oups ! Alors là, je passe, prof ! Je crois que je ne prendrai jamais de BD...
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par cargo06 » 01 mai 2018, 05:39

Bonjour,
moi j'en fais quelquefois, j'adore les (bonnes) BD.
Comme pour tous les ouvrages, on corrige en prépa (1res ?) le texte seul sur Word, et en 2des sur .pdf, avec corrections et observations dans les fenêtres, les pages maquettées.
Les onomatopées sont difficiles à corriger, l'Académie ni Robert ne se sont prononcés à leur sujet…
Bon défilé !
alain67

Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 01 mai 2018, 08:32

Ilola, je jette l'éponge... Parler aux sourds ne sert à rien, sauf avec les mains mais sur un forum c'est difficile. Parler aux gens de mauvaise foi sert encore moins. Et puis j'avoue ne pas voir eu le courage de lire en entier votre long pamphlet, tout bariolé de rouge et de jaunes mêlés.

Mais visiblement, vous ignorez tout des circuits de production, vous réfugiant dans une horreur stérile des PDF et dans les fallacieux souvenirs des temps anciens, forcément merveilleux et où tout fonctionnait si bien. Et aussi dans un parfait mépris des maquettistes et des typographes, mais ça c'est très ordinaire et vous n'êtes pas la seule : j'ai lu sur ce forum que le fait qu'un texte soit maquetté et typographié après avoir été corrigé était « un risque » ; j'avais répondu que ce n'était pas un risque, mais une chance.

Bref, tout ça est bien dommage, d'autant que je ne souhaitais qu'apporter ma modeste expertise sur l'intervention dans les PDF (c'est pas vraiment possible) et l'utilité (absolument nulle) de tenter quand même sa chance. Des fois que les compétences professionnelles d'autrui puissent servir à quelque chose, voyez-vous ? Mais puisque vous savez mieux...

De la BD, j'en ai jamais fait. Mais ça demande une virtuosité technique certaine, en tout cas en quadri, puisque les dessins sortent en trois couleurs (cyan, magenta et jaune) en tramé 300 DPI et le noir (texte et parties du dessin en noir) en bit-map 1 200 DPI et vectoriel. Bref, un truc compliqué (et dans ces conditions, mieux vaut que le texte arrive nickel au montage !).
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