mes amis se sont séparés

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alexandria
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mes amis se sont séparés

Message non lu par alexandria » 26 janv. 2010, 16:56

J'enquête pour un magazine féminin:

A priori, cela nous est tous arrivé, on a un couple d'amis et un jour, ils se séparent.

comment l'avez-vous vécu?
Est-ce que la manière dont ils ont rompu (violemment ou à l'amiable) change la donne?
Comment avez-vous réagi dans les premiers temps? Ensuite?
Est-ce vous n'avez pas eu tendance à ne plus en voir qu'un seul des deux ?(celui que vous avez connu en premier.. ou pas forcément?)

Vous pouvez me répondre ici ou via mon mail : alefavre@noos.fr
Merci d'avance !!
Alexandra
des Esseintes

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par des Esseintes » 26 janv. 2010, 23:50

alexandria a écrit :J'enquête pour un magazine féminin:

A priori, cela nous est tous arrivé, on a un couple d'amis et un jour, ils se séparent.

comment l'avez-vous vécu?
Est-ce que la manière dont ils ont rompu (violemment ou à l'amiable) change la donne?
Comment avez-vous réagi dans les premiers temps? Ensuite?
Est-ce vous n'avez pas eu tendance à ne plus en voir qu'un seul des deux ?(celui que vous avez connu en premier.. ou pas forcément?)

Vous pouvez me répondre ici ou via mon mail : alefavre@noos.fr
Merci d'avance !!
Alexandra
J’enquête pour un magazine de société :

Un jour, alors que vous aviez un ongle incarné, vous vous êtes éclaté le pied contre la table basse alors que vous vous dirigiez vers la cuisine pour vous faire un café (ou un thé, ou un jus d’orange ou de pamplemousse). Une fois le café prêt, la biscotte (ou le cracker, ou la tranche de pain de mie grillée) vous a éclaté entre les doigts, répandant des morceaux dans votre tasse (ou votre bol ou votre mug). Si vous avez connu tout ça, votre profil m'intéresse. Par contre, pour me contacter, démerdez-vous.
archaud
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Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par archaud » 27 janv. 2010, 10:43

Question à des Esseintes, sans rapport avec l'objet de ce "fil" : votre pseudo, vous l'avez choisi en référence au héros (anti-héros, devrais-je d'ailleurs dire) de A Rebours de Huysmans ? :D
des Esseintes

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par des Esseintes » 27 janv. 2010, 11:59

Absolument ! Un petit détail (si je peux me permettre… Allez, je me permets) : A rebours, « r » en bas-de-casse. Bonne journée, ami décadent !
archaud
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Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par archaud » 27 janv. 2010, 14:17

J'en avise Joris Karl, dans un premier temps :mrgreen:
des Esseintes

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par des Esseintes » 27 janv. 2010, 22:54

Ah non, che(è)r(e) Archaud, je m’insurge ! Si vous avez « A Rebours » en couverture sur une édition, il s’agit d’un choix graphique, dans le meilleur des cas, ou d’une méconnaissance manifeste des règles des titres d’œuvres, dans le pire – au demeurant le plus courant ! Larousse et Robert – et accessoirement mon édition Folio – donnent « A rebours ».
Avez-vous lu Les Habitués de café (éditions Séquences) ? Un livre à l’ancienne, avec les pages à détacher soi-même… Un régal !
quidam

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par quidam » 28 janv. 2010, 11:38

J'ai une petite théorie sur Des Esseintes...
Je crois qu'il s'est réincarné plusieurs fois au cours du XXè siècle.
D'abord en Bardamu, puis en Roquentin juste après, et encore en Gilles l'année suivante...
On a vu le résultat...
Des Des Esseintes à votre connaissance dans la soupe littéraire du moment ?
C'est juste histoire d'être averti un peu avant en cas de désastre majeur... - en considérant positivement que ce que nous vivons n'est pas un désastre de première importance...

Et ne me parlez pas de Daniel 1 et de Daniel 24 ; je vous crois bien plus fin que ça...
alexandria
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Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par alexandria » 28 janv. 2010, 15:33

Dites-moi chers amis, si j'apprécie la dimension littéraire de vos échanges (moi aussi, je peux me gausser d'avoir lu A rebours), vous parasitez quelque peu mon appel à témoignages.

Vous n'auriez pas plutôt quelques ressentis à partager pour que j'avance dans mon sujet ?
archaud
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Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par archaud » 28 janv. 2010, 21:59

Les personnages de Huysmans me sont autrement plus sympathiques que ceux de Céline et de Drieu ; sans doute une incompatibilité totale avec ces deux auteurs, surtout le premier que je tiens pour un imposteur, mais c'est une autre histoire. :mrgreen:

Quoi qu'il en soit, je tiens Huysmans et Barbey d'Aurevilly pour des écrivains de toute première importance, qu'il serait impératif de redécouvrir bien au-delà de A rebours et Une vieille maîtresse. Je trouve leur écriture tout bonnement foudroyante.
des Esseintes

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par des Esseintes » 28 janv. 2010, 22:35

alexandria a écrit :Dites-moi chers amis, si j'apprécie la dimension littéraire de vos échanges (moi aussi, je peux me gausser d'avoir lu A rebours), vous parasitez quelque peu mon appel à témoignages.

Vous n'auriez pas plutôt quelques ressentis à partager pour que j'avance dans mon sujet ?
Je me gausse que tu te gausses d’avoir lu A rebours, chère Alexandria ! Regarde à « emploi pronominal » : Tu voulais sans doute dire « gargariser » ?

J’aurais bien quelques « ressentis » à partager, mais ce ne sont pas ceux que tu imagines…

À Archaud : tout à fait d’accord, d’autant plus que je n’ai pas lu, ne vous gaussez pas, Drieu, ni Céline. Et ça ne m’empêche pas de dormir ! Dans les « redécouvertes » qui s’imposent, j’affirme que Villiers de l’Isle-Adam y figure !
Quidam

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par Quidam » 29 janv. 2010, 08:53

Sympathiques les personnages de Huysmans ? Tu veux parler de ce vieux Durtal (c'est bien ça ?) qui enquête sur Gilles de Rais ou de celui qui grelotte de peur dans cette vieille maison à la campagne au cri des chouettes ? Ouais, si on veut. Mais je vous rappelle que la littérature ne s'est pas arrêtée au XIXe... Tant qu'à faire dans le catholique, je préfère encore Léon Bloy et son Désespéré, ou même Bernanos et sa Mouchette, ou même Claudel et son Annonce... Et la liste est encore longue jusqu'à... Christian Bobin... Si, si. Vraiment. Relisez sa biographie de François d'Assise. ça s'appelle "Le Très-Bas" est c'est prodigieux. ça commence comme ça : "L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière." C'est pas de la phrase qui claque, ça ? Et le chien suivit derrière !
(En passant, je vous signale que "Le Désespéré" est libre de droit sur Internet et facilement accessible in extenso, pour ceux qui auraient du mal à le trouver dans le commerce.)

Mais si vous ignorez Céline, alors là, je ne peux décemment pas continuer cette conversation...

Je retourne donc de ce pas répondre aux appels à témoins à la con...


Alors, moi, j'ai un ami qui a divorcé. C'est assez drôle comme histoire. Si, si. Tu vas voir... Patience, patience...
Invité

Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par Invité » 29 janv. 2010, 09:45

Je disais donc que j’avais une histoire assez drôle d’amis qui se sont séparés. Je vais essayer de la faire courte, parce que je dois déjeuner chez ma mère…

Un soir, je reçois un appel de S. S. est la femme de J., un lointain copain du lycée. S. et J. se connaissent d’ailleurs depuis le lycée. Ils sont mariés depuis quelques années, et j’ai été le témoin de J. au mariage, bien que nous n’ayons jamais eu grand-chose à nous dire. Ils vivent à Paris dans l’appartement qu’ils ont acheté dans un arrondissement bourgeois, et viennent d’avoir leur deuxième enfant. Ce sont de jeunes catholiques de droite – très catholique pour lui ; très à droite pour elle. Lui est cadre dans une banque, elle est directrice d’un grand magasin de sport. Ils forment le « couple parfait » pour la petite bande qui tourne autour d’eux depuis le lycée, comme si le temps s’était arrêté avec l’obtention du bac. Quant à moi, je les vois une fois l’an depuis quelques années, et avec toujours beaucoup de souffrance, puisque je me retrouve ramené des années en arrière, figé dans le rôle bidon que j’occupais au lycée. Fort heureusement, j’ai beaucoup changé depuis, mais ils semblent refuser d’en prendre acte, ce qui est vraiment très perturbant.
Je suis donc fort étonné ce soir-là de recevoir un appel de S. Elle m’explique qu’elle voudrait juste faire une surprise à son mari, si je voulais bien venir à Paris samedi pour passer une soirée avec eux. Je meurs d’envie de refuser et m’empresse d’accepter, naturellement, vous savez comme il en est avec les ‘vieux amis’ n’est ce pas ?
Le samedi, je prends mon train pour Paris, et me pointe à l’appartement. J. est en effet très surpris de me voir, mais seulement surpris. Pas du tout content. Le dîner se déroule dans une atmosphère assez tendue, et je comprends que l’ambiance n’est pas au mieux au sein du couple. Je propose donc à J. de sortir boire un verre vers minuit.
Et c’est dans un café de nuit du XVIIe, en bas de chez lui, au son de la rumba et après plusieurs mojitos, qu’il me lâche le morceau. Rien ne va plus entre eux. Il est amoureux d’une fille de son boulot. Elle est blonde et a de très gros seins et il a l’impression de découvrir le sexe avec elle, à trente ans passés. D’ailleurs, elle est enceinte de lui et se prépare à accoucher dans une clinique à l’autre bout de Paris. Il dit qu’il ne peut pas jouer sur les deux tableaux, il parle d’honnêteté, de confiance rompue, de rupture. Il est perdu ; il ne sait plus que faire ; il me demande conseil.
Sans doute un peu par perversité inconsciente, par un reste de romantisme niais qui date du lycée auquel il me ramène, et par simple décence, je lui conseille d’aller voir sa maîtresse. La moindre des choses c’est de la voir avant qu’elle accouche, puisqu’il me dit qu’il ne l’a pas vue depuis plusieurs jours.
Et sur ces simples mots, voilà mon ami, complètement abattu quelques minutes auparavant, tout à fait ragaillardi et bondissant dans un taxi pour se rendre à l’autre bout de Paris. Bien entendu, je l’accompagne. Tellement ragaillardi qu’après plusieurs minutes de négociations avec le gardien, il réussit à pénétrer dans la clinique à deux heures du matin pour voir sa belle.
Et moi de me lamenter, assis dans le froid sur le trottoir devant la clinique, dans ce quartier tout à fait endormi, sans le moindre café à l’horizon, à me demander ce que je fais dans cette galère, avec cet ami qui n’en est même plus un et n’en a sans doute jamais été un. De très longues minutes s’écoulent. Très très longues. Un bonne heure, je dirais. Et nous rentrons à l’appartement.

Le lendemain, je suis réveillé de bonne heure par J. Je dors dans le canapé du salon. Il me dit qu’il va au squash, qu’il rentrera tard, qu’il me remercie pour mes conseils de la nuit. Il est très souriant. Quelques minutes plus tard, S. sort également et me dit de fermer la porte derrière moi.
Me voilà tout penaud, reprenant mon train, complètement exténué par cette aventure absurde.


Quelques mois plus tard, j’apprendrais que J. a bien quitté S. Ils sont en instance de divorce. Elle demande le paquet, ils vont vendre l’appartement. J. est déprimé. Il a fait faire un test de paternité en Espagne sur l’enfant de sa maîtresse, qui lui a révélé qu’il n’en était pas le père. Il a donc quitté aussi sa maîtresse, qu’il traite à présent de folle. Il se noie dans le travail pour oublier. D’autant que S. est partie vivre avec F., qui n’est autre qu’un de leurs très bons amis de lycée, par ailleurs parrain du petit et adversaire de squash de J.

L’année suivant, J. trouvera une nouvelle compagne et, très vite, achètera un autre appartement avec elle et lui fera un enfant.

Je les vois toujours une fois l’an, et c’est une visite qui m’est chaque année de plus en plus difficile. Je n’ai jamais revu S., qui est partie vivre avec F. en province.



Voilà. Tu l’as ton témoignage. Et moi j’ai fait ma page. Tu peux remercier ces imbéciles qui ne comprennent rien à Céline.


Bon, c’est pas tout, c’est l’anniversaire de maman. Je suis en retard…
coco47
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Re: mes amis se sont séparés

Message non lu par coco47 » 29 janv. 2010, 19:21

des Esseintes a écrit :
alexandria a écrit :Dites-moi chers amis, si j'apprécie la dimension littéraire de vos échanges (moi aussi, je peux me gausser d'avoir lu A rebours), vous parasitez quelque peu mon appel à témoignages.

Vous n'auriez pas plutôt quelques ressentis à partager pour que j'avance dans mon sujet ?
Je me gausse que tu te gausses d’avoir lu A rebours, chère Alexandria ! Regarde à « emploi pronominal » : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/t ... 4161225150; Tu voulais sans doute dire « gargariser » ?
Ou se vanter, se piquer, se targuer…
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