Page 1 sur 1

Avis aux boursiers : la Chance aux concours de retour !

Publié : 02 nov. 2010, 11:47
par parislecaire
6e édition de la « Chance aux concours » ! Le principe : proposer à des étudiants boursiers une préparation aux concours des grandes écoles de journalisme reconnues par la profession.
Les inscriptions s'achèvent le 14 octobre 2011, toutes les infos :
http://www.la-chance-aux-concours.org

Cette initiative - lancée en 2007 par des anciens élèves du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) - est née des critiques récurrentes faites à la profession et à ses écoles de formation. Celles-ci sont loin de refléter la diversité de la population française, avec le plus souvent une sous représentation des classes populaires. La multiplication des préparations payantes aux concours d’entrée (de 2500 à 6500 euros !) ne fait rien pour améliorer les choses. Raison de plus pour donner un coup de pouce aux étudiants boursiers, avec cet accompagnement assuré par des journalistes bénévoles.

Les résultats des premières promotions ont été plus qu’encourageants : 45% des anciens étudiants ont intégré une école de journalisme reconnue.

Comment s'inscrire : http://www.la-chance-aux-concours.org

Les étudiants sont sélectionnés sur dossier (CV+ lettre de motivation) puis lors d’un entretien oral. Un exercice écrit sera demandé préalablement à l’entretien.

Les cours ont lieu à Paris.

Chaque samedi après-midi, une séance de 4 heures animée par des journalistes professionnels avec :
- Un travail sur l'actualité de la semaine
- Des questionnaires et des cours de culture générale et de français
- L’initiation aux techniques journalistiques et la rédaction d'articles similaires à ceux demandés durant les concours (reportage, synthèse, synopsis, article d’actualité etc.)
- Des oraux de préparation

Des examens blancs pourront avoir lieu le samedi matin.
Des cours d’anglais auront lieu le soir en semaine (du lundi au vendredi).
Des visites de rédactions seront organisées pendant la préparation.
Une participation de 30 euros sera demandée pour les candidats retenus.

L’inscription : il suffit d'envoyer un CV SANS PHOTO format RTF et une lettre de motivation à l'adresse suivante : inscription@lachanceauxconcours.org

Le CV doit préciser l’âge, le nombre de crédits ECTS acquis, et le statut ou non de boursier. Si vous ne disposez pas de bourse, mais si vos revenus (et ceux de vos parents) ne dépassent pas le plafond de ressources permettant d’y avoir accès, précisez-le. Votre dossier sera enregistré, mais des éléments de preuve (simulation CROUS, déclaration d’impôts des parents) vous seront demandés à l’oral.

Dans votre lettre de motivation, merci de nous indiquer comment vous avez eu connaissance de l’initiative « La Chance aux concours ».
A savoir : Toutes les infos sur la Chance aux concours sont sur le site
http://www.la-chance-aux-concours.org
et sur Facebook (Groupe Chance aux concours)

Re: Avis aux boursiers : la Chance aux concours de retour !

Publié : 02 nov. 2010, 14:38
par La bombe du cavalier
Voici une petite réponse postée en son temps pour répondre à la question « Vaut-il mieux avoir des parents journalistes pour devenir journaliste ? »
Je crois qu’elle répond aussi à cette opération de communication…


évidemment, des parents journalistes c'est l'idéal...
Mais il me semble que d'autres professions peuvent être privilégiées également, pour différentes raisons..
N'oublions pas que le journaliste (au sens générique) est non seulement le transmetteur, mais aussi le producteur du discours dominant, de la doxa comme on dit, le maillon de plus en plus essentiel à la perpétuation du système tel qu'il est, le garant de l'ordre établi. Plus le journaliste sera capable d'exprimer talent et énergie en ce sens, plus il verra sa progression s'accélérer, plus les puissants le gratifieront économiquement et symboliquement à l'intérieur du champs médiatique - et même parfois à l'extérieur : accession à des responsabilités politiques ou publiques par exemple. S'il s'évertue un peu trop à essayer de changer les rapports de force dans le mauvais sens ou un peu trop vite, il se verra confiner à des tâches subalternes, voire à des organes marginaux. La profession des parents du candidat à l'école de journalisme est l'un des principaux déterminants de la place qu'il occupera plus tard, étant donné qu'on a toujours tendance à défendre les valeurs de son milieu pour faire fructifier son petit capital. Il convient donc, pour les dirigeants de ces établissements de fournir aux divers recruteurs la diversité adéquate, dans des proportions acceptables par tous. Cet élément n'est donc pas stricto sensu discriminant pour l'accès aux études - en dehors des inégalités habituelles et de plus en plus marquées ces dernières années qui frappent l'ensemble des grandes écoles - mais il constitue un marqueur fondamental qui, conjugué à d'autres (l'adresse, l'apparence physique, la dimension politique exprimée dans les copies, l’enthousiasme plus ou moins béât, l’absence de scepticisme etc.), permet à ces dirigeants,pas folles les guêpes, de prévoir à peu de choses près ce que vous deviendrez dans la profession, ou en tout cas le style de carrière que vous pouvez effectuer. Il leur faut du Mohamed fils de chômeur pour la radio associative de la cité, du fils discret de journaliste de province pour certaines "charges" stratégiques comme un poste de correspondant au Monde ou la direction de canards de PQR, de l'orphelin flamboyant et revanchard pour les postes les plus exposés, et puis le traditionnel lot d'enfants de la bourgeoisie d'argent pour défendre le grand capital et de la bourgeoisie culturelle pour canaliser sainement les "forces de progrès" etc.
Ces dirigeants connaissent parfaitement la demande des recruteurs, puisque ce sont les mêmes. Ils connaissent parfaitement l'ensemble des forces qui tendent et sous-tendent le champ médiatique et ils savent bien mieux que vous-mêmes la place qui peut vous attendre. Cela est d'autant plus vrai que le journalisme fait infiniment plus appel que les autres professions dans sa pratique à des "savoirs intégrés", à des pré-requis, à des attitudes et des comportements standards qui ne vous seront jamais explicités clairement. Soit vous les avez acquis par votre milieu, soit vous serez exclus. Une bonne moitié du travail du journaliste consiste à comprendre et à produire ce qu'on attend de lui sans jamais le lui formuler, même pour soi. En ce sens, le journalisme est sans doute une des professions où la reproduction des élites est la plus flagrante. Et c'est bien logique puisque sa fonction essentielle dans la société c'est justement de produire le discours qui, quelles que soient les tensions, saura s'y adapter pour assurer la permanence et la pérennité de ces positions dominantes.
"Chiens de garde", "petits soldats", comme vous voudrez... Ce qui est sûr c'est que, au-delà de votre intelligence et de vos talents propres, vous n'accéderez qu'aux responsabilités que vos intérêts sociaux valoriseront - et inversement. Et la profession de vos parents conditionne en grande partie vos intérêts sociaux.
Former un étudiant journaliste c'est donc aussi, sans doute, lui faire comprendre où sont ses intérêts, et lui rappeler au besoin d'où il vient...
La sociologie est un sport de combat et le journalisme un club de supporters....

Ne craignez donc pas d'avoir des parents pauvres qui risquent de ne pas pouvoir assurer les frais de scolarité de l'école, mais craignez infiniment la violence symbolique qui s'exercera sur vous en raison de cette origine qu'on ne manquera jamais de vous rappeler de la manière la plus cruelle à la moindre survivance langagière ou comportementale... Craignez de devoir trahir pour réussir à travailler correctement... Craignez de devoir supporter avec zèle des équipes étrangères et honnies.... avec d’autant plus de zèle obligatoire et d’absence de recul et de réflexion que vous en serez éloignés par la naissance.


PS/ Ainsi cette opération n’est qu’une opération de com’ de plus matraquée à grand bruit, censée calmer les esprits face aux discriminations de plus en plus criantes que subissent les enfants des classes populaires dans l’accès à l’emploi, en particulier dans le journalisme et la production du discours en général. Il ne s’agit que de trouver quelques variables d’ajustement pour rééquilibrer et assurer la pérennité du système de reproduction et de domination. Participer à cette entreprise d’enfumage c’est déjà en soi se trahir et trahir les siens. Faire croire que cette campagne changera quoi que ce soit dans les rapports de force est de la pure démagogie. Ceux qui seront recrutés via cette opération ne seront que les exceptions nécessaires pour confirmer la règle et continuer d’entretenir l’espoir et l’illusion d’un progrès social, d’une société de plus en plus juste, alors qu’elle n’a jamais été aussi inégalitaire et que les mailles du filets n’ont jamais été aussi serrées. Et le pire dans tout ça, c’est que parmi ces organisateurs, certains sont sincèrement persuadés de faire « une bonne action »…

Re: Avis aux boursiers : la Chance aux concours de retour !

Publié : 04 nov. 2010, 02:01
par La bombe du cavalier
Avant de vous lancer dans la « carrière » journalistique, faites votre propre enquête, essayez d’avoir un peu de recul par rapport aux forces qui sous-tendent le champ.
Vous verrez que l’absence de recul est souvent récompensée et la naissance toujours primée.
Vous verrez que les capacités de réflexion, de contact avec le monde réel, la volonté de relater objectivement ce monde réel, le talent d’écriture – toutes ces raisons pour lesquelles vous désirez faire ce métier – ne sont la plupart du temps que des handicaps…

Alors, oui, sans doute, nous sommes entrés dans la « société de l’information et de la communication » et il y a des places à prendre… Mais la plupart des jobs qui y sont réservés aux enfants des classes populaires sont pires que l’usine d’autrefois. Je peux le dire tranquillement puisque j’ai fait les deux dans ma vie… Le journalisme est doublement traumatisant en cela qu’en plus de la pression terrible, il met à mal votre idéal et le réduit à néant au quotidien. Et c’est également en toute sérénité que je vous dis qu’un ouvrier d’usine trouve plus de matière à être fier de son travail que la plupart des journalistes lucides.

Dans un métier qui ne marche que par le « réseau », comment croyez-vous pouvoir lutter, vous qui venez de votre banlieue ou de votre lycée de campagne, avec les enfants des centres-villes ? Savez-vous que l’oligarchie présente et future se recrute dans trente maternelles dans tout le pays ?

Si vous êtes vraiment très doués et persévérants, vous l’aurez, votre carte de presse, au bout de quelques années… mais à quel prix ? Dans quelles conditions de travail ? Pour dire ou écrire quoi ?

Re: Avis aux boursiers : la Chance aux concours de retour !

Publié : 10 nov. 2010, 14:49
par mariée
ce mail est un attrape nigaud car il n'est pas spécifié que tu ne dois pas avoir + de 3 ans d'études post bac sinon on te remercie boursière ou pas en te disant qu'avec 3 ans d'études post bac tu n'as pas besoin d'une prépa , faux cul sachant que les étudiants qui se présentent au concours ont au moins une licence voire plus!

Re: Avis aux boursiers : la Chance aux concours de retour !

Publié : 10 nov. 2010, 14:51
par mariée
faux cul o m m'a refusée car j'avais 3 ans d'études post bac et qu' avec celà "je n'avais pas droit à la prépa!!"