le Celsa, une offre à ne vraiment pas refuser ?

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Audrey
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Message non lu par Audrey » 17 juil. 2003, 02:13

Lasa,

je viens moi-même d'être admise au Celsa (peut-être sera-t-on collègues). Ce qui m'étonne dans ta question c'est qu'on dirait que tu es presque arrivée à réussir le concours d'entrée par hasard. Tant mieux pour toi si tu as des facilités mais pour ma part il m'a semblé qu'il fallait une certaine implication dans la préparation pour y parvenir. Je ne comprends pas comment tu as pu te motiver pour potasser un concours pour une profession que tu n'es pas sûre de vouloir pratiquer, ni comment tu as réussi à convaincre le jury de ta motivation.

Vouloir changer le monde est une intention louable mais c'est vrai qu'il faut sortir des mythes. Etre quelqu'un de bien ou de grand ne s'obtient pas par diplôme. Il y a des journalistes qui travaillent en PQR et d'autres qui sont grand reporter, il y a des avocats qui défendent de grandes causes et d'autres qui ne font que les divorces. Deux de mes amis font un DESS humanitaire (l'un à Lyon, l'autre à Paris). Tous les 2 m'ont fait la même remarque: il s'agit d'un boulot incroyablement administratif et ils n'ont pas réussi à obtenir au cours de leurs stages l'auto-satisfaction qu'ils espéraient.

Personnellement j'ai tout fait pour obtenir les concours de journalisme, j'ai réussi et se fut très dur, jamais je n'imaginerais pouvoir faire autre chose de ma vie. Beaucoup d'autres sont dans le même état d'esprit que moi et n'ont pas été admis. Alors je vais te dire que tu as beaucoup de chance et que malgré tout ce que l'on peut lire journaliste est un beau métier, que malgré les pressions on peut encore se battre justement pour être intègre et faire passer ses idées. Mais si tu n'es pas convaincue, laisse ta place à ceux qui se rongent les sangs sur la liste d'attente, tu feras au moins un heureux, c'est déjà un commencement dans la conduite que tu veux avoir.

Voilà, à bientôt peut-être. Audrey.
lasa

Message non lu par lasa » 17 juil. 2003, 08:19

Oui, Audrey, j'ai eu de la chance, mais j'ai aussi travaillé, rassure-toi. Jusqu'en début de cette année, je voulais dur comme fer faire du journalisme, et quand je me suis inscrite au concours, c'était encore ce que je voulais faire. Mais quand j'ai passé l'écrit, j'avais des doutes, quand j'ai passé l'oral, ils devenaient importants. Le jury n'en a visiblement pas tenu compte, et je ne sais pas si ça doit me rassurer ou m'inquiéter.
Et je me suis surtout rendue compte qu'en ayant voulu toutes ses années, comme toi apparemment, faire du journalisme et pour te citer "ne pas pouvoir imaginer travailler dans autre chose", je me suis enfermée, j'ai perdu une certaine ouverture d'esprit qui, pourtant, devrait etre la base du journalisme. N'est-il pas très présomptueux de se dire "moi, je suis née pour le journalisme" ? N'a-t-on pas tendance du coup à tomber dans un pseudo-idéalisme, à balayer tous les problèmes de la main, à refuser de les voir ?
Tu vois, dans tous les cas, ces questionnements ne peuvent qu'etre positifs, car ils amènent à une remise en question qui, j'en ai peur, n'est pas toujours l'apanage des personnes fréquentant ces écoles, trop contentes d'avoir été prise et de faire partie de "l'élite" alors que tant de bons journalistes n'y ont pas eu droit. Mon expérience peut aussi leur servir d'ailleurs: si vous n'etes pas pris, ce n'est certainement pas qu'à cause de votre manque de valeur, mais juste un "pas de chance", le jury qui a trouvé une meilleure tete au suivant etc...
Mais ne t'inquiète pas, si je vois que je dois laisser ma place, je le ferais. Le seul truc, c'est que dans tous les cas, je ne peux le faire avant la rentrée, on ne peut pas donner sa réponse avant, donc rien ne presse.
lasa

Message non lu par lasa » 17 juil. 2003, 08:25

PS: Juste pour dire que c'est justement parce que ce concours a demandé beaucoup de travail que j'ai du mal y à renoncer. Et pour mettre le doigt sur un fait, dans le post d'Audrey, qui me saute maintenant aux yeux: comment peux-tu dire que ce travail est un "beau métier...que l'on peut y etre integre et malgré tout faire passer ses idées" alors que tu ne fais qu'y débuter ? Comment peux-tu avoir le recul nécessaire pour l'affirmer ? L'as-tu déjà tant pratiqué ? Si c'est le cas, félicitations, mais alors, pourquoi faire une école ? Je ne comprend pas tout...
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BARA
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Message non lu par BARA » 17 juil. 2003, 09:51

A force, tu deviens presque désagréable, Lasa.
Voulez-vous ? Voulez-vous ? Voulez-vous ?
lasa

Message non lu par lasa » 17 juil. 2003, 10:20

Pourquoi ? parce que je fais pas dans le "politiquement correct" et que j'essaie un peu de pousser les raisonnements jusqu'à leur bout et de comprendre toutes les motivations ? Désolée si ça te dérange, rien ne t'oblige à réfléchir sur ce que j'écris...Désolée de perturber ta félicité, tant mieux pour toi si tu nages dans un bonheur journalesque sans nuage.
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BARA
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Attention, Bara chauffe...

Message non lu par BARA » 17 juil. 2003, 10:57

L'ironie facile a tendance à me taper rapidos sur les nerfs.
Tu ne pousses pas les raisonnements, tu pousses les gens dans leurs retranchements. Tu ne réfléchis pas, tu agresses, vipérine. Mais tu te laisses peut-être dépasser par tes mots. Ca m'arrive aussi, c'est pourquoi tu n'écoperas de rien cette fois-ci.
Et arrête de considérer que le journaliste serait investi d'une mission particulière, arrête de considérer que le monde ne tourne pas tout seul, et qu'il faut absolument que tu viennes l'aider à tourner rond. Cesse de croire que le journalisme est un sacerdoce, que tu es devant le choix le plus important de ta vie. Ce serait mal augurer de l'intérêt de ta vie si " DU d'Aix ou CELSA ?" en constituait le pic le plus aigu. On fait du journalisme soit parce qu'on aime écrire, soit parce qu'on aime l'info, l'actu, les gens, leur parler, parce qu'on est curieux, parce qu'on s'ennuie à faire trois fois la même chose dans la même semaine ou la même année, pas pour remplacer les héros.
Voulez-vous ? Voulez-vous ? Voulez-vous ?
lasa

Message non lu par lasa » 17 juil. 2003, 11:27

Je "n'écoperais de rien" ? Quelle magnanimité, Bara ! Non, je ne considère pas que le monde ne pourrait pas tourner sans moi, bien au contraire, j'essaie juste d'y trouver la place où je serais le plus utile, c'est tout. Et certes, le journalisme n'est pas un sacerdoce, mais il peut etre une passion, et je me permet juste de demander concrètement pour qui il l'est. C'est tout. Mais j'en demande peut-etre trop selon toi ?
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BARA
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Message non lu par BARA » 17 juil. 2003, 11:31

Tarjan a écrit :

Ben, quand t'écris "Cette OPI, par qui est-elle informée ? Comment prend-elle conscience des horreurs qui traversent le monde semant carnage et douleur dans leur sillage ? Qui lui ramène les images et les récits des atteintes aux conventions de Genève et La Haye ? ", tu met clairement en avant un journalisme noble, totalement dégagé des contraintes économiques, et totalement impartial dans le choix des sujets à mettre en avant.

Aller, on fait la paix? :roll:
On n'a jamais fait la guerre, Tarjan. Heureusement, encore, imagine qu'une juriste interantionale de terrain se soit immiscée dans le conflit pour nous dire comment on devait se taper dessus...
Mais je maintiens, tu fais des raccourcis hasardeux (et un certain nombre de fautes d'ortho, va falloir me réviser tout ça, faudrait pas non plus que des coquilles s'immiscent dans l'excellent journal municipal de Rueil. Et c'est ton rédchef qui va pas être content, dès qu'il sera revenu...). Dire que l'OPI est informée par la presse des conflits, ce n'est pas "mettre en avant un journalisme noble", c'est un fait. Pour élargir et revenir à ce que tentait d'aborder Lasa en parlant d'oeuf ou de poule, il me semble que les procès internationaux (Arusha, TPI de la Haye, procès belge contre quelques Rwandais) n'ont pas précédé la prise de conscience: l'info avait été transmise par les média, et c'est peut-être justement parce que cette info avait été relayée que l'ONU (par exemple) s'est dit qu'elle ne pouvait pas passer à côté d'une tentative de condamnation des actes perpétrés. Maintenant, que le traitement journalistique ait été bon ou pas, là n'est pas la question. Mais je ne suis pas d'avis qu'il serait plus noble de traiter le génocide du Rwanda que le quart-monde de la banlieue de Tourcoing, qu'il y serait plus digne de parler des conflits inter-ethniques que des faits divers pathétiques.

Une autre réflexion sur le sujet de la justice internationale: le premier cas de la Cour Pénale Internationale: le Congo. Le seul procès qui a pu se tenir grâce à feu la loi de compétence universelle belge: le Rwanda. Arusha: tribunal ad hoc pour le Rwanda. Il reste le TPI de La Haye, sur la Bosnie, certes. Mais je constate qu'en la matière, ce sont pratiquement toujours des Africains que l'on poursuit.
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Re: le Celsa, une offre à ne vraiment pas refuser ?

Message non lu par LSE » 17 juil. 2003, 11:37

lasa a écrit :Bonjour à tous,
je me retrouve devant un choix épineux à faire pour la rentrée, choix qui va para^^itre dérisoire pour certains, mais qui risque d'etre le plus important de ma vie. J'ai toujours voulu faire du journalisme, mais cette année, je me suis tournée vers le droit, le trouvant plus "concret", plus apte à aider les gens. L'aspect "passif" du journalisme me gene un peu. j'ai donc postulé pour une formation en droit humanitaire, qui m'a accepté. Mais, la vie vous jouant souvent des tours, j'ai aussi été accepté au Celsa. Maintenant, je ne sais que faire. Refuser le Celsa apparaitra peut-etre à certains comme une aberration, et j'ai peur de le regretter dans qq années. Mais les cours de droit humanitaire me semblent tellement plus interessants, meme s'ils sont moins presitigieux...Que me conseillez-vous ? Suivre mon coeur, quite à le regretter ? Pensez-vous que si dans qq années je reviens sur le journalisme, j'aurai toujours mes chances ?
Tous les avis sont bons à prendre, et toutes les questions à entendre, elles m'éclaireront peut-^^etre, donc n'hésitez pas.
Merci par avance
Bonjour,

La situation est assez simple il y a deux angles : réaliste et éthique.

Sur un plan réaliste :
Le fait d'avoir fait des études de journalisme ne garanti en aucun cas de trouver un boulot de journaliste
Le fait d'avoir fait des études de droit ne garanti en aucun cas le fait de trouver un boulot de journaliste
Les deux peuvent permettre de bosser comme journaliste.

Au cas ou la direction journaliste ne fonctionnerait pas, le droit (je ne connais rien au droit) présente au moins l'avantage d'être une formation "recyclable" alors que le Celsa …


Maintenant si la motivation de fond est purement éthique ou philosophique, je ne suis pas convaincu que journaliste ou avocat soient les voies les plus indiquées.

Luc
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Audrey
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Message non lu par Audrey » 18 juil. 2003, 23:11

Oulàlà! Je ne voulais pas être à l'origine d'une dispute. Excusez-moi si c'est le cas.
Lasa, je trouve en effet que si tu fais du journalisme en te croyant investie d'une mission tu seras forcément déçue. Tu as plus de chance d'être une petite main de l'information qu'un ténor des grandes causes. Je veux croire qu'on peut être "intègre et se battre pour ses idées", tu vois moi aussi je suis idéaliste, un peu comme toi. C'est en général l'une des caractéristiques des gens qui veulent faire notre métier. Pour te répondre j'ai fait 2 stages l'un d'un mois à l'AFP et l'autre de 2 mois à Nice-Matin. Alors effectivement je n'ai pas assez de recul mais qui en a lorsqu'il choisi un métier pour la vie? Pourtant on le fait tous. Ce qu'il adviendra au cours de mon parcours professionnel après c'est la vie, je laisserais venir. Mais je pense qu'il sera beaucoup plus difficile pour toi de revenir au journalisme après si tu abandonnes maintenant, alors que ton DU me semble plus facile d'accès.
Passes-tu d'autres écoles en septembre? Parce que si tel est le cas, tu devrais balayer vite fait tes doutes sinon tu auras beaucoup plus de mal à convaincre au prochain oral. Nous connaissons tous des doutes, nous connaitrons tous des déconvenues mais personnellement j'ai été convaincue par des trucs tout bête: j'aime être au contact des gens, en apprendre chaque jour davantage sur des sujets très divers, comprendre et faire comprendre. C'est peu ambitieux mais moi je me suis éclatée à faire des petits sujets de proximité, si ce genre de travail te rebute tu as raison d'avoir des doutes. Mais quelles expériences as-tu eu de ton côté? Je serais ravie de te parler en privé si tu veux, moi je n'ai pas de pseudo et je pense être la seule Audrey de la liste des admis :wink: .
Allez courage! Il vaut mieux avoir le choix que de choisir par dépit.
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