Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poème ?

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coco47
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par coco47 » 23 janv. 2015, 02:42

Catherine_75 a écrit :
PLAZANET a écrit :Bonjour
Merci pour cette question mais il est étrange que vous fassiez vous-même une faute de grammaire... Qui la trouvera ?
:shock:
Rire… Bien vu ! Il s'agit bien sûr de l'« erreur, que l'éditeur (les éditions Verdier) a laissée passer ».
J'étais focalisée sur le poème et je n'ai lu qu'en diagonale le texte qui l'accompagnait. Vous étiez fatigué, ce jour-là, Coco47 ?
Il est tard, certes, et je suis encore une fois fatigué, mais je ne vois pas quelle erreur je n'aurais pas vue s'immiscer dans la phrase citée par Catherine. Peut-être faut-il chercher ailleurs la faute qu'a trouvée PLAZANET ?
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loony
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par loony » 23 janv. 2015, 12:41

Bonjour,

D'accord avec Catherine. A mon humble avis, le COD se rapporte ici à l'infinitif.
L'éditeur a laissé quoi ? Passer l'erreur.

;)
coco47
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par coco47 » 23 janv. 2015, 17:22

loony a écrit :Bonjour,
D'accord avec Catherine. A mon humble avis, le COD se rapporte ici à l'infinitif.
L'éditeur a laissé quoi ? Passer l'erreur.
;)
Soyons précis : la question n'est pas de savoir « à quoi se rapporte » le COD, mais « quel est » le COD. Pour moi (mais je peux me tromper), le COD est l'erreur, qui « fait l'action » de passer. L'accord se fait donc avec ce COD, placé avant le participe passé. L'éditeur a laissé l'erreur passer. Cette erreur, il l'a laissée passer. Il l'a laissée passer à l'as. Il l'a laissée passer son chemin. Comme on peut dire de quelqu'un qui n'a pas empêché une femme de mourir : Il l'a laissée mourir. (Mais on dirait : Cette femme, il l'a laissé frapper, parce que ce n'est pas elle qui frappe.) Je dirais tout aussi bien, à propos d'une vieille dame que j'ai laissée passer devant moi dans une file d'attente : Cette dame, je l'ai laissée passer.
Bien sûr, on a le droit, dans un souci de simplification, de ne pas accorder du tout et de considérer laissé passer comme une locution verbale. C'est ce que dit Thomas, qui ajoute qu'il « n'est pas interdit, il est même conseillé de faire suivre à laissé (pronominal ou non) la règle des autres participes suivis d'un infinitif ». (Il fait allusion à « La femme que j'ai entendue chanter »/« La chanson que j'ai entendu chanter » et « Les acteurs que j'ai vus jouer »/« Les acteurs que j'ai vu applaudir ».)
Certes, je sais que normalement les correcteurs savent tout cela, mais je pense aux débutants qui peut-être nous lisent.
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par cargo06 » 24 janv. 2015, 09:11

Grevisse 951 b 2° suit le Conseil supérieur de la langue française, qui recommande l'invariabilité du participe : laissé passer, et il ajoute que "l'Ac. 2000 entérine de manière explicite" cette invariabilité.

Girodet distingue 2 cas :
- si le COD (l'erreur), est aussi le sujet de l'infinitif, comme dans le cas présent (c'est l'erreur qui est passée), le participe s'accorde avec le complément. Ce qui est le cas ici : laissée passer.
- si le COD est aussi le complément de l'infinitif, le participe passé reste invariable.
Mais il ajoute : dans l'usage moderne, on rencontre souvent laissé invariable dans les cas où la règle (?!) exigerait l'accord.

Quant à Thomas, il écrit : la tendance est pour l'invariabilité…, mais il conseille néanmoins de faire suivre à laissé la règle des autres participes passés suivis d'un infinitif. Il rejoint donc Girodet.

Alors, Grevisse ou Girodet/Thomas ?
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renew
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par renew » 24 janv. 2015, 15:29

À chacun de faire son choix :)
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par coco47 » 24 janv. 2015, 15:52

cargo06 a écrit :Grevisse 951 b 2° suit le Conseil supérieur de la langue française, qui recommande l'invariabilité du participe : laissé passer […].
Dans ses «rectifications orthographiques du français » de 1990, le Conseil supérieur de la langue française recommande aussi d'écrire ensorcèlement, trois-cent-vingt-et-un, assoir, interpeler (conjugué il interpelle).
Bref : vous aurez compris que, comme 99 % des correcteurs professionnels sans doute, les recommandations du CSLF, je m'assois dessus (du verbe asseoir).
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par loony » 26 janv. 2015, 18:05

coco47 a écrit :
loony a écrit :Bonjour,
D'accord avec Catherine. A mon humble avis, le COD se rapporte ici à l'infinitif.
L'éditeur a laissé quoi ? Passer l'erreur.
;)
Soyons précis : la question n'est pas de savoir « à quoi se rapporte » le COD, mais « quel est » le COD. Pour moi (mais je peux me tromper), le COD est l'erreur, qui « fait l'action » de passer. L'accord se fait donc avec ce COD, placé avant le participe passé. L'éditeur a laissé l'erreur passer. Cette erreur, il l'a laissée passer. Il l'a laissée passer à l'as. Il l'a laissée passer son chemin. Comme on peut dire de quelqu'un qui n'a pas empêché une femme de mourir : Il l'a laissée mourir. (Mais on dirait : Cette femme, il l'a laissé frapper, parce que ce n'est pas elle qui frappe.) Je dirais tout aussi bien, à propos d'une vieille dame que j'ai laissée passer devant moi dans une file d'attente : Cette dame, je l'ai laissée passer.
Bien sûr, on a le droit, dans un souci de simplification, de ne pas accorder du tout et de considérer laissé passer comme une locution verbale. C'est ce que dit Thomas, qui ajoute qu'il « n'est pas interdit, il est même conseillé de faire suivre à laissé (pronominal ou non) la règle des autres participes suivis d'un infinitif ». (Il fait allusion à « La femme que j'ai entendue chanter »/« La chanson que j'ai entendu chanter » et « Les acteurs que j'ai vus jouer »/« Les acteurs que j'ai vu applaudir ».)
Certes, je sais que normalement les correcteurs savent tout cela, mais je pense aux débutants qui peut-être nous lisent.
J'ai bien compris Coco, merci !
C'eut été différent si le verbe avait été "commettre", par exemple. On aurait alors écrit "l'erreur que l'éditeur a laissé commettre". ;)
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Re: Sauras-tu trouver la faute qui s'est nichée dans un poèm

Message non lu par coco47 » 27 janv. 2015, 06:59

loony a écrit :C'eut été différent si le verbe avait été "commettre", par exemple. On aurait alors écrit "l'erreur que l'éditeur a laissé commettre". ;)
Je vais encore pinailler, Loony, mais C'eût été eût été mieux… C'est simple (là encore j'insiste pour les débutants, dont Loony ne fait pas partie) : si on peut remplacer eut ou fut par le conditionnel passé 1re forme (aurait, serait), c'est qu'on a affaire à un conditionnel passé 2e forme (eût, fût), donc qu'il faut un accent circonflexe.
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