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Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 20 févr. 2014, 09:05
par FlorentT
coco47 a écrit :Alors, dit-on pour Lyon : les quais de Rhône ou de Saône ? Peut-être.
Pour Lyon, je confirme que, à ma connaissance et depuis que je suis en âge de l'entendre, tout le monde dit « les quais du Rhône » et « les quais de Saône »…

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 27 févr. 2014, 23:21
par CathyBerberian
coco47 a écrit :Et pour Toulouse : les quais de Garonne ? Peut-être aussi. Mais il me semble peu probable que l'on dise, pour Toulouse encore : les quais de canal du Midi.

En fait, à Toulouse on dit "les bords de la Garonne" et "les bords du canal". :-)

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 11 mars 2014, 03:57
par coco47
Tiré par les tifs.
La vogue des adjectifs en tif ne se dément pas. Réactif est désormais omniprésent dans une acception, ou tout au moins avec une nuance (genre : sur ce coup-là, il a pas été réactif, en fait), qu'il ne connaissait pas dans le passé et que les dictionnaires n'ont toujours pas consacrée. (Je viens, pour m'en assurer, de faire une recherche sur Internet, en commençant par le très respecté TLFi.) Mais l'usage a tranché. Va donc pour réactif.
On a vu arriver sur le marché le très élégant intrusif, que le TLFi ne connaît que dans le vocabulaire scientifique ou juridique, mais qui ne va pas tarder à s'imposer.
Voici deux nouveautés aussi amusantes qu'inutiles (pour ma part, je suis très favorable aux néologismes, quand ils apportent quelque chose) :
— De la fantaisiste Enora Malagré, égérie de l'émission Touche pas à mon poste, sur la chaîne D8 : déceptif, alors que décevant, qui a toujours bien rempli son rôle, ne nous a jamais déçus.
— De l'homme politique Jean-Marie Le Guen dans un débat télévisé : irritatif, alors qu'irritant est très satisfaisant et qu'il n'y a pas lieu d'être irrité par son emploi.

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 25 avr. 2014, 03:12
par coco47
Une habitude qui se répand de plus en plus : l'accord au singulier avec des mots comme centaine, dizaine, etc.

Des exemples récents dans les médias :
— Une centaine d'entre eux a été blessée ;
— Un million de malentendants est équipé de prothèses auditives (Le Parisien) ;
— Sur six millions de sapins vendus l’an dernier, un million n’est pas venu du Danemark ;
— Une trentaine de militants du PS de cette ville de Seine-Saint-Denis a décidé de quitter le parti (le Figaro.fr) ;
— La Mafia Grigny Danger (MGD), une bande dans laquelle évolue une vingtaine d'adolescents (elle.fr) ;
— Une dizaine de pharmaciens a été condamnée (Capital, M6).

Mais écrirait-on : deux centaines de policiers ont été blessées, deux dizaines de pharmaciens ont été condamnées ? Pas sûr. Pour ma part, j’ai souvent constaté que ceux qui disent ou écrivent, par exemple : Un million de personnes a été affecté par la maladie, accordant ainsi le verbe affecter avec le substantif million, n’osent pas appliquer cette logique quand il s’agit de plusieurs millions. Ainsi Le Parisien du 15/11/13 écrivait-il dans un article : Un millier d’entre eux a pu être identifié et dans un autre : Deux millions de personnes ont été affectées, alors que logiquement il aurait dû écrire : ont été affectés.

On rencontre aussi de plus en plus souvent la plupart accordé au singulier. Récemment sur Europe 1 : Le Hammas et le Fatah ont déjà signé un accord, mais la plupart des clauses n’est pas appliquée.

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 02 mai 2014, 14:16
par azucena
Bonjour,

Pour ma part, je sursaute quand j'entends le verbe "initier" mis pour : commencer, mettre en place, mettre en route, inaugurer, lancer, entamer, organiser, entreprendre, etc., quoiqu'il soit, hélas, toléré du bout des lèvres par le Robert. De quoi se brouiller avec celui-ci.

L'anglicisme "challenge" me fait aussi venir des sueurs froides.

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 25 févr. 2015, 02:08
par coco47
Tics ? Perles ? Banales erreurs ? En tout cas ils ou elles valent, à mon sens, la peine d'être signalés.
Cette nuit sur M6, émission historique sur les maîtresses de Louis XIV. Le texte en voix off se veut soutenu, très classique, limite ampoulé. Néanmoins, un « du coup » très actuel et très trivial surgit au détour d’une phrase. Suivi peu après d’un très comique « il en est hors de question », formule que j’ai souvent entendue et que j’ai du mal à expliquer. Peut-être un télescopage (un mix, pour parler djeuns) entre : « Il n’en est pas question » et « C’est hors de question ».
Vendredi dernier, sur Canal+, c’était la Nuit des César. Comme chaque année, ces César sans s affichés sur l’écran à des dizaines de reprises m’ont écorché l’œil. Je ne m’y ferai jamais. Et je n’arrive pas à comprendre comment on peut justifier cette abomination. Pourquoi les César au singulier ? Parce que ce mot, qui désigne à la fois la distinction et l’objet qui la symbolise, est un nom propre ? Et alors ? Les noms propres devenus par antonomase des noms communs prennent la marque du pluriel tout en gardant la capitale tant qu’ils ne sont pas passés dans la langue comme des noms communs normaux. Mon vieux code typo cite ces deux exemples : « Un Auguste aisément peut faire des Virgiles » et « Un coup d’œil de Louis enfantait des Corneilles ». Et, avec Gorges Brassens, j'écris « des Pénélopes ».

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 01 mars 2015, 13:01
par Catherine_75
coco47 a écrit :Les noms propres devenus par antonomase des noms communs prennent la marque du pluriel tout en gardant la capitale tant qu’ils ne sont pas passés dans la langue comme des noms communs normaux.
On trouve dans le Larousse, depuis un certain déjà, "césar", "oscar", mais également "molière" en tant que distinctions honorifiques. Ce sont donc des noms communs qui doivent effectivement prendre la marque du pluriel, et donc la cap initiale doit être baissée.

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 20 mai 2015, 02:31
par coco47
Jargon de secrétaires (et d'autres…)
Conversation téléphonique aujourd'hui avec une secrétaire d'une administration. Mon problème étant un peu compliqué, elle me dit : « Je vais me rapprocher de mes collègues et après je reviendrai vers vous. » Je suppose qu'entre-temps elle aura échangé avec ses collègues.

Tics d'ex-ministre
Rachida Dati estime que Nicolas Sarkozy ne devrait plus parler de lui ni de sa vie personnelle. Elle ajoute : « Nombreux le pensent et peu osent lui dire… » Ces deux modes se répandent en ce moment :
— l'emploi de nombreux comme un substantif, au lieu de dire : de nombreux + un substantif (de nombreuses personnes pensent…), ou nombre de + subst. (nombre de personnes pensent…), ou encore nombreux (adjectif) sont ceux qui pensent… Un autre exemple : « On le sait, les starlettes sont des adeptes des changements capillaires en tout genre. Et parmi elles, nombreuses sont passées du côté obscur. »
— la suppression du pronom personnel COD quand il est suivi d'un autre p.p. Ici, il aurait fallu dire : peu osent le lui dire. D'autres exemples de ce tic, tous tirés de la presse écrite : J'ai reçu par mail l'article en question et il faudra que je pense à lui montrer ; J'en ai gardé un pour elle, mais je lui donnerai quand elle sera apte à lire ce qu'il contient ; Gilles Leclerc, patron de Public Sénat, chargé de remettre ce "prix d’Elu de l’année", a pourtant refusé de lui remettre en main propre ; Ana a régulièrement du rouge à lèvres, qui lui met ? Netanyahu a laissé passer sa chance. On ne peut pas lui reprocher car il n'est jamais facile de savoir quand votre règne va s'achever.

Tic de journaliste et femme politique
« Ce qui est important de noter. » (Clémentine Autain sur RTL, au lieu de Ce qu'il est important de noter ou de Ce qui est important à noter.)

Néologismes pour faire savant
« Du côté des entreprises […], l'action de groupe aura de lourdes conséquences réputationnelles. » (Un journaliste économique)
« Il s'agit là […] de mots inconvenants prononcés du tac au tac, sans réflexion, mais surtout sans intentionnalité aucune de livrer […]. » (Gilles L., chef de cabinet de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale)
« Les agriculteurs sont pressurisés. » « Les notes à l’école sont traumatiques. » (Hélène P., journaliste politique)

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 20 mai 2015, 16:12
par Ségaline
Un peu éloigné des tics de langage mais dans le genre "jargonner pour jargonner" j'ai appris par le biais d'un mot sur le carnet de correspondance de ma fille (grande section de maternelle) qu'elle avait un peu de mal avec «l'outil scripteur»: je comprends maintenant pourquoi elle semble ne pas comprendre quand je lui demande de ranger ses crayons. L'EN adore ce genre de choses, j'ai d'ailleurs entendu récemment que l'on ne parlait plus de séances de piscine mais de «mouvements en milieu aquatique profond standardisé». Les choses simples c'est comme les petits cadeaux: plus c'est emballé, plus ça en jette!

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 21 mai 2015, 04:09
par coco47
Ségaline a écrit :j'ai appris par le biais d'un mot sur le carnet de correspondance de ma fille (grande section de maternelle) qu'elle avait un peu de mal avec «l'outil scripteur»: je comprends maintenant pourquoi elle semble ne pas comprendre quand je lui demande de ranger ses crayons.
Que peut-il se passer dans le cerveau de quelqu'un qui écrit ainsi ? Déjà, employé entre initiés, ce jargon est passablement ridicule. (Ah ! le célèbre « référentiel bondissant » pour désigner un ballon !) Mais l'utiliser quand on s'adresse à quelqu'un qui n'est pas du sérail, il faut oser… Ces gens sont complètement hors du réel.

Re: Les tics de langage qui vous agacent

Publié : 21 mai 2015, 11:56
par Ségaline
coco47 a écrit :
Ségaline a écrit :j'ai appris par le biais d'un mot sur le carnet de correspondance de ma fille (grande section de maternelle) qu'elle avait un peu de mal avec «l'outil scripteur»: je comprends maintenant pourquoi elle semble ne pas comprendre quand je lui demande de ranger ses crayons.
Que peut-il se passer dans le cerveau de quelqu'un qui écrit ainsi ? Déjà, employé entre initiés, ce jargon est passablement ridicule. (Ah ! le célèbre « référentiel bondissant » pour désigner un ballon !) Mais l'utiliser quand on s'adresse à quelqu'un qui n'est pas du sérail, il faut oser… Ces gens sont complètement hors du réel.
Je ne jette pas la pierre à l'enseignante, je pense que, fort zélée, elle a simplement retranscrit la formule officielle, ce petit mot étant en même temps destiné aux têtes bien (faut voir) pensantes de l'inspection académique qui veille sur elle et chapeaute son travail! Pour sa défense il faut dire que j'ai moi-même fait partie, par intermittence et souvent sans enthousiasme, à ce «sérail», je ne sais pas si elle aurait formulé la chose de la même façon pour un autre parent. J'espère que non!