Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
Catherine_75
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 25 févr. 2011, 14:18

ann65 a écrit :
Catherine_75 a écrit : C'est comme les instits qui sont devenus des « professeurs des écoles », les gens de ménage, des « techniciens de surface », etc.
Non, c'est un peu plus grave que cela.
C'est surtout un nouveau mode de calcul de cette taxe, très défavorable aux collectivités locales qui ont de plus en plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois, alors que leurs responsabilités ne cessent de s'accroître (lois de décentralisation) et qui ont de plus en plus de prestations à verser (RSA, APA, etc.).
Merci pour ces précisions.

ann65 a écrit :
Catherine_75 a écrit :Sincèrement, je ne crois pas. D'autant que le Syndicat ne laisse pas sur le carreau un adhérent dans une situation critique... et se démène pour lui trouver du taff et/ou l'aider (un peu, dans la mesure de ses maigres moyens) financièrement. Eh oui... ça sert à quelque chose d'être syndiqué... sourire.
Un peu à la façon du syndicat de dockers ? :wink:
Sérieusement, je doute que LE syndicat soit à même de trouver du boulot à tous ses syndiqués sur le carreau si tous les correcteurs de France et de Navarre se syndiquaient
Si tous les correcteurs de France se syndiquaient, le syndicat serait fort, aurait de vrais moyens financiers et une influence beaucoup plus importante.
Mais un syndicat n'est pas non plus une agence de placement, celui des correcteurs a parfois des postes et/ou des missions à proposer, et se décarcasse pour les personnes qui sont dans une situation grave.
ann65 a écrit :
Catherine_75 a écrit :Une précision qui a son importance : le Syndicat des correcteurs ne refuse rien du tout (même entre guillemets :wink: ), mais constate, déplore, et se bat pour le statut des correcteurs, sans jeter la pierre aux auto-entrepreneurs ni aux « agessistes ».
Il est d'ailleurs possible (et même conseillé) de s'inscrire à une liste, edition@correcteurs.org, qui permet à tous les correcteurs de France et de Navarre, quel que soit leur statut, syndiqués ou pas, de rester en contact, poser des questions, demander des conseils, signaler un employeur véreux, etc. J'ai déjà donné l'information sur ce forum il y a quelque temps.
Mais est-il possible d'adhérer à ce syndicat si on est AE ?
Le syndicat montra-t-il au créneau pour défendre un AE dont les (maigres) droits sont bafoués ?
Soyons logiques : les syndicats défendent les droits... des salariés.
Un auto-entrepreneur est un... entrepreneur.
Cependant, la liste d'information (edition@correcteurs.org) ouverte à TOUS a été mise en place par le syndicat... qui n'est donc pas si obtus que vous semblez le croire.
ann65 a écrit :Enfin, vous l'aurez compris entre les lignes Catherine, l'aspect "monopolistique" d'une organisation quelle qu'elle soit me dérange. J'étais aussi très mal à l'aise quand il n'y avait qu'une seule liste FCPE (que je conduisais) qui se présentait aux élections dans les écoles de mes enfants.
Il existe un syndicat des correcteurs et c'est très bien... mais il y a de la place pour d'autres organisations.
Ai-je dit le contraire ?
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par ann65 » 25 févr. 2011, 14:27

Catherine_75 a écrit : Soyons logiques : les syndicats défendent les droits... des salariés.
Un auto-entrepreneur est un... entrepreneur.
Cependant, la liste d'information (edition@correcteurs.org) ouverte à TOUS a été mise en place par le syndicat... qui n'est donc pas si obtus que vous semblez le croire.
C'est bien par pure logique que je trouvais que l'idée d'Azucena de créer une "corporation représentative de la profession" était bonne.
Mais puisque nous sommes finalement d''accord, c'est parfait. Yapukafaucon... :wink:

PS : les médecins ne sont pas tous salariés, ni tous libéraux et sont pourtant organisés en syndicat(s).
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par coco47 » 26 févr. 2011, 04:32

ann65 a écrit :
coco47 a écrit : Quelle curieuse formule, Ann. Pourquoi pas simplement : C'est une erreur … .
J'emploie très souvent cette formule. Elle est incorrecte selon vous ? :?
Oui.
coco47
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par coco47 » 26 févr. 2011, 04:43

A moins que les choses aient changé récemment, le Syndicat des correcteurs n'est pas un syndicat national. Pour des raisons internes à la CGT, à laquelle il est affilié, et dont les statuts n'admettent les syndicats « de métier » (correcteurs, typographes, rotativistes, etc.) que dans la région parisienne. Les correcteurs « de province » sont syndiqués dans des syndicats d'entreprise.
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 26 févr. 2011, 09:30

coco47 a écrit :A moins que les choses aient changé récemment, le Syndicat des correcteurs n'est pas un syndicat national. Pour des raisons internes à la CGT, à laquelle il est affilié, et dont les statuts n'admettent les syndicats « de métier » (correcteurs, typographes, rotativistes, etc.) que dans la région parisienne. Les correcteurs « de province » sont syndiqués dans des syndicats d'entreprise.
Je connais un certain nombre de correcteurs vivant en province qui sont affiliés au Syndicat (dont plusieurs de ma promo Formacom).
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par azucena » 26 févr. 2011, 13:08

Bonjour,

Je ne reprendrai pas en citation car il me faudrait remonter trop loin, ça deviendrait très confus... De plus, j'ai une revue paramédicale à corriger pour la troisième fois, parce que le texte a encore été chamboulé... pas envie du tout de bosser ce matin, pas encore sur le même truc en tout cas...

Bien sûr Catherine que je connaissais l'existence du Syndicat des correcteurs, je lui ai même spontanément écrit quand j'étais salariée, il m'a été très aimablement répondu et j'en ai reçu de précieux conseils et témoignages de soutien. Je continue souvent à aller faire un tour sur son site.

Loin de moi l'idée de critiquer l'action des syndicats. J'ai été la seule syndiquée FILPAC de la boîte où je travaillais !

Pour simplifier, disons que, payée presque au SMIC et avec mes importants frais de déplacement, je n'avais guère les moyens de payer une cotisation à ce syndicat alors que j'en payais déjà une à la FILPAC. Les deux syndicats étant partie prenante de la CGT, si je ne m'abuse.

En outre, tout bien considéré et analysé, mon adhésion à la FILPAC allait largement bien au-delà de mon besoin personnel d'être syndiquée. Il relevait de ma volonté d'aider mes collègues, de les pousser à y adhérer aussi, parce que je croyais encore en des valeurs collectives, en une lutte commune... Ces valeurs et ces luttes qui, justement, et comme vous le dites si bien Catherine, ont tant apporté à la classe ouvrière dont j'ai pleinement conscience de faire partie (fille d'ouvrier typographe, je le revendique haut et fort même !)...

Mon adhésion au Syndicat des correcteurs eût, quant à elle, relevé d'une autre optique, d'un individualisme que, seule correctrice à cent kilomètres à la ronde, je considérais déplacé et malsain au vu de la situation de tous les autres employés de l'entreprise.
Pour moi, il ne s'agissait pas de m'apitoyer lamentablement sur la situation de la seule correctrice. Il y avait aussi dans l'entreprise des compositeurs, des graphistes, des employés de l'atelier de gravure, des conducteurs offset, des deviseurs, des papetières, des secrétaires, etc., qui, tout autant que moi, avaient besoin d'être aidés. Notre souffrance était commune, notre lutte aurait dû être commune. Enfin, dans mon esprit tout au moins... Je suis un peu ringarde ou « vieille école », c'est vrai.

Mais hélas je me suis battue non seulement contre mon employeur mais plus encore contre la « paresse syndicale » et le « manque de conscience de classe » de mes propres collègues, contre leur sempiternel « trouillomètre » à zéro, leur manque de solidarité, leur individualisme forcené, leur stupide vénération sans bornes (je mets volontairement au pluriel) pour notre employeur, leur soumission dans la crainte, leur « nombrilisme », leur servilité, leur..., leur...

Cela m'a même poussée à ne pas me présenter à l'élection des simples délégués du personnel. Et pourtant, je l'aurais bien voulu. Je ne savais que trop que j'aurais brassé du vent (et récolté toutes les tempêtes)... Il m'eût fallu des dizaines d'années d'acharnement solitaire pour seulement réveiller les consciences de mes camarades de travail... L'ampleur de la tâche m'a paru trop lourde pour mes seules épaules ! Pourtant j'ai continué, en catimini, sur la pointe des pieds, pour eux et souvent malgré eux, à distiller dans l'ombre un peu de mon « venin » syndical, presque jusqu'à la fin.

Plusieurs années durant, j'ai procuré à mes collègues la « grille intersyndicale des salaires », ils ont toujours été « curieux de savoir » mais leur « action » s'est toujours arrêtée à en prendre connaissance et à analyser leur propre bulletin de salaire. Une inspectrice du travail était prête à m'épauler, à nous aider, si seulement mes collègues avaient consenti à lui envoyer une copie de leur bulletin... Vous devinez la suite...
Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai proposé à mes collègues une action collective pour obtenir un alignement de nos salaires sur cette fameuse grille (la FILPAC nous aurait suivis et appuyés), pas un seul d'entre eux n'a accepté ne fût-ce que de participer à une réunion préliminaire en présence d'un délégué régional dudit syndicat...

Quand nous sommes partis, pas un seul n'a bougé le petit doigt, personne n'a bronché, comme c'est hélas devenu la norme presque partout...

Quand, quelques mois plus tard, évincée de l'entreprise mais toujours aussi profondément animée par mes convictions, je leur ai proposé (par courriels individuels) de descendre ensemble dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites, un seul d'entre eux m'a répondu... négativement d'ailleurs.

L'isolement que nous connaissons dans les petites boîtes de province (le « nous » n'implique d'ailleurs pas que les correcteurs) est très fortement ressenti. Cela mériterait d'être revu, reconsidéré, retravaillé à la base. Les Syndicats auraient peut-être intérêt à se faire connaître davantage en province où les gens souffrent et crèvent en silence...

Je travaillais dans une petite ville du Sud-Ouest, le premier correcteur à la ronde devait se trouver, à vol d'oiseau, à cent kilomètres de là et se sentir certainement aussi isolé que moi. Il eût été difficile de se connaître, de s'entraider, de se conseiller, de s'unir surtout.

Ici, c'est le paradis, la plage, la mer, le soleil, la bronzette, les fiestas et la belle vie... Oui, au mois d'août, pour les « Parisiens » en vacances seulement. Certains clichés ont la vie dure.

Je me rends compte d'ailleurs que j'ai fait une sorte de « lapsus » en parlant de « licenciement ». Nous avons, à la vérité, signé une rupture conventionnelle forcée qui y ressemblait à s'y méprendre... Nos indemnités nous ont été payées, nos congés, notre préavis aussi... rien à dire de ce côté, hélas. Une erreur de calcul eût représenté la pierre d'achoppement à laquelle nous aurions pu nous agripper.

Dans notre cas, il y a eu chantage de la part de l'employeur : il nous a donné le « choix » entre la rupture conventionnelle et le chômage partiel, mais celui-ci aurait pu réduire comme peau de chagrin notre droit à d'éventuelles allocations de chômage « total » ultérieures (en cas de véritable licenciement définitif ou d'une future fermeture de l'entreprise). On nous a parlé aussi de passage à mi-temps... Inconcevable !
Nous savions que nous n'aurions pas été aidés... Comme je l'ai dit, nous (deux « clavistes », une secrétaire et moi) n'avons même pas eu droit à une enquête de l'Inspection du travail (qu'elle peut toujours faire en cas de rupture conventionnelle si le cœur lui en dit...), alors que, à plusieurs reprises, nous l'avions avertie, par divers appels téléphoniques notamment. Comment celle-ci a-t-elle pu accepter quatre « ruptures conventionnelles » consécutives sans broncher, sans ouvrir l'œil, sans avoir le soupçon qu'il s'agissait de licenciements déguisés ? Il y a longtemps que je ne me le demande plus... Pur conflit d'intérêts... L'Inspection se taisait car l'employeur (quant à lui déjà « retraité ») menaçait de fermer carrément la boîte.
Comme on dit : « Ya pas photo ! »

J’aurais voulu me battre mais là, je me suis sentie trop abandonnée. Ma seule présence dans l’entreprise était devenue inacceptable, même et surtout pour mes collègues  « en sursis » qui craignaient pour leur propre avenir… Et puis, quand on aime son travail, faire quarante kilomètres de mauvaises routes de campagne pour aller planter ses fesses derrière un ordinateur et se balader sur Internet toute la journée ou y composer des centaines de cartes de visite (on m'avait collé ça), ou bien aller quémander çà et là quelque autre tâche en espérant qu’un collègue ait un peu de secrétariat ou de classement d’archives à déléguer, au bout d’un moment « ça craint », comme disent des jeunes.
La grave maladie de mon mari et le handicap de ma fille ainsi que leur besoin de ma présence à leurs côtés ont fini par me convaincre que ma place n’était plus en entreprise et j’ai fini par plier, baisser les bras et accepter.


Voilà, je voulais faire court et je me suis encore « répandue », je vous ai pondu un roman, comme d'habitude (surtout ne le corrigez pas, je n'ai pas mes lunettes de « quinqua » sur les yeux et je n'ai presque rien relu...).

Il est vrai que quand le débat touche au syndicalisme et aux revendications de la classe ouvrière, je peux y consacrer des heures et des heures…


En tout cas, merci Catherine pour votre témoignage. Vous avez toute mon admiration pour votre courage, votre pugnacité. J'admire votre détermination. J'espère que vous continuerez à tirer votre épingle du jeu même si, comme moi, vous ne vous sentez pas l'âme d'une commerciale. Vous le méritez. Nous gagnons tous à mieux nous connaître et à nous apprécier en tant qu'individus.

Quant aux heures, après deux mois passés à corriger jour et nuit, samedis, dimanches, Noël et jour de l'An compris, à dormir quatre heures par nuit aussi, voilà je n'ai plus que cette revue pour le moment. Allez, je « m’y colle », heureuse toutefois d’avoir partagé avec vous ce moment de pur bonheur confraternel et de communion syndicale d'une autre époque...

Bon, le tout premier intervenant a « posté » cette discussion pour parler de tarifs… j’y reviens.
Votre avis, SVP !
Je n'ai rien à cacher. Mon tarif en AE : de 17 à 19 € les 10 000 à 12 000 signes en langue française (relus, corrigés, reformulés, avec, en marge, à l'attention de l'auteur, l'explication de mes corrections), il paraît que c'est beaucoup par rapport à certains, pas assez par rapport à d'autres...

La responsable d’une importante maison d'édition régionale, que j'ai contactée « au culot » par téléphone, m'a parlé de 12 € (base avant le retrait des taxes et contributions diverses) les 8 000 - 10 000 signes (en première !) et, à ce tarif-là, ils arrivent à trouver des correcteurs à la pelle ! Il paraît, toujours selon elle, que ce sont les tarifs aussi à Paris, chez B…as par exemple.

Bon sang, les enfants : on le fixe quand ce tarif unique de base non négociable pour tous les correcteurs indépendants ? On aurait tout et tous à y gagner ! Encore faut-il que tous le comprennent !
Je reviens à mon idée d'association corporatiste. Notre « mafia » en quelque sorte (il faut bien ça pour se battre à armes égales avec certains donneurs d'ordres).

Sinon nous irons faire des ménages ou du jardinage. Cela aura au moins le mérite de nous faire prendre l'air et quelques couleurs et de nous faire perdre quelques calories superflues...

Un gros bisou confraternel à tous et mille excuses pour ma prolixité !
Promis, je ne reviens pas avant quelque temps.

Azucena
(Pour ceux et celles que cela intéresse, Azucena est un personnage haut en couleur (et au poing levé) du Trouvère de Giuseppe Verdi.)
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 27 févr. 2011, 15:45

azucena a écrit :Un gros bisou confraternel à tous et mille excuses pour ma prolixité ! Promis, je ne reviens pas avant quelque temps.
J'espère bien vous relire ! Vous êtes prolixe, oui, mais ce que vous écrivez est toujours intéressant.
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par azucena » 27 févr. 2011, 16:39

Bonjour,

Votre avis sur mon tarif et sur les 12 euros bruts proposés par un éditeur ?(Ce dont je parle presque à la fin de mon message précédent.)

Là, j'ai fait court, et toc !

Amitiés

Azucena
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 28 févr. 2011, 20:15

azucena a écrit :Bonjour,

Votre avis sur mon tarif et sur les 12 euros bruts proposés par un éditeur ?(Ce dont je parle presque à la fin de mon message précédent.)

Là, j'ai fait court, et toc !

Amitiés

Azucena
Ce tarif de 12 € est bien entendu inadmissible et misérable. Il est trop bas pour un paiement un salaire, alors que dire quand il s'agit d'une facture !
Je rappelle en passant ce que j'ai déjà dit plus haut... Un employeur impose la plupart du temps un salaire à ses employés (c'est à prendre ou à laisser), mais un auto-entrepreneur, donc en principe un fournisseur, est censé proposer un tarif, accepté ou non par le client qui a le droit bien entendu de discuter ce tarif, mais en aucun cas le client ne doit imposer le prix à son fournisseur !
Les auto-entrepreneurs ne sont pas considérés comme des fournisseurs par les entreprises, mais comme des employés à (très) bon marché, corvéables à merci, jetables sans préavis ni indemnités.
Bon... Voilà que ça me remet en rogne ! J'arrête.
Bonne soirée à tous.
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 28 févr. 2011, 20:46

Catherine_75 a écrit : Il est d'ailleurs possible (et même conseillé) de s'inscrire à une liste, edition@correcteurs.org, qui permet à tous les correcteurs de France et de Navarre, quel que soit leur statut, syndiqués ou pas, de rester en contact, poser des questions, demander des conseils, signaler un employeur véreux, etc. J'ai déjà donné l'information sur ce forum il y a quelque temps.
Une petite précision concernant l'inscription à la liste edition@correcteurs.org : pour demander à en faire partie, il faut écrire à Anne Hebrard (anne.hebrard@gmail.com).
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par ann65 » 02 mars 2011, 15:37

azucena a écrit :Bonjour,

Votre avis sur mon tarif et sur les 12 euros bruts proposés par un éditeur ?(Ce dont je parle presque à la fin de mon message précédent.)
Tu mets combien de temps pour corriger ces 8000-1000 signes ?
Personnellement, pour évaluer si le tarif proposé pour une prestation est correct ou non, je le rapporte à un tarif horaire. En dessous du smic (en salaire évidemment et donc le double en facture) ça ne l'est évidemment pas.
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par azucena » 02 mars 2011, 18:39

Bonjour,

Attention, je n'ai pas dit que j'allais accepter ce tarif ridicule ni qu'il fallait que qui que ce soit l'accepte !
C'était juste un exemple que je donnais pour étayer mon propos...
Je considère mon métier comme un artisanat d'art. Je tiens donc à faire une correction de type artisanal, à l'ancienne, soignée, peaufinée, pas une vague "prolexisade".
Quant à se faire payer au SMIC, comme tu dis... Non merci, j'ai déjà donné quand je travaillais dans un studio "prépresse". "Faut pas pousser !" :evil:
On ne doit pas payer un correcteur au SMIC ! Pas même un débutant. Les années d'études, ça se paie !
Quel que soit le correcteur et quelle que soit la longueur de son expérience professionnelle, il y a un minimum de respect à exiger des gens.

Il y a le tarif "minimal" préconisé par le Syndicat des correcteurs et qui est celui que nous devrions tous appliquer. J'ai bien dit "minimal". Quand je le peux et quand la tâche est ardue, je marge davantage. Dernièrement, j'ai eu à relire un long texte en langue étrangère. En plus, c'était urgent. J'ai facturé 30 euros de l'heure. Rien de plus normal. J'étais peut-être même en-dessous de ce que d'autres facturent.
Les seuls clients à qui je "ferais des prix", si l'éventualité se présentait, ce seraient les étudiants arrivant chez moi leur thèse à relire sous le bras... Il ne doit pas y en avoir beaucoup et je sais qu'ils ne sont pas bien riches...

8 000 à 10 000 signes, cela ne veut pas dire grand-chose en soi.
- Si le texte est bien écrit, bien saisi et à peu près correctement orthographié, cela peut te prendre une simple petite demi-heure...
- Après, sur un roman écrit et saisi par un écrivaillon, un livre technique ou scientifique ou quelque chose de simplement très mal exprimé, cela peut bien requérir une heure, voire davantage si tu as des remaniements à effectuer ou des recherches à faire...
- Récemment, j'ai travaillé sur un texte médical comportant un peu plus
de 30 000 signes, un style lourd, alambiqué, des termes techniques "biscornus", il fallait s'accrocher pour suivre. J'y ai passé plus de cinq heures, recherches comprises.

Tout est fonction de la qualité et de la complexité de l'ouvrage.

Ciao !
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par ann65 » 02 mars 2011, 18:51

azucena a écrit :Bonjour,

Attention, je n'ai pas dit que j'allais accepter ce tarif ridicule ni qu'il fallait que qui que ce soit l'accepte !
C'était juste un exemple que je donnais pour étayer mon propos...
Je considère mon métier comme un artisanat d'art. Je tiens donc à faire une correction de type artisanal, à l'ancienne, soignée, peaufinée, pas une vague "prolexisade".
Quant à se faire payer au SMIC, comme tu dis... Non merci, j'ai déjà donné quand je travaillais dans un studio "prépresse". "Faut pas pousser !" :evil:
On ne doit pas payer un correcteur au SMIC ! Pas même un débutant. Les années d'études, ça se paie !
Quel que soit le correcteur et quelle que soit la longueur de son expérience professionnelle, il y a un minimum de respect à exiger des gens.

Il y a le tarif "minimal" préconisé par le Syndicat des correcteurs et qui est celui que nous devrions tous appliquer. J'ai bien dit "minimal". Quand je le peux et quand la tâche est ardue, je marge davantage. Dernièrement, j'ai eu à relire un long texte en langue étrangère. En plus, c'était urgent. J'ai facturé 30 euros de l'heure. Rien de plus normal. J'étais peut-être même en-dessous de ce que d'autres facturent.
Les seuls clients à qui je "ferais des prix", si l'éventualité se présentait, ce seraient les étudiants arrivant chez moi leur thèse à relire sous le bras... Il ne doit pas y en avoir beaucoup et je sais qu'ils ne sont pas bien riches...

8 000 à 10 000 signes, cela ne veut pas dire grand-chose en soi.
- Si le texte est bien écrit, bien saisi et à peu près correctement orthographié, cela peut te prendre une simple petite demi-heure...
- Après, sur un roman écrit et saisi par un écrivaillon, un livre technique ou scientifique ou quelque chose de simplement très mal exprimé, cela peut bien requérir une heure, voire davantage si tu as des remaniements à effectuer ou des recherches à faire...
- Récemment, j'ai travaillé sur un texte médical comportant un peu plus
de 30 000 signes, un style lourd, alambiqué, des termes techniques "biscornus", il fallait s'accrocher pour suivre. J'y ai passé plus de cinq heures, recherches comprises.

Tout est fonction de la qualité et de la complexité de l'ouvrage.

Ciao !
Tu m'as mal comprise. Désolée.
Je n'encourage personne à se faire payer au Smic !
Pour moi le smic horaire n'est qu'un étalon.
Au niveau qui est le tien, appliquer un tarif équivalent au AU MOINS double du Smic (donc 16 euros en salaire et 30 en facture en salaire) me semble être LE MINIMUM.
nesk
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par nesk » 23 août 2011, 12:21

Bonjour à toutes et tous... je viens relancer le débat, ou plutôt simplement partager mon expérience, bien maigre en tant que "petite jeune" qui débute (3 ans d'expérience, ce n'est pas énorme).

Je suis en AE depuis le début justement, vivant en province et n'ayant pas la possibilité de trouver un poste salarié dans la ville où je me trouve (les structures sont trop petites, n'ont pas les moyens). Je donnerais, comme beaucoup ici, cher pour être salariée, pour ne pas me demander sans cesse si je suis bien couverte à tous les niveaux - au passage, au moins la couverture maternité des AE est-elle tout à fait satisfaisante, pour en avoir bénéficié ces quatre derniers mois, c'est déjà ça, me demander sans cesse quels problèmes subsistent sur mon dossier (après 3 ans d'activité, l'Urssaf est encore persuadé que je suis indépendante, et la Cipav ne me connaît toujours pas...), me demander comment je ferai lorsque nous mettrons en route le petit frère ou la petite soeur, car même si j'ai eu la chance de travailler à "temps plein" depuis trois ans, et je ne m'en plains pas, mes revenus seront bientôt bien faibles avec deux enfants, un prêt immobilier, un prêt étudiant toujours pas terminé (car il fallait bien les payer, les deux années de chômage pour me former au métier et réaliser mes stages).

J'ai pu faire partie, au début, de ceux qui tirent les tarifs vers le bas, non pas volontairement, loin de là ; j'avais passé de nombreuses heures à tenter de me renseigner par tous les moyens possibles afin de fixer le tarif horaire que j'appliquerai ensuite. En fonction du statut d'AE, de ce que préconise le Syndicat (pour les salariés), ce que font certains et pas d'autres, et surtout, surtout, de ce qu'acceptent et, vous avez raison de le dire, de ce qu'imposent bon nombre d'éditeurs... ajouté à cela, je l'avoue aussi, mon grand manque d'expérience en matière de facturation et ne sachant quelle valeur accorder à mon travail, à ma formation et à mon expérience, bref, comme bon nombre de correcteurs, jeunes ou moins jeunes, expérimentés ou non, je galère :(

Je souhaite que mes compétences soient rétribuées au plus juste, et que la profession ne soit pas dévalorisée par des tarifs bradés au plus bas. Je rentre tout juste de congé maternité, et ai tenté d'augmenter mon salaire horaire.
Allez, comme azucena, je ne souhaite rien cacher, et vos avis d'ailleurs me seront précieux : je suis montée à 15,79 euros/heure ("brut", ce que je facture aux clients), soit un salaire horaire net (hors charges sociales) de 12,70 euros. J'imagine que c'est trop peu. J'aimerais, idéalement, monter jusqu'à 14 euros net/heure (tarif préconisé par le Syndicat je crois ? je ne me souviens plus où je l'avais trouvé). Mais à peine avais-je soumis des devis à l'un de mes clients réguliers avec ce tarif, qu'il les avait tous refusés en bloc.

Vous parlez maintenant de la CET, qui remplace la taxe professionnelle. Là encore, j'avoue mon ignorance : je ne savais pas que je risquais d'être redevable de ceci, et pourtant, j'ai passé de longues, très longues semaines à me renseigner sur ce statut avant de me lancer.

Je m'interroge maintenant, au point de me demander si je ne vais pas abandonner ce statut... mais comme le dit azucena, pour faire quoi ? prendre n'importe quel CDI, caissière, femme de ménage, histoire d'avoir "au moins" la stabilité ? Il n'y a pas de sot métier, bien entendu - j'ai été femme de ménage -, mais quelle misère d'abandonner un aussi passionnant métier, pourtant essentiel à tous et en tous domaines, pour des salaires et tarifs trop bas, des situations trop précaires, des employeurs trop peu scrupuleux, des provinces trop peu riches.

Je me doute bien que cela fait belle lurette que l'ensemble de la profession se plaint de tout cela, je n'aide la discussion en rien, mais je suis en plein doute et je ressentais le besoin de le partager avec vous, histoire de me sentir moins seule dans ma galère.

Désolée pour les éventuelles fautes, je ne me relis pas, j'ai un bébé sur le feu :wink:
Catherine_75
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Re: Quel tarif pour corriger un texte de 180 000 signes ?!

Message non lu par Catherine_75 » 23 août 2011, 22:33

nesk a écrit : Allez, comme azucena, je ne souhaite rien cacher, et vos avis d'ailleurs me seront précieux : je suis montée à 15,79 euros/heure ("brut", ce que je facture aux clients), soit un salaire horaire net (hors charges sociales) de 12,70 euros. J'imagine que c'est trop peu. J'aimerais, idéalement, monter jusqu'à 14 euros net/heure (tarif préconisé par le Syndicat je crois ? je ne me souviens plus où je l'avais trouvé). Mais à peine avais-je soumis des devis à l'un de mes clients réguliers avec ce tarif, qu'il les avait tous refusés en bloc.
Je reprends ce qu'a écrit Ann plus haut dans la conversation, il y a quelque temps : 16 € en salaire et pas moins de 30 € en facture, soit le double de ce que vous facturez…
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