Question taboue entre toutes

Section réservée aux débats sur la correction et les correcteurs : tarifs pour rédiger un article ? Peut-on vivre de la correction ? Quels médias recrutent des correcteurs ?
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 12:02

AkaYuki a écrit :
Euh... se reconvertir... Oui mais dans quoi ??? En ce moment, la pêche n'est pas miraculeuse, alors si c'est pour trouver un truc dans lequel on est tout aussi mal payé, mais dans lequel, en prime, on se fait chier, quel est l'intérêt ? C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire.....

Et vivre avec 1500 euros, c'est un peu ce que font une majorité de français, voire même pire... :?
Les reconversions sont toujours possibles. Tout dépend aussi de ta formation initiale. Il suffit de regarder un peu autour de soi et surtout d'accepter de renoncer à ses rêves dès lors que ces rêves ne nous nourrissent plus.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 12:06

AkaYuki a écrit :OUlalah, je crois que tout le monde ne se rend pas bien compte de la chance qu'il a....

:(
La chance c'est de gagner au loto.
Je ne considère pas avoir (eu) de la "chance".
Je suis partie de rien, avec aucun réseau et aucune connaissance dans ce métier. J'ai bossé à mi temps à la Poste pour me payer mes études.
Puis une fois terminées ces études, j'ai bossé, j'ai sué sur des papiers chiants comme la mort ou dans des postes intéressants, mais qui m'ont permis d'acquérir du professionnalisme et de la crédibilité. Et ce depuis plus de 20 ans.
Je n'ai semé que ce que j'ai récolté.
Je ne vais donc pas m'excuser d'être payée comme un prof en fin de carrière, ni me faire toute petite parce que je gagne 3000 euros/mois.

Ce qui n'est pas normal, c'est d'être payé moins que le Smic ou juste le Smic quand on a fait plus de 5 ans d'études après le bac. Même si le taf est intellectuellement intéressant.
Dernière modification par ann65 le 17 févr. 2010, 12:47, modifié 1 fois.
cilou
Messages : 1658
Inscription : 13 avr. 2005, 18:20
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par cilou » 17 févr. 2010, 12:34

Pour ma part, c'est plutôt égal ou en dessous de ce que gagnent les personnes qui ont mon niveau d'étude et mon expérience. J'ai bac +8, 15 ans d'expérience, dont 10 en journalisme.
Je suis plutôt contente, je sais que les pigistes qui gagnent correctement leur vie sont rares. Mais comme Ann, je ne vais pas non plus m'excuser ni avoir honte. Comme elle, je suis partie sans réseau ni connaissance du métier, j'ai bossé sur des papiers très chiants, j'ai refusé toute collaboration indigne, j'ai démarché plein de journaux, je continue de proposer de nombreux sujets,...
J'ai eu aussi, parfois, la chance de tomber au bon endroit au bon moment. Mais ce genre de chance se provoque.
Je sais aussi que mon revenu est susceptible de baisser fortement, si l'une de mes collaborations principales tombe à l'eau. Je verrai alors si je suis capable de rebondir ou pas.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 12:46

Je constate souvent que de trop nombreux jeunes pigistes acceptent que leur travail ne soit pas payé à sa juste valeur (voire pas payé du tout), sûrement parce qu'ils préfèrent être mal payés, mais pouvoir ajouter des lignes sur leur CV...

Le triste résultat de tout cela c'est une totale dévalorisation de notre métier et de... soi même. : "Je ne vaux pas grand chose, alors je dois me contenter des miettes que l'on veut bien me donner".

Et du coup celui qui annonce un salaire correct apparaît comme un privilégié qui fanfaronne, le "salaud de riche"... :(

Les apprentis charcutiers, plombiers ou pâtissiers me semblent bien moins naïfs que nombre de jeunes pigistes et ne s'en laissent pas conter?
Ils sont peut-être moins passionnés par leur métier (et encore, c'est à vérifier), mais ils mieux payés en début de carrière que nombre de jeunes journalistes bac plus 5 (voire plus)...
faust
Messages : 66
Inscription : 16 oct. 2007, 11:29
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par faust » 17 févr. 2010, 13:55

mouais.
perso, quand j'étais chef de rubrique à paris, je gagnais 1700 euros nets.
j'ai ma carte de presse depuis dix ans et j'ai fait le deug du Celsa (qui n'existe plus... lol), une maîtrise de sciences politiques puis l'IPJ, reconnue par la profession.
je suis dans le sud depuis deux ans et demi et pigiste par contrainte. l'année dernière, j'ai gagné à peu près 1300 euros nets par mois. mais, depuis, la moitié de mes employeurs m'ont lâchée, pour causes de restrictions budgétaires et autres restructurations.
ça ne va pas aller en s'arrangeant.
je considère aussi que je me suis battue, que je me suis accrochée mais je sais que la "reconnaissance" de mon niveau d'études et de mon expérience ne sera jamais une réalité.
et mon mec a un bac+12 et bosse dans un musée pour 1600 euros.
même s'il paraît que l'argent ne fait pas le bonheur, je crois que cela n'aurait pas été du vol que de gagner 3000 euros et de pouvoir vivre à peu près normalement.
archaud
Messages : 685
Inscription : 06 déc. 2003, 05:40
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par archaud » 17 févr. 2010, 14:04

Tout ce qui est dit ici est juste. Il faut aussi rappeler que ce métier se distingue par une précarité qui ne cesse de croître. Non qu'il faille se plaindre de gagner 3 ou 4 000 euros brut, mais l'on ne saurait les comparer aux salaires d'un prof agrégé, assurés du maintien de ses revenus jusqu'à sa retraite.

Je considère que, outre le niveau d'études, la précarité, ça se paie. Naturellement, de nombreux pigistes cumulent les inconvénients : précarité et rémunération indigne.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 14:07

faust a écrit :mouais.
perso, quand j'étais chef de rubrique à paris, je gagnais 1700 euros nets.
j'ai ma carte de presse depuis dix ans et j'ai fait le deug du Celsa (qui n'existe plus... lol), une maîtrise de sciences politiques puis l'IPJ, reconnue par la profession.
je suis dans le sud depuis deux ans et demi et pigiste par contrainte. l'année dernière, j'ai gagné à peu près 1300 euros nets par mois. mais, depuis, la moitié de mes employeurs m'ont lâchée, pour causes de restrictions budgétaires et autres restructurations.
ça ne va pas aller en s'arrangeant.
je considère aussi que je me suis battue, que je me suis accrochée mais je sais que la "reconnaissance" de mon niveau d'études et de mon expérience ne sera jamais une réalité.
et mon mec a un bac+12 et bosse dans un musée pour 1600 euros.
même s'il paraît que l'argent ne fait pas le bonheur, je crois que cela n'aurait pas été du vol que de gagner 3000 euros et de pouvoir vivre à peu près normalement.
Ce qui veut dire aussi qu'aujourd'hui plus que jamais, il faut bien réfléchir avant de de s'engager dans telle ou telle voie d'études.

A bien y réfléchir, j'ai eu UNE chance. Celle d'avoir eu 20 ans dans les années 80.
J'ai pu faire des études qui m'intéressaient, passer une maîtrise, puis entrer dans uen école de journalisme, sans JAMAIS être obnubilée par la perspective de me retrouver au chômage ou "travailleur pauvre" (ce que sont nombre pigistes aujourd'hui, même si l'expression "intello précaire" est plus valorisante... :? )

Si un de mes enfants (ils ont déja leur bac) m'avaient dit : "Je veux m'inscrire en lettres modernes/histoire/histoire de l'art/philo pour ensuite faire une école ou un master de journalisme ou de "médiation culturelle", je l'en aurais dissuadé. De toutes mes forces.
Parce que ces métiers n'offrent pas assez de débouchés par rapport au nombre de candidats.
Dernière modification par ann65 le 17 févr. 2010, 14:25, modifié 4 fois.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 14:12

archaud a écrit :Tout ce qui est dit ici est juste. Il faut aussi rappeler que ce métier se distingue par une précarité qui ne cesse de croître. Non qu'il faille se plaindre de gagner 3 ou 4 000 euros brut, mais l'on ne saurait les comparer aux salaires d'un prof agrégé, assurés du maintien de ses revenus jusqu'à sa retraite. .
Mais un jeune prof agrégé vivant à Marseille peut être envoyé dans la banlieue de Metz pour son premier poste... et y rester une paire d'années !
Ce sont des choix de vie.
Je considère que, outre le niveau d'études, la précarité, ça se paie. Naturellement, de nombreux pigistes cumulent les inconvénients : précarité et rémunération indigne
C'est même devenue la règle parmi les plus jeunes... d'où les cris d'orfraie poussés lorsque j'ai osé dire que "mes" 3000 euros mensuels étaient un revenu "convenable sans plus".
AkaYuki
Messages : 17
Inscription : 24 juin 2009, 17:40
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par AkaYuki » 17 févr. 2010, 17:22

Ann65, j'écoute tes propositions de reconversion. Dis moi ce qui, pour un jeune diplomé de journalisme, est envisageable pour gagner mieux sa vie sans s'emmerder.
Dis moi où sont les opportunités, puisqu'il y en a tout autour de nous selon toi. Excuse moi de te le dire, mais pour ma génération, quel que soit le secteur, c'est la MERDE. Point. Ah oui tu as raison, les plombiers et charcutiers, eux ça va. Mais vas y donc faire ce boulot si ça te paraît si naturel.
Ah si, on m'a proposé de passer le concours de controleur des impôts, en effet, excuse moi.
Le problème c'est que non, nous n'avons pas forcément envie de sacrifier nos choix parce qu'on est tombés "au mauvais moment". Je ne vois pas pourquoi moi je devrais ravaler mes envies, et pas la génération précédente. C'est extrêmement facile à dire quand, coup de bol, on est entré sur le marché du travail au bon moment. Je ne sais pas si tu saisis bien l'injustice qu'il y a là dedans.
Et en parlant de bol, tu dis que tu n'as pas à avoir honte de gagner ce que tu gagnes, et je suis bien d'accord avec ça. Mais ne dis pas qu'il n'y a pas une part de chance la dedans. Car nombreux sont ceux qui comme toi, ont bossé dur, se sont saignés pour faire des études, ont pérsévéré, ont voulu "provoquer la chance" comme vous dites.... et puis se retrouvent sur le carreau. Si, excuse moi de te le dire, en plus de t'être donné les moyens, je pense que tu as de la chance. Parce que si le mérite suffisait, putain, ça se saurait.

Je te cite, "Je constate souvent que de trop nombreux jeunes pigistes acceptent que leur travail ne soit pas payé à sa juste valeur (voire pas payé du tout), sûrement parce qu'ils préfèrent être mal payés, mais pouvoir ajouter des lignes sur leur CV... Le triste résultat de tout cela c'est une totale dévalorisation de notre métier et de... soi même. : "Je ne vaux pas grand chose, alors je dois me contenter des miettes que l'on veut bien me donner".
Alors un, perso, je me bats pour faire augmenter mes tarifs, largement en dessous de ceux de mes collègues plus agés, en dessous même de ce qu'ils avaient en commencant à bosser il y a 20 ans, oui oui, même malgré l'inflation. Mais vois tu, je ne peux pas mettre un couteau sous la gorge de mon patron. Ca ne choque plus personne qu'on sous-paye les jeunes. Et de toutes façons, des jeunes comme moi, dehors y'en a plein. Le rapport de force est inexistant. Dis moi comment je dois faire ??! Des coups de gueules et des coups de pression, c'est déjà fait, ça marche pas. Que je me barre ? Oui surement, c'est tout à fait mon intérêt que de perdre mon employeur principal.
Je ne fais pas ça pour ajouter des lignes à mon cv. Je fais ça parce que je VEUX bosser. Parce que je ne veux pas juste perçevoir les ASSEDICS. Parce que j'espère toujours qu'un jour, un gentil employeur va reconnaître mes compétences et oublier mon âge, et qu'à long terme, mes efforts paieront. Si toi tu as l'impression que je dessers ta profession, dis moi ce que je dois faire pour la servir ? Changer de boulot ? Je ne crois pas que tu aurais aimé qu'on te dise ça à 20 ans. J'ai le droit de me faire ma place moi aussi.
Et dernière chose, figure toi que les collègues qui ont ton assise, sur cette question, je ne les entends pas beaucoup. Ca pour dire que c'est dommage pour nous, y'a du monde. Mais pour nous filer un coup de pouce. Que dalle. Soutien = zéro. Parce que bien installés dans leur fauteuil de titulaire ou régulier, peut être qu'eux, pourraient dénoncer les abus face aux stagiaires, jeunes pigistes, etc. peut être qu'eux pourraient nous aider à rétablir un rapport de force. C'est ce qu'on appelle en ancien français la solidarité.
Alors si en plus, maintenant, vous nous donnez des leçons, merde à la fin. Ce que je pense, c'est que nos aînés sentent bien le vent tourner. Alors tout le monde s'accroche à son petit rocher. Et quelque part, il y en a que ça arrange de nous voir couler, parce qu'ils se disent tout au fond d'eux "bon ben un aspirant de moins, vu le contexte, c'est toujours une menace en moins pour moi..."
Voilà ce que je ressens. Ca fait du bien de vider son sac nom d'une pipe.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 18:01

AkaYuki a écrit :Ann65, j'écoute tes propositions de reconversion. Dis moi ce qui, pour un jeune diplomé de journalisme, est envisageable pour gagner mieux sa vie sans s'emmerder.
Dis moi où sont les opportunités, puisqu'il y en a tout autour de nous selon toi. Excuse moi de te le dire, mais pour ma génération, quel que soit le secteur, c'est la MERDE. Point. Ah oui tu as raison, les plombiers et charcutiers, eux ça va. Mais vas y donc faire ce boulot si ça te paraît si naturel..
En ce qui me concerne, je n'ai pas de soucis tels qui me feraient envisager une reconversion. Donc aucune raison de devenir charcutière ou plombière...

En revanche, sachant que j'ai encore en gros vingt ans à bosser et constatant que la situation se durcit, je commence à me renseigner à droite à gauche pour ne plus mettre tous mes oeufs dans le même panier.

Mais n'étant ni ta coach, ni ta conseillère Pôle Emploi, ni ta mère, je ne peux te dire ce qui serait "bien " pour toi...
Le problème c'est que non, nous n'avons pas forcément envie de sacrifier nos choix parce qu'on est tombés "au mauvais moment". Je ne vois pas pourquoi moi je devrais ravaler mes envies, et pas la génération précédente. C'est extrêmement facile à dire quand, coup de bol, on est entré sur le marché du travail au bon moment. Je ne sais pas si tu saisis bien l'injustice qu'il y a là dedans.
Je saisis parfaitement l'injustice, je comprends ta colère et je comprends aussi que tu n'aies pas envie de renoncer à tes rêves et cette "vocation "dans laquelle tu as tant investi (études et argent).

Ceci dit, si tu gagnes 750 euros/ mois et si ça te convient à au point de ne pas envisager de reconversion, je ne vais pas t'y contraindre. C'est ta vie, pas la mienne.
Et en parlant de bol, tu dis que tu n'as pas à avoir honte de gagner ce que tu gagnes, et je suis bien d'accord avec ça. Mais ne dis pas qu'il n'y a pas une part de chance la dedans. Car nombreux sont ceux qui comme toi, ont bossé dur, se sont saignés pour faire des études, ont pérsévéré, ont voulu "provoquer la chance" comme vous dites.... et puis se retrouvent sur le carreau. Si, excuse moi de te le dire, en plus de t'être donné les moyens, je pense que tu as de la chance. Parce que si le mérite suffisait, putain, ça se saurait
Et quand bien même j'aurais eu cette "chance inouïe" que tu me prêtes ? Il faut que je me cache, que je me fasse toute petite ?
Je suis honnête et sincère et je comprends même qu'il puisse paraître indécent d'écrire "je gagne 3000 euros /par mois" à des gens qui n'en gagnent pas un tiers...
Alors quoi ? Il ne fallait pas que je participe à ce sujet ?
Faut-il laisser croire que gagner "seulement" 10 000 balles (1 500 euros) quand on a fait 7 ans d'études et qu'on bosse comme un damné depuis vingt ans c'est tout ce qu'il y a de plus normal ?
Ce sera sans moi.
Ca ne choque plus personne qu'on sous-paye les jeunes.

Moi ça me choque, sinon, je ne serai pas sur ce forum à intervenir, à gueuler et à mettre en garde contre les margoulins de toutes sortes !

Je ne fais pas ça pour ajouter des lignes à mon cv. Je fais ça parce que je VEUX bosser. Parce que je ne veux pas juste perçevoir les ASSEDICS. Parce que j'espère toujours qu'un jour, un gentil employeur va reconnaître mes compétences et oublier mon âge, et qu'à long terme, mes efforts paieront. Si toi tu as l'impression que je dessers ta profession, dis moi ce que je dois faire pour la servir ? Changer de boulot ? Je ne crois pas que tu aurais aimé qu'on te dise ça à 20 ans. J'ai le droit de me faire ma place moi aussi.
Je n'ai pas l'impression que tu dessers la profession. Je ne suis pas corporatiste. C'est surtout toi que tu "dessers" en acceptant d'être si mal payé.
Tu as tous les droits y compris de te tirer une balle dans le pied.

Ca ne m'aurait pas fait plaisir qu'on me dise de changer de boulot quand j'avais 20 piges. J'aurais sûrement hurlé comme un putois. Et j'aurais dit au gros con ou la vieille branche qui me conseillait de changer de boulot de se mêler de ses fesses.
Mais la situation il y a vingt ans n'était pas celle d'aujourd'hui...
Et dernière chose, figure toi que les collègues qui ont ton assise, sur cette question, je ne les entends pas beaucoup. Ca pour dire que c'est dommage pour nous, y'a du monde. Mais pour nous filer un coup de pouce. Que dalle. Soutien = zéro. Parce que bien installés dans leur fauteuil de titulaire ou régulier, peut être qu'eux, pourraient dénoncer les abus face aux stagiaires, jeunes pigistes, etc. peut être qu'eux pourraient nous aider à rétablir un rapport de force. C'est ce qu'on appelle en ancien français la solidarité.
Alors si en plus, maintenant, vous nous donnez des leçons, merde à la fin. Ce que je pense, c'est que nos aînés sentent bien le vent tourner. Alors tout le monde s'accroche à son petit rocher. Et quelque part, il y en a que ça arrange de nous voir couler, parce qu'ils se disent tout au fond d'eux "bon ben un aspirant de moins, vu le contexte, c'est toujours une menace en moins pour moi... Voilà ce que je ressens. Ca fait du bien de vider son sac nom d'une pipe"
Je regrette aussi ce silence assourdissant de vos aînés en poste dans les rédac, bien attachés à leur chaise de burlingue.
Je regrette l'absence totale de solidarité et le chacun pour toi.
Ce n'est pas ça le monde que j'imaginais et dans lequel je voudrais que vivent mes enfants...

Et une dernière chose, les petits jeunes de 20 piges ne sont pas une menace pour les vieux cons comme moi. Nous ne chassons pas sur les mêmes terres...

En tous cas, je te souhaite de trouver ta voie.
AkaYuki
Messages : 17
Inscription : 24 juin 2009, 17:40
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par AkaYuki » 17 févr. 2010, 18:20

Je n'ai jamais dit que tu devais te cacher. Moi et quelques autres nous avons mal pris la façon dont tu considères ton salaire, à tort ou à raison. On s'est peut être mal compris, mais vois tu, je crois que quelques uns d'entre nous sont un peu à fleur de peau à ce sujet...
"Mais la situation il y a vingt ans n'était pas celle d'aujourd'hui...", ben oui je sais, je devrais comptabiliser le nombre de fois où on m'a sorti ce genre de phrase. C'est le truc pour nous faire avaler la pilule. Mais malgré tout, on est encore assez nombreux à être toujours révoltés et à ne pas vouloir nous sacrifier. Ca nous passera sûrement, un jour on acceptera peut être le fait qu'on s'est démené pour rien, et que tout ce qu'on nous a mis dans le crâne depuis petit, c'était pour rire. Travailler à l'école pour choisir son métier, c'est périmé. Donc ouais ptet qu'on se resignera, et que je deviendrai vendeuse de fringues. Mais par pitié, arrêtez de dire que c'est facile, y'a qu'à, blablabla. Mettez vous à notre place pour de bon plutôt que de dire "oui mais nous c'était différent à l'époque, mais tu devrais faire ci..."
Sauf que j'en connais qui, plutôt que de baisser les bras, préfèreraient se tirer une balle , et pas dans le pied cette fois.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 18:42

AkaYuki a écrit : "Mais la situation il y a vingt ans n'était pas celle d'aujourd'hui...", ben oui je sais, je devrais comptabiliser le nombre de fois où on m'a sorti ce genre de phrase. C'est le truc pour nous faire avaler la pilule. .
Non, c'est une réalité. C'est LA réalité
Quand j'avais 18 ans, il y a avait moins d'une dizaine d'écoles de journalistes (reconnues ou non par la profession) : CELSA, CPJ, ESJ Lille et Paris, IFJ, Cuej de Strabourg, Marseille, IUT de Bordeaux et de Tours... En gros, il n'y avait que ces écoles...
Aujourd'hui elles se comptent par centaines peut-être, sans compter les filières universitaires.
Donc plus de de candidats au boulot... et pas plus de boulot pour autant. La presse n'était pas aussi mal portante il y a vingt ans qu'aujourd'hui.
Mais malgré tout, on est encore assez nombreux à être toujours révoltés et à ne pas vouloir nous sacrifier.
Vous "révolter" les d'jeuns, c'est refuser les rémunérations INDIGNES. Ce n'est pas passer vos nerfs sur une vielle de 45 piges qui essaie de mener sa barque comme elle peut....
Tu parles de "sacrifice". Moi le sacrifice je le vois plutôt dans le fait d'accepter de bosser pour rien ou presque en échange de promesses de gascons.
Ca nous passera sûrement, un jour on acceptera peut être le fait qu'on s'est démené pour rien, et que tout ce qu'on nous a mis dans le crâne depuis petit, c'était pour rire. Travailler à l'école pour choisir son métier, c'est périmé. Donc ouais ptet qu'on se resignera, et que je deviendrai vendeuse de fringues. Mais par pitié, arrêtez de dire que c'est facile, y'a qu'à, blablabla. Mettez vous à notre place pour de bon plutôt que de dire "oui mais nous c'était différent à l'époque, mais tu devrais faire ci..."
Je n'ai pas pas dit que c'était facile , pas dit non plus que ce n'était pas douloureux de renoncer à des rêves de gosse...
cilou
Messages : 1658
Inscription : 13 avr. 2005, 18:20
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par cilou » 17 févr. 2010, 19:02

La question n'est pas d'opposer les jeunes cons et les vieux cons ("le temps ne fait rien à l'affaire... quand on est con, on est con" chantait Brassens).
La question d'Archaud est intéressante, car elle permet de montrer qu'on peut encore vivre dignement de ses piges. Et rien que ça, c'est bien, car à lire Catégo, on a parfois l'impression que la moyenne des pigistes tourne à 500 euros par mois en DA.
D'accord, c'est un peu plus facile de s'en sortir pour les vieux briscards,... mais pas tant que ça, en fait : le vieux briscard aussi peut perdre une collaboration (journal qui coule, baisse du budget piges...), et se retrouver dans la même situation que le jeune pigiste. Il a certes plus d'expérience, mais aussi plus d'exigences (il ose réclamer des salaires, et un tarif minimum de 60 euros du feuillet), alors on lui préfère parfois (souvent même) un p'tit jeune plus maléable. Pourtant, même en perdant des collaborations, certains s'en sortent, en proposant des sujets vraiment adaptés à chaque journal, en allant proposer à des journaux peu connus, en acceptant des sujets chiants, en allant vers des thématiques plus porteuses...
Ne prends pas ça comme une leçon, Aka Yuki, ce n'est vraiment pas le but de ce post. Je veux juste dire qu'il ne sert à rien d'opposer pigistes débutants et pigistes expérimentés : on est tous dans la même galère, même si certains ont des rames moins lourdes que d'autres.
Refuser les conditions indignes ne permet pas forcément de s'en sortir, si on ne parvient pas à décrocher des piges. Mais accepter des conditions indignes conduit forcément à ne pas pouvoir vivre du journalisme : on s'épuise à pisser de la copie pour des clopinettes, on ne fait plus de vraie recherche d'info, le style s'appauvrit, on devient mauvais, on n'a plus le temps de proposer des sujets intéressants... c'est un cercle vicieux.
ann65
Messages : 1202
Inscription : 30 oct. 2008, 09:36
Contact :

Re: Question tabou entre toutes

Message non lu par ann65 » 17 févr. 2010, 19:15

cilou a écrit :La question n'est pas d'opposer les jeunes cons et les vieux cons ("le temps ne fait rien à l'affaire... quand on est con, on est con" chantait Brassens).
La question d'Archaud est intéressante, car elle permet de montrer qu'on peut encore vivre dignement de ses piges. Et rien que ça, c'est bien, car à lire Catégo, on a parfois l'impression que la moyenne des pigistes tourne à 500 euros par mois en DA.
D'accord, c'est un peu plus facile de s'en sortir pour les vieux briscards,... mais pas tant que ça, en fait : le vieux briscard aussi peut perdre une collaboration (journal qui coule, baisse du budget piges...), et se retrouver dans la même situation que le jeune pigiste. Il a certes plus d'expérience, mais aussi plus d'exigences (il ose réclamer des salaires, et un tarif minimum de 60 euros du feuillet), alors on lui préfère parfois (souvent même) un p'tit jeune plus maléable. Pourtant, même en perdant des collaborations, certains s'en sortent, en proposant des sujets vraiment adaptés à chaque journal, en allant proposer à des journaux peu connus, en acceptant des sujets chiants, en allant vers des thématiques plus porteuses...
Ne prends pas ça comme une leçon, Aka Yuki, ce n'est vraiment pas le but de ce post. Je veux juste dire qu'il ne sert à rien d'opposer pigistes débutants et pigistes expérimentés : on est tous dans la même galère, même si certains ont des rames moins lourdes que d'autres.
Refuser les conditions indignes ne permet pas forcément de s'en sortir, si on ne parvient pas à décrocher des piges. Mais accepter des conditions indignes conduit forcément à ne pas pouvoir vivre du journalisme : on s'épuise à pisser de la copie pour des clopinettes, on ne fait plus de vraie recherche d'info, le style s'appauvrit, on devient mauvais, on n'a plus le temps de proposer des sujets intéressants... c'est un cercle vicieux.
Bah oui. Même les vieux briscard peuvent voir leurs rêves s'effondrer. Et même les vieux briscards, à mon avis, doivent avoir les yeux bien ouverts sur les possibilités de de reconversion éventuelle au cas où leurs affaires viendraient à péricliter.

Ceci étant, dit Cilou a parfaitement raison de le rappeler.
Il est possible de vivre peut vivre décemment de son travail, il est rassurant de le constater. Et ne croyez pas tous ceux qui vous assurent que vous êtes condamnés à vivoter et à être moins payés que de smicards sous prétexte que votre métier est votre passion.
Dernière modification par ann65 le 17 févr. 2010, 19:22, modifié 1 fois.
joechouky
Messages : 22
Inscription : 20 mai 2009, 12:54
Contact :

Re: Question taboue entre toutes

Message non lu par joechouky » 17 févr. 2010, 19:16

c'est qui est sûr c'est que rappeler qu'il y a vingt c'était plus "simple", c'est peut-être historiquement intéressant mais ça ne change pas grand chose au problème actuel.
Répondre

Revenir à « Correction & correcteurs »