Le manque de dialogue offre les relations électriques

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
frity
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Le manque de dialogue offre les relations électriques

Message non lu par frity » 17 nov. 2005, 22:01

Voilà je suis pigiste au Journal du Centre depuis le mois de septembre. Mais, plusieurs de mes articles ne passent plus. Au début j’ai pensé que cela venait de la qualité de mes papiers qui pouvaient laisser à désirer... alors j’ai tenter de commencer à être publier dans le national. Mais mon dernier sujet sur les banlieues (bien sûr...) m’a été refusé. Et bien sûr ils m’ont prévenu de cette non parution une semaine après leur avoir envoyé. Alors je vous laisse seul juge.

Grésilles : malaise d’une cité

« Journaliste ? On ne veut pas parler aux journalistes. Vous déformez tout ». L’accueil aux Grésilles n’est pas toujours facile. Il faut dire que les médias locaux se déchaînent sur ce quartier de 7 000 habitants au nord-est de Dijon. Alors Abdelilah se méfie : « l’autre jour je me suis fait interviewer. Ils m’ont posé le micro sous la bouche, sans se présenter, ni dire bonjour. Et le lendemain ils avaient enlevé l’essentiel de ce que j’avais dit. ». Pourtant l’envie de parler de leurs Grésilles est flagrante. Les violences de ces derniers jours traduisent l’humeur ambiante : un sentiment d’abandon et de colère. Farid a 19 ans, et comme d’autres il dit avoir participé aux incendies de poubelles et de voitures « Pourquoi on a fait ça ? Parce que c’est notre seul moyen de se faire entendre. A Clichy ils l’ont fait de manière violente, OK, mais ils ont été entendus. En France, on est rien.» Ces actes indiquent un profond malaise, comme l’explique Youssef : « quand on dit aux gens, comme les employeurs, qu’on vient des Grésilles, tout de suite ils nous cataloguent comme des fauteurs de troubles ou qu’on va les voler. Mais c’est pas parce qu’on est des arabes qu’on est des voleurs ». Puis d’ironiser : « en fait, faut que les gens comprennent : on est des beurres-guignons. »
Mais sans dialogue l’incompréhension s’installe. Ces jeunes semblent désabusés par un système qui les oublie. En France ils sont Arabes, au bled ils sont Français. Parfois, le rappel est violent : « quand tu vois une voiture de flics tourner avec les vitres ouvertes et Radio VTI (la Voix des travailleurs immigrés ) à fond, avec les mecs à l’intérieur morts de rire et qui tapent des mains. Si ça c’est pas de la provoc’ ! », s’énerve Mohamed. « Ils nous poussent à bout. Quand t’as fais une connerie, c’est normal qu’on t’attrape. Mais souvent les flics viennent nous contrôler pour un rien. Et si t’as pas tes papiers, attention à toi. Moi je préfère les gendarmes, ils sont plus courtois. Au moins, ils se présentent.» Et de poursuivre « Les médias ne sont pas innocents à stigmatiser sans cesse les banlieues. Les gens regardent la télé, voient toutes ces violences, et font des raccourcis. Mais les seuls qui subissent la violence c’est nous. Ce n’est pas facile de faire des CV, des lettres de motivation, pour que le final soit toujours le même : désolé je ne peux rien faire pour vous. Alors qu’on est qualifiés. Même pour du travail dans le ménage on ne veut pas de nous. »
Il suffit de quelques minutes et la discussion avec Mohamed tourne à la confession : « on se sent tellement dans l’impasse ici que parfois on pense au suicide, mais c’est interdit par le Coran. Et puis il faut garder espoir.»
Malgré cette vision noire et peu réjouissante, le quartier affiche un taux de chômage officiel de 11%, et depuis 2001 trois médiateurs issus du quartier sont venus renforcer la faible structure existante.
Fatima fait partie de l’équipe des Grésilles et cette mère de famille voit son métier comme : « un trait d’union entre les habitants et les administrations. Faut pas se voiler la face, ici c’est dur. Mais on ne veut pas de victimisation, car c’est trop facile, et ça ne sert à rien. Nous on est là pour discuter avec eux et les comprendre ». Mais comment expliquer le bien-fondé du délit de sale gueule quand on en est soi-même victime ? Comment redonner envie quand on vous explique tous les jours que vous êtes étrangers ? Le monde du travail mais aussi le logement leur est difficile d’accès.
Abdel a presque 30 ans, une femme et un enfant. Malgré près d’un an sur liste d’attente à l’agence HLM, il habite toujours un F2. « On me dit que c’est saturé. Mais quand un Jean-Michel arrive, en deux mois, il a un logement ! Alors moi je comprends qu’ici on brûle des voitures. Même s ils ne s’en sont pas pris au bon truc. Ils auraient dû s’en prendre aux impôts. Il faut les tenir par la gorge pour qu’ils nous entendent. »
Le dialogue passe-t-il par la violence ? Une question digne des sujets du Bac. Pour certains jeunes du quartier la réponse est à l’affirmative. Pour les médiateurs, la voie associative est la meilleure méthode pour faire passer un message fort. Un constat : le fossé entre le monde de la cité et l’extérieur grandit à cause de l’incompréhension entre les deux parties.
farrell2
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Message non lu par farrell2 » 17 nov. 2005, 22:55

Je l'ai lu, kebab sur les genoux.
C'est difficile à dire, on ne sait pas si tu réponds à une commande, quel était le cahier des charges, l'angle, l'ambition.
Sinon, c'est le ton PQR, vivant, sérieux, et ça vaut bien les nazeries publiées d'habitude.
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