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Proposer des piges : mode d'emploi

Publié : 13 oct. 2005, 18:35
par pardonmyfrench82
Bonjour à tous,

Je sais que ce sujet a déjà été abordé plusieurs fois sur ce forum, mais si certains d'entre vous ont des petits conseils pratiques sur les choses à faire et surtout à ne pas faire lorsque l'on décide de proposer des piges...

Vaut-il mieux ne pas en dire trop sur le contenu du papier (au risque de ne pas vraiment intéresser le rédac chef du journal visé) ou trop, ou carrément envoyer le papier par mail dès la première prise de contact (au risque de se faire piquer le sujet et l'angle) ? Vaut-il mieux communiquer par téléphone ou par email pour proposer un sujet ? Quand commencer à parler rémunération ?

Merci de vos conseils !

Publié : 13 oct. 2005, 18:57
par lissuac
Oh le vilain canaillou qui réécrit une deuxième fois son message !!! :D

Enfin, je dis ça, mais comme je suis un peu dans la même situation, je vais suivre les réponses, si réponses il y a... :oops:

C'est dingue comme j'aime les smilies... :lol:

Publié : 14 oct. 2005, 13:21
par zoom
Ben oui ca a souvent été abordé...
Mais bon voila une fois de plus quelques bases:
- privilégier le contact humain, c'est a dire tout faire pour decrocher un rendez vous en chair et en os. Mail et telephone viennent ensuite... Un bon de commande par ecrit est alors un bon moyen d'etablir une relation de confiance mutuelle.
- en dire trop ou pas assez: çà c'est au feeling, si t'as l'impression d'etre face a un truand, tu en dis le moins possible !! Il faut vendre ton truc, et faire un minimum confiance; c'est sur, si tu ne dis rien, tu ne te feras pas piquer l'idee mais tu ne vendras pas non plus ! Souvent, çà aide d'arriver avec un papier deja fait: les redac sont des faineants, si le boulot est deja fait, ca les incite a acheter plutot qu'a pomper :twisted:
Le minimum est de fournir un synopsis qui en dit assez sur l'angle , le sujet sans devoiler les noms des contacts, les trucs qui te permettent de realiser le papier.
- parler argent: des le debut, en tout cas, des que le sujet a retenu l'attention d'une redaction, on discute du salaire et des frais (inclus ou non dans la pige ?) et on n'attend pas qu'il soit publie pour negocier. Tu vends ton travail, il est normal sinon d'en fixer le prix toi meme au moins de savoir ce qu'on te propose pour eventuellement refuser de te faire entuber.
Je le repete, NON ce n'est pas vulgaire de parler fric, de negocier avant: ceux qui s'offusquent de çà sont en general des margoulins qui essaieront de t'avoir a court ou moyen terme.
Bien sur, a fuir toute redaction qui demande un papier d'essai qu'elle veut publier sans payer, tout gugussse qui te dit" je te paye pas celui là mais c'est bon pour ton CV", tout charlot qui te demande une facture pour pouvoir te payer etc...
Si tu acceptes une seule fois de travailler au rabais, oublies tout espoir de travailler correctement avec cette redaction: on ne voit que rarement des tarifs de pige augmenter avec le temps ! Tu seras catalogué pour le reste de ta carrière...


Bon j'ai un peu l'impression de me repeter là, j'ai du dire la meme choe quelques fils plus tot :roll:

Publié : 14 oct. 2005, 16:16
par cilou
D'accord en gros avec Zoom, surtout sur le fait de négocier le prix avant de rendre le moindre boulot. Et se faire confirmer la commande, au moins par mail
De mon côté, je ne propose jamais un article tout fait : pas la peine de rédiger deux pages avec un angle donné si, finalement, ils préfèrent une page avec un autre angle.
Enfin, il est vrai que rien ne remplace le contact pour une collaboration suivie. Mais pour les premières propositions, pas forcément besoin de se déplacer (oui, je suis fainéante et banlieusarde).

Publié : 18 oct. 2005, 11:25
par Shinji
est-ce que vous pensez que c'est facile d'être pigiste en province ? (oui c'est un peu naïf comme question mais j'y connais rien à la pige et j'aimerais me lancer...)

Publié : 18 oct. 2005, 14:42
par zoom
Ce n'est facile ni en province ni a Paris...mais possible dans les deux ! :roll:

Publié : 18 oct. 2005, 15:06
par cilou
L'avantage du pigiste en province, c'est qu'il a accès à des informations locales qui échappent aux rédactions parisiennes. Souvent, ces pigistes sont plus polyvalents, pour pouvoir proposer la même information à plusieurs journaux non concurrents (par exemple, la construction d'une usine sera vendue à un journal sous l'angle des emplois créés, à un autre sous l'angle économique pour la région, à un troisième sous l'angle technique, etc.)
L'inconvénient, c'est qu'il est loin de tout ce qui se fait à Paris : petits déjeuners de presse, conférences etc. Et qu'il connaît peu les rédactions. Or, loin des yeux, loin du coeur...

Donc un pigiste en province peut s'en sortir, mais il le fera souvent différemment qu'un pigiste à Paris.

Publié : 18 oct. 2005, 15:15
par BenjaminJouanny
Je souhaite moi aussi me lancer dans la pige provinciale et c'est vrai que c'est une approche complexe.
Pour infos, je te suggère (si tu ne l'as pas déjà) "Le guide de la Pige" aux editions Entrecom. Ce guide, qui parait chaque année fait le point sur les astuces, les difficultés et la facon de gerer le quotidien du pigiste. Perso j'y ai trouvé plein d'infos.
En seconde partie d'ouvrage, tu as tout un tas d'adresses utiles de rédactions ou de sites....

Peut etre que des pigistes plus expérimentés déconseilleront cette lecture mais moi je l'ai trouvée intéressante.

Bon courage à toi :wink:

Publié : 19 oct. 2005, 08:10
par Babar
Se faire "piquer" des sujets par une rédaction à qui tu les as proposés est peut être le prix à payer pour avoir des miettes de piges, pauvre pigiste que tu es. Mais au fait, est-ce que c'est vraiment du vol ?
Ce qui m'amuse, c'est l'absence de vergogne des canards qui reprennent quasi intégralement la liste de sujets que l'on peut leur proposer mais qui se raidissent derrière une espèce de droit moral pour exiger du pigiste qu'il ne collabore pas avec la presse concurrente. Quelle bande de pignoufs ! Sinon je confirme : travailler en province n'a rien de facile si on ne fréquente pas assidument les clubs de la presse et autres manifestations rassemblant les journalistes. Ce qui fait bosser un journaliste c'est avant tout un réseau ou le copinage si on préfère.

Publié : 19 oct. 2005, 10:08
par cilou
Salut,

Cette vision très pessimiste du métier de pigiste me laisse rêveuse.
Personnellement, je n'ai pas l'impression de m'être fait piquer des sujets. Les journaux pour lesquels je bosse me refusent souvent mes sujets, mais c'est pas pour les ressortir après. Quant au copinage... c'est vrai qu'un journal qui cherche quelqu'un en urgence demandera à ses journalistes si ils connaissent une personne qui ferait l'affaire. Mais ça me semble assez logique, vu les délais pour les annonces... Par ailleurs, je viens de collaborer deux mois de suite (et je crois que ça continuera) avec un journal que j'ai contacté très classiquement ("Bonjour, je suis journaliste pigiste, j'ai quelques sujets à vous proposer..."), sans copinage ni piston.
Enfin, jamais on ne m'a reproché de bosser pour la presse concurrente (à condition de ne pas proposer le même sujet aux deux, bien sûr). J'ai même travaillé pour deux journaux directement concurrents, qui sont totalement sur le même créneau, et ça n'a pas posé de problème (mais j'ai pris soin de prévenir avant, pas que mon journal habituel découvre ma signature en ouvrant son concurrent).

Certes, le milieu du journaliste n'est pas fait d'enfants de coeur. Mais ce n'est pas le milieu de requin décrit habituellement (ou alors on ne bosse pas pour le même type de journaux), et j'y ai rencontré des gens très bien, humains et très respectueux des pigistes. Et aussi quelques connards, bien sûr :?

re

Publié : 23 oct. 2005, 18:24
par proxy
Bjr,
En 2004 j'ai proposé une idée d'émission radio à une directrice de programmes d'une radio généraliste importante en FR et ce par courrier recommandé :wink: il m'a été répondu négativement pour cause de manque d'audiences.

Je constate que sur la grille 2005 l'émission que je leur proposais a été copiée dans toutes ses lignes.
:? :x :( :shock:

Je vais de ce pas leur demander s'ils ne me prennent pas pour une "andouille" :evil:

@+

http://infosnews.blogspot.com/

Publié : 23 oct. 2005, 22:07
par hAdRiEn75
zoom a écrit :[...]Bien sur, a fuir toute redaction qui demande un papier d'essai qu'elle veut publier sans payer, tout gugussse qui te dit" je te paye pas celui là mais c'est bon pour ton CV", tout charlot qui te demande une facture pour pouvoir te payer etc...
Si tu acceptes une seule fois de travailler au rabais, oublies tout espoir de travailler correctement avec cette redaction: on ne voit que rarement des tarifs de pige augmenter avec le temps ! Tu seras catalogué pour le reste de ta carrière...[...]
Augmentation du tarif au fil des mois, premier article gratos... C'est marrant, mais ça me fait penser à un webzine wallon, une assoce de loi belge, liée à des éditions littéraires, qui propose de rémunérer 30 € l'article on line, après avoir pris un article gratuit, tout en assurant que le tarif de la "pige" augmentera avec le temps... Est-ce sérieux ?

Ma petite pierre à votre édifice...

Publié : 03 nov. 2005, 15:10
par stefpascal
Comment rater une proposition d'article ?
(Inspiré d'un article de Beth Ann Erickson sur FilbertPublishing.com (en anglais).

Un refus de proposition, encore un... ni le premier, ni le dernier. Même les plus grands en ont aussi... mais pour éviter les erreurs grossières, faisons-en la liste...

Un rédacteur en chef, habitué du tri des propositions, rapporte ceci :
- Une bonne majorité des propositions concerne des types d'article qui ne sont pas traités dans le magazine (des nouvelles de fiction pour un magazine qui n'en publie plus depuis des mois, des reportages à l'autre bout du monde pour un féminin pratique,...).
1er conseil : épluchez le journal en long en large et en travers, et envoyez des propositions qui rentrent dans les rubriques qui existent déjà (et sans que ce soit tiré par les cheveux). On ne fera pas confiance à un nouveau pigiste pour créer entièrement une rubrique. L'idéal est évidemment de contacter le magazine pour demander quelles sont les rubriques ouvertes aux pigistes, ou en tout cas de consulter le guide de la Pige.

- Dans les propositions restantes, une bonne partie ne concerne pas le lectorat du journal. Un canard qui n'a jamais parlé de politique ne va pas commencer pour vous... Ok Magazine ne parle pas des chanteurs qui ne passent pas à la télé.. les petites ados se fichent pas mal de Charles Aznavour, c'est comme ça. Ca n'est pas un manque de conscience politique ou morale, ni un refus de défier le manque de liberté d'expression ambiant, c'est simplement que le lectorat du journal ne s'y intéresse pas... et qu'un journal gagne sa vie en intéressant ses lecteurs.
2ème conseil : relisez encore le canard pour vous imprégner des sujets qui reviennent et envisager ceux qui pourraient apparaître. Un pigiste peut proposer un sujet "un peu original" tant qu'il rentre dans le cadre...

- Certaines propositions sont envoyées au hasard ("on verra bien où ça tombera") ou à des noms de personne erronés (mal orthographiés) ou partis de la rédaction.
3ème conseil : renseignez-vous précisémment sur la personne à qui vous pouvez envoyer votre proposition. Ca diffère beaucoup selon les journaux : parfois le rédacteur en chef, parfois le chef de service, parfois la secrétaire de rédaction, parfois le journaliste en charge de la rubrique... Téléphonez avant, c'est le plus sûr moyen que ça arrive au bon endroit. Et notez l'orthographe du nom... Si vous n'êtes pas capable de faire ça, vous n'êtes pas capable d'écrire un papier correct... pense votre interlocuteur.

- Certaines propositions arrivent sans moyen de joindre facilement la personne. S'ils appellent un nouveau pigiste, c'est qu'ils ont cherché partout avant... et n'ont trouvé personne, la plupart du temps. Donc c'est urgentissime. Alors ils ne vont pas demander à votre fils de 9 ans de vous demander de rappeler.
4ème conseil : donnez dans votre proposition toutes les manières possibles pour vous joindre facilement et rapidement. En général, vous pouvez prendre les paris : on vous appellera pour écrire votre papier dans les 15 jours (pour un mensuel).

- Certaines propositions par email se perdent dans la nature... filtres spam et autres effacements intempestifs, pouf, disparu.
5ème conseil : si vous envoyez vos propositions par email, vous pouvez relancer par email quelques jours plus tard, ou mieux, par téléphone, pour vous assurer que la proposition a bien été reçue (et par la bonne personne... si vous n'aviez pas déjà vérifié).

- Il arrive que la rédaction reçoive des articles entiers sans les avoir demandé. Certains font des pages et des pages. Ca coûte de l'argent et du temps à envoyer... à moins d'avoir le scoop du siècle (mais c'est dangereux dans ce cas de le donner si facilement !).
6ème conseil : faites une proposition avant d'envoyer un papier écrit, vous aurez ainsi l'occasion de discuter avec le rédac'chef de la forme et de la longueur qu'il désire. Si le papier est déjà écrit, contactez d'abord la rédaction pour savoir si votre sujet peut les intéresser.

- Certains journalistes frustrés finissent par envoyer des propositions qui laissent ressortir leurs frustrations, voire en arrivent aux menaces (l'article relate une anecdote véridique : quelqu'un a écrit en expliquant que la colle de son enveloppe-retour était empoisonnée). Aucun magazine (et aucun employeur) n'embauche quiconque sous la menace ou les insultes.
7ème conseil : implicite, je crois...

- Certaines propositions sont parfumées, décorées, enluminées, écrites à l'encre rose, envoyées sous forme de carte postale électronique... Hum... Parfois on s'adresse aux rédac'chefs comme à une copine de longue date.
8ème conseil : votre adolescence est terminée, rentrez dans le monde du travail.

- Parfois le synopsis commence par "M. Machin a un gros problème.", "Le monde est vraiment étrange en ce moment...", "Tout vient à point à qui sait attendre". Monsieur Lapalisse n'aurait pas fait mieux, ces sujets-là sont parfaits pour "lieux communs magazine", mais ce canard est tourné quotidiennement au café du coin, il ne se vend pas.
9ème conseil : Sans rire, votre sujet, c'est quoi ? Donnez-le tout de suite ! Précisément. Et répondez vous-mêmes, clairement, à la question que votre interlocuteur se pose : "Qu'est-ce que ça peut me faire, à moi ?"

Stéphanie, qui espère avoir aidé quelques novices et leur éviter des erreurs qu'elle a faite elle aussi...

...

Publié : 07 déc. 2005, 15:48
par Fennek
Up de sujet pertinent...