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Re: [Enquête socio] Témoins sur la précarisationdes journali

Publié : 30 oct. 2011, 00:58
par VincentBouquet
fredericville a écrit :Donc en conclusion, Vincent, si votre étude ne met l'accent que sur la précarisation, ça ne me semble pas un travail de journaliste, qui doit toujours faire parler la contradiction.
Pour vous répondre, ce travail n'est pas un travail journalistique ayant vocation à être objectif au travers d'un article qui décrirait le paysage de la situation des journalistes d'aujourd'hui.
C'est une enquête sociologique qui étudie, spécifiquement, la précarisation des journalistes et celle-ci n'a pour cible que les précaires et leurs situations, leurs parcours, leurs origines. Je travaille simplement sur la précarité d'une partie d'une profession.
C'est un peu comme si je faisais une étude sur les étudiants diplômés à Bac+5 qui ne trouvent pas de travail et que vous me répondiez que tous les étudiants à Bac +5 ne sont pas au chômage.
Je n'ai fait aucun amalgame tel que "pigiste = précaire" ou tout autre raccourci de la sorte. Je cible simplement les personnes qui se sentent précaires et, dans la majorité des cas, celles-ci n'ont pas un CDI mais plutôt un emploi discontinu.

J'espère avoir clarifié la situation.

V.

Re: [Enquête socio] Témoins sur la précarisationdes journali

Publié : 31 oct. 2011, 07:46
par cilou
Oui, c'est plus clair.
Dans ce cas, il faudra juste faire attention en maniant les chiffres concernant les journalistes précaires, car c'est là que vous risquez de dire "il y a tant de journalistes pigistes précaires...", liant les deux.
Comme je le disais, il faut aussi voir les CDD, les "faux CLP - vrais journalistes", les journalistes en CDI dans des journaux menacés, et surtout les journalistes payés en facture, droits d'auteur... (illégal, mais malheureusement répandu, d'autant plus depuis la loi sur l'auto-entrepreneuriat).

Re: [Enquête socio] Témoins sur la précarisationdes journali

Publié : 31 oct. 2011, 12:50
par VincentBouquet
Merci pour vos conseils, cilou. :wink:

Re: [Enquête socio] Témoins sur la précarisationdes journali

Publié : 06 nov. 2011, 18:24
par massalia
Hello, je reviens un peu tard sur ce forum, je n'avais pas vu que des réponses avaient été postées depuis.
A l'attention d'Ann65, je pense t'avoir donné une fausse impression... Si tu consultes mes précédentes interventions sur Categorynet, tu verras que je connais parfaitement mes droits (d'autant que je suis juriste de formation) et qu'on peut difficilement me classer parmi "les gens qui baissent les bras". Je suis juste pragmatique et lucide : journaliste free-lance dans une ville de province de taille moyenne, je n'ai pour l'instant aucun problème avec mes différents employeurs, mais si cela devait arriver à l'avenir, ma situation serait extrêmement délicate. Poursuivre l'un d'eux devant les prud'hommes me priverait de toute possibilité de bosser pour les suppléments locaux des grands hebdos nationaux. Poursuivre un autre entraînerait mon "blacklisting" dans le groupe de presse qui a le monopole dans ma région. Et enfin poursuivre le troisième me condamnerait à faire une croix sur toute collaboration future pour le plus grand groupe radio du pays, si tu vois ce que je veux dire.
Donc concrètement, je croise les doigts pour que tout se passe bien et OUI, je considère que ma situation est, bien qu'agréable, totalement PRÉCAIRE. Ce qui ne m'empêche pas de me battre au quotidien pour faire respecter mon travail, être payée rubis sur l'ongle et refuser toute complaisance vis-à-vis des notables locaux...
PS : Si tu connais un syndicat qui fait du bon travail, entre les mollusques du SNJ et les soixante-huitards de Sud, je suis preneuse d'un conseil, car j'ai le plus grand mal à en trouver un qui me donne envie d'adhérer.

Re: [Enquête socio] Témoins sur la précarisationdes journali

Publié : 07 nov. 2011, 06:37
par ann65
massalia a écrit :Hello, je reviens un peu tard sur ce forum, je n'avais pas vu que des réponses avaient été postées depuis.
A l'attention d'Ann65, je pense t'avoir donné une fausse impression... Si tu consultes mes précédentes interventions sur Categorynet, tu verras que je connais parfaitement mes droits (d'autant que je suis juriste de formation) et qu'on peut difficilement me classer parmi "les gens qui baissent les bras". Je suis juste pragmatique et lucide : journaliste free-lance dans une ville de province de taille moyenne, je n'ai pour l'instant aucun problème avec mes différents employeurs, mais si cela devait arriver à l'avenir, ma situation serait extrêmement délicate. Poursuivre l'un d'eux devant les prud'hommes me priverait de toute possibilité de bosser pour les suppléments locaux des grands hebdos nationaux. Poursuivre un autre entraînerait mon "blacklisting" dans le groupe de presse qui a le monopole dans ma région. Et enfin poursuivre le troisième me condamnerait à faire une croix sur toute collaboration future pour le plus grand groupe radio du pays, si tu vois ce que je veux dire.
Donc concrètement, je croise les doigts pour que tout se passe bien et OUI, je considère que ma situation est, bien qu'agréable, totalement PRÉCAIRE. Ce qui ne m'empêche pas de me battre au quotidien pour faire respecter mon travail, être payée rubis sur l'ongle et refuser toute complaisance vis-à-vis des notables locaux...
Bonjour Massalia

"Baisser les bras", c'est déjà accepter d'être payé à des tarifs absolument ridicules, qui ne permettent pas de vivre de son métier, et/ou en droits d'auteur ou en honoraires. C'est se dire : "Il faut bien que j'accepte les conditions indignes que me propose ce margoulin pour me faire les dents. Je n'ai pas le choix si je veux continuer dans le métier".
C'est, à mon avis, une très mauvaise stratégie, parce qu'en acceptant cela, le jeune pigiste accepte simplement d'être considéré comme un pigeon à plumer qui n'a pas conscience de sa valeur professionnelle.
Pour se faire les dents, il y a les stages et la période de stages n'est pas destinée à se prolonger pendant des années.

Si tu te bats aux quotidien pour faire respecter tes droits, tu ne fais pas partie de ceux qui "baissent les bras".
"Se battre" ce n'est pas seulement traîner son employeur au Prud'hommes en cas de licenciement abusif.
En cas de licenciement, comme chacun sait, mieux vaut une bonne transaction qu'un mauvais procès. Les prud'hommes sont le dernier recours, quand toutes les autres actions ont échoué.
Si tu as pris le pli de te faire respecter et parce que tes employeurs savent que tu connais tes droits, tu réussirais doute à négocier des conditions de départ respectables, si un de tes employeurs envisageait de te jeter comme un citron trop pressé. Je ne te le souhaite évidemment pas...
PS : Si tu connais un syndicat qui fait du bon travail, entre les mollusques du SNJ et les soixante-huitards de Sud, je suis preneuse d'un conseil, car j'ai le plus grand mal à en trouver un qui me donne envie d'adhérer
Les syndicats ne sont QUE ce que les syndiqués en font. Si tu laisses aux autres le soin de bosser à ta place, il faudra te contenter de leur boulot. J'ai trouvé le SNJ CGT plutôt actif et combattif quand je me suis (un peu) investie dans le combat syndical.

Enfin, autre preuve de la précarité du job : le pigiste peut pointer à Pôle Emploi pendant des mois, voire des années, histoire d'amortir les éventuels coups durs.
Mais c'est valable pour n'importe quel "salarié-chômeur", qui peut rester en "activité réduite" durant 15 mois consécutifs ou non pendant lesquels il peut cumuler allocation et salaire.
Dès que sa situation le lui permet (entendez s'il a suffisamment cotisé et s'il a reperd un de ses emplois correspondant à 30% de ses revenus globaux), il peut demander une réouverture de ses droits à allocations Assedic... comme n'importe quel intérimaire ou salarié précaire !