rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retraite

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iolef u
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par iolef u » 16 sept. 2012, 23:27

Lu sur le site d'Acto Capital, filiale de Groupama et actionnaire majoritaire d'Ubiqus :
"Ubiqus réalise un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros et emploie 450 personnes" [dans le monde]
"Acto a investi dans la société Ubiqus en juillet 2007 dans le cadre d'un LBO, pour accompagner le management dans la poursuite d'une stratégie de développement par croissance organique et acquisitions sélectives. Depuis l'entrée d'Acto dans son capital, Ubiqus a continué à fortement développer son activité, et ce malgré un contexte économique de crise, notamment au travers d'opérations ciblées de croissance externe en France et à l'étranger. Le modèle économique vertueux d'Ubiqus permet à la société d'être un pôle naturel de consolidation dans son secteur"


Mon commentaire : l'expression "modèle économique vertueux" est particulièrement bien choisie car ce "modèle" consiste à avoir une rentabilité exceptionnelle en privant les rédacteurs freelances de leurs droits sociaux (retraite, Assedic, Sécu). Chapeau !
Saint Matthieu
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par Saint Matthieu » 21 déc. 2012, 18:55

J'ai également travaillé dans le passé pour Ubiqus en "freelance" (c'est-à-dire en cumulant d'innombrables CDD). Je subis comme mes collègues un important préjudice en termes de trimestres de cotisations retraite.

Je viens de trouver sur Internet une véritable perle :

Antoine Bello, cofondateur d'Ubiqus, avait reçu le prix France Culture-Télérama pour son roman "les Eclaireurs". L'article de Télérama ne manque pas de sel. J'en commente ici quelques extraits choisis :

"Homme d'action, il a emprunté à l'Amérique son optimisme et à l'Europe son humanisme"
C'est piquant lorsqu'on sait qu'Ubiqus se soucie comme d'une guigne de la législation sociale.

"L'homme pressé vient de déplier son mètre 95 hors de l'avion, mais il le repliera dès le lendemain pour re­gagner New York, où il vit en famille depuis sept ans. Quitte à recommencer l'opération cinq jours plus tard, pour recevoir le prix France Culture-Télérama au Salon du livre, à Paris. « J'ai du mal à quitter longtemps ma femme et mes quatre enfants », confesse-t-il pour expliquer ces sauts de puce par-dessus l'Atlantique."
Ah, la vie de famille, il n'y a que ça de vrai ! Message transmis à tous les collègues privés de leurs droits à la Sécu ou aux Assedic, ou même de congé maternité. Et quand une mission est écourtée (ce qui arrive souvent) ou même annulée, Ubiqus facture plein pot au client la durée prévue tout en ne nous payant que la durée réelle : rien de tel pour nourrir une famille que d'avoir bloqué une journée pour rien !

"A 39 ans, Antoine Bello est un chef d'entreprise comblé. Sa florissante société, Ubiqus (du nom de celle qu'il avait imaginée dans son premier roman, en 1998, Eloge de la pièce manquante, formidable polar métaphysique sur le puzzle de vitesse), affichait en 2007 un chiffre d'affaires de 44 millions d'euros. Répartie entre la France, l'Angleterre et les Etats-Unis, elle « propose aux organisateurs de rencontres professionnelles des services variés qui facilitent les échanges et l'organisation ». Sa particularité la plus sympathique se niche dans le pre­mier commandement de sa charte, rédigée par Antoine Bello quand le nombre de ses salariés est passé de deux à quatre cents : « We want to have fun » (traduction approximative : «On est là pour s'amuser»)."
C'est pour cela qu'Ubiqus n'applique pas le Code du Travail : il n'est pas assez drôle ! Il est vrai que ce ne serait guère amusant de respecter les droits du personnel. Tout cela est d'un taquin...

"Un grand enfant, Antoine Bello ? Assurément, mais avec le plus grand sérieux. Sinon, comment expliquer qu'il ait pris le temps, entre deux réunions de travail, d'inventer un mystérieux Consortium de falsifi­cation du réel (CFR) et de le faire vivre plus vrai que nature dans deux romans inventifs et déstabilisants, Les Falsificateurs, en 2007, et Les Eclaireurs, aujourd'hui ?"
Falsifi­cation du réel ? Cela fait furieusement penser au non-décompte des heures de travail à domicile des rédacteurs freelances. Il y en a qui ont visiblement la vocation d'altérer la réalité. Effectivement, c'est "plus vrai que nature" !

"Héros de ces deux tomes, que l'on peut lire indépendamment l'un de l'autre, Sliv l'Islandais travaille par hasard pour le CFR, une multinationale aux desseins énigmatiques, occupée à modifier l'histoire des hommes en créant de fausses sources ou en truquant des informations exis­tantes"
Ce doit être ce fameux "Consortium de falsifi­cation du réel" qui compte les heures et établit les bulletins de salaire.

« Touché par la grâce », mais « maudissant sa bêtise », Sliv est un idéaliste à la fois électrique et flottant, cherchant dans l'action souterraine la clef de ses inquiétudes existentielles."
Il y en a à qui le Code du travail n'a en tout cas jamais donné d'inquiétudes existentielles ! On attend qu'Ubiqus soit également "touché par la grâce" et applique enfin la législation sociale. Oremus...

"D'un livre à l'autre, le personnage a cheminé de l'ombre vers la lumière, comme en témoigne l'évolution des deux titres. « Dans le premier tome, Sliv est en quête, il se demande pourquoi il exécute cette mission, il vit dans la crainte constante d'être ma­nipulé. Il est dans une forme de paranoïa, d'angoisse profonde, explique Antoine Bello. Dans le second tome, il cherche à sortir du tunnel, après avoir trouvé les réponses à ses questions. Il se révèle à lui-même, il a enfin pu faire fructifier ses dons, comme dans la parabole des Talents.» Ce texte de l'Evangile selon saint Matthieu porte à lui seul la question qui hante la vie d'Antoine Bello : que faire de ce qui vous a été donné à la naissance ? Avant de partir en voyage, un homme confie de l'or à chacun de ses trois serviteurs. A son retour, deux d'entre eux ont fait fructifier l'argent et lui donnent leurs bénéfices, mais le troisième a enterré son butin, et n'a donc rien gagné. De sa famille, Antoine Bello estime avoir tout reçu. Il a conscience de sa chance de descendre d'une lignée unie, énergique, ouverte sur le monde. Parmi ses ancêtres figurent Marcel Aymé, ainsi que le fondateur des cheminées De Dietrich... Un jour, c'est sûr, il écrira un livre sur l'exigence de l'accomplissement de soi : « Je ne suis pas croyant, mais la parabole des Talents me touche parce que j'ai souvent l'impression d'être dans un projet d'accomplissement mystique. J'ai une force vitale dans les tripes, qui me pousse à agir encore et toujours. Comme mon personnage Sliv, je me demande comment utiliser mes capacités au maximum, et pourquoi je ressens cet élan. Comme Sliv, je suis persuadé qu'il n'y a pas de limites, que les succès que l'on remporte sont des demi-succès, que l'on peut toujours faire mieux. On n'explique pas assez à tous les corps de la société, et notamment aux enfants, qu'il faut agir, essayer, entreprendre, au premier sens du terme. »
Faire fortune en bafouant les droits sociaux du personnel, ça c'est de l'"accomplissement mystique" ! Il est vrai que le Code du travail n'est jamais cité dans les Saintes Ecritures. Là se trouve peut-être la clef de ce mystère théologique... Saint Matthieu doit s'en retourner dans sa tombe !

"A l'Amérique son optimisme et son vibrato régénérant, à l'Europe son humanisme et son sens de la mé­moire : Antoine Bello semble avoir puisé dans les deux continents ce qu'ils ont de meilleur à offrir. Dans ses livres volontairement écrits comme des « page turners », pleins de suspense et d'échanges trépidants, il est à la recherche d'une synthèse fondée sur l'énergie généreuse, loin de tout cynisme et de toute soumission. « En toute modestie, je cherche à écrire Les Hommes de bonne volonté du XXIe siècle. Comment traduire ses bonnes intentions, dans cet âge mondialisé ? Voilà un thème qui m'est cher. J'exècre le cynisme. Aujourd'hui, particulièrement en France, on a l'im­pression qu'il faut presque s'excuser de croire encore que l'homme a un avenir. »
Energie généreuse ? Hommes de bonne volonté ? Exécrer le cynisme ? A mourir de rire quand on connaît la politique sociale d'Ubiqus !

"Antoine Bello affiche le droit de rêver d'un monde meilleur, fondé sur l'échange, avec la raison comme seule médiation possible. Pour lui, le paradis régi par ces principes idéaux s'appelle... Wikipédia. « On va encore dire que c'est mon côté naïf et plein de bons sentiments, mais je trouve ce projet vivant magnifique. Ce qui me bouleverse, c'est que c'est un lieu où les gens se parlent, où s'amorce un début de récon­ciliation. Chaque article est le fruit de dizaines de milliers de contributions, de corrections, d'allées et venues entre des opinions diverses. L'extrême en est banni, puisque si quelqu'un dérape il est immédiatement modéré. Para­doxalement, cela ne mène pas au consensus, ni au politiquement correct... mais au triomphe de la raison. »
J'ai de mon côté une suggestion pour "un monde meilleur" : qu'Ubiqus cesse de bafouer les droits sociaux d'un vaste personnel précaire et mal payé, et verse un dédommagement aux centaines de freelances qui ont perdu de nombreux trimestres pour leur retraite...

Comment disait-on "tartuffe" à l'époque de Saint Matthieu ?




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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par iolef u » 04 févr. 2013, 21:59

Groupama se désengage d'Acto Capital (principal actionnaire d'Ubiqus). Rothschild (entre autres) fait maintenant partie des propriétaires indirects d'Ubiqus :

"Groupama a entamé son désengagement de sa filiale de capital-investissement avec la cession de deux fonds d'Acto Capital, une des composantes de Groupama Private Equity. La société d'investissement Luxempart indique dans un communiqué avoir racheté, à travers sa Sicar Luxempart Capital Partners, et Five Arrows Secondary Opportunities III, un fonds du groupe Rothschild, 82% des fonds communs de placement à risque (FCPR) Acto et Acto Capital II, détenus par Groupama. Les 18% restants sont détenus par des institutionnels français, précise Luxempart. "Ces fonds ont vocation à être gérés par une nouvelle entité en cours d'agrément par l'Autorité des marchés financiers, qui sera dirigée, de manière autonome, par l'équipe actuellement en place, basée à Paris et opérant aujourd'hui au sein de Groupama Private Equity" , indique Luxempart"

http://www.boursorama.com/actualites/gr ... ede33e87b8
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PascalSR
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par PascalSR » 05 févr. 2013, 12:20

Du message de saint Matthieu, je ne retiendrai et ne commenterai que deux mots :

« L'homme pressé ».

Cf. Noir Dés'…
Ces technologies fabriquent une société qui détruit ce qui permet une vie décente.
Sous nos yeux, on voit le monde plonger dans le libéralisme.
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par bratusedlon » 23 juin 2013, 19:24

Ubiqus et les prud'hommes : plusieurs transactions avant jugement en 2005-2007

Ces informations ont été exhumées aux prud'hommes de Paris mais je pense qu'elles ne sont que parcellaires. Si quelqu'un arrive à en trouver d'autres aux prud'hommes de Nanterre, de Paris ou d'un autre tribunal, qu'il les communique ici car cela rendra grand service à toutes les personnes qui cherchent à obtenir réparation.

Décisions de désistement (prud'hommes de Paris) : audiences du 11 mai 2005 (RG N° F 04/07374), du 25 octobre 2005 (RG N° R 05/01432), du 13 septembre 2005 (RG N° R 05/01556 et R 05/01433).
Procès-verbal de conciliation : le 30 novembre 2007 (5e chambre n° 06/13785)

L'étude des documents montre que la transaction intervient en général rapidement, quelques mois après la saisine du tribunal. Il est d'ailleurs logique qu'Ubiqus transige car cette société ne respectant absolument pas le Code du travail, il serait pour elle catastrophique qu'un jugement fasse jurisprudence.

C'est encourageant pour les personnes qui hésitent à s'engager dans une procédure du fait de sa longueur potentielle.
bratusedlon
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par bratusedlon » 07 juil. 2013, 22:06

Groupama poursuit ces derniers temps une stratégie de désendettement en se défaisant de ses actifs risqués. Ubiqus a une rentabilité exceptionnelle (20 à 25 % de résultat net) mais le risque juridique et financier est important du fait du non-respect systématique du Code du travail.
C'était donc le moment, pour Groupama, de se désengager en vendant à un bon prix.
Il ne semble pas que Rothschild et Luxempart aient été au courant de tous les aspects du dossier...
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par ste anne » 29 nov. 2013, 11:36

je viens de me frotter à la réalité Ubiqus : Edifiant! Voilà, je le crains, les prémices de la réalité des entreprises de demain. A savoir : profiter de la précarité économique pour recruter du personnel très qualifié, sous payé et dans des conditions les plus précaires, à la limite de la législation. Et bien entendu, facturer le client au prix fort ( en justifiant le recours à un personnel qualifié) pour engranger le maximum de bénéfices.

La réalité de demain? Oui, si on laisse agir ce type d'entreprise; non, si nous réagissons.
Secouez-vous : témoignez le plus largement possible de vos expériences par tous les moyens possibles. Alertez votre député ( et plus largement le personnel politique),les administrations, les centrales syndicales, les entreprises clientes... Tous les canaux sont bons même s'ils paraissent dérisoires.
Vous savez écrire: Alors, n'hésitez pas à contacter la presse à travers le récit de votre expérience. Il y a encore des journalistes et des journaux qui font leur métier et qui sauront vous entendre.
Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour les autres. Ceux qui suivent et qui remercieront leurs prédécesseurs de ne pas avoir laissé faire.
bratusedlon
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par bratusedlon » 05 janv. 2014, 13:57

Une info importante pour les freelances qui travaillent pour Ubiqus avec le statut d'autoentrepreneur : il semble tout à fait possible de demander a posteriori une requalification en CDI.

Voici des infos détaillées trouvées sur le site d'un avocat :
http://www.rocheblave.com/avocat-montpe ... repreneur/

"Si la requalification est prononcée, elle se traduit par : le paiement des salaires (avec les heures supplémentaires, le cas échéant), primes, congés, indemnités de toute nature correspondant à un poste de salarié équivalent et ce, depuis le début avéré de la relation de travail ; l’octroi de dommages et intérêts pour préjudice matériel ou moral ; le paiement des cotisations sociales du régime général pour toute la durée de la relation contractuelle."

"Est ainsi considéré comme salarié celui qui accomplit un travail pour un employeur dans un lien de subordination juridique permanent. Il est défini comme « l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » (Chambre sociale de la Cour de cassation de la Société générale du 13 novembre 1996)."

Le contrôle tatillon exercé en permanence par Ubiqus (et facile à prouver du fait de l'abondant reporting et des fiches de mission) correspond bien à cette possibilité de requalification en CDI.
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par isabelleB » 07 janv. 2014, 12:46

Bonjour

quelques informations complémentaires si ça intéresse quelqu'un.

Je travaille pour Ubiqus en tant que rédacteur freelance depuis 2011 pour environ un tiers temps (j'ai pas trouvé assez de boulot dans le journalisme pour pouvoir arrêter) et pas mal de choses ont changé début 2013. Comme ce n'est pas une société philanthropique, j'imagine qu'ils ont perdu un procès, ce qui explique le pourquoi du comment.

Donc, depuis le 1er janvier 2013, Ubiqus :
- compte le vrai nombre d'heures pour les freelances (youpi, je commence à cotiser pour la retraite!)
- propose des tickets resto (faut les demander)
- propose une minuscule prime de télé travail (environ 2 euros par jour, si je me souviens bien). Là aussi, il faut la demander, c'est pas automatique!
- respecte un délai de carence entre les CDD.

Il y a quelques mois, ils m'ont contacté pour me demander d'être "indépendant" (comprendre : en auto-entreprise). Dans ce cas, ils font une facture deux fois supérieure au brut (si j'ai bien compris). Apparemment, quasiment tous les rédacteurs sont dans ce cas. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'ai senti l'arnaque et refusé.

Et tant que j'y suis, après ces quelques années, je vous fais un petit brief sur les avantages et les inconvénients de ce travail.

Avantages :
- flexibilité : on peut toujours refuser une mission si on veut. On peut travailler de chez soi ou de n'importe où.
- mon interlocutrice qui gère le planning est très sympa
- les réunions sont parfois vraiment très intéressantes. J'ai appris pas mal de choses
- beaucoup de travail en juin et décembre. Je sais donc à l'avance que je pourrais pas mal travailler sur ces périodes.

Inconvénients :
- mal payé. Au début, c'était environ 70% du smic horaire mais je travaille plus vite et ça correspond à plus que le smic maintenant
- pas de mutuelle, pas de droit à la formation, aucun contact avec les autres rédacteurs, pas de conseil

J'ai rencontré quelque fois d'autres rédacteurs, en poste eux, lors de réunions où il y avait plusieurs rédacteurs. Contrairement à ce que j'ai beaucoup lu, ces personnes ne veulent absolument pas bouger. Ils arrivent à taper tellement vite qu'ils gagnent jusqu'à 3000 euros net sans trop de souci. Ils trouvent le boulot pas trop fun mais pas compliqué et très lucratif.

Sur ce, je vous souhaite à tous une très belle année 2014!
Isabelle
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par bratusedlon » 09 janv. 2014, 23:10

Bonjour, merci pour ce témoignage. Je n'ai actuellement pas le temps d'y répondre en détail car j'ai des commentaires à ajouter. Je tiens toutefois à revenir dès maintenant sur un point que j'ai tout d'abord trouvé énormément surprenant.
Pour les rédacteurs permanents, les 3 000 euros net évoqués représentent quasiment le double de ce que gagnent ceux que j'ai pu croiser. Je pense avoir trouvé la clef de l'énigme : Isabelle a dû rencontrer des rédacteurs qui font des missions "en temps réel". C'est en effet bien mieux payé car en travaillant à deux, ils arrivent à rendre le document dès la fin de la réunion ! (eh oui, c'est une des prestations d'Ubiqus).
caroline33
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par caroline33 » 14 janv. 2014, 11:43

Bonjour à tous,
Je suis rédactrice freelance chez Ubiqus depuis décembre 2011. Comme certains d'entre vous, la société m'a proposé l'an dernier de passer au statut d'entrepreneur mais après quelques simulations de charges en ligne, j'ai refusé.
Aujourd'hui, étant donné que d'autres sociétés offrant les mêmes prestations qu'Ubiqus ne semblent collaborer qu'avec des auto-entrepreneurs, je réfléchis sérieusement à cette option.
Je lis les sites spécialisés mais je ne suis toujours pas convaincue.
Pouvez-vous partager votre expérience ?
Merci par avance
isabelleB
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par isabelleB » 24 janv. 2014, 00:48

On m'a expliqué que le salaire net était d'environ 1500 euros et qu'il augmentait si l'on arrivait à dépasser un seuil. C'est en effet de l'écriture quasiment en temps réel : soit directement, soit en réécoutant seulement certains passages. Malheureusement, je n'ai jamais réussi à atteindre ce niveau, notamment car il est très difficile d'échanger avec d'autres rédacteurs.

Caroline, j'ai l'impression qu'ils nous demandent de passer en auto-entrepreneurs pour limiter nos droits, même si Bratusedlon indique qu'on peut tout de même les attaquer. On m'a souvent dit que pour les journalistes, il fallait se méfier du statut d’auto-entrepreneur notamment pour des questions de droits au chômage mais je n'ai pas vraiment compris le pourquoi du comment.

Mais bon, rien ne vaut une bonne mission de comm que ce travail sous-payé. D'ailleurs si ça intéresse quelqu'un, je souhaiterais me lancer en rédacteur indépendant (vu la marge qu'ils se font...) mais j'aimerais m'associer avec un autre rédacteur pour faire des lectures croisées. Vous pouvez m'envoyer un message privé si ça vous intéresse.

Isabelle
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus

Message non lu par caroline33 » 27 janv. 2014, 15:47

Merci Isabelle pour ta réponse. Je ne trouve toujours pas que le statut d'auto-entrepreneur soit si avantageux contrairement à ce qu'Ubiqus veut faire croire, même si d'après eux, sur une même mission, le surplus serait de 40% pour un auto-entrepreneur par rapport à un freelance...
Par contre, je suis outrée par le fait qu'ils facturent nettement plus cher leurs clients dans le cadre de réunions sans enregistrement. Alors que pour le rédacteur freelance, le tarif est le même ! Mais qui est ce qui doit faire un effort supplémentaire de rédaction, ubiqus ou le rédacteur freelance ? C'est un comble... Plus les missions passent, plus je me sens sous-payée et dévalorisée.
bratusedlon
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par bratusedlon » 23 févr. 2014, 20:12

En réponse à Caroline, ce sont les missions "en temps réel" (document rendu dès la fin de la réunion) qui sont facturées plus cher par Ubiqus et également mieux rémunérées. Je n'ai pas d'info sur les missions sans enregistrement mais avec rédaction du document à domicile. Peut-être en as-tu ?

En ce qui concerne le témoignage d'Isabelle (message du 7 janvier) :
les multiples infractions au Code du travail d'Ubiqus intéressent beaucoup les autorités, ce qui fait que cette entreprise a apporté quelques modifications à sa gestion des freelances.

Ubiqus cherche maintenant à faire passer le maximum de freelances au statut d'autoentrepreneur car cela lui permet d'échapper théoriquement au risque d'une application a posteriori du Code du travail. En effet, le cumul de CDD est parfaitement illégal et incite souvent les prud'hommes à une requalification en CDI.
Ubiqus affirme que quasiment tous les rédacteurs freelances sont passés au statut d'autoentrepreneur mais je n'y crois pas du tout. Etant donné que les freelances ne se connaissent pas entre eux, Ubiqus tente simplement de les influencer pour réduire ses risques financiers.

Ubiqus ne comptabilise pas le nombre réel d'heures de travail, mais a maintenant adopté une évaluation forfaitaire du (très long) travail de rédaction à domicile. Auparavant, aucune heure de travail à domicile n'était décomptée dans le bulletin de salaire.

En ce qui concerne les tickets resto, Ubiqus propose 1 ticket par jour (même s'il y a 2 repas le même jour), en prenant royalement en charge 3,48 euros sur un total de 7 euros. On est très loin d'une prise en charge des frais réels de restauration.

Un changement apporté par Ubiqus en 2013 est préjudiciable aux freelances. Auparavant, les heures de déplacement domicile-site du client étaient comptabilisées comme temps de travail et rémunérées 10 euros brut/h. Maintenant, c'est 7 euros brut/h, sans comptabilisation en heures de travail pour le bulletin de salaire. Ce n'est pas anodin car certaines missions impliquent un déplacement de plusieurs centaines de km aller-retour. Ubiqus avait tendance à rogner sur la comptabilisation du temps réel de trajet, mais c'était quand même mieux que la situation actuelle.
Idem pour les heures de pause chez le client (certaines réunions donnent lieu à de longues interruptions) : elles étaient comptabilisées comme temps de travail et rémunérées 10 euros brut/h. Maintenant, c'est 7 euros brut/h, sans comptabilisation en heures de travail pour le bulletin de salaire.

Si Ubiqus respecte maintenant un délai de carence entre les CDD, c'est pour gagner du temps par rapport aux autorités. Le cumul de CDD reste en effet illégal mais cela permet à Ubiqus de montrer que quelque chose a changé. Vu la rentabilité apportée à Ubiqus par le cumul abusif de CDD, c'est fort lucratif de temporiser encore quelques mois ou quelques années.

A noter toutefois (voir mon message du 5 janvier) que même avec le statut d'autoentrepreneur, il semble tout à fait possible de demander a posteriori une requalification en CDI.
Voici des infos détaillées trouvées sur le site d'un avocat :
http://www.rocheblave.com/avocat-montpe ... repreneur/

Isabelle souhaite se lancer en rédactrice indépendante. C'est une bonne idée (si elle pense pouvoir trouver des clients) car la différence entre ce qui est facturé par Ubiqus et ce qui est reversé aux freelances est énorme. En témoigne le taux de résultat net...
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Re: rédacteurs freelances Ubiqus : attention à votre retrait

Message non lu par caroline33 » 28 févr. 2014, 10:41

Bonjour,
Pour te répondre "bratusedlon", je te confirme avoir eu des missions sans enregistrement (des compte-rendus brefs) avec rédaction à domicile (plusieurs jours de délai de remise) facturées bien plus chères aux clients alors que pour le rédacteur, il n'y a aucune différence de rémunération. J'ai entendu les tarifs lors d'une réunion que je couvrais. Ubiqus les justifie à ses clients en arguant que ce type de PV demande plus de travail. Et c'est là que je ris (jaune) : c'est bien le rédacteur qui doit fournir ce travail supplémentaire.
J'ai eu confirmation par la suite par Ubiqus que ces réunions n'étaient pas mieux rémunérées...sauf pour les auto-entrepreneurs qui peuvent négocier leurs tarifs.

Voilà !
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