Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

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alain67
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 12 juin 2018, 14:58

Cargo06 : je comprends mieux, et ça ne simplifie rien. Logiquement, la première consiste à corriger le texte en vue de la composition (sur traitement de texte, généralement Word), la seconde s'effectue sur le texte monté, composé, maquetté (sur un PDF, donc) et la tierce consiste à vérifier (toujours sur le PDF) que les corrections de la seconde ont bien été reportées.

Si vos clients bousculent les mots, alors préoccupons-nous de leur sens (comme disait le cher Humpty Dumpty)... Mais comment nomment-ils ce que traditionnellement on appelle la tierce ?
Ilola
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 14 juin 2018, 09:36

alain67 : je crois que cargo06 met le doigt sur une chose que je vous avais signalée dans une de mes interventions précédentes : le vocabulaire est en effet très divers, ce qui fait que nous avons du mal à nous entendre.

Pour moi, donc, depuis des lustres, vu que je ne suis plus en activité après une longue carrière (même si je souhaite me remettre à travailler, ce pourquoi j'essaie de comprendre ce qui a changé ou pas aujourd'hui, et... je suppose que ça, ça n'a pas beaucoup changé aujourd'hui) : dans un processus de relecture-correction "complet", il y a d'abord la préparation de copie (très souvent squeezée par l'éditeur, déjà à "mon époque", au prétexte que "La copie est propre" !), soit : la lecture du "manuscrit", quel que soit son mode de fabrication – le "manus" ou la "copie", c'est le texte brut de décoffrage en provenance de l'auteur. Il le donnait jadis sur papier écrit à la main, puis sur papier tapé à la machine, et j'ose supposer que, aujourd'hui, il le donne toujours sous forme de fichier numérique, la plupart du temps saisi sous Word... Mais cette version initiale reste une "copie" ou un "manus"... à "préparer"... C'est-à-dire : relecture critique, unification typo et orthographique, correction de la grammaire, de la syntaxe, du style éventuellement, réécriture au besoin, vérification des informations vérifiables, traque des contradictions, incohérences, propos ambigus, maladroits ou indélicats pouvant heurter le lecteur, questions et suggestions à l'auteur, etc.

En réalité : le vocabulaire n'est pas si variable que ça dans le processus de relecture-correction et pour un lecteur-correcteur. Déjà à "mon époque", nous ne parlions plus de "tierce", mais nous nommions les étapes bien plus simplement : 1/ la "prépa de copie", 2/ après un première passage par chez l'imprimeur : la relecture en première en placards, puis en seconde au retour de chez l'imprimeur, puis en troisième s'il le fallait (rare !), jusqu'au BAT, à partir duquel nous ne faisions plus que pointer les dernières corrections, sans tout relire, mais en relisant tout de même les sacro-saintes "3 lignes au-dessus, 3 lignes au-dessous", pour le cas où...
Nous, on fait simple ! La "première" est donc la première "épreuve", soit : une relecture du texte saisi par l'imprimeur au kilomètre, donc, où l'on faisait encore quelques vérifications si l 'on avait un doute, la prépa de copie ne pouvant "tout voir"... Il restait fatalement des choses à rectifier encore en 1res, lesquelles pouvaient parfois être fort chargées.

Evidemment, ce n'est plus comme ça depuis un certain temps, puisque l'auteur saisit lui-même son texte. Mais il n'en reste pas moins que la "première" n'était pas mise en page, la seconde l'était le plus souvent, mais même pas toujours non plus...
Il y avait donc, selon ce processus-là, AU MINIMUM deux lectures de fond (prépa et première) qui étaient acquises au lecteur-correcteur pour pouvoir intervenir de manière aussi massive que de besoin, sans qu'il doive prendre en compte la mise en page. La plupart du temps, la mise en page intervenait seulement ENSUITE. Le plus souvent, mais pas toujours, "de mon temps", la seconde était déjà mise en pages, donc... il fallait dès lors en tenir compte : alléger le plus possible nos interventions, et ajouter à notre relecture les vérifications qui s'imposent, du type : folios, correspondance de la titraille avec le contenu, correspondance entre appels de notes et emplacement des notes, échelle des titres, cohérence des polices utilisées et des lignes de blanc, correspondance des légendes avec les illustrations, parfois table des matières ou index, annexes, etc.
ET, quoi qu'il en soit, cette "seconde" était elle aussi une relecture intégrale. Ce qui assurait au minimum TROIS relectures complètes et pointilleuses du texte : prépa, premières, secondes... Ensuite venaient une succession plus ou moins étoffée de "Bon après"... se terminant par le "BAT" en édition, ou le "BPF" en presse hebdo.

Dans l'édition, "de mon temps", les choses ne se faisaient pas encore simultanément, mais, en presse hebdo, les maquettistes travaillaient sur la maquette dès que le journaliste avait livré sa "copie" : un jeu était donné aux réviseurs, et un jeu aux maquettistes...
Mais le déroulé de la relecture restait sensiblement le même, en tout cas à L'Express : nous relisions en "première lecture" une copie au kilomètre et le plus souvent aussi, sauf le "chaud" quand on s'approchait du bouclage, encore au kilomètre en 2e lecture... où nous donnions le Bon après. A partir de là nous revenaient les pages montées, qu'on relisait encore au moins une fois entièrement en prenant en compte, donc, tout ce qui doit être vérifié sur la page montée. Puis s'égrenaient les allers-retours pour les "pointages", où il n'était théoriquement plus de mise que le réviseur intervienne "lourdement", sauf s'il apercevait une énormité.
A mes débuts à L'Express, il y avait au minimum deux relectures approfondies sur des copies au kilomètre, et deux relectures encore complètes du papier dans la page montée avec chapô, titraille, illustrations et légendes, etc., soit 4 lectures complètes restaient la règle, faites par 4 relecteurs (réviseurs) différents. C'était la norme à L'Express, et les "Bon après" en page montée super-chargés n'étaient pas rares ! Ça donnait alors des "Bon après 2", "Bon après 3", etc., jusqu'au "Bon pour film".
A mon départ de L'Express, nous étions descendus à deux relectures – une en copie et une en page montée, et parfois une seule relecture complète. Ensuite, le service révision a disparu... Ce sont aujourd'hui les secrétaires de rédaction qui se chargent de relire... et la rédaction "de plume" est supposée pouvoir fournir une copie "nickel"..., soit ne nécessitant plus d'être "révisée" sur le fond.

Pour ma part, je n'ai jamais utilisé le terme de "tierce", et ne l'ai entendu utiliser que par de "vieux typos" (par rapport à moi, qui suis aujourd'hui pourtant également "vieille" !) reconvertis en lecteurs-correcteurs, mais c'est pour moi plus du vocabulaire d'imprimeur que d'éditeur.

Dans l'édition, déjà à mon époque, le lecteur-correcteur, en tout cas chez les éditeurs pour qui j'ai travaillé régulièrement durant 15-20 ans, ne s'occupait quasi pas du versant "technique" de la préparation de copie. J'ai principalement fait des "prépas" en édition, et ne faisais qu'y transcrire, à la demande, les indications techniques données par la "fab", mais n'avais aucune initiative sur ce plan-là : les polices, les corps, les lignes de blanc, etc., n'étaient pas du ressort du lecteur-correcteur, qui ne faisait que les rappeler à l'attention du compositeur, en les indiquant dans sa prépa selon les consignes transmises par la fab. Cela, du temps où il y avait encore une prépa "papier", qui passait dans les mains du relecteur-correcteur AVANT de passer par chez l'imprimeur !
Aujourd'hui, ça n'est plus de mise.

La seule initiative du relecteur-correcteur d'édition en ce qui concerne les polices, les corps, les blancs, etc., est, POUR MOI, de signaler lorsqu'il détecte des incohérences ou un manque d'unification. Il a, en revanche, la main sur les ital et les gras éventuels dans le texte lui-même, selon la marche retenue en prépa, pour autant qu'elle ait été faite correctement. A charge pour les correcteurs qui passent après la prépa initiale de respecter la marche choisie et de veiller à son application "unifiée" de la première page à la dernière. C'est tout ! Ou, si la prépa est inexistante, à charge pour le correcteur en 1res de "faire avec", c'est-à-dire "comme il peut", en unifiant au maximum, quitte à déroger à toutes les autres règles... : la galère que je ne souhaite à personne. Qui m'avait moi-même, du reste, poussée à revendiquer de ne faire que des prépas, car... on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Laffont, ainsi, avait fini par me redonner les premières des livres que j'avais moi-même déjà vus en prépa... : la voie royale, pour moi, que tout bon correcteur devrait s'efforcer d'obtenir...

Si, dans un texte mis en pages, je constate un titre ou un sous-titre qui soit ne me semble pas être de la bonne police, du bon corps ou de la bonne graisse, soit ne me semble pas précédé ou suivi du blanc qu'il faudrait, j'interroge... Car je sais que je ne dispose pas forcément des mêmes polices que la maquette et que je ne suis pas dans la tête du maquettiste: un blanc qui manque ici a peut-être sa raison d'être, donc... j'évite d'y toucher moi-même.
Le lecteur-correcteur n'est ni fabricant, ni maquettiste, ni imprimeur. Son initiative s'arrête au texte lui-même, et sa responsabilité est, ensuite, de "passer derrière" les autres, et de signaler si, en dehors du texte, il constate des incohérences, car "unifier" est l'une de ses missions principales. Mais, pour tout ce qui n'est pas le "texte", il joue plutôt le rôle de voiture-balai.

Donc, contrairement ce que vous semblez avoir lu de ce que je n'ai jamais écrit nulle part, je ne me considère ni comme une "typographe", ni comme une "compositrice" ni d'un autre métier qui n'est justement pas le mien ! Mon métier, c'est le texte et rien que le texte. PLUS "l'œil du correcteur" pour tout le reste, mais... rien que l'œil.

Enfin, concernant la relecture en PDF, je la considère comme un mauvais coup porté à notre métier, car, DE FAIT, et... plusieurs messages dans cette discussion l'attestent, dès qu'on relit en PDF, DONC qu'on relit un texte "mis en page", eh bien... l'éditeur attend de nous (et sans doute aussi le maquettiste pas maso), que nous "levions le stylo"... Plus tôt, donc, nous relisons le texte déjà maquetté, plus nous nous tirons une balle dans le pied en nous interdisant, par souci de respecter le travail d'équipe, d'intervenir sur des points peut-être "non essentiels", mais qui, tout de même, amélioreraient la qualité du texte, sa lisibilité, sa bonne compréhension, voire la cohérence de son contenu.

Et, moi, je dis que le relecteur-correcteur fait un métier qui PAR ESSENCE est un métier de l'excellence, soit : du "mieux possible", et pas du "ça passe comme ça".

C'est un leurre, à mon avis, de penser que la seule préparation de copie, qui reste, donc, l'unique étape où le relecteur-correcteur peut vraiment "peaufiner" sans être perçu comme un nocif qui détruit le travail des autres dans la chaîne de production, suffise à garantir la qualité "maximale". Et c'est d'autant plus un leurre aujourd'hui que bien des "auteurs" sont ou seront comme de nombreux jeunes journalistes débutants d'aujourd'hui (que nous avons vus, dans les années 2000, arriver massivement à L'Express, pourtant plutôt sélectif !) : pourvus d'un niveau de langue et d'une rigueur de la pensée largement moindres que n'en disposaient la plupart de leurs prédécesseurs, "allés à bonne école", quand celle des 3-4 dernières décennies, comme chacun sait, a beaucoup, beaucoup laissé tomber l'exigence de ce côté-là.
Mathématiquement, donc, aujourd'hui, on devrait recourir plutôt plus que moins aux lecteurs-correcteurs ! Or... c'est plutôt "moins", me semble-t-il : je suppose que leur "utilité" n'apparaît donc plus à de nombreux donneurs d'ordre d'antan, qui décident de s'en passer.

Cessons de nous cacher derrière notre petit doigt : aujourd'hui, les plaintes des lecteurs, que ce soit de presse ou d'édition, sont "encore" légion en ce qui concerne la mauvaise qualité des écrits... Mais ces lecteurs-là font sans doute partie plus des anciennes générations que des nouvelles. Quand ils seront morts, eh bien... il n'y aura plus DU TOUT besoin de correcteurs, car... les nouveaux lecteurs, eux, ne verront que du feu aux nombreuses fautes et incohérences laissées dans un texte imprimé... Tout ira bien, madame la Marquise... A force d'habituer le lecteur à se passer de toute exigence, nous aurons des lecteurs de moins en moins exigeants.

A moins que Blanquer ne nous restitue un lectorat de nouveau "exigeant" ? Qui sait ? Aujourd'hui, dans certaines écoles francophones d'Afrique subsaharienne, on enseigne aux élèves le subjonctif, le conditionnel et l'accord des participes passés dès les petites classes du primaire. Chez nous, depuis une trentaine d'années ou plus, les collégiens découvrent l'accord du participe passé avec le verbe avoir en 5e ! Et ne le maîtrisent donc toujours pas en passant leur bac... Quant au subjonctif, nombre de lycéens en section "littéraire" ne l'ont pas même vraiment appris, pas plus que la proposition relative... Et combien ne sont plus choqués d'entendre à la télé "Ce que j'ai besoin, c'est ..." ou "Le trafic est interrompu sur la ligne une du métro"... ? Combien ne distinguent plus la cause de la conséquence ou de la finalité ?
Pour ces futurs "lecteurs" là, donc... pas vraiment besoin que l'éditeur paie un correcteur chevronné. Un bon logiciel fera l'affaire. Ça restera "du français", mais du français toujours plus appauvri, avec des contenus disant parfois tout et son contraire, sans que personne s'en émeuve.
Et... des contenus toujours plus manipulateurs en sus... Il n'y a qu'à écouter les discours politiques d'aujourd'hui.
alain67
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 14 juin 2018, 12:03

Vous écrivez très longuement pour éviter de répondre à la question, et au final pour ne pas nous dire que la vérité, c'est que lorsqu'un texte est composé et maquetté, vous ne pouvez pas intervenir directement dans le fichier source.

Mais alors, pourquoi prétendre vouloir le faire et crier vos grands dieux que relire sur PDF, c'est un suicide ?
alain67
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 14 juin 2018, 12:13

Et sinon, un jeu rigolo (ou plutôt très attristant) consiste à rechercher ici les sujets qui traitent d'Acrobat et des PDF : j'ai même vu quelqu'un qui demandait si Acrobat dispose d'un correcteur orthographique ! À ce point d'ignorance crasse du réel, on se demande...
Ilola
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 14 juin 2018, 17:19

alain67 : il me semble avoir répondu, mais je vous reprécise ici. En tant que lectrice-correctrice, je ne suis ni typographe, ni compositrice, ni fabricante, ni imprimeur, je suis "seulement" lectrice-correctrice et mon souci principal est la qualité du rédactionnel D'ABORD, sur le fond (informations à vérifier, cohérence de l'argumentation, enchaînement des idées, etc.) et sur la forme (langue française).
A ces compétences qui sont supposées être celles de tout lecteur-correcteur s'ajoute le fameux "œil du correcteur", qui joue la voiture-balai pour tout, tout, tout ce qui se trouve sur une page ou dans un livre en fabrication, mais, là, il ne s'agit que de l'œil qui détecte quelque chose qui cloche éventuellement, pas d'une nouvelle casquette pour le lecteur-correcteur.
Pour ma part, je n'ai encore jamais remis en question le travail du maquettiste, du compositeur, de l'imprimeur, du fabricant, etc., qui font simplement un autre métier que le mien, tout en intervenant sur le même produit à fabriquer : un journal ou un livre. En tant que tels, je "collabore" donc avec eux autant que faire se peut, en restant à ma place de lectrice-correctrice.

Le metteur en pages intervient via un logiciel de mise en pages, et le lecteur-correcteur devrait intervenir via un logiciel de traitement de texte, pour moi.

Je ne vois vraiment pas pourquoi vous me cherchez des poux et vous déversez votre mépris sur "des" correcteurs qui, selon vous, feraient leur boulot de manière insatisfaisante ou marcheraient sur vos plates-bandes ???
Je ne pense pas que vous trouveriez "rigolo" de devoir faire votre maquette sur un logiciel comme Paint (bon, j'exagère un peu) : c'est sensiblement comparable, pourtant, au fait de demander à un lecteur-correcteur de travailler sur un fichier numérique qui n'est pas accessible via un logiciel de traitement de TEXTE, puisque NOUS, notre boulot, c'est d'intervenir SUR LE TEXTE.

Comme vous le disiez, d'ailleurs, précédemment, quand un texte est en PDF, il est donc mis en page et, dès lors, on est plutôt prié de ne pas trop le retoucher. Ça me semble évident. Mais vous êtes très sûrement plus compétent que bien des lecteurs-correcteurs pour dire dans quel logiciel il est le plus facile et profitable de pouvoir intervenir SUR LE TEXTE, puisque vous êtes maquettiste-typographe, rien de plus évident, là encore.

Vous avez raison, je suis trop longue, donc... vous ne lisez qu'une ligne sur deux, apparemment : je n'ai jamais "prétendu vouloir" corriger des textes dans un PDF, je me suis renseignée sur les possibilités d'intervenir dans le texte mis en PDF, vu que, comme vous l'avez constaté, il semble que notre profession, aujourd'hui, soit amenée à DEVOIR intervenir dans des textes mis en PDF...
Ce que je trouve suicidaire non pas pour le lecteur-correcteur qui s'en accommode, mais pour notre profession. Je m'en suis déjà expliquée.
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 15 juin 2018, 11:05

Et bien, chère Cargo06, la réponse est simple : vous ne pouvez pas modifier un PDF mais seulement l'annoter. Et c'est une très bonne chose.

Et aussi : je vous confirme que votre travail consiste également à relire des PDF (mais certainement pas à intervenir sur ces PDF, et moins encore sur les fichiers source) et que ce n'est en rien un suicide professionnel. C'est même plutôt un progrès, encore faut-il l'admettre — et pour l'admettre, comprendre comment fonctionnent les différents éléments techniques de la chaîne de production.

Quant au reste, je souhaite évidemment que les correcteurs fassent un peu mieux leur boulot lors de la préparation de copie (je ne parle pas de la correction proprement dite, qui est généralement remarquable) et tiennent plus souvent compte de la réalité du travail qui va se dérouler en aval du leur. Et qu'ils méprisent un peu moins le travail de composition, sans lequel leur travail de correction et de révision des textes n'a tout simplement aucun sens.

NB. Quatre longues pages de discussion, et au final on ne saura probablement jamais pourquoi Nadine Lucas voulait installer dans AcrobatPro un hypothétique « suivi de modifications » ni à quoi ça aurait bien pu lui servir...
cargo06
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par cargo06 » 15 juin 2018, 11:34

Cher alain67,
je suppose que ton dernier message était adressé à Ilola et non au cher cargo06 !
Ilola
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 15 juin 2018, 12:27

alain67 : si la dernière réponse m'était destinée, comme cargo06 le suppose, je ne peux que vous soulignez vos incohérences, car, habituée pour ma part à lire des textes longs, je suis entraînée à me souvenir de ce qui s'est dit avant : vous émettiez l'avis que l'on ne doive envoyer à la maquette qu'un texte réputé "définitif" ! Or un texte qui n'a connu qu'une seule relecture-correction, au niveau de ce qu'on appellera ici la "préparation de copie", N'EST PAS, a priori, définitif au bout de cette seule lecture, qui a pour but 1/ de vérifier le plus possible le contenu informatif, 2/ de mettre au point la marche à suivre sur le plan de la typo et des graphies ET d'appliquer cette marche, 3/ de permettre un travail de réécriture autant que de besoin, après contrôle de la grammaire et de la syntaxe, soit une correction DE FOND et "tous azimuts", qui donne souvent lieu à un retour à l'auteur, lequel répondra aux suggestions et questions et apportera encore ses dernières modifs, etc.
Le texte issu de la préparation de copie ne peut donc être réputé "définitif", sauf si l'on a un relecteur-correcteur absolument parfait... et qui aura bossé comme deux de jadis...
Car, jadis, il y avait encore AU MOINS UNE relecture en 1re, qui bien souvent servait à décoquiller, à combler ce qui n'avait pas été vu en copie, à parfaire l 'unification, et permettait encore de détecter quelques graves incohérences ou contradiction, ou répétitions, etc., ayant échappé au relecteur-correcteur en copie.

Je vous redis que vous confondez "préparation de copie" et "préparation TECHNIQUE de la copie", ce qui sont deux choses différentes. J'ai moi-même suivi "jadis" une mini-formation dispensée par l'Ecole Estienne en cours du soir durant un an, pour me former "un peu" à cette préparation technique, mais il reste que ce n'est pas mon métier et que je n'en ai pas la compétence, et que ce n'est pas le métier du relecteur-correcteur d'édition, c'est le service fabrication qui en a la charge "normalement".

Cela dit, il ne vous aura pas échappé non plus que, le lecteur-correcteur étant aussi " correcteur", il se doit d'avoir l'œil qui va avec afin de pouvoir VOIR, au fil des épreuves, qu'elles soient en placard ou mises en pages, TOUT ce qui pourrait être "à corriger", même s'il n'est pas supposé avoir la compétence pour le faire lui-même. Il est donc inévitable que, parfois, un correcteur trouve à redire à ce qui est du ressort de la maquette, un peu d'humilité ne faisant de mal à personne. Il a parfois raison, parfois tort, comme tout le monde.
A part ça, je ne vois pas trop ce qui vous permet de juger de la qualité de "préparation de copie" réalisée par le lecteur-correcteur, puisque celui-ci doit intervenir surtout sur le texte, et vous sur le visuel, et éventuellement sur ce qui ressortit à l'imprimeur, si vous êtes également typographe, comme le choix des polices, des corps, des interlettrages ou interlignages, etc. ?

"Quatre pages", effectivement, de discussion, mais, si vous vous relisez, quatre pages de discussion où vous ne cessez de critiquer notre profession, sur un forum de correcteurs, je trouve ça un peu limite, pas vous ? ET, si vous trouvez UN SEUL endroit où je prétends "vouloir intervenir" directement dans des PDF, surtout, dites-le-moi ! J'ai passé ces quatre pages à tenter de convaincre ceux qui nous lisent ici (y en a-t-il ?) que, pour un relecteur-correcteur, relire sur un PDF n'est pas, SELON MOI, une bonne idée, PUISQUE ça limite de beaucoup nos possibilités d'intervention, et PUISQUE nous ne pouvons plus intervenir DANS le texte, soit : ça réduit notre métier à faire "au minimum", dès la 2e lecture au moins, si encore la copie a été "préparée" en amont, voire dès la 1re lecture dans le cas contraire...

ET EN PLUS, comme vous le dites vous-même, nous ne pouvons déjà plus intervenir directement dans le texte, donc ça fragilise d'autant notre qualité de travail, car... on n'est jamais mieux servi que par soi-même, et, pour ma part, je n'aime pas trop porter la responsabilité de corrections que je n'ai pas moi-même intégrées dans le texte, par principe. Car... les lecteurs-correcteurs ne sont pas eux-mêmes infaillibles : nous trouvons des fautes laissées par des collègues qui ont relu en amont de nous, ET DONC... il doit être envisageable AUSSI qu'un maquettiste-typographe, s'il entre NOS corrections et modifications, éventuellement longues, soit sujet à introduire lui-même de nouvelles fautes ou erreurs...

Voilà ! C'est aussi simple que ça : personne n'est infaillible et même VOUS pouvez mal interpréter une correction demandée OU ne pas remarquer que, en la saisissant comme demandée, vous créez un nouveau problème... que le correcteur aurait sans doute remarqué, SI c'était lui qui avait saisi sa correction. Tout simplement parce que c'est son métier, aussi, d'avoir l'œil qui traîne, au-dessus, au-dessous, voire des neurones qui traînent un peu aussi, et que nous avons donc plus de chances que vous, qui n'êtes pas correcteur, de nous apercevoir au détour d'une correction que nous nous apprêtions à introduire que, finalement, ça ne va pas...

Toutes choses qui me font, donc, trouver "suicidaire" que nous acceptions de travailler dans des PDF autrement que lorsque le texte peut être considéré comme "définitif", car ça nous force à abaisser notre qualité de travail, et donc... ça nous rend plus faciles à remplacer par un quelconque logiciel de correction, c'est tout bête...

Si j'ose ce parallèle ou ce grand écart : je vous rappelle que les peintres ont cessé de peindre la nature comme elle est à partir du moment où est apparue la photographie... La peinture a évolué, le relecteur-correcteur devra évoluer s'il veut survivre : plus "relecteur critique", et moins "correcteur", quand le logiciel fera aussi bien pour moins cher... Mais ce n'est que mon avis personnel :-)
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 15 juin 2018, 19:59

cargo06 a écrit :
15 juin 2018, 11:34
Cher alain67,
je suppose que ton dernier message était adressé à Ilola et non au cher cargo06 !
Yep, avec toutes mes excuses...
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par alain67 » 15 juin 2018, 20:09

Ilola, si vous n'êtes pas capable de lire ce qui est écrit, je n'y suis pour rien. Pour ma part, je n'interviendrai plus sur ce sujet — mais je plains les auteurs, éditeurs, maquettistes pour lesquels vous travaillez, ainsi que les correcteurs et correctrices, jeunes et moins jeunes, qui prendraient vos palinodies au sérieux.

J'interviendrai d'autant moins que j'ai un bouquin de 600 pages à terminer, corrigé par une correctrice d'élite avec qui bosser est un vrai bonheur et surveillé de très près par une éditrice d'exception (on en est à la correction en tierce), et que ça va occuper toutes mes journées.
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Re: Suivi des modifications sur Adobe Acrobat Pro ?

Message non lu par Ilola » 15 juin 2018, 23:25

C'est une bonne idée que je partage !
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