debutante et arnaque agessa.... besoin de vos conseils!

Débats & questions à propos des droits d'auteur : comment percevoir des droits d'auteur ? Droits d'auteur & impôts ? Violations des droits d'auteur ? Etre payé en droits d'auteur pour un article ?
Farah.news
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debutante et arnaque agessa.... besoin de vos conseils!

Message non lu par Farah.news » 16 sept. 2007, 11:35

Bonjour,

Suite a un stage effectue au sein d'un mag, la redactrice en chef adjointe m'a recontacte pour realiser un dossier de 13 pages. J'etais tellement contente d'avoir une premiere pige que g dit oui de suite... La remuneration est de 700 euros.... ce qui n'est pas enorme si je me refere au guide de la pige... Mais pour moi c'etait un debut alors j'ai reagi en bonne petite bleue et j'ai fait amen.

Et puis elle a parle vaguement de droits d'auteur... en gros, je ne sais pas si elle va me payer a la pige ou en droit d'auteurs.. ou les 2? Bref... je n'ose pas lui dire que je ne veux pas etre payer en droit d'auteur si c'est le cas...Mais j'ai peur de me griller aupres de ce mag. Comme je debute, je me sens en position de faiblesse...

Si vous avez des conseils.... ou que vous avez ete dans la meme situation, je suis toute ouie!

Merci

F

Ps: dsl pour les accents, mon clavier n'en comporte pas
cilou
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Message non lu par cilou » 17 sept. 2007, 09:31

Bonjour,

On ne se grille jamais en posant des questions et en se faisant préciser certaines choses. N'hésite pas à demander "sous quelle forme comptez-vous me payer ?". Ensuite, si elle te répond "en droits d'auteur", c'est à toi de voir si tu veux te battre ou non.
Pour moi, le meilleur moyen d'apparaître comme pro est de se considérer soi-même comme pro dès le départ... donc d'être payée comme une pro, c'est à dire en salaires. Mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs, donc c'est à toi de voir.
antoninamado
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Message non lu par antoninamado » 17 sept. 2007, 15:51

Quand on débute dans le métier, c'est vrai qu'il est parfois dificile de dire non ou de poser des conditions.
Mais c'est en adoptant ce genre d'attitude qu'on arrive pourtant à se faire respecter.
Ne pas être "cher", accepter sans barguigner des conditions de travail difficiles incite plutôt les rédacteurs en chef et les directeurs de rédaction au mépris.
Il faut bien sûr rester souple mais en même temps ne pas se laisser marcher sur les pieds.
Et puis un petit bon de commande par mail, histoire de coucher noir sur blanc la commande et le tarif est toujours utile.
Cela à valeur de contrat.
revenudetout
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Message non lu par revenudetout » 17 sept. 2007, 23:33

le problème, c'est que de plus en plus de journaux proposent les droits d'auteurs, interdit par la loi. Où sont les contrôles ?
Côté santé et Côté bébé paient 70 euros la page en Agessa. Et ces deux petits titres ne manquent pas de collaborateur. Ils râlent tous par derrière, en critiquant la nana qui s'en occupe, mais par devant c'est profile bas. Quand les titres couleront, ce qui arrivera si on se base sur leur diffusion réduite, la salariée touchera indem et chômage et nous, les pigistes... rien du tout. On a déjà vécue ça à Génération santé d'où vient la responsable éditorial de Côté santé. On est nombreuses à avoir été assez conne pour rempiler à Côté santé, parce qu'il faut bien payer le loyer.
Je rêve d'un jour où tous les pigistes du monde feront grève. Plus d'esclaves pour écrire..., comment boucler les magazines, hein ? A quand la grève ?
Farah.news
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droit d'auteur

Message non lu par Farah.news » 20 sept. 2007, 19:46

Merci pour vos reponses!
Je ne savais pas qu'un e-mail pouvait etre une preuve valide. C'est deja ca! Et je vais suivre vos conseils pour la prochaine fois, a savoir... demander a etre payer en salaires et non en droits d'auteur. La seule maniere d'etre pris au serieux si j'ai bien compris. Il y a de fortes chances pour que je travaille de nouveau pour ce mag... il va donc falloir que je pratique l'art de la negociation... mmm....


F
archaud
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Message non lu par archaud » 21 sept. 2007, 09:48

Mon conseil : leur faire peur, en leur montrant que tu connais la loi.
Tu peux leur dire, par exemple, et ça fait mouche en général, que le paiement en AGESSA est une dissimulation de charges aux URSAFF, presque du travail au noir.
Cependant, pour être certaine de pouvoir être payée en salaire, vérifie quand même que le journal dispose bien d'un numéro de commission paritaire, bref qu'il s'agisse d'un titre de presse proprement dit.
lorielorette

Message non lu par lorielorette » 21 sept. 2007, 12:19

Parce que s'il n'y a pas de numéro de comission paritaire, le paiement en agessa est légal, ou pas?
archaud
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Message non lu par archaud » 21 sept. 2007, 16:43

C'est beau de rêver, la Factory. Il faut, je pense, avoir le courage de dire la vérité à ses employeurs, avec doigté, mais fermement. Quitte à ne pas piger pour eux, si cela tourne au vinaigre. Quoique la menace d'un redressement URSAFF - la méthode est bien sûr détestable, mais l'on se bat toujours avec les armes dont on dispose -, ça fait, en général, revenir très vite l'employeur à de meilleurs sentiments. A utiliser bien évidemment en tout dernier recours.
Il n'y a aucune raison de bosser au noir, sans cotisations retraite et ASSEDIC. On peut accepter d'être payé une fois en AGESSA, mais comme il n'y a que le provisoire qui dure...

Réponse à lorielorette : ce n'est pas systématique, mais c'est possible. Dans certains cas. Mais cela induit que le travail soit considéré comme une oeuvre de l'esprit, pas comme un travail journalistique dans son acception rigoureuse.
Si, demain, tu bosses pour un journal interne d'entreprise, qui ne dispose donc pas d'un numéro de commission paritaire, si tu écris un livre, si tu rédiges des pochettes de disque, il y a fort à parier que tu ne sois pas payée en salaire, mais en AGESSA. C'est une honte, une arnaque, mais la loi l'autorise, alors...
archaud
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Message non lu par archaud » 21 sept. 2007, 18:21

La Factory, ne pas payer un journaliste, fût-il débutant, sous la forme de fiches de paie, ce n'est pas que ce n'est pas gentil : c'est tout simplement illégal.

En droit français, cela s'appelle une dissimulation de travail ; et les URSAFF sont toujours avides de recrouvrer les créances qui leur sont dues par des employeurs indélicats. En d'autres termes, cela s'appelle un redressement.

Pas certain qu'un employeur aussi voyou soit-il préfèrerait payer un journaliste en AGESSA, au risque de voir les agents de l'URSAFF débarquer dans ses bureaux pour un contrôle qui se terminera, quoi qu'il en soit, par un "sympathique" redressement. Financièrement, cela n'en vaut pas le coup pour lui.

A contrario, bien sûr, on peut baisser son pantalon, accepter des conditions illégales, attendre sa carte de presse, retourner voir son employeur muni de son sésame....Lequel employeur, ayant pris de mauvaises habitudes, proposera au journaliste soit de continuer comme avant, soit de prendre la porte....sans indemnités forcément, puisqu'il n'y a pas de fiches de paie...
archaud
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Message non lu par archaud » 22 sept. 2007, 09:47

Je n'ai aucun conseil à recevoir de toi. :twisted:

Je donne mon avis, qui est fondé ; la personne choisira ensuite en connaissance de cause. Après tout, j'émets un point de vue étayé ; cela ne me remplit pas la poche ; je ne vais pas perdre mon temps à convaincre qui que ce soit. Si les gens veulent se faire avoir en toute beauté, ne pas être respectés, c'est à eux de voir.
cilou
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Message non lu par cilou » 22 sept. 2007, 19:17

Il y a plein de journaux corrects. Donc personne n'est obligé de bosser avec des journaux qui arnaquent avec le droit d'auteur. Même pas les débutants. Je suis entièrement d'accord avec Archaud : si on commence à mettre le doigt dans l'engrenage des droits d'auteur, on n'en sort pas.

Mais lorsqu'un journal propose un droit d'auteur lors d'une première collaboration, ça ne veut pas dire que c'est "ça ou rien". Certains n'ont pas fait l'effort de connaître la loi, d'autres se disent "j'essaie"... Donc être à la fois ferme et très courtois, c'est la bonne technique. Et s'ils persistent sur les salaires, je pense qu'il vaut mieux aller voir ailleurs (d'autant que les journaux qui payent en droits d'auteur sont rarement des bons journaux, mais plutôt des petits journaux pas toujours très clean déontologiquement, et vivant sur une micro-niche).

LaFactory, pas la peine d'être aussi agressif. Et question droit d'auteur, il me semble pourtant que tu t'es déjà bien fait avoir, non ?
archaud
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Message non lu par archaud » 22 sept. 2007, 19:59

Une fois encore, Cilou vient à ma rescousse, après qu'un journaliste payé à la pige de Paris Match (je crois) m'eut vertement tancé, au motif qu'il n'osait pas, de peur de le déranger, demander à son employeur de remplir la fiche d'employeur destiné au renouvellement de sa carte , alors que je lui indiquais le plus simplement du monde que seul l'employeur était habilité à remplir un document qui lui était destiné. Mais il semblait ne pas vouloir comprendre cette évidence, apparemment. Merci à Cilou, donc !

J'avais omis dans l'exposé de mon point de vue de noter ce que Cilou met en exergue : des journaux payant en AGESSA, forcément ça cache des titres au mieux dans une situation pécuniaire fragile, au pis, pas dotés d'une probité morale à toute épreuve.

Dans les deux cas, un seul mot d'ordre : fuir à grandes enjambées. Surtout si l'on est un journaliste débutant. Car le sentiment d'échec pourrait avoir un arrière-goût amer et durable.

Cela dit, une fois encore, chacun fait comme bon lui semble. En connaissance de cause.
lorielorette

Message non lu par lorielorette » 23 sept. 2007, 13:42

j'hésite, depuis que ce débat a fleuri, à exposer mon point de vue!
En théorie, je suis bien sûr tout à fait d'accord avec Cilou et Archaud. En pratique, les choses se montrent beaucoup plus complexes!
Pour parler de mon cas: je travaille pour plusieurs magazines culturels, payés 35€ le feuillet en AGESSA. Ce sont des magazines, que je défends intellectuellement, où j'exerce un métier dont j'ai toujours rêvé: un boulot de passionné, qui ne cède pas aux sirènes du nivellement par le bas, qui maintiennent un certain niveau de culture et d'écriture. Cela n'empêche que je suis sur-soulée d'être payée aussi peu, et en AGESSA, surtout pour un investissement parfois lourd...J'en ai parlé aux patrons et au rédacs chefs, qui m'assurent ne pas pourvoir faire autrement économiquement (soupir....). Que voulez-vous qu je réponde? Je ne tiens pas leurs comptes, et je ne saurais dire s'ils sont, oui ou non, de bonne foi. En tout cas, je souhaite la poursuite de ces aventures de presse, et y participer...D'autant que si j'arrête, ils n'auront aucun mal à se passer de mes services (des plumes avisées, journalistes de longue date travaillent chez eux, pour le même tarif que moi, du moins je l'espère/// :?
Donc, pour vivre de mon métier (car je ne vis pas de mon "art"), je bosse à côté pour des publications qui m'intéressent beaucoup moins, payent beaucoup mieux, et déclarent. Voilà, ça fait deux ans que je bosse, et je compose, je compose...Et c'est pas pire! J'alterne entre ma passion (qui me fait vivoter) et des piges alimentaires. Même si déontologiquement, j'ai envie de leur dire "vous m'avez cassé les c......", mais bon...
Je ne sais plus comment s'appelle la personne qui se demandait si elle allait accepter ou non les droits d'auteur. Je serais toi, je demanderais innocemment pk ils payent en droits d'auteur, je leur montrerais que je connais mes droits, et suivant la réponse, aviser...
Et puis Archaud et Cilou, je ne sais pas comment se sont passés vos débuts dans la presse. Mais personnellement, ce qui m'a minée au tout début, c'était justement de ne pas avoir de piges! Alors quand j'ai fait mes tout premiers papiers, même payés en droit d'auteur, ben c'est con, mais ça m'a stimulé intellectuellement, ça m'a redonné confiance en moi, et je me suis lancée. Je pense que le tout est de ne pas perdre de vue que les droits d'auteur sont illégaux, que c'est un mauvais système, donc de l'accepter le moins possible, et de moins en moins au fur et à mesure qu'on exerce son métier...Mais je persiste à croire que dans ce jeu-là, le pigiste reste le plus faible, et qu'on est parfois obligé, hélas, de se résigner...
archaud
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Message non lu par archaud » 23 sept. 2007, 14:38

Très intéressante intervention, Lorielorette. D'autant plus intéressante que, à mes débuts, je fus face à la même configuration, étant journaliste dans le domaine culturel également : tarif au ras des paquerettes, forme de paiement illégale, délai de règlement hasardeux etc.

J'en ai tiré deux conclusions :

- que bosser pour des titres culturels n'est enrichissant ni pécuniairement, ni humainement ;

- que tous les titres de cette niche n'ont hélas ! pas de raison d'être, ne répondant à aucun modèle économique sérieux susceptible de rémunérer au moins dignement ses collaborateurs.

L'idéal ? Parler Culture dans la presse dite d'information générale. Laquelle, si elle n'offre que peu de pages à l'actualité culturelle, a le mérite de payer correctement les gens, en général. Plus simple à dire qu'à faire, j'en conviens.

Une question : et ton rédacteur en chef, tu crois peut-être qu'il est rémunéré en AGESSA ? Je crains d'avoir déjà la réponse
:twisted:
lorielorette

Message non lu par lorielorette » 23 sept. 2007, 16:09

Tout à fait d'accord avec toi, Archaud! C'est ce vers quoi je tends: les pages culture dans les généralistes. D'autant, que moins fermée sur elle même, mais au contact de l'actualité, la culture tend à s'enrichir!
Mais tu sais comme moi que ces places sont chères, qu'elles sont déjà squattées, etc etc...Mais je persévère! Et en attendant, j'accepte des modes de réglement illégaux, des délais de paiement aléatoires....mais je me fais plaisir et j'ai de quoi vivre tous les mois! Dur dilemme! Et bien sûr que non, les rédacteurs en chef ne sont pas payés en agessa, allons, voyons!! :D
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