Ceci est un gros coup de gueule!!

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
Fanny
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Ceci est un gros coup de gueule!!

Message non lu par Fanny » 05 oct. 2006, 11:52

Du banal, rien que du banal... Si vous etes blasés des plaintes récurrentes sur ce forum, passez ce post. Hé oui une de plus qui râle, toujours pour les mêmes choses. J'ai appris que je n'ai pas droit aux assedics, alors que j'ai rempli le nombre d'heures demandées et que je cotise, tout de même!! L'administration considère que pige = CDI, car pas de contrat = CDI, donc pas de certificat de rupture de contrat = pas de chocolat. Mais comment produire un certificat de rupture de contrat quand on n'en a pas, justement, de contrat? Ah ah. Triste monde.
Par ailleurs je voudrais prendre des cours de catalan avec la CCI, indispensables dans ma région pour pouvoir couvrir correctement de nombreux sujets transfrontaliers. Mais je doute que mes employeurs les payent, je ne suis pas salariée. Quant a l'ANPE, toujours cette facheuse histoire de contrat. Ils estiment que je suis engagée par les employeurs. Avez-vous pu passer ces obstacles? Quelqu'un connait-il une faille juridique??
Merci
zoom
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Message non lu par zoom » 05 oct. 2006, 13:02

Salut Fanny

Pour les assedic, c'est effectivement le serpent qui se mord la queue. En tant que pigiste, nous sommes salariés, et consideres en CDI de fait apres un certain nombre de collaborations dans l'année. Nous ne pouvons toucher les assedic en general qu'apres la faillite d'un media, ou un gros clash avec l'employeur qui se traduit generalement par un passage aux prud'hommes pour faire reconnaitre le licenciement. Le fait de ne rien gagner pendant quelques mois n'entre pas en compte si tu continues a travailler avec les memes employeurs.
Beaucoup d'employeurs s'evitent ces ennuis en reduisant progressivement le volume de piges, jusqu'a arriver a ...rien sans que l'on puisse alors invoquer un licenciement deguise.
Donc il ne faut pas compter sur les assedic pour renflouer les mois creux, comme par exemple les intermittents du spectacle, ou aussi (j'ai un copain comme çà) certains metiers du batiment ou en se declarant "tacheron", on peut etre indemnisé entre deux chantiers sans licenciement... Le pigiste cotise, mais ne peut toucher que s'il se brouille vraiment avec l'employeur, et souvent en passant par le tribunal. Un anachronisme qui n'a pas l'air d'emouvoir grand monde, meme pas les syndicats de journalistes...

Par contre concernant les formations,en tant que salariée (faut bien que çà serve a quelque chose), tu y as le droit, il faut passer par un organisme comme Mediafor qui centralise toutes tes cotisations employeurs. C'est plus compliqué que pour le salarié lambda,mais çà marche, et de plus en plus d'organisme de formation peuvent te conseiller sur ce "parcours du combattant"... pour mieux vendre leur stage !

Bon courage !En catala si us plau ... :lol:
pearly
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Message non lu par pearly » 05 oct. 2006, 14:25

ouch, je n'étais pas au courant de ça merci.
je suis pigiste régulier depuis un peu plus d'un an seulement, mais je fais bien de garder cela dans un coin de mon crâne.
Fanny
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Message non lu par Fanny » 06 oct. 2006, 12:01

Merci pour les infos sur les formations zoom ; voilà qui redonne un peu d'espoir!!
vitamineb
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Message non lu par vitamineb » 06 oct. 2006, 16:24

Bonjour,

Un pigiste régulier, c'est-à-dire qui pige chaque mois est considéré dès le troisième mois consécutif de piges comme un salarié. Il a donc théoriquement les mêmes droits que les salariés puisqu'il est assimilé.
Pas de contrat ?? C'est faux même s'il n'est pas écrit, c'est en revanche précisé dans la convention des journalistes. Il faut faire signer par le DRH du média la rupture de travail demandée par les Assedic. Si le média ne veut pas, il faut faire pression, aller voir l'inspecteur du travail, etc... aucune raison de se laisser faire. Il y en a trop qui ne font rien, se laissent marcher sur les pieds.
J'entends des "collèges" qui travaillent à la pige mais sont payés une misère en droit d'auteur par des magazines ayant l'OJD. C'est un scandale : il faut absolument arrêter de se faire exploiter, arnaquer... Si tout le monde y mettait son grain de sel... ce serait parfait !!
Bon courage
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PascalSR
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Message non lu par PascalSR » 06 oct. 2006, 19:24

Tout le monde n'est pas dans la situation de pouvoir élever le ton...

Bon courage à tous !
Fanny
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Message non lu par Fanny » 07 oct. 2006, 08:53

D'accord avec ton point de vue "vitamineb" mais que fait-on quand il n'y a pas rupture de collaboration, mais simplement des périodes creuses?
zoom
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Message non lu par zoom » 07 oct. 2006, 11:42

C'est un sujet recurrent depuis que les pigistes existent... Moi aussi, naivement a mes debuts, j'ai cru que je pourrais toucher les assedic les mois ou je ne touchais rien de mes emploeyurs multiples, au prorata de ce que j'avais gagné les autres mois...

Mais non, pour nous, ca ne se passe pas comme çà: on ne peut toucher des assedic QUE lorsqu'il y a rupture de contrat, c'est a dire licenciement. ce dernier peut etre facile, ou plus souvent deguisé en baisse de piges et alors direction les prud'hommes ! Ce qui sous-entend quand meme la fin d'une collaboration, pas juste une baisse d'activité...

Quand tu travailles episodiquement pour les memes employeurs, année après années, les Assedic s'en foutent si tu ne gagnes rien pendant plusieurs mois et que tu creves la dalle ! Par contre, ils encaissent bien tes cotisations...

Certains revent d'un systeme d'intermittent de la presse, ou apres avoir cotisé un minimum, le pigiste pourrait se voir verser une allocation les mois ou il ne touche rien. Tout le monde dans les syndicats n'est pas d'accord a ce sujet, et je vois deja certains patrons en profiter pour reduire (encore) le tarif des piges: "je vous paye un article si vous m'en livrez deux, vous ferez le deuxieme avec les assedic..." selon le schema bien connu des artistes (repetitions pas payéees).
On pourrait aussi penser a un statut d'interimaire, avec notamment la prime de precarité qui va avec (10%), et la facilité de toucher des assedic entre deux contrats. Mais bon, pour l'instant, et a ma connaissance, rien de tout çà, dans la plupart des cas, pas d'assedic pour vivre pendant les mois difficiles...

Bref, le pigiste a surtout interet a ne pas avoir de periodes creuses (les periodes creuses faut les remplir ! :-)), a avoir parfois un autre boulot alimentaire regulier, ou tout du moins a avoir une tresorerie suffisante pour "lisser" ses revenus sur l'année...
zoom
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Message non lu par zoom » 07 oct. 2006, 11:48

En dix ans de carrière (cette année, bon anniversaire !), j'ai régulièrement 2-3 mois par an sans la moindre rentrée d'argent, et je n'ai jamais touché d'assedic puisque je continue a travailler avec les memes magazines...
Cà ne m'empèche pas de frôler regulierement la faillite quand j'ai a la fois une periode creuse et des retards de paiement... :-((
Le seul cas ou j'aurais pu avoir un petit quelque chose, c'etait lors de la fermeture d'un magazine avec qui je travaillais peu...mais qui a été racheté par l'editeur de mon meilleur client ! Et comme je continue encore a travailler avec l'editeur qui l'a vendu, je ne voyais pas comment invoquer un licenciement sans aller au clash...

Alors on complete avec les droits d'auteurs des livres, des ventes de photos a des entreprises ou des office de tourisme etc... et meme des "piges" comme jury de concours royalement payées quelques dizaines d'euros...
vitamineb
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Message non lu par vitamineb » 16 oct. 2006, 16:38

Voici ma réponse : un article paru aujourd'hui dans Libération...

IL NE FAUT JAMAIS SE LAISSER FAIRE, NI SE LAISSER MARCHER SUR LES PIEDS : C'EST SUR VOUS QU'ON MARCHE ALORS...
a+++
et bon courage

vitamineb

Arnaquée, sans aucun doute
Par Stéphanie PLATAT
QUOTIDIEN : Lundi 16 octobre 2006 - 06:00

Il défend la petite mamie abusée par les promesses mirobolantes de vendeurs par correspondance, les vacanciers modestes qui possèdent u appartement sur la Costa Brava en time share et paient leur semaine de location au prix du mois. Julien Courbet, mèche impeccable, cravate itou, petites lunettes d'intellectuel, le gendre idéal de TF1 mais pas l'employeur rêvé des pigistes de la rédaction de son magazine Stop arnaque .
Valérie Sida a travaillé pour Julien Courbet, en fournissant le magazine en dossiers et fiches pratiques pleines de conseils pour éviter de se faire avoir. Elle a déjà attaqué son ancien employeur en justice pour requalifier la fin de sa collaboration en licenciement, et obtenir ainsi des indemnités. Elle a gagné, en faisant appel aux prud'hommes et non à TF1. Une attestation Assedic et un mois de salaire en indemnités de licenciement lui ont été versés. Mi-septembre, elle attaque à nouveau pour obtenir des dommages et intérêts, et la correction de l'attestation Assedic, mal remplie.
Valérie a démarré sa pige régulière à Stop arnaque le 1er septembre 2004. «J'ai travaillé pendant onze mois au lancement du magazine. Nous avions tous un salaire fixe de 2 040 euros mensuels environ.» Soit un dossier, et deux fiches pratiques. L'affaire dure ainsi pendant un an, Valérie alternant les articles sur le crédit revolving ou les cartes bancaires. En 2005, la politique maison de Stop arnaque change. «Il est décidé de faire travailler uniquement des journalistes internes à la rédaction, explique l'avocat de l'employée. Par mail, ma cliente est informée qu'on ne peut plus lui promettre un dossier mensuel.» Elle est de plus rémunérée au feuillet, fin du salaire fixe. «Si on fait le calcul, elle passait alors de 2 040 à 480 euros par mois. Son salaire a été amputé de plus de 80 %.» «Je me suis dit que, quand on s'appelait Julien Courbet, il ne fallait pas déconner. J'ai vraiment galéré. De 1 100 euros d'impôt, je suis passée l'année suivante à 200», revient la journaliste . Du côté de Julien Courbet, absent à la barre lors de l'audience pour cause d'enregistrement d'émission, ces abaissements de salaire sont dus à des problèmes de trésorerie dans la société. «On tient à assurer une relation de travail, mais on ne peut pas proposer plus que des fiches pratiques jusqu'au retour à meilleure fortune», déclare son avocat. Valérie refuse de travailler à ces conditions. Elle le fait savoir, pas de réponse de son employeur. Le 13 avril 2005, elle reçoit finalement un mail : «Est-ce ton dernier mot ?» L'employeur affirme qu'ensuite, il n'aurait plus eu de nouvelles de Valérie. «Quand il y a abandon de poste, explique l'avocat de la défense, il est difficile d'arguer d'un licenciement. Elle n'a plus voulu collaborer, il n'y a aucun préjudice.»
Le conseil des prud'hommes en a décidé autrement, qui a penché en faveur de l'employée en condamnant le patron à lui verser 7 500 euros pour rupture abusive de contrat et une attestation Assedic mentionnant son licenciement.
Victoire Wildors
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Attestation Assedics

Message non lu par Victoire Wildors » 16 oct. 2006, 21:31

Bonsoir, Fanny,

Les interventions précédentes font tellement état de la difficile réalité que je ne vais pas en rajouter beaucoup. Mais juste ça, bon à savoir : en cas de rupture de contrat, même si le licenciement n'est pas reconnu par l'employeur, écrire une ou plusieurs lettres recommandées avec AR (éventuellement, prendre un conseil juridique - il en existe des gratuits, peut-être avec ta mutuelle). Si aucune réponse, les Assedics sont en mesure de faire pression sur l'employeur pour récupérer la feuille jaune.
Cela dit, ça ne marche effectivement pas lorsque l'employeur réduit peut à peu les piges à peau de chagrin...
Le pôle pigiste du SNJ a encore du pain sur la planche.
Bon courage.
Fanny
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Message non lu par Fanny » 21 oct. 2006, 21:46

Bon béh je crois que cette fois c'est décidé, je vais prendre ma carte au SNJ...!
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