I've got the blues...(mais pas du bussiness man !)

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
etcaetera
Messages : 19
Inscription : 06 juin 2005, 11:26
Contact :

Message non lu par etcaetera » 21 mars 2006, 14:10

merci...
gaellou
Messages : 89
Inscription : 09 avr. 2004, 13:47
Localisation : Glasgow, Ecosse
Contact :

Message non lu par gaellou » 21 mars 2006, 14:14

Rebonjour,
Alors moi, j'ai 31 ans :oops: ca fait 10 ans que je suis journaliste et pourtant je galere quand meme :cry: J'explique.
J'ai fait une licence de journalisme a Grenoble. Puis je suis montee a Paris :wink: J'ai trouve un CDI au bout de 5 mois et j'ai bosse pendant 5 ans en redac, dans 3 societes de presse differentes. Puis mon mari a eu une proposition de boulot aux US et j'ai demissionne (je vois deja les :roll: ) pour le suivre, ca fait 5 ans :cry: Depuis 5 ans, je propose des piges a tout va, je n'ai jamais eu de reponse positive. J'ai bosse en benevole pour des sites internet et des mag et me suis dirigee vers d'autres spheres : la litterature jeunesse mais c'est pas un milieu plus facile, l'enseignement (j'aime, mais ma passion c'est quand meme le journalisme), la traduction (je ne suis pas toute seule sur le marche). Aujourd'hui, j'ai 31 ans et je me retrouve sans rien, dans un pays anglophone (je n'ecris pas l'anglais, meme si je le parle bien)... je pense reprendre mes etudes pour apprendre a ecrire en anglais justement (ecole de journalisme aux US)... mais j'ai quand meme l'impression davoir perdu quelquechose...
Journaliste depuis 1995
HollyGolightly
Messages : 84
Inscription : 07 mars 2006, 09:44
Localisation : Paris ou presque
Contact :

Message non lu par HollyGolightly » 21 mars 2006, 15:50

Chers futurs confrères (oui j’ai décidé d’être optimiste ce matin lorsque je me suis éveillée, à l’heure où blanchit la campagne, c'est-à-dire 9 heures, c’est pourquoi je vous appelle « futurs confrères » avec toute la présomption qui me caractérise parfois dans ces moments d’exaltation hélas trop rares où je me dis « le monde t’appartient, ma fille »).

Tout d’abord, merci pour vos réponses qui me démontrent que j’ai eu raison de m’épancher ici puisque j’ai lu beaucoup de choses réconfortantes, lucides et stimulantes.

Etcaetera : Merci pour ton témoignage (voix de Jean-Luc Delarue). Je ne doute pas que la pugnacité et le travail finissent par payer et je te souhaite de réussir dans ton projet. J’ai connu aussi des jobs alimentaires assez variés au cours de ma jeune vie. Dans la catégorie folklore local, j’ai été emballeuse de reblochons (avant d’arpenter l’avenue Montaigne, j’étais plus coutumière des alpages savoyards) ; dans la catégorie glamour, j’ai été vendeuse dans des boutiques de luxe (ça fait travailler les maxillaires d’arborer un sourire obséquieux 8 heures par jour, travailler les lombaires de se pencher pour déchausser les riches clientes qui te tendent leurs bottes sans t’accorder l’obole d’une parole et ça m’a permis d’apprendre à feindre et à simuler avec aplomb lorsqu’une texane à la silhouette Botero ne parvenait pas à fermer son trench taille 44 et que je lui disais avec mon sourire le plus mielleux « Mais je vous assuuuure, le trench se porte ouvert ce printemps et celui-ci vous sied à ravir ! »).

Farrell2 : J’avoue, un DEA sur Huysmans qui débouche sur un poste chez Hot Video, ça me laisse rêveuse et perplexe (en cherchant bien, il y a peut-être un lien, le côté décadent, non ? Non…) Et tu fais quoi exactement chez Hot Video ? (il y a matière à faire un article sur ton parcours !)

Havas : J’approuve ta conception exigeante et humaniste du métier. Ceci dit, je n’ai jamais prétendu prendre mon vanity case sous le bras pour parcourir les zones en conflits. Je n’ai pas cette prétention là. J’en ai d’autres : je suis fière de mes cookies au chocolat blanc, fière d’avoir réussi à reproduire la scène finale de Dirty Dancing au spectacle de fin d’année de la 4ème B, fière de la dernière fois où j’ai réussi à faire un créneau sans assassiner une borne de parking et fière d’avoir réussi à dire « Vous n’êtes qu’un infâme individu dénué de scrupules » à mon dernier patron.
Tu dis « nous sommes déjà assez nombreux de professionnels pour s'encombrer de gens qui ne savent pas quoi faire de leur vie ». Certes, je n’ai jamais trop su quoi faire de ma vie professionnelle. A 15 ans, je voulais être éthologue et suivre les traces de Jane Goodall. A 18, je voulais être magistrat. A 20, journaliste, et par angoisse, par manque de confiance en moi, j’ai mis ce rêve de côté. Je me suis ensuite laissée porter par la vie plutôt que de prendre des décisions, de construire des projets, de réfléchir posément à ce que je voulais faire. Oui, je suis, par nature, dilettante, velléitaire, rêveuse et quand je suis lucide, je me dis qu’il me manque le cran, la détermination et le culot qui me paraissent nécessaires à l’exercice du journalisme. Je comprends que l’on puisse être exaspéré en voyant cette pléthore de jeunes lettreux qui s’imaginent posséder un style et rêvent de pouvoir sortir une carte de presse avec le même geste que fait Jack Bauer quand il dit « Jack Bauer, CTU ». Je ne rêve pas de grands reportages d’investigation, je sais que je n’ai pas les compétences ni le bagage culturel qui me permettent de le faire. Et finalement, ça tombe bien, parce que discuter avec un artisan amoureux de son métier ou avec un élu local qui prend des initiatives originales me plaît. Est-ce que le journalisme est comme tu le dis « une manière de laisser une empreinte sur terre » ? Je ne crois pas. Je ne sais plus qui disait que le journalisme, c’est tout ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui (c’était pas exactement ça mais bon - je cite quelqu’un que je ne connais pas en déformant ses paroles, ça commence bien !). Pour laisser au monde une empreinte indélébile, la littérature me semble un moyen plus sûr.

Future grande journaliste : Merci d’avoir pris le temps d’exposer ton parcours et bravo pour ta détermination !

Cilou : Merci pour les compliments (ça fait du bien en ces temps moroses où tous les matins je me dis « qui suis-je, que vais-je devenir, pourquoi je prends toujours la file qui avance le moins vite aux caisses des supermarchés et pourquoi j’ai pas fait des études pour être expert comptable parce que j’en serais pas là aujourd’hui, et même que j’aurai un bureau à moi, avec un ficus et un mug et que je pourrais dire des phrases comme « appelez mon assistante pour prendre RV »). J’ai acheté le guide de la pige que je suis en train de lire, et je réfléchis aux sujets que je pourrais traiter. J’ai moi aussi un compagnon qui a un « vrai » boulot, un salaire correct, mais pas de quoi non plus partir en Toscane pour le week-end sur un coup de tête, et bien sûr, nous n’avons pas le moindre centime d’euros de côté. Quand j’évoquais les pressions familiales / sociales, je faisais référence à tous les amis de notre âge, déjà propriétaires pour la plupart, installées dans des carrières confortables à défaut d’être exaltantes (je dis ça sans aucune condescendance de ma part, ce n’est pas une volonté de « me sentir supérieure à la plèbe » comme le disait Havas). Parfois, je les envie car la précarité et le flou de ma vie actuelle sont sources d’angoisse. Et d’autres fois, je me dis que j’ai encore le temps d’ouvrir un P.E.L., qu’il me reste encore, au bas mot, 40 ans de travail devant moi et que si je n’essaie pas de réaliser mes rêves aujourd’hui, alors que je jouis d’une certaine liberté et que je n’ai pas de réelle contrainte, je ne le ferai jamais. Ce que je sais aujourd’hui, après avoir goûté à la vie de bureau pendant 2 ans, c’est que je n’en veux plus. Je n’ai pas envie d’un travail qui ne me permette pas d’imposer ma « patte » et que quiconque pourrait accomplir exactement de la même façon que moi. Ca relève peut-être d’un certain narcissisme, je l’admets.

Misirlou : La culpabilité liée à des journées de glandouille sur le net ou dans Paris, comme je connais…et comme je hais ces petits matins où j’écume les sites d’annonces en mélangeant mélancoliquement mes Chocapics et en me demandant s’il est bien nécessaire de prendre 2 heures pour rédiger une lettre de motivation pour ce poste d’assistante éditoriale qui sera pourvu par la nièce de Machine du service de presse parce que « tu comprends, elle a déjà travaillé ici 2 étés de suite, elle connaît déjà la maison » (non, je ne suis pas aigrie ni amère…pas du tout !). Bon courage à toi en tout cas, tu as déjà des réalisations importantes à ton actif !

Bulles : Merci pour ton optimisme (pour te répondre, non je n’ai pas de fauteuil club mais une chaise d’origine suédoise très inconfortable ; je projette de changer de siège lorsque j’aurai réussi à placer mon premier article, et même j’envisage d’acheter un ordinateur portable pour pouvoir me la jouer Carrie Bradshaw à mort et aller écrire aux Tuileries quand il fera beau –comment ça, c’est pas en plaçant un article que j’aurai les moyens d’acheter tout ça ?! )

Miki
: Merci aussi pour tes encouragements (décidément, que d’âmes charitables et compatissantes sur ce forum, ça me donne envie de descendre dans la rue en chantant comme dans My fair Lady). Je te rajoute ce de pas dans mes contacts msn et je t’écouterai avec joie me parler de ton syndrome de Peter Pan (moi aussi), de tes goûts musicaux (je te préviens, j’ai des goûts très éclectiques en matière musicale et il m’arrive de me trémousser sur de sombres merdes discos en chantant dans ma brosse à brushing !) et de ton expérience dans le journalisme.

Gaellou : Merci beaucoup (smiley qui sourit béatement). Comme je l’expliquais à mon mari hier soir, depuis que je circule sur les forums, des gens qui écrivent très bien et qui ont de l’humour, j’en ai vu pléthore. C’est un plaisir de les lire, et ça aide aussi à garder les pieds sur terre. Comme je me le disais ce matin au cours de ma conférence de presse avec moi-même, non, ce n’est pas parce que les profs lisaient mes dissertations sur l’estrade que je vais décrocher le Pulitzer dans les années à venir, non je ne suis pas la seule à savoir utiliser le subjonctif sous toutes ses formes dans mes écrits et oui, des gens doués, il y en a beaucoup. Néanmoins, et dans la mesure où je ne cherche pas à remplacer Colombani, je me dis qu’il y a peut-être une toute petite place pour moi, quelque part, même à Poney Magazine.

Je me rends compte que ce poste est long comme un jour sans Nutella donc je vais m’arrêter là pour l’instant. Merci, vraiment, d’avoir partagé vos expériences, je me sens aujourd’hui un peu moins seule et désemparée derrière mon écran. Pas forcément confiante en mon avenir, non, mais l’impression d’avoir été écoutée et comprise (voix de Annie Girardot pendant la cérémonie des Césars en je ne sais plus quelle année !).
Avatar de l’utilisateur
havas
Messages : 1643
Inscription : 12 févr. 2003, 10:51
Localisation : Lyon
Contact :

Message non lu par havas » 21 mars 2006, 16:43

HollyGoLightly ( y'a un lien avec les hollygo-éléments ? ), je tiens à préciser ma pensée suite à mon post un peu ayathollesque de cette nuit.
Moi-même, qui se trouve être l'avis de référence auquel j'attache le plus de crédit, malgré ce qu'en pensait Pierre D, fidèle auditeur de Paris dont je n'ai plus de nouvelles depuis un moment déjà, je travaille à l'occasion sur des sujets qui sortent de l'archétype du jeune journaliste.
Les dits archétypes se résument bien souvent à des ptits gars persuadés et convaincu d'avoir inventé un nouveau style journalistique :

" Ouais, je suis spé dans le "sociétal" ( néologisme de fait et société, à gerber comme mot ), surtout en ce qui concerne la précarité et la pauvreté, des sujets très proches de ma sensibilité... sinon j'ai beaucoup d'affinités avec tout ce qui est culturel, théatre, cinéma, j'ai beaucoup aimé le dernir Michael Bay ( sic ) "

Bref, il m'est arrivé de bosser pour des magazines spécialisés, des féminins, la presse jeune et même la presse troisième âge.
Je ne pars pas en zone de conflit tous les matins. Ce serait très fatiguant, mon métro s'arrête à Bellecour ( Lyon ). J'ai même fait de la communication, mais toujours pour des choses en lesquelles j'avais foi
( du sport, des évènements culturels, le CAC40... )
Et puis tu sais, la dernière fois que j'ai essayé de brandir ma carte de presse, on m'a ri au nez ( c'est à dire que le bodyguard de service est venu me souffler son haleine répugnante juste au niveau de mon nez, en me disant " Casses toi ou je lâches les chiens" ).
Le journalisme n'est pas une façon de laisser son empreinte son terre, je me suis mal exprimé ( et honte à toi de vouloir sortir une phrase intelligente : "Je ne sais plus qui disait que le journalisme, c’est tout ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui"- j'ai horreur des gens qui essaient de caser ces petites phrases dans une conversation, surtout quand ils ont l'impression qu'elle est bienvenue. Généralement, j'en ressors une autre tout de suite derrière, du même acabit et qui généralement à l'air au moins aussi intelligente, genre " Le journalisme, c'est fixer chaque jour dans l'eternité". Ca n'est pas de moi, et je te rassure je la trouve aussi con que l'autre.
etcaetera
Messages : 19
Inscription : 06 juin 2005, 11:26
Contact :

Message non lu par etcaetera » 21 mars 2006, 17:23

havas a écrit :. Je ne pars pas en zone de conflit tous les matins. Ce serait très fatiguant, mon métro s'arrête à Bellecour ( Lyon )
Bah...pousse jusqu'à vaux en velin!
HollyGolightly
Messages : 84
Inscription : 07 mars 2006, 09:44
Localisation : Paris ou presque
Contact :

Message non lu par HollyGolightly » 21 mars 2006, 17:29

Mais non il était pas ayathollesque ton poste...je vais pas te reprocher de donner ton opinon et ta conception des choses, c'était justement ce que je sollicitais.
Je ne sais pas ce qui te fait croire dans mon poste que je fais partie de ces
ptits gars persuadés et convaincu d'avoir inventé un nouveau style journalistique
En l'occurence, je ne sais pas encore sur quoi je vais écrire, ni dans quel style, j'en suis encore au stade de la réflexion sur mes atouts, mes faiblesses, mes désirs et leur degré de réalisme. Je me pose des questions sur un métier qui m'attire, dont je sais à quel point il est difficile d'accès, et je n'ai jamais prétendu -sauf quand je rêve dans le métro ou dans mon bain- inventer un nouveau style journalistique. J'ai bien des défauts -le pire étant la procrastination- mais je suis assez humble et je sais que des gens plus cultivés, plus dégourdis et dotés d'une plume plus incisive que la mienne, il y en a des tas.

Quant à la phrase "intelligente" que tu conspues, je l'ai placé là pour prouver que je ne lis pas que 20ans et Glamour, qu'une fois par semaine, je lis la page d'accueil de Google Actualités dans son intégralité et que j'ai bien potassé mon Petit Dictionnaire des citations à placer lors des dîners en ville. Je me suis exprimée sous la forme de cette citation parce que mon poste était déjà long et que je ne voulais pas abuser de la patience des lecteurs. Elle résumait bien ce que je pensais ; les journalistes qui marquent leur époque et dont les articles passent à la postérité sont rares et je répondais simplement à ta petite "pique" sur ces jeunes oisifs présomptueux qui veulent "laisser leur empreinte sur terre". J'aurai pu développer plus longuement afin d'éviter le recours facile à une citation, mais je me suis dit "ma vieille, si tu prends encore 30 minutes pour exposer en quoi le journalisme ne permet pas de laisser une trace de son passage sur terre et d'échapper au néant et à l'oubli, tu vas jamais la pondre, ta lettre de motivation ". Voilà....

PS : Je sais bien qu'on ne sort pas sa carte de presse comme un agent du FBI...c'était juste un fantasme !
Avatar de l’utilisateur
havas
Messages : 1643
Inscription : 12 févr. 2003, 10:51
Localisation : Lyon
Contact :

Message non lu par havas » 21 mars 2006, 18:07

Décidemment, j'arrive pas à faire passer tout l'amour et la tendresse dont je suis pourtant la personnification....
Je ne m'adressais pas en particulier à toi lorsque j'évoquais les jeunes journalistes qui débutent, mais au travers le plus souvent reproché à ceux ci ( ne faire que du social ).
bon je ne m'adressais pas à un travers, mais, euh...
Bref, on pourrait épiloguer pendant des plombes qu'on serait pas plus avancés...
Tiens nous au courant de tes pérégrinations ( ca t'évitera des procrastinations inutiles...)
Et rien ne t'empêches de sortir ta carte de presse en criant "Presse, laissez moi passer !!! ". Mais seul devant ton mirroir, ou , pour reprendre l'idée de fantasme, lors d'un jeu coquin avec ton-ta-tes partenaires ( genre : " J'ai une enquête à mener, j'ai besoin d'observer vos parties intimes lors d'un rapport sexuel " tiens ca ma cassé l'élan d'écrire cette dernière connerie... )
HollyGolightly
Messages : 84
Inscription : 07 mars 2006, 09:44
Localisation : Paris ou presque
Contact :

Message non lu par HollyGolightly » 21 mars 2006, 18:43

Hum, j'avais pas pensé au coup du scenario érotique. C'est mon mari qui va être content quand je vais lui sussurer à l'oreille "tu veux la voir ma ptite carte de presse, mon gros lapin au miel ?". Quant à dégainer une carte de prese fictive devant mon miroir (quel dommage, j'ai acheté un portefeuille récemment et j'ai jeté toutes les simili-cartes qu'il contenait !), c'est une idée à creuser, mais je fais déjà beaucoup de choses devant mon miroir (m'entraîner à prononcer un discours de remerciement quand j'aurai le prix Goncourt après la publication de mes 14 volumes de journal intime, mimer De Niro dans Taxi Driver en imaginant que mon ancien patron -oui, il me hante- est en face de moi en vociférant "you're talking to me ?!", m'entraîner à arrêter un homme d'un seul regard (oui j'ai vu Mémoires d'une geisha récémment) !

J'ai une question pratique (et qui paraîtra sans doute puérile mais peu me chaut, je suis néophyte je le répète !). Quand on a une idée d'articles et besoin de personnes à interroger, comment ça se passe concrètement :
- Y a t-il des sites spécialisés genre "témoins à gogo" ? Je pense à ça car j'ai vu sur le forum que quelqu'un avait écrit un article intitulé "Filles nées sous X", à propos de cette génération qui avait grandi nimbée par les vapeurs sulfureuses du porno. Je me suis alors demandée : dans ce cas là par exemple, comment choisir les personnes à interroger ? On descend à Châtelet et on fait un micro-trottoir ? Et encore plus concrètement, vous vous présentez comment en tant que pigiste au quidam interrogé et qui veut savoir où ses propos vont atterir, alors que vous ne le savez pas encore vous-même ?

Je vous prie d'excuser par avance la platitude de ces questions qui me taraudent et vous remercie par avance de votre contribution à l'avancée de ma réflexion :D
gaellou
Messages : 89
Inscription : 09 avr. 2004, 13:47
Localisation : Glasgow, Ecosse
Contact :

Message non lu par gaellou » 21 mars 2006, 18:52

:D
Elle est tres sympa cette discut, ca fait du bien au moral !

Pour holly, ben, moi en general, je demande d'abord au journal ou site web s'il serait interesser par l'article et ensuite, je me mets au boulot, donc j'ai toujours le nom du support pour m'introduire aupres des temoins ;)
Journaliste depuis 1995
cilou
Messages : 1725
Inscription : 13 avr. 2005, 18:20
Contact :

Message non lu par cilou » 21 mars 2006, 19:04

HollyGolightly a écrit : Quand on a une idée d'articles et besoin de personnes à interroger, comment ça se passe concrètement :
- Y a t-il des sites spécialisés genre "témoins à gogo" ? Je pense à ça car j'ai vu sur le forum que quelqu'un avait écrit un article intitulé "Filles nées sous X", à propos de cette génération qui avait grandi nimbée par les vapeurs sulfureuses du porno. Je me suis alors demandée : dans ce cas là par exemple, comment choisir les personnes à interroger ? On descend à Châtelet et on fait un micro-trottoir ? Et encore plus concrètement, vous vous présentez comment en tant que pigiste au quidam interrogé et qui veut savoir où ses propos vont atterir, alors que vous ne le savez pas encore vous-même ?
Ma réponse concerne tes deux questions : propose d'abord ton sujet (certes bien défriché, mais ça ne veut pas dire que tu as interrogé en détail dix personnes), et quand il est accepté, préoccupe toi de trouver les témoins. Tu peux alors te présenter comme "journaliste, travaillant pour le journal Les Potins en furie").
Pour ma part, j'interviewe généralement les spécialistes d'un secteur, donc je n'ai pas à chercher des quidam genre microtrottoir. Donc je ne peux pas répondre vraiment à ta question.
cilou
Messages : 1725
Inscription : 13 avr. 2005, 18:20
Contact :

Message non lu par cilou » 21 mars 2006, 19:10

Suite de la réponse : quand tu as une idée (du genre filles grandies sous X), elle ne vient pas comme ça, de rien. C'est venu dans des conversations, des personnes te disent qu'ils connaissent des gens qui...
Bref, tu sais généralement vers où aller pour chercher. Et les contacts, c'est comme les spaghettis : tu en tires un, tu en as dix qui viennent.
HollyGolightly
Messages : 84
Inscription : 07 mars 2006, 09:44
Localisation : Paris ou presque
Contact :

Message non lu par HollyGolightly » 22 mars 2006, 10:19

Merci pour vos réponses, mes idées commencent à se mettre en place tout doucement et je pense que je réussirai à pondre un article avant fin 2006 (oui, je me fixe des ambitions raisonnables pour commencer !).
Toujours par curiosité et pour me faire une idée des parcours variés des gens qui sont ici, auriez-vous l'infinie bonté de répondre à ces quelques questions ?

- Quelle est votre formation initiale ?

- Arrivez-vous à gagner votre vie exclusivement grâce à vos piges ou avez-vous un travail à côté et lequel ?

- Votre toute première pige qui ait été acceptée par une rédaction : quel en était le sujet ? comment avez-vous "démarché" les journaux pour proposer votre article (avez-vous décroché votre téléphone, pris votre voix la plus gracieuse et séduit la standardiste pour parvenir au rédacteur en chef, avez-vous directement envoyé le synopsis avec un petit mot d'accompagnement ? ).

- Dans un monde idéal où la presse serait en pénurie de rédacteurs comme je suis en pénurie de nutella ce matin à mon grand désarroi, quel serait le poste que vous souhaiteriez occuper ?

- Si vous pouviez repartir à zéro et redevenir un ado de 18 ans en Doc Martens, jean cobainique et t-shirt à message hautement polique que vous étiez peut-être (j'essaie de me souvenir de mes 18 ans mais ça commence à faire loin :cry: ), que feriez-vous ? ( professionnellement parlant j'entends, je ne parle pas d'orgies de vodka orange ou whisky coca (oui, c'est ce que je buvais quand j'avais 18 ans, et c'est bien l'une des raisons pour lesquelles finalement, je préfère en avoir 28 !). Avec le recul et votre expérience de la profession, quel cursus choisiriez-vous ?

- Quel est l'article dont vous êtes le plus fier(e) ? Celui que vous préfereriez ne jamais avoir écrit ?

-Et pour finir, comment concrètement organisez-vous votre journée de travail ?

Ca fait beaucoup de questions, je sais (je vais aller potasser mon petit guide de la pige). Merci par avance aux âmes compatissantes qui répondront à ce petit questionnaire matinal (damned, il est déjà 10h15 et je suis encore en train de glandouiller sur un forum ! Maintenant tu files travailler !)
cilou
Messages : 1725
Inscription : 13 avr. 2005, 18:20
Contact :

Message non lu par cilou » 22 mars 2006, 13:28

- Quelle est votre formation initiale ?
scientifique

- Arrivez-vous à gagner votre vie exclusivement grâce à vos piges ou avez-vous un travail à côté et lequel ?
Oui, j'en vis correctement, et je n'ai qu'environ 5 à 10 % de mes revenus qui ne proviennent pas du journalisme

- Votre toute première pige qui ait été acceptée par une rédaction : quel en était le sujet ?
Ma première pige a été une commande suite à l'envoi d'un CV (c'est l'exception qui confirme la règle : ça ne marche jamais comme ça d'habitude), sur le rôle des champs magnétiques dans l'origine de la vie sur Terre.

comment avez-vous "démarché" les journaux pour proposer votre article (avez-vous décroché votre téléphone, pris votre voix la plus gracieuse et séduit la standardiste pour parvenir au rédacteur en chef, avez-vous directement envoyé le synopsis avec un petit mot d'accompagnement ? ).
Dans ce cas particulier, c'était un CV + lettre motiv. Dans tous les autres cas, je regarde attentivement le journal pour lequel je veux proposer une pige (comprendre le style, les rubriques qui pourraient accueillir l'article, ...), je cherche le meilleur interlocuteur (rarement le rédac chef, plus souvent le chef de rubrique ou chef de service), je prépare mentalement un petit discours, je me motive très fort, et je décroche mon téléphone. Si l'interlocuteur est intéressé, je précise par e-mail le sujet (en prenant en compte les remarques de mon interlocuteur).

- Dans un monde idéal où la presse serait en pénurie de rédacteurs comme je suis en pénurie de nutella ce matin à mon grand désarroi, quel serait le poste que vous souhaiteriez occuper ?
Aucune idée.

- Si vous pouviez repartir à zéro et redevenir un ado de 18 ans en Doc Martens, jean cobainique et t-shirt à message hautement polique que vous étiez peut-être (j'essaie de me souvenir de mes 18 ans mais ça commence à faire loin :cry: ), que feriez-vous ? ( professionnellement parlant j'entends, je ne parle pas d'orgies de vodka orange ou whisky coca (oui, c'est ce que je buvais quand j'avais 18 ans, et c'est bien l'une des raisons pour lesquelles finalement, je préfère en avoir 28 !). Avec le recul et votre expérience de la profession, quel cursus choisiriez-vous ?
Je crois que je serais tout aussi indécise que je l'étais à l'époque (où je n'avais même pas l'idée de faire du journalisme).

- Quel est l'article dont vous êtes le plus fier(e) ? Celui que vous préfereriez ne jamais avoir écrit ?
La plus fière : l'interview d'un prix Nobel (pour laquelle j'ai été prévenue la veille à 16 h pour une interview le lendemain matin)
Celui que j'aimerais n'avoir jamais écrit : un petit article (ni laudatif ni critique) sur les résultats et perspectives de MétalEurop... quelques mois avant qu'elle ne dépose son bilan.
-Et pour finir, comment concrètement organisez-vous votre journée de travail ?
Début vers 8h45 9h (ça aide d'avoir des enfants à l'école... ça force à démarrer tôt), lecture des mails, coups de téléphone pour des articles en cours, veille (lecture des informations importantes dans mon secteur), rédaction d'articles quand j'ai récupéré toutes les infos nécessaires, etc.
Et à chaque instant, la tentation (pas toujours repoussée) de glander en traînant sur le web, en jouant à des jeux débiles, en allant faire quelques corvées ménagères ou une razzia sur le frigo, en lisant les journaux (certes, ça fait partie de notre métier, mais c'est aussi un prétexte bien facile pour ne pas faire le boulot urgent)...
Je n'organise pas militairement ma journée (genre coups de fils de telle heure à telle heure, etc). C'est plutôt selon l'envie : quand je traîne pendant 1/2 h pour rédiger une première phrase, c'est que ce n'est pas le moment de rédiger, et j'essaie de faire un autre bout boulot.
Parfois quelques réunions, petits déjeuners ou voyages de presse, etc.
Avatar de l’utilisateur
Lara Croft
Messages : 863
Inscription : 12 févr. 2004, 02:39
Contact :

Message non lu par Lara Croft » 23 mars 2006, 00:25

Moi aussi je tiens à participer à cette "explosion d'angoisse". ça fait quelques jours que j'étais pas revenue sur le forum... HollyGolightly, il n'y a pas de réponse à tes questions... Juste là donc pour te dire que je les partage... presque toutes, c'est dingue ! mais que j'ai pas de réponse. Moi aussi CAPES et 2 ans d'enseignement avant de décider de faire autre chose "qui me plairait vraiment". Depuis, galères dans l'édition, et en ce moment, déprime : mais comment en vivre à la fin ??? Marre des boulots précaires à la va-comme-je-te-pousse, gros ras-le-bol. C'est depuis que je viens souvent sur ce forum, arghhh, on se sent moins seul !
Bises et courage.
L. C. (elle aussi tjs ds la file qui avance le moins vite aux caisses des supermarchés)
Et vraiment, oui, on a plaisir à te lire !
P.-S. : je réponds surtout au 1er message, je me rends compte en lisant la suite que je risque de tomber comme un cheveu sur la soupe.
future grande journaliste
Messages : 299
Inscription : 08 oct. 2003, 15:51
Contact :

Message non lu par future grande journaliste » 23 mars 2006, 08:32

- Quelle est votre formation initiale ?
Maîtrise AES et ISCPA, école de journalisme de Lyon non reconnue par la profession et super chère

- Arrivez-vous à gagner votre vie exclusivement grâce à vos piges ou avez-vous un travail à côté et lequel ? Aujourd'hui je ne suis plus pigiste... Mais quand je l'étais, il y a encore quelues mois : hormis les 5 derniers mois où je gagnais bien ma vie avec les piges, j'ai tout le temps dû travailler à côté, en intérim (j'ai emballé de la viande (NE JAMAIS ACHETER LA VIANDE EN CAISSETTES DANS LES SUPERMARCHES!!!), travaillé dans une blanchisserie, fait des inventaires et j'en passe...)

- Votre toute première pige qui ait été acceptée par une rédaction : quel en était le sujet ? comment avez-vous "démarché" les journaux pour proposer votre article (avez-vous décroché votre téléphone, pris votre voix la plus gracieuse et séduit la standardiste pour parvenir au rédacteur en chef, avez-vous directement envoyé le synopsis avec un petit mot d'accompagnement ? ). En fait, j'ai eu de la chance... Quand je suis sortie de mon école de journalisme, un de mes profs, qui bosse pour une petite boîte de prod institutionnelle, cherchait un JRI pigiste pour un reportage... Il m'a demandé si ça m'intéressait et j'ai accepté le boulot... C'était un film sur la fête du beaujolais...

- Dans un monde idéal où la presse serait en pénurie de rédacteurs comme je suis en pénurie de nutella ce matin à mon grand désarroi, quel serait le poste que vous souhaiteriez occuper ? Celui que j'occupe actuellement, c'est à dire journaliste-présentatrice-reporter dans une radio (mais avec une bien meilleure paye!!!)

- Si vous pouviez repartir à zéro et redevenir un ado de 18 ans en Doc Martens, jean cobainique et t-shirt à message hautement polique que vous étiez peut-être (j'essaie de me souvenir de mes 18 ans mais ça commence à faire loin :cry: ), que feriez-vous ? ( professionnellement parlant j'entends, je ne parle pas d'orgies de vodka orange ou whisky coca (oui, c'est ce que je buvais quand j'avais 18 ans, et c'est bien l'une des raisons pour lesquelles finalement, je préfère en avoir 28 !). Avec le recul et votre expérience de la profession, quel cursus choisiriez-vous ?
Je garderai le même cursus, ça m'a plutôt bien réussi

- Quel est l'article dont vous êtes le plus fier(e) ? Celui que vous préfereriez ne jamais avoir écrit ? C'est un article que j'ai écit quand j'étais stagiaire en PQR : un article sur le fait que cet été là, l'hôpital d'Avignon était bondé par des personnes âgées, qui n'avaient rien à faire dans les urgences... Ces personnes âgées avaient été "déposées" là par leurs enfants partis en vacances... Ca, j'en suis fière, la petite stagiaire qui met le doigt où ça fait mal !!! L'article dont je suis la moins fière... Y en a pas vraiment, en tout cas, j'ai dû l'oublier...

-Et pour finir, comment concrètement organisez-vous votre journée de travail ? Levée à 4h du mat', à la radio à 5h, présentation des journaux de 6h à 9h30, reportages sur le terrain ou itws au téléphone, présentation journal de midi... et la journée est finie !!! Sauf en ce moment où la grippe aviaire ne sait pas que je ne bosse pas l'après midi... Ces canards, ils pourraient choisir de mourir le matin, non ???
"ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres !"
Répondre

Revenir à « Piges et pigistes »