I've got the blues...(mais pas du bussiness man !)

Questions et débats à propos de la pige et des pigistes : tarif d'une pige, statut du pigiste, comment trouver des piges ? Comment vendre des piges ? Droits des pigistes, ...
HollyGolightly
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I've got the blues...(mais pas du bussiness man !)

Message non lu par HollyGolightly » 20 mars 2006, 18:43

Je connais ce forum depuis quelques semaines, et je le lis régulièrement depuis. Je suis parfois réconfortée de voir que beaucoup partagent les mêmes galères, mais le plus souvent écoeurée de constater à quel point la précarité est la règle, pour tous les jeunes -et moins jeunes- qui souhaitent travailler dans le journalisme, l'édition, etc...
Aujourd'hui, après avoir allègrement glandouillé sur divers forums au lieu de me lancer à corps perdu dans la recherche d'un emploi qui me permette de renoncer enfin à H&M pour Prada, à la banlieue pour Paris et à Leader Price pour le Lafayette Gourmet, je me sens découragée, démunie et spleenesque. Et je vais vous expliquer pourquoi (je sais que ce sujet n'a pas forcément sa place ici et que je ferais mieux d'ouvrir un blog pour m'y épancher librement...je vais y réfléchir et je promets qu'après ce message, j'arrêterai de balancer mes états d'âme ici et là ! ).
J'ai 28 ans, je vis à Paris depuis 3 ans. Par amour pour la littérature et envers et contre les miens, j'ai entrepris des études de lettres. Que j'ai poussées, jusqu'au Capes et à l'agrégation, faute d'avoir vraiment réfléchi à ce que je voulais faire de ma vie, professionnellement parlant j'entends (pour le reste, ça va très bien, merci -j'aime me promener dans Paris et observer les changements de lumière et l'arrivée du printemps, j'aime boire un bon vin avec des amis, j'aime pogoter sur du Nirvana, en sortant de la douche, ça me rappelle ma folle jeunesse, j’aime essayer des tenues improbables dans les boutiques de l’avenue Montaigne, j’aime regarder le visage de l’être merveilleux qui partage ma vie le matin quand je m’éveille, de manière générale –qu’elle est laide cette expression – j’aime la vie, mes amis, ma famille et même les gens qui s’obstinent à utiliser les strapontins dans le métro pendant les heures de pointe). Mais ne digressons point et revenons à mon sujet : ma « carrière » professionnelle. J’ai malheureusement obtenu mon Capes. Je dis malheureusement, parce je me suis rendue compte, très vite – au bout de 3 heures de cours – qu’aimer la littérature ne signifie pas forcément qu’on a le pouvoir –ni l’envie d’ailleurs –de la faire aimer à des jeunes. J’aurai aimé avoir cette vocation là, mais indéniablement, je ne l’ai pas. J’ai donc démissionné de l’éducation nationale, au grand dam de mes parents (et généreux sponsors), pour rejoindre mon mari, à Paris, en me disant avec toute ma candeur juvénile (certes, je n’étais déjà plus précisément une adolescente, mais je ne me sentais pas encore adulte car comme le dit si bien mon grand-père, « on est adulte quand on gagne sa vie ») : « A Paris, je trouverai beaucoup plus facilement qu’à Lyon un travail dans la presse / l’édition / la culture ». (oui, je reconnais que j’étais d’une naïveté désarmante mais c’est l’histoire de beaucoup de jeunes frais émoulus de la fac de lettres / d’histoire, et Lucien de Rubempré n’est pas précisément un héros original). Quelques 300 lettres de motivation plus tard, j’étais démotivée et j’ai accepté un poste d’assistante, dans un réseau de librairies. J’y ai travaillé 2 ans. J’ai appris à démonter une photocopieuse, à doser le café pour 10 personnes, à rédiger des procédures, à établir un budget (ce qui n’a pas sauvé mon compte en banque de la faillite mais c’est une autre histoire), à répondre gracieusement au téléphone, à affronter un patron cyclothymique, vindicatif et hargneux qui répétait à longueur de journée « Mais qu’ai-je fait au ciel pour avoir une assistante aussi nulle » (leitmotiv accompagné d’un soupir à fendre l’âme d’un trader, et asséné en public, de préférence, c’est tellement plus marrant). Au bout de deux ans, lassée de ces brimades incessantes, j’ai donc donné ma démission (à ce stade de mon récit, je vous autorise à noter que la démission revient de manière récurrente dans ma vie, mais pas à penser que je suis instable et caractérielle :op).
Je suis depuis, au chômage (non indemnisée donc) et je me morfonds. Ce long exorde pour en arriver à ces quelques interrogations que je voulais partager ici, en vrac, telles qu’elles me viennent à l’esprit et en espérant que certains d’entre vous seront assez charitables pour m’apporter quelques réponses.
- Comment faire pour ne pas céder au découragement lorsqu’on cherche un emploi dans des domaines aussi sinistrés, comment résister à l’envie de se torcher à la San Pellegrino (je suis en période de diète) lorsqu’on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend ? J’ai travaillé quelques semaines en tant qu’assistante de la RH d’une grande maison d’édition. Pour chaque poste / stage proposé par cette boîte, nous recevions 200 candidatures…et peu étaient à rejeter dans le lot. J’ai étudié les CV qui me sont passés entre les mains, pour voir. Et j’ai vu, des quantités de candidats, souvent très diplômés, qui avaient enchaîné les stages (2, 3, 4 ans…), les missions courtes, les travaux en free-lance. Des gens souvent brillants, dotés d’une bonne plume et qui avaient bien davantage d’expérience que moi (même des saletés de ptits jeunes de moins de 25 ans –c’est là aussi que je me suis dit « ma vieille, tu as 28 ans et tu es foutue », et j’ai ressenti cette évidence d’autant plus cruellement que la même semaine, une vendeuse de chez Séphora –Dieu la maudisse sur 7 générations- m’avait aimablement suggéré de remplacer ma crème spéciale peaux jeunes pour une crème « premières rides »). La question que je me pose donc, à l’heure actuelle, c’est : comment faire la différence, quand on a pas de formation spécialisée, pas de réseau à harceler quotidiennement (la seule personne que je connaisse qui travaille vaguement dans le milieu du journalisme a été attaché de presse pour André Rieu, c’est dire à quel point mon réseau est béton), qu’on se targue de bien maîtriser la langue de Karen Chéryl et qu’on se rêve journaliste sans jamais avoir écrit un seul article ? Comment avez-vous commencé à écrire des piges ? Comment en déterminez-vous le sujet ? (Choisissez-vous plutôt d’écrire sur des sujets qui vous passionnent, ou sur des sujets « dans l’air du temps » ? ). Avez-vous un travail alimentaire à côté ? Comment résistez-vous à la pression familiale / sociale et aux commentaires du genre « Tu ferais mieux de trouver un vrai boulot » ? Connaissez-vous des moments d’intense solitude, ou vous êtes vous organisé pour maintenir un lien social en écrivant à plusieurs ? Je sais, ça fait beaucoup de questions pour un seul poste, et j’aurai pu vous épargner ce long exposé sur ma vie. Mais mon hamster étant en pension chez ma mère et mes amis en comité de direction / au salon du livre avec leur petite pochette de CV sous le bras, les malheureux ! / en vacances, fallait bien que je trouve des gens à qui poser toutes les questions qui me turlupinent.
Merci d'avoir lu jusqu'au bout (comment ça, y'a plus personne ?!)
etcaetera
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Message non lu par etcaetera » 20 mars 2006, 20:53

Ah! les dures errances existentielles qui n'ont pour horizon que la lamentable et poussiéreuse recommandation du passé pour nous faire lever les yeux sur un médiocre présent! Ah! monde incertain par lequel les mers en furies des incompétences rencontrées en chemin viennent ravager et éclabousser la douce lumière de son propre nombril, qui n'est autre que celui de notre ambition!
Je comptais rédiger un post similaire au tien, sans revêtir la prétention d'égaler un style que tu as agréable. Flash back personnel. J'ai fait pire que toi. Un cursus universitaire, certes, et en cela quelle différence me diras-tu? eh bien, en philosophie. Cherchant à assurer un avenir incertain, cette filière m'a convaincu (j'étais passionné, aussi... Maîtrise de philosophie sans un minimum d'engagement ne rime qu'à bien peu de chose, à mes yeux). Arrivé au point d'incertitude le plus élevé, paroxismique, Archimédique même, puisque ma vie s'effondrait dans mon indécision autant que dans mon inaction, je décidai de faire de la communication. DESS C.E.O.I., CELSA (que des abréviations, donc que des bonnes formations...). Fin de formation. Je suis parti du stage de fin d'étude en sachant que je ne ferai pas usage directement de cette formation, et ce pour des raisons qui tiennent principalement à ma personnalité. J'ai hésité à faire charpentier (et là je ne rigole absolument pas, ayant bossé tous les étés de ma scolarité dans le bâtiment). A 26 ans, il est temps que je me lance (j'avais passé trois ans en GB après le bac, avant de commencer mes études supérieures, où j'ai - très rapidement - appris que je ne travaillerais pas dans la restauration..). Je décide néanmoins, toujours dans ma recherche d'une certaine forme de précarité, de lancer des candidatures aux rectorats pour être "maître" auxiliaire (donc remplaçant): pas question de commencer autre chose sans avoir au moins essayé cette voie là, qui me paraissait, de loin, me convenir. Résultat: contrat de 7 mois en lycée professionnel en lettres histoire. Et j'aime ça. La chute à présent.
Ce que tu ne peux savoir, à ce stade du récit, c'est que le journalisme m'a toujours attiré, de même que la photographie (et les voyages dans les pays en conflit, mais ceci est un autre problème...). Or, il me semblait hors de propos de commencer une école à 26 ans, de même que l'effectuer et de l'avoir pour seul bagage ne me paraissait pas envisageable (la peur du précaire cette fois, de même que la peur de n'avoir commencé ni n'être allé au bout dans mes périgrinations philosophiques). Or aujourd'hui, j'ai une paye et du temps. Je vais m'offrir un bel appareil et shooter lire shooter me faire conseiller shooter discuter shooter etc... jusqu'à ce que je parvienne à faire de la belle photo. Le but étant de pouvoir proposer des reportages complets, photos et textes donc, et me permettre ainsi une transition en douceur d'un monde de l'enseignement qui, même s'il me convient aujourd'hui, me laissera un manque, celui du voyage, de l'expression, de la liberté de voir et de montrer, pour passer à ce monde là, celui du pigiste. Mais oui, certainement, je vais m'aguerrir avant de faire ce saut. Mais oui aussi, je vais me battre, faire du commercial, bosser la photo, bosser le texte. La volonté et les moyens que tu donnes à cette même volonté suffisent souvent à bien des choses que tu ne te serais pas même rêvée pouvoir faire.
Labor omni vincit (ou un truc dans le style) disait le poête latin. Je me lève en espérant qu'il soit dans le vrai, mais en agissant comme les enfants, avec le jeu du "faire comme si". Je fais "comme si" il avait raison. Je ne sais si cela marchera, mais si cela n'est pas le cas, c'est que mon existence m'attendait ailleurs.
Bises et courage
farrell2
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Message non lu par farrell2 » 20 mars 2006, 23:52

Tut, tut !! On laisse passer pépé, merci.
35 ans, un DEA de lettres sur Huysmans, trois maîtrises (Lettres, Cinéma, Communication), et me voilà accepter un poste chez Hot Vidéo !
Ah, ah, vrai de vrai. Et croyez-moi les amis, je suis usé de chez usé.
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havas
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Message non lu par havas » 21 mars 2006, 00:18

Bah moi j'ai commencé à 17 ans ( correspondant pour un grand quotidien local dans une agence ), à 19 je suis monté à Paris ( j'avais raté mon bac pour la deuxième fois ) et à force de faire chier tout le monde ( en proposant des articles, des photos à tout le monde) j'ai fait mon école de journalisme en Alternance.
Aujourd'hui j'ai 24 ans, mon diplôme de journaliste comme seul bagage sur mon CV ( dans la poche, tout le temps ), je suis photoreporter indépendant ( je mange à ma faim, merci ), en proposant en moyenne 18 reportages par mois : textes, photos, parfois l'un, parfois l'autre, parfois les deux.
Avant cela j'ai travaillé pour un mensuel à destination du public de l'enseignement, puis dans deux agences photos, et enfin dans un grand quotidien régional.
Quand je vois des gens arriver de formations longues ( "j'ai fait Lettres, je sais écrire", "J'ai fait philo, je sais ce que sont la souffrance et la peine au quotidien pour une famille de sans-abri qui vit avec 300 euros par mois, j'ai de la compassion à revendre" entendus en vrai et en public) se rendre compte que le journalisme, ca a l'air cool pour laisser une empreinte sur Terre, ca me fait tourner les sangs. Et pas dans le bon sens.
Le journalisme demande de la passion, pas de la passion du genre " je vais prendre un an pour apprendre à faire la mise au point avec mon reflex, ensuite je travaille l'expo avec digfférents éclairages, on verra ce que ca donne sur le visage d'un gamin de 10 ans mangé par les mouches en Erythrée, j'ai hâte de voir le résultat "
Le journalisme, malgré tout ce qu'on peut entendre ou lire à longueur de journée sur des blogs "cyniques mais pas méchants", c'est avant tout de l'investissement personnel, humain.
C'est rendre compte à ses congénères de la réalité du monde, et parfois, mais parfois seulement, de la vérité.
Ce n'est pas un loisir que l'on pratique à ses heures perdues pour tromper l'ennui ou se croire plus intelligent que la plèbe.
Se rendre dans un pays en guerre pour y prendre des photos, ce n'est pas y aller en espérant être soi reconnu, mais pour le sujet choisi, celui qu'on a défendu becs et ongles devant une armada de rédacs chefs qui te demandent "si t'aurai le temps d'aller shooter Marc Lévy qui dédicasse son dernier bouquin au Salon du Livre", et qu'après on reparlerai de ca...
Bon, la guerre, c'est un sujet, certes dont on ne parle pas assez ( ou du moins sous pas assez d'angles, si il ya des rédacs chefs qui veulent des idées, me contacter ), ou trop, mais ce n'est pas l'essence même du journalisme.
Ceux qui partent pour les zones de conflits sont peu nombreux.
L'essentiel de notre corporation travaille soit pour de la presse spécialisée, soit pour des agences...
Bon bref, nous sommes déjà assez nombreux de professionnels pour s'encombrer de gens qui ne savent pas quoi faire de leur vie.
Il y a la vie associative pour ca. Et la pluspart du temps ils ont des lettres ou des revues ( ce peut être un début de piste ).
Bref si j'ai l'air méchant, c'est uniquement dans le but de vous faire comprendre qu'on ne se lance pas dans un métier comme journaliste par dépit, par curiosité ( à la rigueur par curiosité ) ou pour s'occuper.
Il faut le besoin, la nécessité ( pas seulement de manger et payer un loyer ),plus que la simple envie de pratiquer.
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havas
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Message non lu par havas » 21 mars 2006, 00:25

On ne dénigre pas Hot Vidéo...
etcaetera
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Message non lu par etcaetera » 21 mars 2006, 08:27

Je réponds à titre personnel, donc sur ce que je pourrais potentiellement considérer comme une réponse à mon propos (tu dis "vous" à la fin du texte, c'est pourquoi je le prends comme tel):
havas a écrit : Quand je vois des gens arriver de formations longues ( "j'ai fait Lettres, je sais écrire", "J'ai fait philo, je sais ce que sont la souffrance et la peine au quotidien pour une famille de sans-abri qui vit avec 300 euros par mois, j'ai de la compassion à revendre" entendus en vrai et en public) se rendre compte que le journalisme, ca a l'air cool pour laisser une empreinte sur Terre, ca me fait tourner les sangs.
Euh...méprise sur ce qu'est la philosophie. Je ne sais qui est la personne qui a pu dire cela, mais ce me semble d'une naïveté implaccable. Pour ce qui est de l'empreinte sur la terre, je pense que la philosophie, dans mon cas, aurait eu plus d'impact que le journalisme.
Et pas dans le bon sens.
havas a écrit : Le journalisme demande de la passion, pas de la passion du genre " je vais prendre un an pour apprendre à faire la mise au point avec mon reflex, ensuite je travaille l'expo avec digfférents éclairages, on verra ce que ca donne sur le visage d'un gamin de 10 ans mangé par les mouches en Erythrée, j'ai hâte de voir le résultat "
Le journalisme, malgré tout ce qu'on peut entendre ou lire à longueur de journée sur des blogs "cyniques mais pas méchants", c'est avant tout de l'investissement personnel, humain.
Oui. raison pour laquelle je m'oriente vers là.
C'est rendre compte à ses congénères de la réalité du monde, et parfois, mais parfois seulement, de la vérité.[/quote]
Oui. raison pour laquelle je m'oriente vers là. Pour ce qui est de la vérité, je ne partage pas tout à fait ton point de vue, et serais tenté de remplacer parfois par jamais.
havas a écrit : Ce n'est pas un loisir que l'on pratique à ses heures perdues pour tromper l'ennui ou se croire plus intelligent que la plèbe.
Se rendre dans un pays en guerre pour y prendre des photos, ce n'est pas y aller en espérant être soi reconnu,
Mais qui a dit ça dans le topic???
havas a écrit : Bon bref, nous sommes déjà assez nombreux de professionnels pour s'encombrer de gens qui ne savent pas quoi faire de leur vie.

Là désolé, je ne me sens plus concerné. Je rajoute que les gens sont "déjà assez nombreux" dans la plupart des profesions. Sauf pour le bâtiment et la restauration. Et pour ma part, c'est bon, j'ai donné.
havas a écrit :Bref si j'ai l'air méchant, c'est uniquement dans le but de vous faire comprendre qu'on ne se lance pas dans un métier comme journaliste par dépit, par curiosité ( à la rigueur par curiosité ) ou pour s'occuper.
Il faut le besoin, la nécessité ( pas seulement de manger et payer un loyer ),plus que la simple envie de pratiquer.
Je le conçois aussi comme cela. Et lorsqu'il y a plus d'un an j'ai hésité à me lancer dans le journalisme, j'ai préféré écouter Aristote que Nietzsche (chose rare) ne préférant la prudence à la passion. Maintenant j'espère que tu peux comprendre que si tu sais marcher aujourd'hui, c'est que tu as appris, et donc commencé à marcher à un moment donné. Laisse au moins la chance à ceux qui cherchent à débuter de le faire. Si tu insistes tant sur la nécessité, il semblerait qu'ils ne tiennent pas si cette dernière fait défaut. Tu n'as donc pas d'inquiétude à avoir, nous ne marcherons peut-être pas sur tes plates-bandes.
future grande journaliste
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Message non lu par future grande journaliste » 21 mars 2006, 08:33

Je vais apporter un peu de lumière dans ce monde de brut... Moi, j'ai voulu être journaliste dès l'âge de 10 ans... Et j'ai reculé le plus possible l'heure d'entrer dans une rédaction... La peur que ma belle image idyllique du métier de journaliste ne se heurte de façon trop brute à la réalité du monde professionnelle... Alors j'ai fait des études : jusqu'à la maîtrise Administration Economique et Sociale... Et 1 premier stage obligatoire dans cette formation à l'âge de 20 ans. J'ai pris mon courage à deux mains et me suis dit que c'était le moment ou jamais de voir si c'était bien ce métier que je voulais exercer... J'ai donc fait un stage en PQR, dans une agence locale d'un canard régional du sud de la France... La chance d'avoir un très bon rédac chef, qui m'a laissé bosser, des journalistes attentifs... Et après ce stage, la passion était encore plus présente... J'ai donc continué dans ce canard en tant que correspondante... Ensuite, après la maîtrise, je suis entrée en école de journalisme, à l'ISCPA, de Lyon... Et j'ai commencé à faire des piges dès que j'ai eu le diplôme en poche... 2 ans et demi après, je suis en cdi dans une radio régionale...
Pendant ces 2 ans et demi de galère, j'ai entendu mes parents me rabacher : "trouve toi un vrai boulot, c'est pas possible de continuer comme ça, sans savoir si le mois prochain tu vas travailler ! On te rappelle que t'as un prêt à rembourser ! (bein oui, je me suis endettée pour entrer dans mon école)"... Mais j'ai pas lâché, je me suis battue... Comment trouver des piges ? C'est pas facile, loin de là... D'abord, faut trouver une idée originale, ou traiter sous un angle original un sujet déjà récurrent... Ensuite, faut envoyer un synopsis aux rédactions qui t'intéressent, puis prendre son téléphone et demander si le canard est intéresser ou non...
En tout cas bon courage
FGJ
"ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres !"
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Message non lu par cilou » 21 mars 2006, 09:27

Salut HollyGolightly

Tout d'abord, tu as une belle plume et un solide sens de l'humour, c'est déjà un bon début (surtout le sens de l'humour, tu en auras besoins).
Ensuite, tu as raison de vouloir aller à fond dans ce que tu aimes. Cependant, le journalisme, c'est 90 % de recherche des informations et 10 % d'écriture. Il faut donc que tu apprennes les 90 %.
Non, les relations ne sont pas indispensables pour faire du journalisme. Pas plus qu'une école, d'ailleurs. Je n'ai pas les premières, je n'ai pas fait les secondes, et je suis journaliste pigiste, et ça marche plutôt bien.
comment faire la différence, quand on a pas de formation spécialisée
Faut que tu lises les livres du type "guide de la pige", et que tu te lances, si possible en ciblant un créneau qui t'intéresse un peu et qui ne soit pas trop bouché (évite les rubriques "cultrure", par exemple)
pas de réseau à harceler quotidiennement
C'est pas nécessaires. Tous les noms à harceler sont dans les ours des journaux.
qu’on se targue de bien maîtriser la langue de Karen Chéryl et qu’on se rêve journaliste sans jamais avoir écrit un seul article ?
Commence déjà à écrire quelques articles pour toi-même et tes proches, poru voir ce que ça donne.
Comment avez-vous commencé à écrire des piges ?
J'avais déjà fait deux CDD pour apprendre le métier, puis je me suis lancée: j'ai téléphoné à des journaux pour proposer des sujets.
Comment en déterminez-vous le sujet ? (Choisissez-vous plutôt d’écrire sur des sujets qui vous passionnent, ou sur des sujets « dans l’air du temps » ? ).
C'est la grande difficulté du pigiste. Il n'y a pas de recette.
Avez-vous un travail alimentaire à côté ?
non
Comment résistez-vous à la pression familiale / sociale et aux commentaires du genre « Tu ferais mieux de trouver un vrai boulot » ?
Heureusement, je n'en ai pas, et j'ai un compagnon qui a un "vrai boulot" :wink:
Connaissez-vous des moments d’intense solitude, ou vous êtes vous organisé pour maintenir un lien social en écrivant à plusieurs ?
Oui, j'en connais. La solitude est fréquente chez le pigiste, et l'ambiance de collègues me manque parfois.

Pour résumer : oui, tu peux devenir journaliste sans école ni réseau. Oui, c'est difficile. Oui, tu peux galérer plusieurs années en vivotant (c'est ça le pire, me semble-t-il : gagner assez pour espérer percer, mais pas assez pour en vivre).
Bon courage
MISIRLOU
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La Galère, tout le monde y passe

Message non lu par MISIRLOU » 21 mars 2006, 09:43

C'est ce que je me dis le matin, quand je pose mes petits orteils hors du lit !
Et puis j'allume mon pc. Ma journée commence, je vais, heure après heure, écumer tous les sites web d'annonces et envoyer quelques dizaines de lettres de motivation spontanées ou pas, à toutes les rédactions, agences, voire boites d'intérim (faut bien manger, si si !).
Comme je viens d'arriver à Paris, "pour être plus proche de l'emploi" (quelle naïveté je l'admets), je casse cette routine en me baladant... Et le soir, je pleure au téléphone (mes parents), ou dans les bras de mon ami : je me sens coupable d'avoir glandé toute la journée, de me sentir si inutile, et d'espèrer dégotter, un CPE, (c'est pour dire...)
Alors bien sûr que tout le monde a le blues, surtout quand on commence !

Pour ma part, je m'étais plutôt pas trop mal démerdée jusqu'à ma remise de diplôme (un certain 16 déc 2005, ça marque). Fac de géo, maîtrise en géographie urbaine, mémoire sur la communication d'une ville via les médias, responsable stagiaire (bien sûr, vous croyez quoi) d'une agence locale de PQR, rédactrice bénévole (pour le tremplin of course) pour un agenda magazine culturel gratuit et local, stagiaire dans ce même magazine pour un hors série, Master Européen des Médias pour couronner le tout et dernier stage où j'ai imaginé, conçu et préparer le lancement d'un nouveau gratuit culturel pour les bambins !

Et puis tout a changé, ce stage devait se transformer en poste... J'ai patienté, super engagée et motivée, 6 mois non rémunérée pour avoir ce contrat que ne viendra jamais. Et qui n'est jamais venu... Je suis partie en claquant la porte et depuis, j'attends qu'un potentiel rédacteur en chef, patron d'agence ou d'entreprise m'ouvre la sienne, de porte !
Ca fait 3 mois que je ne sais pas pourquoi je me lève le matin...
...Et dire que ça risque de durer encore un peu...
bulles
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Message non lu par bulles » 21 mars 2006, 10:17

Je profite de cette (sympathique) discussion pour pour faire mon entrée sur ce forum... que je consulte régulièrement depuis plusieurs mois afin de me donner courage et motivation dans ma monacale mission de pigiste retranchée. Je fais partie des chanceuses... en galère !
Ce qui est rassurant et super-postif dans notre metier precaire c'est certainement de se dire que la chance va bientot sonner à l'interphone. En l'attendant sagement derriere notre ordi, dans nos charantaises, enfoncé dans notre fauteuil-club (quoi?... pas tout le monde a un fauteuil- club ici ?), on peut toujours passer le temps à rédiger projets, articles, fantasmes et élucubrations qui bientôt feront notre gloire ! non ? si....
Je vous assure que si ! Je suis bien placée pour vous dire que tout est potentiellement possible à condition d'etre préparé et d'etre toujours à l'affut. Ne pas sombrer dans la deprime est le principal mot d'ordre (facile !). C'est donc, pour ma première intervention dans ce forum, un message d'espoir que je formule et.....meme si les remises en questions font partie de notre destin et que la galère fait partie de notre metier n'oubliez pas que c'est celui qu'on aime.
Avoir toujours un projet sensas sur le coin de la table est un impératif.
Bon.... c'est vrai que la pile qui est au coin du mien a tendance à s'epancher dangeureusement à cause des proportions surnaturelles qu'elle prend (la hauteur sous plafond ... un vrai problème). Mais n'empêche que : j'y crois !
pas vous .... ?
farrell2
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Message non lu par farrell2 » 21 mars 2006, 10:19

Euh, même si j'avais un CDI et un radiateur qui chauffe, je me demanderai pourquoi je me lève le matin... Mais ceci est une autre histoire...
J'ai rien dit, hop à la niche,
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miki
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prise de conscience

Message non lu par miki » 21 mars 2006, 11:56

bonjour a vous amis de la plume et de la lune.
apres avoir lu vos prose qui je dois le dire m'ont toutes ramené à ma condition (sans sans un certain sentiment d'estomac serré et de hérissment des poils) je me suis dit ke je me devais d'apporter ma contribution à cette explosion d'angoisse ......

moi g 24 piges, j'ai fait un peu de droit et une ecole de journalisme (où moi aussi je me suis endetté) d'où je suis sorti a 22 aans .
mais voila souffrant d'un complex de peter pan carabiné je me suis dit a ce moment de ma vie que j'avais encore bcp de choses a apprendre, et que finalement apprendre et comprendre était peut etre la seul chose vraimebt utile en ce bas monde. je me suis donc lancé dans des étdes de sciences politique tout en continuant a piger dans différent mag de zic (et oui je suis un clichet ...... en plus d'etre un doux reveur je joue de la gratte.... et meme j'ai les tifs long ....;lol)
bref j'ai appris bcp de choses, je suis parti un an en angleterre histoire d'apprendre l'anglais ....j'ai d'ailleurs fini mon master la ba ........
bref de retour en france je me suis enfin raisonné ..... t'as plus le droit d'être un mome a ton age ......... trouve toi un taf ......

et depuis je rame .........

j'ai juste envie de te dire ke moi j'y crois , et j'y croierai encore et encore...... ne te décourage pas , crois en ton tallent et tu sais qu' il existe .........

je sais ce ne sont ke des mots ....mais c comme bcp de choses, le fait d'y croire change tout .

si tu hesite que tu a peur de mal faire ( reponse relative au ketion on va dire technique que tu as posté) je suis disposer à t'aider , dans la mesure de mes competences, si tu veux discuter de façon un peu pratique de toutes les kestion que tu te pose n'hesite po...... mon contac msn est dans mon profil. et puis merde on est la pour s'aider non en tout cas moi j'y crois.........

ne desespere po moi je crois en moi , je crois en nous tous..... et pourtant je ne suis ni catho ni croyant en koi que ce soit..........

koi k'il en soit n'hesite po si tu as des kestion qui on besoin de réponses............

may the force be with you ...
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miki
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prise de conscience

Message non lu par miki » 21 mars 2006, 11:56

bonjour a vous amis de la plume et de la lune.
apres avoir lu vos prose qui je dois le dire m'ont toutes ramené à ma condition (sans sans un certain sentiment d'estomac serré et de hérissment des poils) je me suis dit ke je me devais d'apporter ma contribution à cette explosion d'angoisse ......

moi g 24 piges, j'ai fait un peu de droit et une ecole de journalisme (où moi aussi je me suis endetté) d'où je suis sorti a 22 aans .
mais voila souffrant d'un complex de peter pan carabiné je me suis dit a ce moment de ma vie que j'avais encore bcp de choses a apprendre, et que finalement apprendre et comprendre était peut etre la seul chose vraimebt utile en ce bas monde. je me suis donc lancé dans des étdes de sciences politique tout en continuant a piger dans différent mag de zic (et oui je suis un clichet ...... en plus d'etre un doux reveur je joue de la gratte.... et meme j'ai les tifs long ....;lol)
bref j'ai appris bcp de choses, je suis parti un an en angleterre histoire d'apprendre l'anglais ....j'ai d'ailleurs fini mon master la ba ........
bref de retour en france je me suis enfin raisonné ..... t'as plus le droit d'être un mome a ton age ......... trouve toi un taf ......

et depuis je rame .........

j'ai juste envie de te dire ke moi j'y crois , et j'y croierai encore et encore...... ne te décourage pas , crois en ton tallent et tu sais qu' il existe .........

je sais ce ne sont ke des mots ....mais c comme bcp de choses, le fait d'y croire change tout .

si tu hesite que tu a peur de mal faire ( reponse relative au ketion on va dire technique que tu as posté) je suis disposer à t'aider , dans la mesure de mes competences, si tu veux discuter de façon un peu pratique de toutes les kestion que tu te pose n'hesite po...... mon contac msn est dans mon profil. et puis merde on est la pour s'aider non en tout cas moi j'y crois.........

ne desespere po moi je crois en moi , je crois en nous tous..... et pourtant je ne suis ni catho ni croyant en koi que ce soit..........

koi k'il en soit n'hesite po si tu as des kestion qui on besoin de réponses............

may the force be with you ...
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Message non lu par gaellou » 21 mars 2006, 12:42

J'ai lu ton post justqu'au bout (si, si !) et je voulais te dire que je trouve que tu as une tres belle plume et une bonne dose d'auto-derision, c'est deja un bon debut ;) J'ai aime lire ton post. (comment ca, ca te fait une belle jambe ?)... bon je lis ce que les autres ont de plus intelligents a dire et je repasse :oops:
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havas
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Message non lu par havas » 21 mars 2006, 13:58

Courage à tous.... ( ma mauvaise humeur est passée )
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